Les sabots d'Hélène

Helen's clogs

Georges Brassens (1954)

1. Les sabots d'Hélène (1) Étaient tout crottés, Les trois capitaines (2) L'auraient appelée vilaine, Et la pauvre Hélène Était comme une âme en peine... Ne cherche plus longtemps de fontaine, Toi qui as besoin d'eau, Ne cherche plus: aux larmes d'Hélène Va-t'en remplir ton seau. 2. Moi j'ai pris la peine De les déchausser, Les sabots d'Hélène moi qui ne suis pas capitaine, Et j'ai vu ma peine Bien récompensée... Dans les sabots de la pauvre Hélène, Dans ses sabots crottés, Moi j'ai trouvé les pieds d'une reine Et je les ai gardés. 3. Son jupon de laine Était tout mité : Les trois capitaines L'auraient appelée vilaine, Et la pauvre Hélène Était comme une âme en peine... Ne cherche plus longtemps de fontaine, Toi qui as besoin d'eau, Ne cherche plus: aux larmes d'Hélène Va-t'en remplir ton seau. 4. Moi j'ai pris la peine De le retrousser, Le jupon d'Hélène, moi qui ne suis pas capitaine, Et j'ai vu ma peine Bien récompensée... Sous le jupon de la pauvre Hélène, Sous son jupon mité, Moi j'ai trouvé des jambes de reine, Et je les ai gardées. 5. Et le cœur d'Hélène Ne savait pas chanter, Les trois capitaines L'auraient appelée vilaine, Et la pauvre Hélène Était comme une âme en peine... Ne cherche plus longtemps de fontaine, Toi qui as besoin d'eau, Ne cherche plus: aux larmes d'Hélène Va-t'en remplir ton seau. 6. Moi j'ai pris la peine De m'y arrêter, Dans le cœur d'Hélène, moi qui ne suis pas capitaine, Et j'ai vu ma peine Bien récompensée... Et, dans le cœur de la pauvre Hélène, Qui avait jamais chanté, Moi j'ai trouvé l'amour d'une reine (3) Et moi je l'ai gardé.

1. The clogs of poor Helen Were all caked with mud The three famous captains, They would have called her a sloven So that our poor Helen Was despondent and heartbroken……. Do not seek any longer a fountain, Should water supply fail. No further seek : from the tears of Helen Go and fill up your pail. 2. Now I bothered even Pulling from her feet, The clogs of fair Helen, I who am no way a captain And I saw my trouble Repaid with a treat: For inside the clogs of our poor Helen All stained with mud and brine I found the feet of a queen of heaven And I have kept them mine. 3. Full of holes, her woollen Petticoat it was! The three famous captains, They would have called her a sloven! So that our poor Helen Was despondent and heartbroken. Do not seek any longer a fountain, Should water supply fail, No further seek : from the tears of Helen Go and fill up your pail. 4. Now I bothered even Tucking right up high, The skirt of fair Helen, I who am no way a captain And she did my trouble Most sweetly requite…... Beneath the petticoat of poor Helen Moth-eaten, unrefined, I found the legs of a queen of heaven And I have kept them mine. 5. And the heart of Helen Knew not how to sing, The three famous captains, They would have called her a sloven So that our poor Helen Was despondent and heartbroken. Do not seek any longer a fountain, Should water supply fail. No further seek : from the tears of Helen Go and fill up your pail. 6. Now I bothered even Staying on right there, In the heart of Helen, I who am no way a captain And the sweetest of all Rewards was my share ... For in the heart of our poor fair Helen Who had ne’er sung before I found the love of a queen of heaven; Kept it for evermore. Transl. Christian Souchon (c) 2017

NOTES
1) Hélène Malet-Orsal, la femme d’un “bougnat” du 11ème Arrondissement (marchand de charbon qui faisait aussi café), n’était pas originaire d’Auvergne, comme la plupart de ces cafetiers parisiens, mais d’Aubrac Le Cayrol dans l’actuelle région Midi Pyrénées. Toute sa vie elle eut la réputation d’être l’Hélène de la chanson de Brassens. Elle mourut en 1992 dans son village natal.

2) Dans la chanson d’origine “En passant par la Lorraine” il est question de trois capitaines qui traitent Hélène de haut à cause de ses vêtements de paysanne, pauvres et sales. Les paroles en sont:
Avec mes sabots, Ils m'ont appelée "Vilaine!"
Avec mes sabots...

Brassens, cela va de soi, n’aimait ni les m’as-tu-vu, ni les militaires.

3) Dans la chanson populaire, la paysanne fait savoir aux officiers hautains que le fils du roi l’aime. Il lui a offert un bouquet de marjolaines, qu’elle va planter dans la plaine. Si elles fleurissent, elle sera reine.

4) Comme pour la plupart des chansons de Brassens sur ce site, ces notes sont tirées du blog de David Yendley (http://dbarf.blogspot.fr/2011/01/).
La traduction chantable anglaise est basée sur sa traduction en prose.
1) Hélène Malet-Orsal, the wife of an 11 Arrondissement coal merchant who also served wine and coffee, did not originate from the Auvergne, as most of these Parisian pub owners, but from Aubrac Le Cayrol in the Midi Pyrénées region. She spent her life in the reputation of being the Helen in Brassens' song. She died in 1992 in her native village.

2) In the original folk song “En passant par la Lorraine” there are three army captains who treat Helen with contempt because of her poor, dirty peasant attire. The original song reads:
Avec mes sabots, Ils m'ont appelée : Vilaine !
Avec mes sabots...

Brassens, of course, was antipathetic to social snobbery and the military.

3) In the folk song, the peasant girl informs the disdainful officers that the King’s son is in love with her. He had given her a bunch of marjoram plants, which she has planted on the plain. If they flower she will become Queen.

4) Like for most of the Brassens songs at this site, these notes are borrowed from David Yendley's blog (http://dbarf.blogspot.fr/2012/05/alphabetical-list-of-my-brassens-songs.html).
This singable translation is based on his prose translation.





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