Kloarek ar Chiffrañs

Le clerc Le Chiffrans

Clerk Le Chiffrans


Chant recueilli par l'Abbé Guillerm, en 1908
Interprété par l'Abbé Morvan de Gouézec (Finistère)
Publié par le Chanoine Henri Pérennès dans "Les Annales de Bretagne", volume 46 3-4, pages 266 à 271, en 1939



Maronad Pontkalek
Mélodie en ré mineur

Arrangement Christian Souchon (c) 2008

BREZHONEG

1. Kloarek ar Chifrañs [1] a Gerouinoù [2] , (div w.)
En-deus bet lazet mab un aotroù
Mab un aotroù kaer a Gerouinoù. (div w.)



2. - Kloarek ar Chifrañs, din lavarit:
E-barzh pelec'h e oa eñ tapet?
- Ouzh an daol royal e bourc'h Gourin.



3. Eus an daol royal e bourc'h Gourin,
Ha dindan e fri un tri seurt gwin
Ha bara gwinizh ha kig bevin. - [3]



4. Kloarek ar Chifrañs a lavare
E ger gaer an Naoned pa errue: [4]
- E pelec'h ema ar prizon er gêr-mañ
Vez lakaet ar baotred vad ennañ?


5. - Kloarek ar Chifrañs, grit ket a c'hoap!
Prizon awalc'h vo kavet d'ho lakaat,
Hanter-kant lur houarn deus pep troad.



6. - Na, ma'z ean er prizon me fenoz,
C'hwi breparo din ur gwele kloz [5]
Hag ur femelen, pa deuy an noz!



7. Hag ur femelen diwar ar maez,
Kar n'am-eus ezhomm ur vourc'hizez,
Gant aoñ na ve klañv gant an Naplez, [6]
Evel ma'z oc'h-c'hwi, sorserez!


8. - Me breparo deoc'h ur gwele kloz
Hag a vo añvet ar basfos
E p'lec'h na welfet na deiz na noz
'Med ur steredenn d'an hanter-noz!


9. Me breparo deoc'h ur femelen
Hag a vo añvet ur ganaben:
Skoulmo ar bourrev war an daou benn! -



10. Na, pa oa er prizon an Noaoned
E oa warnañ nav dor alc'hwet.
- Na, me glev va mamm paour o c'houelañ:
E toull an nor-borzh klask va frenañ.


11. - Na, div wech he-deus c'hoazh va frenet
Deus etre daouarn ar zerjañted.
Na, ma gar va pren' ur wech hepken,
Er prizon ne ven-me biken.


12. Me, am-eus teir c'hoar er gouent
O zeier int gwisket e satin gwenn...
- Na, pa vent gwisket e satin aour,
P'eo kollet gante o enor, int paour. [7]


13. Nag ar c'hentañ 'nezho zo Janed:
Ur c'hodiserez vad d'ar paotred!
Na, pa glefet anezhi o c'hodisañ
Larit dezhi dont d'am ziskrougañ!


14. Nag an eil anezho a zo Mari
Ha me a bed va malloz ganti,
Ouzh e-doa lared din abredig mad
Ar bourrev vije diwisket va zilhad!


15. Nag an deirved anezho zo Franseza,
Me a bed va zad d'he c'hourrijañ:
Ouzh a drempe din va zoubenn
Bep sul araok mond d'an oferenn! -

FRANCAIS

1. Le clerc Le Chiffrans, quelle audace! [1]
Le clerc Le Chiffrans de Kerouinou [2]
A tué le fils, le saviez-vous?
D'un noble seigneur de la place,
D'un noble seigneur de Kerouinou.

2. - Encore un de ces tours pendables
Du clerc Le Chiffrans! Mais dites-moi:
Quand l'a-t-on pris et à quel endroit?
- A Gourin, dînant à la "Table"
A Gourin, à la "Table du Roi".

3. A la "Table du Roi", le bougre!
A la "Table du Roi", à Gourin;
Et sous son nez, trois sortes de vin!
Du bœuf et du froment, quel ogre!
Du bœuf et du froment dans son pain! - [3]

4. Le Clerc le Chiffrans a, bien vite,
Le Clerc le Chiffrans, a proclamé
Quand ils l'ont à Nantes emmenés: [4]
- Où se trouve la prison, dites
Où les innocents sont enfermés?

5. - Ne plaisantez pas, c'est trop grave,
Ne plaisantez pas, clerc Le Chiffrans!
Des prisons, il y en a tant et tant
Ceux qu'on y met, on les entrave,
Cents livres aux pieds: rien de tentant.

