Ce qui se cachait sous le musée


Concomitament aux travaux de restauration et de confortement du musée, réalisés entre 1989 et 1997, des recherches archéologiques systématiques ont été menées par l'Institut d'archéologie de la Faculté de philosophie de l'Université de Zagreb. Elles ont fourni de nouvelles informations sur l'occupation du site de Gradec (moitié ouest de la Haute Ville) depuis la préhistoire. Des pièces illustrant la continuité de l'habitat humain depuis la préhistoire jusqu'au 17ème siècle sont présentées sur le lieu même de leur découverte.
Au total, ce sont environ 2000 mètres carrés qui ont été fouillés; les fouilles ont été menées, avec de brèves interruptions, jusqu'à ce que l'exposition permanente soit complètement installée. Une partie du site archéologique représentant une surface d'environ 1 700 mètres carrés, a été conservée telle quelle, dans l'aile orientale du musée où un authentique site archéologique est présenté. Les objets trouvés ici sont exposés à même le sol, sous forme d'artefacts très similaires aux objets découverts.

Sous le musée Sous le musée Sous le musée Sous le musée Sous le musée

Hallstatt (-650)___________________La Tène (-50)___________________Rempart (+650)___________________Muraille (+1250)___________________Fosses (+1650)


Images 1: Il apparaît qu’au plus tard au début des VIIIe et VIIe siècles avant notre ère, correspondant à la culture de HALLSTATT, au début de l’âge du fer, un établissement fut créé à cet endroit, dont les traces remontent à fin du 7EME SIECLE AVANT JC. Les structures datant de cette époque ont été détruites par des constructions ultérieures et il n'en reste que des traces. Il ne fait aucun doute qu'elles dépassaient le niveau du sol et qu'elles avaient des murs en torchis et des pavements de pierre. Des foyers extérieurs et intérieurs étaient utilisés pour la cuisine et le chauffage, et des pots en terre cuite aux formes typiques de la culture de Hallstatt étaient utilisés pour la préparation des repas. Certains étaient décorés de motifs géométriques incisés, avec des bourrelets d'argile et des têtes d'animaux modelées. Ce procédé avait atteint le degré de précision obtenu sur un tour de potier à rotation lente dont on a retrouvé les vestiges. De nombreux poids en céramique pour métier à tisser et pour fuseau témoignent d'une technique du tissage assez avancée. Des poids pour filets de pêche permettent de conclure que le poisson constituait une partie importante du régime alimentaire de cette population. On a également retrouvé des éléments de vêtements: perles, bracelets et broches, dont certains ne sont que partiellement conservés.

Image 2: Il n'existe pas d'indices matériels témoignant d'une occupation continue pendant les quelques siècles suivants, mais on observe que le même site, facile à défendre, abritait des habitations à l'époque de LA TENE (1er SIECLE AVANT JC).
Cette colonisation celte n'a été que provisoire car elle a dû céder aux légions romaines venues pacifier la région de Zagreb. On a trouvé ici un four de forgeron et d'autres éléments liés au travail des métaux qui témoignent de l'importance de l'activité artisanale à cet endroit précis.

Image 3: Lorsque toute la région de Zagreb fut plus fortement romanisée, la vie à cet endroit s'effaça pour réapparaître, selon les dernières analyses dendrochronologiques du bois trouvé dans la sous-structure du rempart, au DEBUT DU MOYEN-AGE, à savoir dans la seconde moitié du 7ème SIECLE après JC.

Image 4: On a également retrouvé une partie de la muraille de la ville (vers MOITIE du 13ème SIECLE). Avec la disparition de la menace ottomane le système de défense de la ville devient superflu. On voit alors surgir en lieu et place de la massive muraille des monastères et des palais dotés d'ouvertures d'éclairage, les fenêtres. Ces circonstances ont conservé, jusqu'à ce jour, à la Ville Haute son cachet d'ancienne cité fortifiée.

Image 5: La découverte de fosses à déchets et citernes remplies de matériaux archéologiques datant de la FIN du MOYEN-AGE (avant 1630) est très importante, car elle témoigne de la façon dont les gens vivaient à cet endroit et de la continuité des établissements humains depuis lors.