Ce qui suit a pour cadre une cité modernisée. La constitution voulue par l'Empereur François-Joseph Ier jetait les bases d'un royaume régénéré et moderne qui impliquait une réorganisation de sa capitale, Zagreb. Après consultation d'une commission composée de quatre membres, le décret impérial du 7 septembre 1850 créa la ville royale et libre (unifiée) de Zagreb (15 400 habitants) regroupant enfin Gradec et Kaptol, Nova Ves et Vlaška. La ville était dirigée par un conseil communal présidé par un maire assisté d'un "magistrat". Par voie de concours publics, le conseil municipal élui par la population recrutait les fonctionnaires. Il gérait les affaires de la ville,prenait des arrêtés, collectait les impôts municipaux, etc., La supervision générale du travail des fonctionnaires de la ville incombait au Parlement et au services dépendant du Ban. Les premiers conseillers municipaux (30 au total furent élus en une semaine au cours d'une semaine, du 12 au 19 mai 1851.A leur tour, ils élurent le premier maire Janko Kamauff.
Parallèlement, en 1852, avec l'accord de la Cour de Vienne, le pape fit de Zagreb un archevêché indépendant de celui d'Esztergom, et l'archevêque Juraj Haulik fut nommé cardinal (1853).

Les parcs publics


Enseigne croate Enseigne allemande Le Parc Maksimir Carte postale Maquette
Images 1 et:2: Enseigne de l'auberge,"Le pavillon de la paix" - "K mirnoj kolibi" - "Gaststube zur Stillen Hütte",vers 1900
Cette auberge se trouvait à l'angle de la Preradovićeva et de la Katančićeva. Son nom évoque la "cabane" en bois de chène stylisé du parc public Maximir reproduite sur l'enseigne.

Image 3: Le déboisement de la forêt de chênes centenaires a l'est de la ville permit de créer le premier parc public de Zagreb. Il fut inauguré en 1774 et reçut le nom de son promoteur, Maksimilijan Vhrovac, Maximir. D'autres jardins à l'anglaise furent créés par la suite.

Image 4: Par exemple ce parc de la place Zriny.

Image 5: Sur cette maquette de Gradec montrant l'état de la ville à la fin du XVIIIème siècle, on voit comment les murs de l'ancienne muraille ont été réutilisés pour créer des édifices habitables. L'église Saint-Marc n'a pas encore le toit polychrome imaginé par Hermann Bollé..
La Ville Haute abrite de nombreux instituts illyriens, la Maison du Peuple, le Théâtre National, l'Hôtel de ville de la rue Gospodska. Les portes médiévales ont été supprimées, dégageant de nouvelles perspectives et une multitude d'habitations de notables a surgi que l'on doit à des architectes croates, Felbinger, Brdarić et autres.

Biedermeier et Société de tir


Biedermeier Meubles Associations
Images 1 et 2: Après 1815 on vit naître un style typiquement bourgeois, dit "Biedermeier", en matière d'aménagement des appartements. Cette mode importée d'Autriche fit florès à Zagreb. A la fois confortable, simple et fonctionnelle, elle produisit à Zagreb des aménagements identiques à ceux des intérieurs des autres villes d’Europe centrale.
Les meubles fabriqués par les menuisiers de Gradec et de Kaptol, deux corporations distinctes, présentent une grande simplicité de forme. Une grande attention était apportée au traitement et au choix du placage. Ornements incrustés simples, bordures, lpalmettes et rinceaux, tels étaient des motifs caractéristiques de ce style. Combinés avec des colonnes en bois teinté noir à chapiteaux en or, ils égayaient des commodes et bureaux très robuste. le musée présente des ambiances intérieures typiques de ce style: une chambre de dame, un salon, des services de table en porcelaine.

Image 3: Un groupe de citoyens respectés fonda la Société de Tir en 1786. Ce fut la première société civile jamais créée à Zagreb. Outre la pratique du tir, on y cultivait la lecture, les jeuxde société et la danse. Parmi les membres figuraient de nombreux membres du gratin zagrébois. Les meilleurs tireurs avaient droit à une cible peinte portant le nom du vainqueu ainsi que la date du concours. Lorsqu'on construisit les locaux de la société à Tuškanac en 1838, de nombreux bals et spectacles qui furent donnés comptaint parmi les événements relevant du mouvement de Renaissance nationale qui renforçaient l'importance de ce quartier. Le Stand de tir allait être pour des décennies au centre de la vie sociale zagréboise.