6. - En prison si la nuit je passe,
Si je passe la nuit en prison,
Qu'on me donne un lit clos et un bon, [5]
Et pour réchauffer ma paillasse,
Une femme sous mon édredon!

7. Que ce soit une campagnarde,
Une campagnarde, je dis bien!
Les citadines ne valent rien:
Car plus d'une a le mal de Naples! [6]
Vous-même, sorcière, l'avez bien!

8. - Un lit clos? Vous l'aurez! Sans doute!
Un lit clos? Moi, je ne dis pas non!
"Cul de basse-fosse": c'est son nom
La nuit, le jour: on n'y voit goutte!
Rien qu'un astre à minuit: c'est bien long!

9. Et la femme qui vous convienne,
Je l'ai cette perle, c'est certain:
"Corde de chanvre" est son nom câlin!
Les nœuds qu'y fait le bourreau tiennent
Oui, les nœuds du bourreau tiennent bien! -

10. Pour lui rendre visite à Nantes
Pour lui rendre visite, il fallait
Franchir neuf portes fermées à clé.
- C'est ma mère qui se lamente
Au porche, elle vient me racheter.

11. - Vous m'avez tiré, chère mère,
Vous m'avez tiré deux fois déjà
D'entre les griffes des magistrats!
Sauvez-moi donc, comme naguère:
La prison ne me reverra pas.

12. Ma race est riche et bien pensante:
J'ai trois sœurs; elles sont au couvent,
Toutes trois vêtues de satin blanc...
- Même vêtues d'or, s'il leur manque
L'honneur, elles sont pauvres pourtant! [7]

13. La première a pour nom Jeannette,
La première a Jeannette pour nom:
Ses tours sont appréciés des garçons!
Dites-lui: "Assez d'amusettes,
Décrochez votre frère, allez-donc!"

14. Et la seconde à qui je pense,
La seconde s'appelle Marion
Et mérite ma malédiction,
Pour m'avoir prédit à l'avance
Qu'un bourreau m'ôterait mes haillons!

15. Fanny, qui me gâtait sans cesse,
Ma troisième sœur m'a trop gâté.
Mon père, il faudra la corriger!
Chaque dimanche avant la messe,
Elle mettait ma soupe à tremper! -

Trad. Christian Souchon (c) 2013
ENGLISH

1. Clerk Le Chiffrans [1] from Kerouinou [2], (twice)
Has killed with a severe blow
The son of a lord of Kerouiniou.



2. - Clerk Le Chiffrans! What don't you say!
Was he caught after that bloody fray?
- At Gourin's "King's Table", today.



3. Too heady wines went to his head.
Three wines were poured him and not shed.
He lunched on beef and on wheat bread! - [3]



4. Clerk Le Chiffrans in jest has said
When to Nantes prison he was led: [4]
- Show me the place where hurt prevails,
Where the blameless come into jails!


5. - With jokes, here, you will be replete.
Our jails will give you such a treat:
Fifty pound balls chained to your feet!



6. - If I am to be locked tonight,
A "closed bed" will be all right, [5]
With a woman for my delight.



7. But, mind, I want a country lass.
A girl from a town don't let pass
(For I fear the Naples disease [6]
That infects you, witch), if you please!


8. - A closed bed you shall have, for sure,
"Dungeon" it's called, grim and secure.
You won't be harmed by too much light
As you'll see none by day or night


9. As for a girl, I've one in mind:
She 's called "halter" as you shall find
Which around your throat they will bind! -



10. Now at Nantes prison's gate they knocked.
Nine iron doors on him were locked
- I hear my mother weep, no doubt;
She is haggling to bail me out!


11. Mother, you prevented me twice
From being devoured by rats and mice.
If you bail me out one more time
I shall live free of sin and crime.


12. My three sisters in their convents
Are wearing white satin garments.
- They may be clad at highest cost,
They're poor, since their honour is lost. [7]


13. My eldest sister's name is Jean:
A sport! The lads on her are keen.
"Dear, if you want entertainment,
Take me down and stop my ailment!"


14. Mary's my second sister's name.
That I curse her I do proclaim,
As she did so early assert
A hangman would tear off my shirt.


