Gastibelza

Poème de Victor Hugo (1837, publié en 1840)

Georges Brassens (1955)

1. Gastibelza, l'homme à la carabine, Chantait ainsi: "Quelqu'un a-t-il connu Doña Sabine, Quelqu'un d'ici? Chantez, dansez, villageois! La nuit gagne Le mont Falou... Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. 2. "Quelqu'un de vous a-t-il connu Sabine, Ma señora? Sa mère était la vieille Maugrabine D'Antequera, Qui chaque nuit criait dans la Tour Magne Comme un hibou.. Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. 3. "Dansez, chantez! Des biens que l’heure envoie Il faut user. Elle était jeune et son œil plein de joie Faisait penser. – À ce vieillard qu’un enfant accompagne jetez un sou! - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. 4. "Vraiment, la reine eût près d'elle été laide Quand, vers le soir, Elle passait sur le pont de Tolède En corset noir. Un chapelet du temps de Charlemagne Ornait son cou... Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. 5. "Le roi disait, en la voyant si belle, À son neveu: "Pour un baiser, pour un sourire d'elle, Pour un cheveu, Infant Don Ruy, je donnerai l'Espagne Et le Pérou! Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. 6. "Je ne sais pas si j'aimais cette dame, Mais je sais bien Que, pour avoir un regard de son âme, Moi, pauvre chien, J'aurais gaiement passé dix ans au bagne Sous le verrou... Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. 7. "Un jour d’été que tout était lumière, Vie et douceur, Elle s’en vint jouer dans la rivière Avec sa sœur, Je vis le pied de sa jeune compagne Et son genou... Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. 8. "Quand je voyais cette enfant, moi le pâtre De ce canton, Je croyais voir la belle Cléopâtre, Qui, nous dit-on, Menait César, Empereur d'Allemagne, Par le licou... Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. 9. "Dansez, chantez, villageois, la nuit tombe. Sabine, un jour, A tout vendu, sa beauté de colombe, Tout son amour, Pour l'anneau d'or du comte de Saldagne, Pour un bijou... Le vent qui vient à travers la montagne M’a rendu fou. 10. "Sur ce vieux banc, souffrez que je m’appuie, Car je suis las. Avec ce comte elle s’est donc enfuie! Enfuie, hélas ! Par le chemin qui va vers la Cerdagne, Je ne sais où... Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. 11. "Je la voyais passer de ma demeure, Et c’était tout. Mais à présent je m’ennuie à toute heure, Plein de dégoût, Rêveur oisif, l’âme dans la campagne, La dague au clou... Le vent qui vient à travers la montagne M’a rendu fou !"

1. Gastibelza, the man with hunting rifle, Would sing this song: "The Lady Sabina was quite an eyeful When she was young! The shadows of Mount Falu reach the fountain, Dance, nimble lad! The roaring wind that blows across the mountain Will drive me mad. 2. "Say, did anyone of you know Sabina, My senora? A Moorish woman, her mother was born in Antequera: All night she screamed on the Tower with a lantern, Owl-like, too bad! The roaring wind blowing across the mountain Will drive me mad. 3. "Dance, sing out, of what the fleeting hours offer Avail yourselves! She was young and her dark eyes full of glitter Two playful elves... - Now with a farthing an old beggar sustain, In tatters clad - The roaring wind blowing across the mountain Will drive me mad. 4. "The Queen, in truth, would have seemed plain beside her, When, at dusk, fair Sabina would cross the bridge of Toledo, Wind in her hair, Wearing beads dating from Charlemagne’s reign, A passing fad... The roaring wind blowing across the mountain Will drive me mad. 5. "So charming that to the son of his brother The King once said: «For one mere kiss, for a single smile from her, Just for one thread, Infant Don Ruy, I would give Peru and Spain And would be glad". The roaring wind blowing across the mountain Will drive me mad. 6. "I don’t know if I truly loved that lady But know full well That, to get from her one glance, I would gladly Be sent to hell; I would gladly have served ten years in prison, And not be sad! The roaring wind blowing across the mountain Will drive me mad. 7. "One summer day, when everything was glister, Brightness and shine, Sabina came to the stream with her sister: I could divine The beauty of the feet and of the knees the Young ladies had... The roaring wind blowing across the mountain Will drive me mad. 8. “Whenever I saw this girl, I the shepherd Of this small town, I thought to see beautiful Cleopatra Who is well-known To have forced Caesar, Emperor of the Germans About to gad... The roaring wind blowing across the mountain Will drive me mad. 9. "Dance, sing out, you villagers! Night is slowly Falling. The dame Sold it all away, her pure dovelike beauty, Her love, for shame! For the gold ring of Clan Saldagna's chieftain A wealthy brat... The roaring wind blowing across the mountain, Will drive me mad. 10. "On this old bench, oh, allow me to lean, please, I am so tired. Now, as I said, she eloped with the marquis; How ill-inspired! Towards Cerdagna they fled the both of them. Nothing to add... The roaring wind blowing across the mountain, Will drive me mad. 11. "I saw her pass from the doorway of my house And that was all, But now I feel for every hour that passes Disapproval. I don't clash swords, a lazy dreamer, even With fencing pad... The roaring wind blowing across the mountain, It drove me mad." Transl. Christian Souchon (c) 2018



