1°Ar c'hloarek fripon

Le clerc séducteur

The womanizing clerk

A propos de la mélodie
A la version de ce chant collectée par Luzel (Sonioù I, p.204) correspondent 2 mélodies de Haute Cornouaille publiées par Duhamel dans ses "Gwerzioù ha Sonioù Breiz-Izel - Musiques Bretonnes":
  • Une version chantée par Yves Mainguy de Pléven (mélodie 1). Cette version sert de fond sonore à cette page.
  • Une version chantée par François Jaffrennou de Carnoët (mélodie 2).

    Bibliographie
    Ce chant existe:
    - Sous forme manuscrite,
    . dans la collection de Penguern, tome 90, sous le titre "Ar kloarek laer", noté à Taulé en 1851, publié dans la revue "Gwerin 6".
    - Sous forme imprimée,
    . dans le recueil "Sonioù I" de Luzel, sous le titre "Ar c'hloarec fripon; Eur zon cloarec" (Pluzunet, 1868).
    - Sous forme d'article de périodiques:
    . d'Ernault, dans "Mélusine VI (1892): "Ar c'hloarek fripon (Trévérec).
    - de Parker, dans "Le clocher Breton" X (1898): "Son an intañvez (Fouesnant).

    Remarque
    Les chants sarcastiques de ce genre sont, dit-on, une spécialité de la Cornouaille. La Villemarqué n'en a fait entrer dans son "Barzhaz", qu'après les avoir travestis en chants historiques (Le Baron de Jauioz) ou en bluettes sentimentales (La meunière de Pontaro). Son exemple fut suivi par plus d'un ecclésiastique bretonnant qui s'efforça d'adapter à la langue bretonne des textes classiques édulcorés pour les besoins de la cause.
    On trouvera plus bas (Chant N°2) un texte de Robert Burns, adapté en Breton par l'Abbé A. Conq (dit "Paotr Tréouré"). Son contenu sulfureux est le même que celui du présent chant. Pourtant, le thème de l'enfant conçu hors mariage, s'y trouve complètement occulté.
  • Textes recueillis par Théodore de La Villemarqué
    Pages 5 et 6 du 1er carnet de Keransquer. Non publié
    et par François-Marie Luzel, p. 204 des "Sonioù Breiz Izel"


    La Cruche cassée"
    Par W. Bouguereau (1825-1905)

    Mélodie 1 * Mélodie 2

    Arrangement Christian Souchon (c) 2016

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    About the tune
    For the version of the present song collected by Luzel (Sonioù I, p.204), two Upper Cornouaille tunes were published by Duhamel in his "Gwerzioù ha Sonioù Breiz-Izel - Musiques Bretonnes":
  • A version sung by Yves Mainguy of Pléven (tune 1). This version is used as sound background for the present page.
  • A version sung by François Jaffrennou of Carnoët (tune 2).

    Bibliography
    This song exists:
    - In MS form,
    . in the de Penguern MS collection, book 90, titled "Ar kloarek laer", recorded at Taulé in 1851, and published in the periodical "Gwerin 6".
    - In printed form,
    . in the collection "Sonioù I" by Luzel, undre the title "Ar c'hloarec fripon; Eur zon cloarec" (Pluzunet, 1868).
    - As part of an article in a periodical:
    . by Ernault, in "Mélusine VI (1892): "Ar c'hloarek fripon (Trévérec).
    - by Parker, in "Le clocher Breton" X (1898): "Son an intañvez (Fouesnant).

    Remark
    Derisory songs of that kind are, allegedly, peculiar to Cornouaille, the Quimper area. La Villemarqué admitted some of them in his "Barzhaz", once he had disguised them as historical songs (The Baron of Jauioz) or sentimental ditties (The Pontaro Miller's wife). This example was followed by many Breton speaking clergymen who endeavoured to accommodate to their Celtic language classical texts which were cautiously sanitized.
    Further down (Song N°2), you will read poem by Robert Burns, in a Breton adaptation by the Rev. A. Conq (also known as "Paotr Tréouré"). Its shocking import is the same as in the song at hand. Yet, nowhere in the Breton piece will the theme of the illegitimate child be encountered.


