XXII LA MAISON DES GRANDS-PARENTS Les mouches du cellier bourdonneront, l'anis Etoilant ses parfums encombrera la sente, La pompe grincera qu'un broc heurte et les nids De guêpes sur le toit diront l'aïeule absente, La maison vide, aux volets clos. Il n'y aura Ni banc ensoleillé, ni tonnelles où pendent Le vert cristal des grains, mais sur le seuil un drap De velours noir et des pompons comme des glandes D'argent. Il y aura... La pendule a sonné Sempiternellement le carillon des heures. Sur la table de bois les mains ont tant traîné Qu'une ombre désormais incruste la demeure. Un flacon de brouillard grise mieux que le vin. Maison humble dressée au flanc de la lumière Immobile, surgie éclair, et c'est en vain Que les rochers du temps pour l'écraser s'épierrent- Le compotier fleuri luit près du volet clos, L'odeur des livres vieux emplit le meuble et l'ombre. Dehors, l'automne brûle et triomphe. Les faux Hivers pourront passer et les étés sans nombre, Ils ne briseront pas la garde du pêcher Inaltérable ni le chant de mes enfances... Le visage qui monte où je vais me pencher Du roi qui régit tout sut tourner les défenses. Je conterai les dits du jardin hors du temps, Le berceau de roses où tu veilles et chantes, Et nul ne connaîtra si la voix qu'il entend Est l'enfant que je fus ou celui qui me hante. Michel Galiana (c) 1991

XXII THE GRANDPARENTS' HOUSE There will be humming flies in the cellar and scents Of anise strewn like stars cluttering up the path, The pump hit by a jug shall grate and the wasp nest On the roof shall proclaim that the old woman passed. With closeshuttered windows the house will be empty With no bench to bask on in the sun. There will hang No more grapes in the yard. No, just that canopy Of black velvet with its bobbles looking like glands Of silver. There will be...But the clock did just ring Endlessly stammering its stubborn chimes and hours. On the wooden table hands have so long lingered That a shade forever has pervaded the house. A flask of mist is still headier than is wine. Humble dwelling that was, that night, suddenly lit, Motionless, by a sparkling flash. It is in vain That the rocks of the years crumble down to crush it. The flowery fruit dish shines near the closed shutters, The smell of the old books fills the shade and the press. Outside burning autumn triumphs and fraud winters May be passing along with summers numberless, They will not prevent me from watching steadfastly Over the peach tree and the song of my young years... The face has arisen - which I'll behold closely - Of the king who rules all and does not yield to tears. I shall tell them the tales of the timeless garden, The rosebed where you watch and sing your chant softly, No one shall know if the voice to which they listen Is the child that I was or the child that haunts me.

Transl. Christian Souchon 01.01.2004 (c) (r) All rights reserved

Note :

Le sujet du poème est le décès de la grand-mère maternelle de l'auteur, le 15 mars 1953 à Nantes. La quatrième strophe évoque la maison violemment éclairée par les phares de la voiture qui avait conduit l'auteur et sa famile de Paris à Nantes où ils arrivèrent en plein milieu de la nuit. (Cf.La maison du matin)

This poem is relating to the death of the author's grandmother, on March 15, 1953 in Nantes. The fourth stanza evokes the house violently lit by the headlights of the car which brought the author and his family from Paris to Nantes where they arrived in the middle of the night. (Cf.La maison du matin)

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