Boutiques d'Ilica


Porcelaine Chapeaux Boulangerie Appareil photo Photographies
Images 1 à 5: Au milieu du XIXe siècle, la place Jelačić et la plus longue rue de Zagreb, Ilica, ainsi appelée depuis le XVIIIe siècle, parce qu'elle longeait un ruisseau portant ce nom, devinrentt le centre névralgique du Zagreb unifié. Ilica fut dès lors la principale artère de la ville, suivant la vallée au sud de Medvednica en direction de l’ouest.
Dans la première partie du XIXe siècle, ilica abritait des échopes et des tavernes aux noms évocateurss: la Boule bleue, le Sauvage, le Cygne blanc, l'Aigle noir, la Taverne impériael, etc. Dans les années 1830, on fit paver Ilica ainsi que la Ville haute et,'à la fin du 19e siècle, on fit asphalter ces pavés. Ce n’est qu’en 1910 qu’Ilica fut revêtue de pavés de granit constituant une chaussée jusqu’à la rue Frankopan.
Dans les années soixante-dix, les autorités municipales adoptèrent un certain nombre de règlements concernant relatif aux enseignes et réclames des magasins. En 1863, pour la première fois, Ilica fut dotée d'un éclairage public, d'abord par becs de gaz fixés sur des consoles murales, remplacés dès1890 par des réverbères, puis en 1907 par des candélabres électriques.
Dès 1891, un tramway longeait l'Ilica, d'abord hippomobile, puis, en 1910, électrique. C’est à ce moment qu’Ilica devint la plus animée des rues commerçantes de Zagreb, où même des Viennois tels que Carl Kastner et Herman Öhler ouvraient des succursales.
"À Ilica, on peut admirer le matin le marché, plein de costumes chatoyants des paysans des alentours, et le soir, pendant la promenade, une foule d'élégantes de Zagreb", notait le conseiller municipal Adolf Hudovski dans le premier guide touristique imprimé de Zagreb et de ses environs, destiné aux autochtones et aux touristes étrangers (1892).

Spectacles, associations


Tragédienne Affiches Portraits Association Salle
images 1 à 3: La riche vie théâtrale de Zagreb est illustrée, entre autres, par des objets qui évoquent l'éblouissante carrière de la plus connue des cantatrices croates, Milka Trnina, une "Wagnérienne" qui a représenté la Croatie sur les scènes du monde entier, de Bayreuth à Munich en passant par Londres et New York.

Images 4 et 5: La Société de musique a été créée en 1827, issue de la tradition musicale fondée par Mgr Vrhovec à la fin du XVIIIe siècle, lequel entretanait à sa cour une vie artistique très active. Il fit venir des musiciens de Vienne pour constituer un orchestre de cour et, également, afin qu'ils enseignent la musique aux Zagrebois. Il fut donc l'un des fondateurs de cette société et ses successeurs en furent les mécènes, tous comme les principaux notables de la ville. Parmi les membres il y avait des musiciens célèbres tels qu'Ivan Padovec, Wiesner-Morgenstern, Franjo Pokorny et autres, qui enseignaient en outre à l'Ecole de musique de la Société, créée en 1829. Des concerts publics furent organisés dans la galerie de l'Académie royale, place Ste Catherine..

Inventions, publicité, meubles


Le musée possède des collections léguées par des associations municipales du 19ème et du début du 20ème siècle qui sont exposées afin d'illustrer la vie sociale et les transports urbains. Figure en bonne place l'invention de Slavoljub Penkala, un citoyen de Zagreb, qui fit breveter le tout premier stylo-bille en 1906. Le mot «penkala» est encore utilisé pour désigner son invention.

Penkala Journal de Gratz Affiches 1 Meuble Salon de coiffure
Image 1: Slavoljub Penkala, habitantt de Zagreb, acquit une renommée mondiale en tant qu'inventeur du premier crayon à bille. En 1906, il enregistra son brevet no. 36946 auprès de l'Office royal hongrois des brevets, sous son nom de famille PENKALA. Depuis lors, le concept n’a pas changé et le populaire penkala est devenu une nécessité universelle, tout comme le stylo-plume, son invention de 1907. Cependant Wikipédia cite d'autres noms pour ces deux inventions: Biro et Poenaru...