  • La Villemarqué Luzel
    P. 5

    AR C'HLOAREK FRIPON

    1. Pa yae ar plac'hik yaouank
    d'ar feunteun davit dour,
    E yae he dousik kloarek
    Lou diri dei lan la la la
    La lan lan, la lan lol

    raktal eus he sikour,

    2. E yae he dousik kloarek
    raktal eus he sikour,
    D'he sikour, da c'horren
    he ficheradik dour.

    3. Int da vont da zispac'h
    dindan ar bod lore
    P' adsave, d'eus-a-se
    n' ouie dare deus o doare!

    4. Hag ez ae monet
    dindan ur bod spern-gwenn,
    Un droadik a rozenn
    ' kreiz ar fleurdelisenn!

    5. - Me ya bremañ d'an Naoned
    da boursui va studi.
    En añv Doue, va mestrez,
    roit un dra bennak din!

    6. Hi da vont d'he chakod
    ha reiñ dezhañ kant skoed
    Ur koupl a mouchouerioù
    na, ha peder roched.

    7. 'Benn a nav miz goude
    oa bet ar vugale.
    Ez ae da sriv ul lizer
    dezhañ endro adarre.

    8. Eñ da lakaat dezhi
    war kornig al lizer,
    Lar dezhi oa dimet
    d'ur vourc'hiez eus ar gêr.

    9. - Eurvat d'an den yaouank
    ' vont da guitaat e vro
    Mar gav ket e chañs tu-mañ,
    en tu-all a gavo!-

    10. Pa oa 'r plac'hik yaouank
    e ger gant he foanioù
    Oa ar c'hloarek yaouank
    toull an nor o selaou

    p. 6

    11. - Mar pije laret, berjerenn,
    ur gelvedenn bennak
    Biskoazh jamez ho pugale
    n'emfont anaet o zat!

    Kaier Keransker Nv 1
    P. 5

    LE CLERC SEDUCTEUR

    1. Quand la jeune fillette
    allait quérir de l'eau:
    Son jeune clerc à l'aide
    Lou diri dei lan la la la
    La lan lan, la lan lol

    accourait aussitôt!

    2. Son jeune clerc à l'aide
    accourait aussitôt!
    Et plein de prévenance
    il lui portait son seau.

    3. Mais voilà qu'il s'ébattent
    à l'ombre d'un laurier.
    Ils ont, lorsqu'ils se lèvent
    presque tout oublié.

    4. Etait-ce une aubépine
    qui leurs ébats couvrit?
    Ils ont planté la rose
    parmi les fleurs de lis.

    5. - Mes études m'attendent:
    A Nantes je m'en vais
    Donnez-moi, ma maîtresse,
    de quoi me sustenter.

    6. Elle sonde sa poche,
    en tire cent écus
    Des mouchoirs, des chemises
    elle lui donne en sus...

    7. Puis neuf mois s'écoulèrent
    et elle eut deux enfants.
    Elle s'en fut écrire
    au père négligent.

    8. Dans le coin de la lettre
    il griffonne ces mots:
    "Avec une bourgeoise
    j'ai convolé tantôt.

    9. Pour former la jeunesse
    les voyages sont là,
    Ce qu'ici te refuse
    tu le trouves là-bas..."

    10. Tandis que la pauvrette
    ressassait son chagrin
    Le clerc près de sa porte
    guêtait, l'oreille en coin:

    p. 6

    11. - Si vous m'aviez, ma chère,
    rabroué tant soit peu
    Vos enfants, à leur père,
    ils pouvaient dire: "adieu!".

    Traduction Christian Souchon (c) 2014
    AR C'HLOAREK FRIPON

    1.Coantic ec’h ê ma mestrès,
    ha caër evel an dour,
    Luc’hi a ra hi bisaj
    evel eur mezellour.

    2. Ha me o c’houlenn out-hi,
    dre ma oa plac’hic coant,
    Ha hi lojfe eun nozwez
    eur c’hloaregic iaouanc.

    3. Hi o laret d’in disken,
    disken ha dont en ti :
    — Credin ran a zo moyen
    evit ho repui.

    4. Ha me o vont gant-hi
    dindan eur boud spern-gwenn,
    Ben ma deuiomp ac’hano
    ’mamb troadet eur rozenn;

    5. Ben ma deuiomp ac’hano
    ’mamb troadet eur rozenn;
    Hac a zo padet out-hi
    ar spaz a nao miz crenn.

    6. — Me hâ brema da Baris,
    da boursu ma studi ;
    ’N han’ Doué, minorezic,
    reit eun dra bennac d’in !