Victor Hugo en 1837

NOTES
(1) L'inspirateur
Comme pour la plupart des chansons de Brassens sur ce site, cette traduction chantable s'inspire de la traduction en prose publiée sur son blog par David Yendley (http://dbarf.blogspot.fr/2012/05/alphabetical-list-of-my-brassens-songs.html).

(2) Un texte élagué
Dans la chanson de Brassens les strophes 3, 7, 10 et 11 sont sautées. Ce choix semble tout à fait judicieux: Pour prolonger le défi qu'il se lance à lui même, l'auteur du texte, Victor Hugo, recherche le maximum de rimes en "agne" et en "ou" répondant au refrain quasi-immuable: "Le vent qui vient à travers la montagne, me rendra fou". Les 7 strophes qui subsistent chez Brassens décrivent la fascination de l'"homme à la carabine" pour la beauté de Doña Sabine et sa crainte obsessionnelle du vent qui rend fou, en excluant les épisodes annexes (l'aumône au mendiant, les deux baigneuses, la fuite vers le nord, la dague au clou) qui, s'ils témoignent de la virtuosité du poète, en ajoutant de nouvelles rimes obstinées (sou, compagne, Cerdagne, clou), nuisent à l'intensité dramatique du récit. L'interrompre et le faire culminer au moment où le malheureux "fou de Tolède" découvre la vénalité de l'angélique beauté qu'il vénère est, de la part de Brassens, une décision particulièrement heureuse.
On notera que le premier musicien à avoir harmonisé ce poème, Hyppolite Monpou, n'avait retenu que 4 strophes (1, 4, 5 et 9) qui se trouvent toutes chez Brassens.
Le désir de "placer" le mot "Allemagne" (strophe 8) conduit Hugo à un raccourci saisissant: l'empire romain qui fait suite à l'emprise de César sur la République se scinda en deux entités. L'empire de l'Ouest fut ressuscité par Charlemagne (convoqué strophe 4!) pour devenir plus tard le Saint Empire Romain "Germanique"...

(3) Rencontre à Biarritz
Cette pièce, intitulée "Guitare", est tirée des "Rayons et des Ombres", chapitre XXII, un recueil de poèmes écrits après 1830 et que Victor Hugo publie en 1840.
Dans "En voyage, tome II, (au chapitre "Alpes et Pyrénées"), qui paraîtra après sa mort en 1890 (ses notes de voyage ne seront pas exploitées comme elles auraient pu l'être du fait de la mort de sa fille Léopoldine survenue en août 1843), Hugo raconte comment il rencontra à Biarritz, en juillet 1843, une fille de village qui se baignait en jupon et en chemise et qui lui chanta les deux premières strophes de son poème, un épisode qui semble avoir eu des précédents dans la vie de Hugo, puisqu'on en trouve l'équivalent dans la strophe 7 de ce chant composé au plus tard en 1837. Elle lui demande "Señor Estranjero, conoce Usted cette chanson?" Il répond modestement "Je crois que oui" et il se compare alors à "Ulysse écoutant la sirène", bien que l'épisode qu'il relate s'apparente plus à la rencontre d'Ulysse et de Nausicaa, dans l'Odyssée d'Homère.