15. But my youngest sister, Fanny
Should be scolded, most certainly:
She spoiled me by pouring, poor lass,
My bread with soup before the mass. -


Trad. Christian Souchon (c) 2013


Notes

[1] Chifrañs: La version de cette gwerz, chantée par la veuve Liko de Pluzunet (près de Lannion, en Trégor), en décembre 1868 et publiée par Luzel dans ses "Gwerzioù Breiz Izel", tome II, page 407, en 1874, s'intitule "Kloarek Ar Chevanz", Le clerc Le Chevanz. Luzel propose de lire "Le Chevoir". Marie Le Chevoir était la femme du fameux ligueur La Fontenelle.
Ce même nom (Cloarec a Chevans) se retrouve dans les manuscrits De Penguern, tome 91, page 379 de l'édition "Dastum", 1983, et, selon l'indication du chanoine Pérennès, tome 92, p. 66 de la Collection Penguern.
Selon le "Dictionnaire des Noms de famille et prénoms de France" d'Albert Dauzat, "chevance" est un mot de la région de Saint-Malo qui désigne un "bien-fonds", puis le possesseur de ce bien. Le mot "chevant" pouvait en outre désigner un "bourreau".
"Chevance" a aussi désigné les vivres. "Chevancier" a pu désigner le préposé aux achats de vivres. Il a un équivalent en zone bretonnante: "Chevancer" (Chevañser).
Le mot existe en breton sous la forme "chevañ" ou "chevañt", pluriel ""chevañ(t)où", richesse et a donné le dérivé "chevañer", un riche. Luzel l'a noté "chevans" dans la gwerz "Marie Le Masson" (Gw. 2, p.269):
Lakit Mari Ar Mason er valañs/ Me roy eviti he fouez a Chevañs./Pa na gavit ket mat an dra-se,/ Me roy eviti ma inkane / Ha ma dibr ha me, war-c'horre!
Mettez Marie Le Masson sur la bascule/ Je donnerai pour elle son poids en richesses./ Si cela ne vous suffit pas,/ J'y ajoutera mon cheval,/ Et sa selle et moi-même par dessus le marché!
(Cette "hyperbole de la balance" est un des clichés caractéristiques des "gwerzioù").
Le nom "chevoir" est donné comme champenois et on lui attribue la même racine qu'à "chevance", à savoir le latin "caput", la tête, qui a donné le mot savant "capital" et son équivalent populaire, "cheptel".
Quant à "Chiffrans", c'est, à coup sûr, une déformation de "chevance" par des bretonnants éloignés du Goélo: Gourin est en Cornouaille, dans les Montagnes Noires.

[2] Kerouinoù est un lieu-dit qu'il serait vain d'essayer de localiser près de Gourin.
C'est un fait d'observation constante que les chanteurs adaptent les lieux cités dans les gwerzioù à la géographie locale: la version "Luzel" qui a été notée dans le Trégor, à Pluzunet situe le domicile du clerc à Pont-Cado et l'auberge où il a festoyé, non à Gourin, mais à Goudelin (10 km à l'est de Guingamp. Dans la version "Penguern", collectée à Pont Eon en Plouénan, à l'ouest de Morlaix, ces toponymes sont remplacés par des localités léonardes situées au nord de Brest: Gouesnou et Plourin.
La version "Pérennès" assigne au clerc la même provenance qu'au jeune homme tué au cours de la rixe, "Kerouïnou" ce qui provoque une répétition de rimes. Il n'en est rien dans les deux autres où la victime est, non pas le fils d'un "beau seigneur" (aotroù kaer), mais l'unique héritier du Bailli (Commissaire de police) de Kercadiou (pen-[her] ar Vali Kergadioù): Google localise 5 Kergadiou (à Plouyé, Guimaëc, Plougasnou, Plouvorn et Argol) et autant de Kercadiou et Kercadio, dont l'un, "Kercadiou Vian", près de Goudelin, est peut-être celui de la gwerz trégoroise.

[3] Bara gwinizh ha kig bevin, "pain de froment et viande de bœuf" étaient des mets rares et chers. Chez De Penguern "bevin" devient "rezin", raisins. Chez Luzel ces agapes se limitent à "des pruneaux et des raisins".
Dans les trois versions, il consomme trois sortes de vins qui sont à l'origine de sa funeste ébriété.
Celle-ci l'est doublement chez Luzel, car après avoir tué l'héritier du bailli, le clerc s'en prend de façon extrêmement brutale à sa bonne amie, Françoise Hélari, dont ses parents avaient essayé de lui cacher la présence.

[4] An Naoned: dans la version de Penguern, il s'agit de la prison de Vannes. Chez Luzel, de la "grande prison", sans plus de précision.
En revanche dans les trois versions, le clerc devise avec une geôlière qui n'est appelée ainsi que chez Luzel. Cette "Jeolieres" est une ancienne connaissance du clerc et c'est elle qu'il charge d'aller trouver son père pour payer sa rançon "akuitañ".
Chez Pérennès, elle devient (pour rire,) une "sorserez" (sorcière), strophe 7 et chez de Penguern une "solierez" (femme d'étage?) à qui le condamné adresse ses plaisanteries irrévérencieuses comme à une personne qu'il connaît bien, pour avoir déjà séjourné dans son établissement.