    7. — Ha me vonet d’am armel,
    o roi d’ez-han cant scoet,
    Eun dousenn mouchouero,
    ter pe beder roched ;

    8. Eun dousenn mouchouero,
    ter pe beder roched ;
    A-baoue, ma daoulagad
    na d’eus-han ket gwelet.

    9. Ne allan mont da Baris,
    ne allan mont da Rom,
    Dalc’het on gant ar c’hloarec,
    er gêr a rencan chom ;

    10. Ne allan mont da Baris,
    ne allan mont neb-tu,
    Dalc’het on gant ar c’hloarec
    da granchad el ludu.

    11. Pa oa ar vinorezic
    oc’h ober he c’hanvou,
    Oa ar c’hloaregic iaouanc
    er prennestr o selaou.

    12. — Tawet, ma minorezic,
    plac’hic a humor-vad,
    Rac mar d’è bew ar bugel,
    aman e-man he dad.

    13. Cant scoet en penn ar c’hawel
    d’hen lacad luskellad,
    Cotillon d’ar vagerès
    ha mezeren d’ar mab.

    Embannet e "Sonioù Breizh Izel
    - Levr I" (1890) gant F-V Luzel (p. 204)
    LE CLERC SEDUCTEUR

    1. Charmante était ma belle
    et si plaisante à voir:
    Son visage rayonne
    comme fait un miroir!

    2. Et moi je lui demande,
    voyant son beau minois,
    Pour la nuit qu'elle accueille
    un clerc comme il se doit.

    3. A son logis la belle
    me presse d'accourir:
    - A vous donner asile,
    je pense parvenir. -

    4. Un buisson d'aubépine
    abrita nos ébats:
    Avions planté la rose
    quand sortîmes du bois.

    5. Avions planté la rose
    quand sortîmes du bois
    Il luit fallut pour croître
    l'espace de neuf mois.

    6. - Mes études m'appellent:
    à Paris je m'en vais:
    Donnez-moi, l'orpheline,
    de quoi me sustenter.

    7. - Je courus vers l'armoire,
    lui donnai cent écus
    Trois ou quatre chemises,
    douze mouchoirs en sus.

    8. Trois ou quatre chemises,
    douze mouchoirs en sus.
    Mes yeux noyés de larmes
    ne l'ont jamais revu.

    9. Je n'irai point à Rome,
    ni, non plus, à Paris
    Car de mon clerc les œuvres
    me tiennent au logis.

    10. A Paris n'irai guère,
    ni même ailleurs non plus,
    Je crache sur la cendre:
    ce sort m'est dévolu... -

    11. Tandis que la pauvrette
    sans fin se lamentait,
    Le clerc à la fenêtre
    était à l'écouter:

    12. - Taisez-vous, l'orpheline!
    Soyez de bonne humeur!
    L'enfant vit et son père
    est là pour son bonheur.

    13. Voici, pour qu'on le berce,
    cent écus près du lit,
    Un manteau pour la mère,
    un maillot pour le fils! -

    Traduction Christian Souchon (c) 2014

    English Translation: "The womanizing clerk"

    LA VILLEMARQUE

    1. Whenever the young lass
    drew water at the spring,
    Her darling clerk hastened
    devoted help to bring,

    2. Devoted help to bring
    hastened her darling clerk,
    Carried the heavy jug,
    spared her the loathsome work.

    3. Under a laurel bush
    there they rushed to gambol.
    They got back to their feet,
    and had forgotten all.

    4. Was it a hawthorn bush?
    No room for gloom and doom!
    There a rose was planted
    among the lily blooms!

    5. - I must return to Nantes
    and resume my study.
    In God's name, my darling,
    give a little money! -

    6. She reached in her pocket
    produced a hundred crowns
    Handkerchiefs, shirts and all
    you need in those big towns.
    7. And she has given birth
    to twins, nine months later.
    Now she wrote a letter,
    once more, to the traitor.

    8. It came back with, on it,
    hastily jotted down,
    These words: "I am married
    to a lady in town.

    9. Travel broadens the mind!
    Lads should not stay at home!
    If they don't thrive there, let
    them about the world roam!"

    10. Once, the poor maiden was
    brooding distressed sore
    The naughty clerk was near,
    eavesdropping through the door.

