Fantic Bourdel

Françoise Bourdel - Fanny Bourdel

à rapprocher du "Markiz Gwerand" du "Barzhaz Breizh"

Texte recueilli par François-Marie Luzel:

auprès d'une fileuse de Plouégat-Guérand
Publié dans "Sonioù Breizh-Izel", 2ème tome


Guérand: portail du XVIIème siècle à
l'entrée du château de Vincent Du Parc. Le château fut
remplacé par un nouvel édifice au XIXème siècle,
lequel fut détruit par un incendie en 1940.

Ton
("Ar vinorezig" recueillie par Maurice Duhamel auprès de Jeanne Le Bail de Port-Blanc)
(Fond sonore de la page, arrangement Chr. Souchon, 2012)


FANTIC BOURDEL

Fantic Bourdel, ar plac’hic coant,
Zo et da varkizès da Werrand.
Fantic Bourdel a vonjoure,
Bars en Gwerrand, pa arrue:

— Demad ha joa ’bars an ti-man,
Markiz Gwerrand pelec’h e-man ?
- Bars en Gwerrand, dindan ar zâl,
A zo eur feunteun dour clouar,

Zo out-hi eur skudel arc’hant,
Ewit debauch ar merc’hed coant... -
An dro d’ar c’hastel hi deus grêt,
’N tâl ar feunteun ’c’h ê digwezet ;

’N tâl ar feunteun ’c’h ê digwezet,
Ar skudel arc’hant deus cavet ;
Ar skudel arc’hant deus cavet,
He leiz a dour a deus efet.

Fantic Bourdel a lavare
D’an ôtro markiz, deuz ar beure :
— Otro markiz, mar am c’haret,
d’am digass d’ar gêr e teufet. -

’N otro markiz a lavare
D’he bôtr marchossi ha neuze :
— Ekipet d’in ma c’harreos cloz,
Ma ’c’h in da Vontroulès fenoz. -

Pa oa o tiskenn ru Miniec,
A oe ar c’harreos digorret ;
A oe ar c’harreos digorret,
’Wit vijent gant an hol gwelet,

Ha ma lavare pôtred kêr :
— Arru ê ’r varkizez er gêr. -
Fantic Bourdel a lavare
D’an ôtrô markiz on de-ze :

— Prenet d’in eun davanjer glaz,
’Wit ma raïo an dud d’in plas. -
Pemp cant scoet arc’hant hi deuz bet,
’Wit mezur he mab, pa vo ganet.

— Tawet, Fantic, na oelet ket,
Me deui a wechou d’ho cuelet... -

Canet gant eun néérez a Plégat-Gwerrand
FRANÇOISE BOURDEL

Françoise Bourdel, la jolie fille,
Est allée (comme) marquise à Guerrand.
Françoise Bourdel bonjourait
A Guerrand, quand elle arrivait :

— Bonjour et joie en cette maison !
Le marquis de Guerrand où est-il ?
- A Guerrand, sous la salle,
Il y a une fontaine d’eau tiède,

A laquelle pend une écuelle d’argent
Pour débaucher les jolies filles. -
Le tour du château elle a fait,
Près de la fontaine elle est parvenue,

Près de la fontaine elle est parvenue,
L’écuelle d’argent elle a trouvé ;
L’écuelle d’argent elle a trouvé
Plein l’écuelle d’eau elle a bu.

Françoise Bourdel disait
A monsieur le marquis, le matin :
— Seigneur marquis, si vous m’aimez,
Me ramener à la maison vous viendrez. -

Monsieur le marquis disait
A son valet d’écurie, alors :
— Équipez-moi mon carrosse fermé,
Que j’aille à Morlaix, cette nuit. -

Comme ils descendaient la rue Miniec,
Le carrosse fut ouvert,
Le carrosse fut ouvert ;
Pour qu’ils fussent de tous aperçus,

En sorte que disaient les gars de la ville :
- La marquise est arrivée à la maison. -
Françoise Bourdel disait
A monsieur le marquis, ce jour-là :

— Achetez-moi un tablier bleu,
Afin que le monde se dérange pour me faire place. -
Cinq cents écus d’argent elle a eu,
Pour la layette de son fils, quand il sera né.

— Taisez-vous, Françoise, ne pleurez pas,
Je viendrai quelquefois vous voir... -

Traduction de Luzel
FANNY BOURDEL

Fanny Bourdel the fair lass
Followed the Marquess to Guérand.
Fanny Bourdel has greeted
Everyone at Guérand manor;

- Good day and joy to all in this house,
Is the marquess at home?
- He is downstairs in the room
With the lukewarm water fountain.

On it hangs a silver bowl:
A device to seduce pretty lasses. -
She walked through all the premises
Until she came to the fountain.

Until she came to the fountain
There the silver bowl she has found.
There the silver bowl she has found.
And a bowlful of water she drank.

Fanny Bourdel said
To the marquess the next morning:
- My Lord, if you love me,
You will see me home. -

The marquess said then
To his stable lad:
— Get my curtained carriage ready,
I'm leaving for Morlay tonight. -

When they drove down Miniec street,
The curtain was drawn open,
The curtain was drawn open,
So that everyone could see them.

The lads in town guffawed:
- The marchioness' carriage's back home! -
Fanny Bourdel has said
To the Marquess, on that day:

— You should buy me a blue apron
So that all give way wherever I go. -
She was given five hundred crowns
To buy baby clothes for her son to be born.

- Be silent, Fanny, do not cry.
I shall come and see you now and then... -

Sung by a spinner woman
At Plouégat-Guérand.



Notes de Luzel



François-Marie Luzel (1821 -1895)




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