[5] Ur gwele kloz...: "un lit clos...". Les propos libertins des strophes 6 et 7 (absents de la version de Luzel, mais non de celle du chanoine, ni de celle de Penguern) sont attribués à Clément de Guers, Marquis de Pontcallec, dans une gwerz collectée à Port Blanc par Anatole Le Braz qui l'a publiée en 1896 dans la "Revue Celtique". Si le tableau que font les gwerzioù de ce personnage est parfois nuancé, rien ne justifie que lui soit attribué ce travers détestable...
Rien, si ce n'est que, dans la version Luzel, une citation de la strophe 29 de l'élégie de Pontcallec (telle qu'on la lit dans le Barzhaz) se retrouve transposée de façon parfaitement illogique: "Si l'hôtesse m'avait été fidèle, si elle était montée dans la chambre et m'avait dit: 'Clerc Le Chevance, prenez garde à vous les archers arrivent pour vous prendre!', je me serais défendu contre eux, quand même ils auraient été de moitié plus nombreux..."
Enfin, la préférence donnée aux femmes de la campagne, fait écho à la malédiction proférée contre le mendiant des villes dans le refrain repris à chaque strophe et aux accusations portées contre les citadins aux strophes 5 à 10 de la célèbre élégie.

[6] An Naplez c'est ainsi que le fameux "mal napolitain" est orthographié chez de Penguern. Dans la version du Chanoine, il faut beaucoup de flair, pour le découvrir sous la graphie "an afflez"!

[7] Kollet gante o enor: "elles ont perdu leur honneur". Selon Luzel, les trois jeunes filles sont déshonorées parce qu'elles sont les sœurs d'un condamné à mort.
Dans la présente version, les trois sœurs méritent les reproches de leur malheureux frère, l'une pour lui avoir donné l'exemple de la dissipation, l'autre pour lui avoir porté malheur par ses prédictions, la troisième pour l'avoir trop gâté.
Dans la version Luzel, il y a une gradation: Marie n'a pas gâté son frère, mais lui a, au contraire, prodigué des bons conseils: elle mérite sa bénédiction. Françoise, a mérité d'être corrigée par son père pour ses funestes prédictions. Quant à Jeanne, la croqueuses d'hommes, c'est elle la responsable de la mort de son frère, même si l'on ne lui demande pas de venir le "dépendre", comme dans les deux autres versions.

[1] Chifrañs: A version of this gwerz, sung by Widow Liko from Pluzunet (near Lannion, in Trégor), in December 1868 and published by Luzel in his "Gwerzioù Breiz Izel", Book II, on page 407, in 1874, is titled "Kloarek Ar Chevanz", Clerk Le Chevanz. Luzel suggests to read it as "Le Chevoir". Marie Le Chevoir was the wife of the (in)famous League chief La Fontenelle.
The same name (Cloarec a Chevans) is found in the De Penguern MS, Book 91, page 379 in the 1983 "Dastum"edition, and, as stated by Canon Henri Pérennès, in Book 92, page 66 of the Penguern printed collection.
According to Albert Dauzat's "Dictionary of Family Names and Christian Names in France", "Chevance" is typical for the Saint-Malo area and refers to a "country-estate", then to the owner of the said estate. The same word "chevant" also could apply to an "executioner".
But "Chevance" could once also translate as "supplies, provisions". The word "Chevancier" may have applied to a steward in charge of supplying food. There was a Breton equivalent to it: "Chevancer" (Chevañser).
The word also exists in Breton as "chevañ" or "chevañt", plural ""chevañ(t)où", "wealth", and the derivative "chevañer", a "richman". Luzel wrote the word as "chevans" in the gwerz "Marie Le Masson" (in "Gwerziou Breiz Izel", 2, p.269):
Lakit Mari Ar Mason er valañs/ Me roy eviti he fouez a Chevañs./Pa na gavit ket mat an dra-se,/ Me roy eviti ma inkane / Ha ma dibr ha me, war-c'horre!
Put Marie Le Masson on the scales/ I'll give for her her weight in riches./ If this is not enough,/ I shall add my charger,/ And its saddle and myself to boot!
(This "scale figure" is a popular cliché in gwerzioù)
The word "chevoir" is given as originating from Champagne and is ascribed the same root as "chevance", to wit, Latin "caput", the head, that gave us the "learned" word "capital", as well as its "common" equivalent "cattle" (from the French "cheptel").
As to "Chiffrans", it is, to be sure, a corruption of "chevance" by Breton speakers, far from the Goélo aera: the town Gourin mentioned in the ballad is in Cornouaille, in the Montagnes Noires (Black Mountains).