    11. - If you had said the least
    word with anger afire
    Your children never would
    have encountered their sire! -

    Translation Christian Souchon (c) 2014
    LUZEL

    1. Pretty was my sweetheart,
    and as clear as water,
    And her face was as bright
    as a silver mirror.

    2. And once I asked her,
    "Would you find it all right,
    If you were to admit
    a young clerk overnight?"

    3. She urged me to alight
    in her house: - Please, do
    I think I know a way
    to accommodate you. -

    4. Now I do follow her
    where a hawthorn bush grows,
    And before we came back
    we had put in a rose;

    5. And before we came back
    a rose we had put in;
    It lasted nine full months:
    there was our next-of-kin!

    6. — I repair to Paris,
    my studies require it;
    For God's sake, dear orphan,
    would you help me a bit !

    7. — And I went to the press,
    gave him a hundred pounds,
    A dozen handkerchiefs,
    four shirts: I deemed it sound.
    8. A dozen handkerchiefs,
    three or four shirts. Since then
    My overflowing eyes
    never saw him again.

    9. I won't go to Paris,
    nor will I go to Rome
    What this clerk has produced,
    it retains me at home;

    10. I can't go to Paris,
    I can't go anywhere,
    The clerk has fenced me in:
    cold ashes are my share. -

    11. While the poor orphan was
    telling her tale of woe
    The young clerk hid behind
    the door: she did not know.

    12. — Be quiet, my orphan lass,
    be quiet and in good mood,
    If the child is alive,
    his father will make good:

    13. A hundred crowns near the
    cradle to let him rock,
    To buy for him blankets
    and for his nurse a frock. -

    Translation Christian Souchon (c) 2014


    2° Ye banks and braes

    A poem on the same topic by Robert Burns

    Melody
    “Lost is my quiet" or "The Caledonian Hunt's Delight"

    A propos de la mélodie
    Cette chanson de Burns, publiée pour la première fois dans le "Johnson's Musical Museum", vol. 4, le 13 août 1793 nous parle d'une jeune amante abandonnée qui erre sur les bords de la rivière Doon dans l'Ayrshire. Johnson note que “ la musique [est] de M. James Millar, écrivain édimbourgeois.”
    Le "Caledonian Hunt's delight" (Plaisir de la chasse en Ecosse) est le titre sous lequel la mélodie fut publiée dans le "Second Recueil" de Neil Gow en 1788.
    Le collectionneur John Glen (1891) cite une lettre de Robert Burns à George Thomson de 1794 où est évoquée l'origine de cette mélodie:
    "Connaissez-vous l'histoire de cet air? Elle est assez intéressante. Il y a pas mal d'années, M. James Miller, écrivain public en cette bonne ville d'Edimbourg ... devisait avec notre bon ami Clarke; à propos de musique écossaise, Miller déclara qu'il aurait aimé par dessus tout composer un vrai "Scots air". M. Clarke ... lui dit qu'en n'utilisant que les touches noires d'un clavecin [c'est la définition de la musique pentatonique!], et en choisissant un rythme approprié, il tenait le moyen infaillible de composer un air écossais. Ce qui est sûr, c'est qu'en quelques jours, M. Miller avait produit un air rudimentaire que M. Clarke, au prix de quelques retouches et corrections, façonna pour obtenir cette fameuse mélodie ..."
    Le paléologue William Chappell note cependant que la mélodie figurait dans le "Recueil de Chants Anglais" de Dale (dont l'activité éditoriale se situe entre 1780 ‑ 1794) sous le titre "Lost is my quiet" (J'ai perdu mon repos). John Glen, quant à lui, voit dans cette pièce une pâle adaptation du "Caledonian Hunt's Delight" de Millar.

    A propos du poème
    Le texte qu'on va lire est la troisième variation de Burns sur le même thème. La première version: "Qu'ils sont doux les bords de la Doon / Tout parsemés de fleurs...", se chantait sur une autre mélodie, “Cambdelmore” (publiée pour la première fois dans le Recueil de Robert Bremner en 1757.
    Une seconde version, “Ye Flowery Banks o’ Bonie Doon”, qu'accompagnait le même “Cambdelmore”, fut aussi écrite en 1791, mais elle ne fut publiée qu'en 1808, après la mort de Burns, dans les "Reliques of Robert Burns" de Cromeck.