(4) Les trois mélodies
Si cette jeune demoiselle connaissait ce texte, c'est qu'il avait été, 3 ans avant sa publication dans "Rayons et Ombres",
  • mis en musique par Hippolyte Monpou (1804-1841), le père de la "romance" française et compositeur d'opéras comiques, ami non seulement de Hugo, mais aussi de Musset, de Dumas, de Théophile Gauthier, bref, le musicien romantique par excellence, et publié sous forme de feuille volante sous le titre "Gastibelza, le Fou de Tolède", dès 1837 (selon l'article Wikipédia consacré à Monpou qui semble parfaitement documenté).
    . Cette mélodie était si connue que, sous le titre d'une de ses chansons composée vers 1845, le chansonnier breton Prosper Proux (1811-1875) indiquait "sur l'air de Gastibelza".
  • Par ailleurs, ce poème a également été mis en musique en 1844, de façon saisissante, par Franz Liszt (1811-1886), avec, en plus du texte français, une traduction allemande de Theobald Rehbaum,intitulée "Gastibelza, der greise, kühne Jäger.". L'article Wikipédia traitant de Monpou, signale que ce dernier avait sollicité pour composer sa romance l'aide de Liszt qui connaissait donc de texte depuis 1837.
    Le morceau de Liszt exprime de manière hallucinante la folie de l'homme d'arme provoquée par la perte de sa vénale bienaimée et par la "tramontane", ce vent du nord venu "qui vient à-travers la montagne", à qui la tradition prête cette vertu débilitante :
    "Imitation d’accords légers de guitare, rythmes de boléro, accords roulés, hurlement du vent, tous sont enveloppés dans le langage harmonique des plus haut en couleur de Liszt et ses textures nouvelles..." (selon le site "Hypérion").
  • La mélodie de Brassens est d'un accès qu'on peut juger beaucoup plus facile, mais l'harmonisation à deux guitares que l'on entend ici en fond sonore est très savante et très belle, si même la qualité de l'enregistrement laisse beaucoup à désirer.

    (5) Hugo le linguiste
    Contrairement à l'interprétation de M. David Yendley, Victor Hugo, dans le texte sibyllin qu'il cite, ne dit pas précisément qu'il a repris le thème d'un chant populaire espagnol. Un site en castillan qualifie "El de la carabina" de "condensé de couleur locale" imaginé par cet auteur...
    Ce qui est indéniable, c'est que Hugo s'intéressait à la langue basque, d'où le nom du héros "Gaste-Belza", le "jeune homme noir" dans cet idiome. On sait grâce une lettre à son fils Charles datée du 31 juillet 1843 qu'il avait fait l'aquisition d'une grammaire à Saint-Sébastien, sans doute plus pour satisfaire sa curiosité que pour apprendre cette langue redoutable. Il écrira à propos du basque: « La langue basque est une patrie, j’ai presque dit une religion. Dites un mot basque à un montagnard dans la montagne ; avant ce mot, vous étiez à peine un homme pour lui ; ce mot prononcé, vous voilà son frère».
    Son intérêt pour la langue basque le conduisit à traduire une strophe de l'inauthentique "chant de Roncevaux" des Basques, Le chant d'Altabiscar (col. 2)

