A Lassie Came To Our Gate

Aftermath of Culloden

by Robert Allan (1774-1841)

Published in 1836

Tune
"The blue-eyed lass'"
By Robert Riddel of Glenriddel (died 1794)

Sequenced by Christian Souchon

A LASSIE CAM' TO OUR GATE

1. A lassie cam' to our gate yestreen,
An' low she curtsied doun;
She was lovelier far, an' fairer to see,
Then a' our ladies roun'.

2. Oh, whare do ye wend, my sweet winsome doo?
An' whare may your dwelling be?
But her heart, I trow, was liken to break,
An' the tear-drap dimm'd her e'e.

3. I haena a hame, quo' the bonnie lassie--
I haena a hame, nor ha';
Fain here wad I rest my weary feet,
For the night begins to fa'.

4. I took her into our tapestry ha',
An' we drank the ruddy wine;
An' aye I strave, but fand my heart
Fast bound wi' Love's silken twine.

5. I ween'd she might be the fairies' queen
She was sae jimp and sma';
And the tear that dimm'd her bonnie blue e'e
Fell ower twa heaps o' snaw.

6. Oh, whare do ye wend, my sweet winsome doo?
An' whare may your dwelling be?
Can the winter's rain an' the winter's wind
Blaw cauld on sic as ye?

7. I haena a hame, quo' the bonnie lassie--
I haena a ha' nor hame;
My father was ane o' "Charlie's" men,
An' him I daurna name.

8. Whate'er be your kith, whate'er be your kin,
Frae this ye mauna gae;
An' gin ye 'll consent to be my ain,
Nae marrow ye shall hae.

9. Sweet maiden, tak' the siller cup,
Sae fu' o' the damask wine,
An' press it to your cherrie lip,
For ye shall aye be mine.

10. An' drink, sweet doo, young Charlie's health,
An' a' your kin sae dear;
Culloden has dimm'd mony an e'e
Wi' mony a saut, saut tear.

UNE ENFANT FRAPPA A LA PORTE

1. Une enfant frappa hier à la porte
Et elle s'inclina bien humblement
Elle était plus jolie et plus accorte
Que nos dames aux habits élégants!

2. Où t'en vas-tu donc ma charmante?
Où se trouve ta maison? En quel lieu?
Mais son coeur, je crois, était près de se rompre
Et les larmes embuaient ses beaux yeux.

3. Je n'ai pas de foyer reprit la belle,
Non, je n'ai ni demeure, ni logis
Je ne veux ici que reprendre haleine
Il se fait tard. Bientôt il fera nuit.

4. Je la fis entrer dans la salle,
Remplis sa coupe de vin rougeoyant.
Et j'eus beau faire, bientôt mon coeur, mon âme
Appartenaient à la charmante enfant.

5. Elle eût été chez les fées une reine,
Souple, mignonne, au minois avenant.
Les pleurs voilant l'azur de ses prunelles
Tombaient dans la neige tout doucement.

6. Où t'en vas-tu donc ma charmante?
Où se trouve ta maison? En quel lieu?
Peut-on laisser la pluie et la tourmente
S'acharner sur d'aussi ravissants yeux.

7. Je n'ai, hélas, plus de foyer ni d'âtre
Je n'ai plus de logis, ni de maison.
Mon père a servi dans l'armée du Prince
Et je ne dois pas prononcer son nom.

8. Que m'importent ton nom et ta naissance?
Il ne faut plus que tu partes d'ici.
Qu'à m'épouser seulement tu consentes
Et je mettrai fin à tous tes soucis.

9. Prend cette coupe d'argent débordante
Du meilleur de tous les vins de Damas
Et porte la vite aux lèvres charmantes
Où je veux cueillir le baiser nuptial

10. Et porte, O ma biche, un toast au bon Prince
Charlie et à tous ceux qui te sont chers.
Culloden a causé tant de souffrances
Et a fait couler tant de pleurs amers.

Trad. Ch. Souchon (c) 2007


Robert Burns wrote a song for the tune "The Blue-eyed Lass", which has evidently inspired Robert Allan.

THE BLUE-EYED LASSIE

I gaed a waefu' gate yestreen,
A gate I fear, I'll dearly rue;
I gat my death frae twa sweet e'en
Twa lovely e'en o' bonnie blue.

Twas not her golden ringlets bright
Her lips like roses wat wi' dew
Her heaving bosom lily white
It was her e'en sae bonnie blue

She talk'd, she smil'd, my heart she wil'd
She charm'd my soul, I wist na how;
But aye the stound, the deadly wound
Cam frae her e'en sae bonnie blue.

But spare to speak and spare to speed
She'll aiblins listen to my vow;
Should she refuse, I'll lay my dead
To her twa e'en sae bonnie blue

gate: manner (gait?: Allan understands it as "gate")
aiblins: perhaps

C'est Rober Burns qui utilisa le premier cette mélodie pour un poème (du même nom) qui inspira visiblement celui de Robert Allan.

LA FILLE AUX YEUX BLEUS

Il m'arriva hier une chose bien triste
Une chose que, je le crains, je regretterai amèrement:
Deux doux yeux m'ont donné la mort
Deux jolis yeux d'un très beau bleu.

Ce ne sont pas ses boucles blondes dorées
Ses lèvres semblables aux roses humides de rosée
La houle de son sein blanc comme lis
C'était ses yeux d'un si beau bleu.

Elle parlait, souriait et séduisait mon coeur
Charmait mon âme, je ne sais comment;
Mais, certes le coup, la blessure fatale
Est venu de ses si beaux yeux bleus

Mais assez de discours et d'agitation!
Peut-être écoutera-t-elle ma prière;
Si elle refuse, je tomberai mort
Sous ses deux yeux d'un si joli bleu.

Le mot écossais "gate" (manière, tournure, démarche) est repris par Allan qui lui donne le sens usuel anglais de "portail".



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