    Le texte de Burns a été adapté en Breton par l'Abbé A. Conq (dit "Paotr Tréouré") et publié sous le titre "Hirvoudoù" (Lamentations), en 1933 aux éditions Henry Lemoine dans "20 chansons bretonnes harmonisées par G. Arnoux".
    Contrairement au texte breton qui ne permet pas de se prononcer sur ce point, la traduction française qui l'accompagne suggère que la complainte est chantée par un homme et le chanteur Alan Stivell n'a pas hésité à inscrire "Hirvoudoù" à son répertoire.
    Or, la traduction bretonne de l'Abbé Conq "Siwazh, setu me dilezet/ Ha rannet holl gant ar glac'har" (Hélas me voici abandonné[e] et déchiré[e] de chagrin), parait occulter complètement le propos de Burns "But my false lover stole my rose/ And ah! he left the thorn wi' me!" où la rose volée désigne la virginité perdue et l'épine le fruit d'amours coupables (un enfant illégitime) dans une symbolique chère aux complaintes).
    Le site "Robert Burns: les anectotes derrière les chants" conforte ce point de vue:
    "L'héroïne de ce chant, Peggy Kennedy, nièce de Mme Gavin Hamilton, était née dans une famille qui était à la tête d'une grande propriété à Carrick dont elle finit par hériter. A l'âge de 17 ans, alors qu'elle était fiancée officiellement au capitaine Maxwell, député du Wigtownshire, elle eut une liaison avec un certain McDouall de Logan.
    Il existe plusieurs versions de cette pièce, destinées à une voix d'homme où la ligne finale est changée en "Mais hélas, elle a laissé l'épine en mon cœur." C'est impossible. Ce chant ne peut, ne doit, ne saurait être chanté par un homme.
    Dix ans après la naissance de l'enfant, on conseilla à la dame d'intenter un procès en reconnaissance de paternité, action visant à établir l'existence de liens conjugaux et à légitimer sa fille. Elle mourut peu après le début de la procédure, probablement des suites du surmenage qu'elle provoqua chez elle. L'affaire suivit son cours dans l'intérêt de la fillette. En 1798 les juges se prononcèrent en faveur d'une reconnaissance du mariage de facto, mais l'instance d'appel, rendirent un verdict opposé tout en allouant une indemnité de 3000 lires à la plaignante."


    Le site Hymnary.org propose un cantique sur l'air de "Bonnie Doon" où l'on peut voir une allusion à l'enfant à naître évoqué dans le poème de Burns:

    "Tes mains que les clous ensanglantèrent
    S'animent pour saisir, guérir, avertir
    Pour rappeler à la vie tous nos frères,
    L'enfant au berceau; l'enfant à venir."

    Source principale: le "Fiddler's Companion" d'Andrew Kuntz (cf. Liens)
    To the tune
    Burns's song, first published in Johnson's Musical Museum, vol. 4, on 13th August 1793 is about a love-lost girl who wanders by the banks of the river Doon in Ayrshire. Johnson notes that “ the Music [is] by Mr. James Millar, Writer in Edinburgh.”
    The "Caledonian Hunt's delight" is the title under which the tune was printed in Neil Gow's "Second Collection" in 1788.
    The collector John Glen (1891) quotes a letter written by Robert burns to George Thomson in 1794 about the origin of this tune:
    "Do you know the history of the air? It is curious enough. A good many years ago, Mr. James Miller, writer in your good own (Edinburgh) ... was in company with our good friend Clarke; and talking of Scottish music, Miller expressed an ardent ambition to be able to compose a Scots air. Mr. Clarke ... told him to keep to the black keys of the harpsichord [Which is the definition of pentatonic music!], and preserve some kind of rhythm, and he would infallibly compose a Scots air. Certain it is, that, in a few days, Mr. Miller produced the rudiments of an air which Mr. Clarke, with some touches and corrections, fashioned into the tune in question..."

    The antiquarian William Chappell notes, however, that the tune was included in a "Collection of English Songs" by Dale (who published about 1780 ‑ 1794) under the title "Lost is my quiet", but John Glen concludes that it is but an adaptation of Millar's "Caledonian Hunt's Delight".

    To the lyrics
    The text below is the third set of verses Burns produced on this theme. The first began "Sweet are the banks, the banks o’ Doon / The spreading flowers are fair", to another tune, “Cambdelmore” (first printed in Robert Bremner's Collection in 1757.
    A second version, “Ye Flowery Banks o’ Bonie Doon”, to the same tune “Cambdelmore”, was also written in 1791 but not printed until 1808, after Burns's death, in Cromek’s Reliques of Robert Burns.


    Burns' poem was adapted by the Breton writer the Rev. A. Conq (also known as "Paotr Tréouré") and published under the title "Hirvoudoù" (A Lament), in 1933, by Henry Lemoine in "20 Breton songs arranged by G. Arnoux".

