P... de toi

Tramp that you were

Georges Brassens (1954)

1. En ce temps-là, je vivais dans la lune Les bonheurs d'ici-bas m'étaient tous défendus Je semais des violettes et chantais pour des prunes Et tendais la patte aux chats perdus Ah ah ah ah! putain de toi! Ah ah ah ah ah! pauvre de moi... 2. Un soir de pluie, v'là qu'on gratte à ma porte Je m'empresse d'ouvrir, sans doute un nouveau chat ! Nom de Dieu, l' beau félin ... que l'orage m'apporte C'était toi, c'était toi, c'était toi... Ah ah ah ah! putain de toi! Ah ah ah ah ah! pauvre de moi... 3. Les yeux fendus et couleur de pistache T'as posé sur mon cœur ta patte de velours Fort heureusement pour moi t'avais pas de moustache Et ta vertu ne pesait pas trop lourd... Ah ah ah ah! putain de toi! Ah ah ah ah ah! pauvre de moi... 4. Aux quatre coins de ma vie de bohème T'as promené, t'as promené le feu de tes vingt ans Et pour moi, pour mes chats, pour mes fleurs, mes poèmes C'était toi la pluie et le beau temps... Ah ah ah ah! putain de toi! Ah ah ah ah ah! pauvre de moi... 5. Mais le temps passe et fauche à l'aveuglette Notre amour mûrissait à peine que déjà, Tu brûlais mes chansons, crachais sur mes violettes, Et faisais des misères à mes chats... Ah ah ah ah! putain de toi! Ah ah ah ah ah! pauvre de moi... 6. Le comble enfin, misérable salope, Comme il ne restait plus rien dans le garde-manger, T'as couru sans vergogne, et pour une escalope, Te jeter dans le lit du boucher ! Ah ah ah ah! putain de toi! Ah ah ah ah ah! pauvre de moi... 7. C'était fini, t'avais passé les bornes Et, renonçant aux amours frivoles d'ici-bas, J' suis remonté dans la lune en emportant mes cornes, Mes chansons, et mes fleurs, et mes chats... Ah ah ah ah! putain de toi! Ah ah ah ah ah! pauvre de moi...

1. In those days, I Was on the moon a-living The joys down here below Were forbidden to me. I used to sow vio- lets And to sing for nothing, And to welcome any lost kitty. Ah ah ah ah ! Tramp that you were! Ah ah ah ah ah! How shall I fare? 2. One rainy night, At my door there is scratching I rush to open it, Another cat in view! Heavens, the cute feline That the storm to me brings in! It was you, it was you, it was you! Ah ah ah ah ! Tramp that you were! Ah ah ah ah ah! How shall I fare? 3. With pistachio Green eyes - and almond shaped - You placed on my heart your Paw, whose claws were withdrawn Very luckily for Me you did not have whiskers And your virtue did not weigh a ton. Ah ah ah ah ! Tramp that you were! Ah ah ah ah ah! How shall I fare? 4. To every inch Of my bohemianism, Your twenty years have set Fires I could not restrain And for me, for my cats, For my flowers, my poems The fine weather you were and the rain. Ah ah ah ah ! Tramp that you were! Ah ah ah ah ah! How shall I fare? 5. Time passes and Willy nilly it scythes: Our love was not yet ripe When you were already Spitting on my vio- lets, And burning my ditties, Making my cats’ lives a misery. Ah ah ah ah ! Tramp that you were! Ah ah ah ah ah! How shall I fare? 6. You proved to be A tart, aye, and no mistake: Since there was nothing left To eat in the larder, Without any shame you Ran, and just for a beef steak You jumped into bed with the butcher. Ah ah ah ah ! Tramp that you were! Ah ah ah ah ah! How shall I fare? 7. T was over, now You ‘d overstepped the limits. Shunning frivolous loves Down below, I climbed back On the moon, taking my Cuckold’s horns and my ditties, Along with my flowers and my cats. Ah ah ah ah! Tramp that you were! Ah ah ah ah ah! How shall I fare? Transl. Christian Souchon (c) 2017

Explication donnée par David Yendley sur son blog (http://dbarf.blogspot.fr/2012/05/alphabetical-list-of-my-brassens-songs.html) (La présente traduction anglaise chantable s'appuie sur sa traduction en prose):

Les biographes de Brassens mentionnent une certaine Jo avec qui il eut une laisison passionnée de juin 1945 à août 1946. Ils nous apprennent que Jo n'avait que dix-sept ans lorsqu'elle fit irruption dans son existence. Dans la chanson, Brassens parle de "ses vingt ans", mais c'est là sans doute une licence poétique. Il devait prendre garde à ne pas se faire prendre par sa maîtresse, Jeanne, chez qui il habitait, Impasse Florimont. Jo était ravissante et dénuée de toute moralité. Le côté bohème de Brassens s'accordait bien, au début, avec son attitude existentielle délurée et sa liberté de moeurs. Hélas, si le refus de tout engagement envers la société était divertissant, le même principe était vite intenable dans une relation personnelle et il fut à l'origine de bien des déboires dans la vie du poète. En l'occurrence, il conduisit à la rupture.

Explanation borrowed from David Yendley's blog (http://dbarf.blogspot.fr/2012/05/alphabetical-list-of-my-brassens-songs.html) (The present singable English translation is derived from from his prose translation):

Some of Brassens’ biographers talk of a girl called Jo, with whom Brassens had a passionate relationship from June 1945 until August 1946. They tell us that Jo was only seventeen when she made her dramatic entry into his life - in the song Brassens talks of her twenty years but that will be poetic licence. He had to be careful not to be caught by his mistress, Jeanne, in whose house he was living in the Impasse Florimont. Jo was stunning to look at and totally amoral. Brassens’ bohemian character was attracted by her devil-may-care attitude to life and the liberality of her love. Unfortunately the irresponsibility, which was amusing when applied to the society around them, became unacceptable within a personal relationship and she brought a lot of turmoil into his life. This led to the break-up.




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