    (6) Hugo l'hispanisant
    Mais c'est surtout les mots espagnols que le fils du général Hugo - qui avait pratiqué cette langue dans son enfance- manie avec un plaisir non dissimulé (Doña Sabine, Tolède, Infant Ruy...), et il en fabrique même pour les besoins de la rime, comme ce mont Falou (strophe 1), qui n'existe qu'en Corse.
  • En revanche, il n'a certainement pas inventé le comte de Saldagne (strophe 9). Ce nom pourrait renvoyer à une pièce de théâtre de Don Alvaro Cubillo de Aragon né à Grenade au début du XVIIe siècle, pièce de théâtre empruntée aux vieilles ballades (suivant l'exemple de Lope de Vega) et traitant des aventures d'un certain Bernard de Carpio. Il existe une Saldaña dans la province de Palence en Castille-Leon. Les comtes de ce lieu avaient été puissants du XIème au XVème siècle. Un comte de Saldagne avait séjourné à Bayonne en 1808 et avait ensuite servi le roi Joseph Bonaparte comme colonel avant de se retourner contre lui. Hugo séjourna à Bayonne en 1811 (âgé de 9 ans). Son père avait servi lui aussi le roi Joseph.
  • Quant à Antequera d'où est originaire la "Maugrabine" (Maghrebine), mère de Sabine (strophe 2), elle se situe dans la province de Malaga en Andalousie, même si la "Tour Magne", à la ligne suivante, se trouve à Nîmes, comme le rapppellent ces deux "rimes totales":
    Gal, amant de la reine, alla, tour magnanime,
    Galamment de l'arène à la Tour magne, à Nîmes.

    Au fait, ne doit-on pas ce calembour à un certain Victor Hugo?
  • (1) Tribute paid
    As for most of the Brassens songs at this site, this singable translation is based on the prose translation posted by David Yendley on his blog (http://dbarf.blogspot.fr/2012/05/alphabetical-list-of-my-brassens-songs.html).

    (2) A text pruned down to the bone
    In Brassens’ song stanzas 3.7.10 and 11 are left out. This seems thoroughly relevant: The author, Victor Hugo had clearly set himself a challenge finding as many rhymes in “agne” and “ou” as possible, to match the almost throughout unchanging burden “Le vent qui vient à travers la montagne/ me rendra fou”. The remaining seven stanzas in Brassens’ poem focus on the fascination of the “man with the hunting rifle” for the beauty of this Doña Sabina, as well as his phobia of the disturbing “wind that blows ‘cross the mountain “, the Tramontane, while they discard incidental episodes (the beggar asking for charity, the two bathing sisters, the elopement, the dagger left on the rack), that highlight the author’s literary skills by displaying additional rhymes (sou, compagne, Cerdagne, clou) but are against the dramatic intensity of the narrative. On the contrary, breaking off the story on its climax, namely the exposure of the venerated perfect beauty’s venality was without doubt a well advised decision.
    It is remarkable that Brassens’ predecessor, the musician Hippolyte Monpou should have also let the poem shrink to 4 stanzas (1, 4, 5 and 9), all of them were kept by Brassens.
    But the urge to use the word “Allemagne” (Germany, with a rhyme in “agne”, st. 8) proved creative, since it produced a striking summary: the Roman Empire, after Caesar’s rule, split up into two entities, one of them, the Western Empire was restored by Charlemagne (summoned in stanza 4) and became at a later stage “the Holy Roman Empire of the German Nation”.

    (3) Encounter in Biarritz
    This poem, titled “Guitar”, is included in “Rayons et Ombres” (Lights and Shades), chapter XXII, composed by Hugo after 1830 and published in 1840. In “En voyage” (On my way), book II , Chapter “Alps and Pyrenees”, which came out in 1890, after his death, as his logbook could not be properly exploited because of the accidental death of his daughter Leopoldine in August 1843, Hugo states that he discovered on the Biarritz shore, in July 1843, a girl bathing in petticoat and shift, who sang to him the first two stanzas of his poem of 1837, even if stanza 7 in it seems to hint at a previous similar event. She asked him in words mixing up French and Spanish: “Does Monsieur the Stranger know this song?” He answered evasively: “I think I do, a little”. And he went on comparing himself with “Ulysses listening to the siren”, though one may rather think of Ulysses’ encounter with Nausicaä, a famous episode out of Homer’s Odysseus.