[2] Gerouinoù is a placename you would try in vain to precisely locate in the Gourin area.
It was repeatedly noticed that singers used to adapt to local toponymy the placenames mentioned in the ballads they "imported": the "Luzel" version was recorded in Trégor, at Pluzunet, and locates the clerk's dwelling at Pont-Cado and the inn where he caroused l'auberge, not in Gourin, but in Goudelin (10 km west of Guingamp). In the "Penguern" version, gathered at Pont Eon near Plouénan, west of Morlaix, these placenames are replaced by those of Leon towns situated north of Brest: Gouesnou and Plourin.
The present "Pérennès" version ascribes to the clerk the same native village as the young man he killed, "Gerouïnou", which brings about an awkward repetition of rhymes. Unlike in the other two versions where the victim is not the son to a "stately lord" (aotroù kaer), but the only heir to the "Bailiff" (Sheriff) of Kercadiou (pen-[her] ar Vali Kergadioù): Google knows of 5 Kergadioù (near Plouyé, Guimaëc, Plougasnou, Plouvorn and Argol) and as many Kercadiou or Kercadio. One of them, "Kercadiou Vian", near Goudelin, could be the one meant in the Tregor ballad.

[3] Bara gwinizh ha kig bevin, "wheat bread and beef" were foods that were both rare and expensive. In the De Penguern version, "bevin" becomes "rezin", grapes. In Luzel's version, the banquet is limited to "prunes and grapes".
But in all three versions, the reveller drinks three sorts of wines that may be the origin of his unfortunate intoxication.
Doubly unfortunate is this intoxication in Luzel's version, since, non content with killing the Bailiff's only son, the clerk bullies in an extremely brutal way his girl friend, Françoise Hélari, after her parents had attempted to conceal her presence from him.

[4] An Naoned: in the Penguern version, the prison is in Vannes, not in Nantes. The Luzel version only mentions a "big prison", without further precision.
But in all three versions, the clerk discusses with a female jail keeper who is addressed as such only in the Luzel version. This "Jeolierez" is an old acquaintance of the clerk's, and she is the one whom he sends to his father to ask him he might bail him out ("akuitañ").
In the present Pérennès version, she is called (by way of joke?) "sorserez" (witch) in stanza 7, and in Penguern's version, a "solierez" (floor attendant?) on whom the convict pours his irreverent bawdy jokes as on someone with whom he has some acquaintance from a previous stay in her establishment.

[5] Ur gwele kloz...: "a closed bed...". The bawdy speech in stanzas 6 and 7 (missing in the Luzel version, but neither in the Canon's, nor in Penguern's version) is ascribed to Clément de Guers, Marquis de Pontcallec, in a gwerz collected in Port Blanc by Anatole Le Braz who published it in 1896 in the periodical "Revue Celtique". Even if the description of this character made by the Breton "gwerzioù" is sometimes shaded with criticism, there is no reason to assume that he was afflicted by this hateful shortcoming...
No reason... except that, in the Luzel version, a quotation of stanza 29 of the Elegy of Pontcallec (as recorded in the Barzhaz Breizh) appears, adapted in a very inadequate way: "If the landlady had faithfully helped me, she would have gone upstairs and told me: 'Clerk Le Chevance, take care, the gendarmes come to capture you!'; then, I would have defended myself, even if there had been half as many more of them..."
Besides, the preference given to country women in this song, echoes the curse called on the town beggar in the burden included in each stanza and the "indictment" brought against the town dwellers in stanzas 5 to 10 of the famous dirge.

[6] An Naplez is the way the famous "Naples disease" is spelled in de Penguern's version. In the Canon's version, a great deal of intuition is needed to suspect it under the spelling "an afflez"!

[7] Kollet gante o enor: "Their honour is lost". According to Luzel, the three girls have lost their honour since they are sisters of a man condemned to death.
In the present version, the three sisters deserve the reproaches directed at them by their unfortunate brother, one for having set a bad example by her dissipated life, the second for having brought bad luck to him by her ominous speeches, the third for having spoiled him too much.
In Luzel's version, there is a gradation: Marie did not spoil her brother; on the contrary, she poured out good advice to him: she deserves his blessings. Françoise should be castigated by her father on account of her harmful predictions. As for Jeanne, the vamp, she is liable for the death of her brother, even if she is not requested to take him down from the gallows, like in the other two versions.





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