Celui qui a mal tourné

The evil-doer

Georges Brassens (1957)

1. Il y avait des temps et des temps Que je ne m'étais pas servi de mes dents, Que je ne mettais plus de vin dans mon eau Ni de charbon dans mon fourneau. Tous les croque-morts, silencieux, Me dévoraient déjà des yeux: Ma dernière heure allait sonner C'est alors que j'ai mal tourné : 2. N'y allant pas par quatre chemins, J'estourbis en un tournemain, En un coup de bûche excessif, Un noctambule en or massif. Les chats fourrés,) quand ils l'ont su M'ont posé la patte dessus Pour m'envoyer à la Santé Me refaire une honnêteté. 3. Machin, Chose, Un tel, Une telle, Tous ceux du commun des mortels Furent d'avis que j'aurais dû En bonne justice être pendu. À la lanterne et sur-le-champ! Ils se voyaient déjà partageant Ma corde, en tout bien tout honneur, En guise de porte-bonheur. 4. Au bout d'un siècle, on m'a jeté À la porte de la Santé. Comme je suis sentimental, Je retourne au quartier natal, Baissant le nez, rasant les murs, Mal à l'aise sur mes fémurs, M'attendant à voir les humains Se détourner de mon chemin. 5. Y en a un qui m'a dit: " Salut ! Te revoir, on n'y comptait plus..." Y en a un qui m'a demandé Des nouvelles de ma santé. Lors, j'ai vu qu'il restait encor Du monde et du beau monde sur terre, Et j'ai pleuré, le cul par terre, Toutes les larmes de mon corps. (1)

1. My poor stomach gurgled always: Had not had a square meal in days. Only water unspoiled by wine, With no coal in my stove: how fine! Silent gravediggers eyed me up: Had put their feet in the stirrups My last hour was going to chime: That was when began my bad time. 2. Not to beat long about the bush I killed a man with a quick push, Clobbering hard, in a wild flash, A night-reveller stuffed with cash. Ermined judges found it out, Came down hard on me: no bailout. They sent me to the jail “Santé” To remake ‘n honest man of me. 3. Lots of folk whose names slip my mind, Human beings of the mainstream kind, Thought I was to be whacked and banged In all fairness, and to be hanged. Strung up high and with no delay! They saw already dawn the day When they would fairly slice my rope, A lucky charm to fill their hopes. 4. A century on, they threw me Out from the gate of the “Santé” Like in a sentimental song, I go back to where I belong. Keeping head down, I had the blues, Ill at ease to be in my shoes, Expecting to see them that day Veer off, to keep out of my way. 5. There’s one who said to me: “Hello! Never counted on seeing you…..” There’s one who enquired news of me - Of my health and the jail “Santé”. Then I saw that it was still worth Living with such fine folks on earth I flopped to the ground and I wept All the tears that my eyes had kept. (1) Transl. Christian Souchon (c) 2017

NOTES
(1) Comme pour la plupart des chansons de Brassens sur ce site, cette traduction chantable s'inspire de la traduction en prose publiée sur son blog par David Yendley (http://dbarf.blogspot.fr/2011/01/).
(1) As for most of the Brassens songs at this site, this singable translation is based on the prose translation posted by David Yendley on his blog (http://dbarf.blogspot.fr/2012/05/alphabetical-list-of-my-brassens-songs.html).

Prison de la Santé à Paris



Auprès de mon arbre Index Au bois de mon coeur