    (4) The three melodies
    The reason why this young girl knew this text is that, 3 years before it was published in “Rayons et Ombres”,
  • It was set to music by Hippolyte Monpou (1804-1841), the “father of the French ballad” and back then famous composer of comic operas, who was in friendly terms not only with Hugo, but also Musset, Dumas, Théophile Gauthier, in brief, a Romantic musician par excellence. The song was circulated as a broadside with music sheet under the title “Gastibelza, the Lunatic of Toledo” as early as 1837, as stated on a well documented Wikipedia page. The melody was so well-known that a song composed around 1845 by the Breton bard Prosper Proux (1811-1875) is directed to be sung "to the tune of Gastibelza”.
  • Besides, these lyrics were also set to music in an inspiring way, by Franz Liszt (1811-1886), along with a German translation by Theobald Rehbaum, titled "Gastibelza, der greise, kühne Jäger." The aforementioned Wikipedia article on Monpou mentions that the latter composed his song with Liszt’s help, who therefore did not discover the poem in 1840. Liszt describes in a truly fascinating way the growing insanity of a man of arms who discovers the venality of his eloped sweetheart. The mountain wind blowing from the North, the Tramontane makes it still worse, a wind which is traditionally said to have this disturbing effect.
    “Imitation of light guitar chords, bolero rhythms, rolled up chords, wind roaring, all these effects are mixed up in the most expressive harmonic language and new textures resorted to by Liszt”, as stated at the site “Hyperion”.
  • The melody composed by Brassens may at first sight seem far more simple in comparison, but when listening intently, in spite of the poor recording, to the two guitar harmonization , one is enthralled by both the clear melodic line and the gorgeous accompaniment.

    (5) Linguist Hugo
    Hugo in the enigmatic text quoted by Mr. David Yendley does not explicitly refer to a Spanish folk song, he would have imitated. Besides, a Spanish Internet site dubbed “El de la carabina” a “local colour fiction” for which we are indebted to Hugo himself.
    A thing no one can deny, is Hugo’s interest in the Basque language. Hence the name given to the protagonist “Gaste-Belza”, the black(haired) lad, in Basque. In a letter to his son Charles, dated 31 July 1843, he mentions that he has bought a Basque grammar in San-Sebastian, spurred on by curiosity rather than the will to learn this formidable language. He writes somewhere: “The Basque language is a homeland, I should rather say a religion. Just say a word in this language to a Basque mountaineer: you were hardly a human being before. Now you are his brother!
    This fascination enticed him to translate a stanza of the spurious “Roncesvalles song” of the Basques (col. 2).

    (6) The Spanish scholar Hugo
    But Hugo is above all fond of Spanish words, which he may have heard and learnt as a child when he stayed in Spain with his father, General Hugo: Doña Sabina, Toledo, Infant Ruy... But not only that. He also invents new words for the sake of the rhyme, like the Mount Falu (stanza 1), which exists only in Corsica.
  • On the other hand, he did not invent the Count of Saldaña (stanza 9). This name could hint at a play by Don Alvaro Cubillo de Aragon, born in Grenada early in the 17th century. This play elaborates on old ballads, after the model of Lope de Vega, and tells us of a named Bernard de Carpio. There is a Saldaña in the Province of Palencia in Castile and Leon. The counts of that ilk were important rulers from 11th to 15th centuries. One Count of Saldagne had stayed in Bayonne in 1808 and then entered the service of King Joseph Bonaparte as a colonel, before he took arms against him. Hugo, aged 9, also lived in Bayonne in 1811. His father also had served under King Joseph.
  • As for Antequera, where the Magrebian mother of Sabina is originating from (stanza 2), it is located in the province Malaga, in Andalusia, though the “Tour Magne” (Grand Tower) stands in Nimes, as French pupils know from droll verses composed by none other than … Victor Hugo.

    (7) In stanza 11, "fencing pad" means "fencer's plastron". The original states that Gastibelza, formerly a pugnatious bloke, has now a sword forever hanging on a nail: "la lame au clou". The trick of the rhymes in "ou" in the original applies to rhymes in "ad" in translation. The difficulty of the chore should excuse the inaccurate rendering.



  • Hippolyte Monpou ("Charivari", 1840)


    "Gastibelza" de Franz Liszt, Chant et piano LW N27, Ed. à Berlin en 1844 (chanté en français)



    Georges Brassens au TNP en 1966




    "Gastibelza" de G. Brassens.

    "Gastibelza" de H. Monpou.

    La légende de la nonne Index Une jolie fleur