    Unlike the Breton original that may apply to both male or female singers, the French translation in the book suggests that the lament is sung by a man, so that the Breton songster Alan Stivell did not hesitate to include "Hirvoudoù" in his repertoire.
    Yet, the Rev. Conq's rendering of the last lines "Siwazh, setu me dilezet/ Ha rannet holl gant ar glac'har"(Alas, now I am abandoned/ and plunged deep in grief), seems to completely ignore what Burns really meant. In "But my false lover stole my rose/ And ah! he left the thorn wi' me!", the stolen rose refers to lost virginity and the thorn left to "fruit of guilty love" (to an illegitimate child), two symbols of which ballads are peculiarly fond).
    The site "Robert Burns: the stories behind the songs" corroborates this point of view:
    "The subject of the song, Peggy Kennedy, was a niece of Mrs Gavin Hamilton, a born heiress to a considerable estate in Carrick, to which she ultimately succeeded. At the age of seventeen she was the betrothed bride of Captain Maxwell, the M.P. for Wigtownshire. However she had an affair with McDouall of Logan.

    There are many versions of the song where a male voice sings and the last line is changed to "But, ah! she left the thorn wi' me." This is impossible. This song can not, should not, must not be sung by a male.

    Ten years after the birth, the lady was advised to raise an action against the father of the child. An action to prove marriage and legitimacy. She died shortly after the process was instituted, probably the victim of anguished feelings. The case continued on her daughter's behalf.
    In 1798 the Judges pronounced in favour of the marriage, but the Court of Session, on revue, reversed the decision and ordered a payment of £3000 to the daughter."



    The site Hymnary.org proposes a hymn to the tune "Bonnie Doon" which, maybe, remotely evokes the unborn child hinted at in Burns' poem:

    "Your hands, though bloodied on the cross,
    survive to hold and heal and warn,
    to carry all through death to life
    and cradle children yet unborn."

    Most of the above information is derived from Andrew Kintz' "Fiddler's Companion" (see Links)


    SCOTS


    1. Ye banks and braes o' bonnie Doon,
    How can ye bloom sae fresh and fair,
    How can ye chant ye little birds,
    And I sae weary fu' o' care ?

    2. Ye'll break my heart, ye warbling birds
    That wanton thro' the flowering thorn!
    Ye mind me o' departed joys,
    Departed never to return!

    3. Oft ha'e I rov'd by bonnie Doon
    To see the rose and woodbine twine
    And ilka bird sang o' its love
    And fondly sae did I o' mine.

    4. Wi' lightsome heart I pu'd a rose
    Fu' sweet upon its thorny tree
    But my false lover stole my rose
    But ah! she left the thorn wi me!

    Original text by Robert Burns
    FRANCAIS


    1. Rives et monts où la Doon se prélasse
    Voyez-vous impassibles tant de soucis?
    Comment se fait-il que ces oiseaux chantent
    Quand la peur me hante et glace mon esprit?

    2. Oiseau musicien, mon cœur se brise
    Quand j'ouïs tes trilles sur l'épine en fleurs.
    Toi qui tant de joies révolues évoques,
    Faut-il que tu moques ainsi mon malheur?

    3. Combien de fois, Doon, aimable rivière,
    Tes roses, ton lierre ont bordé mon chemin!
    Chaque oiseau chantait l'amour sur sa branche
    Et mon cœur s'épanchait en chantant le mien.

    4. Insouciante, j'ai cueilli la rose:
    Qu'offrait, tendre chose, l'épineux buisson:
    Mon amant l'a prise, odieuse rapine.
    La cruelle épine dont il m'a fait don!

    Traduction: Christian Souchon (c) 2014
    BREZHONEK


    1. Penaos oc'h-c'hwi ker kaer gwisket
    Traonienn ha prad leun a vleunioù
    Penaos e kanit, laboused,
    Tre ma 'maon-me o skuilh daeroù?

    2. Ho kanaouennoù dudius
    Va c'halon baour din a ranno
    'N ur gomz eus un amzer eürus
    Ha ne deuio biken en-dro!

    3. Da c'houloù-deiz 'vel d'abardaez
    Me 'garje mont war ribl ar stêr
    'N ur vouskanañ va c'harantez
    'Vel an eostig, an alc'houeder

    4. Dindan ar gwez, laouen bepred,
    E kutuilhen bleunioù dispar;
    Siwazh, setu-me dilezet
    Ha rannet holl gant ar glac'har!

    Troet gant Paotr Treoure




    "Pauvre Clerc" du 'Barzhaz Breizh'

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