Le Pauvre Clerc

The Poor Clerk

Dialecte de Tréguier

  • Première publication dans l'édition du Barzhaz de 1839
  • La Table B (page 6) porte l'indication: "La rose blanche appelée Marie: chanté par Marie femme de Per Naviner du Haut-Bois". Cela renvoie à la troisième strophe du chant publié, ainsi qu'à la strophe (3.1) du chant "Me m'eus choazet ur vestrez" du premier cahier, P.150. La chanteuse en question est Marie-Julienne Lereste, épouse Naviner (1804 - 1877) du Haut-Bois en Nizon. C'est le seul chant qui lui soit attribué. Le dialecte du chant étant celui de Trégor, on peut supposer qu'elle en était originaire.
  • Le premier manuscrit de Keransquer contient, outre le chant déjà cité, le chant commençant par "Me 'm eus uset va boutoù" dont La Villemarqué a tiré la première strophe de son poème.
  • Les deux chants du cahier ont été souvent collectés:
    Me 'm eus uset me boutoù
    - sous forme manuscrite:
    . par Mme de La Villemarqué: "Trom Doué Jannédic", Nizon, 1834 (?)
    . par J-M. de Penguern: tome 91: ar Ribot (et dans la revue "Al liamm" 34, 1952); tome 95 : Kemenerez Lannuon (= "Al liamm", 30, 1952).
    - sous forme de recueil:
    . par l'Abbé Guillerm, "Chants poplulaires de Cornouaille", "Lojaik" (Trégunc) -sous forme d'articles dans des périodiques:
    . par Marcel-Dubois, "Arts et traditions populaires", 1954,3, "Den brao demeus an arme" (Île de Batz, 1952, vers 21, 26).

    Me m'eus choazet ur vestrez
    - sous forme de recueil:
    . par A. Bourgeois dans "Kanaouennoù pobl", "Son a garantez" (Trégonneau)
    . par L. Herrieu dans "Guerzenneu ha Sonenneu Breiz Izel":
    "Glac'har a garantez" (Lanester).
    . par L. Herrieu et M. Duhamel dans "Guerzenneu ha soñnenneu Bro-Guened", "M'em es choéjet ur vestréz", 1911.
    . par Cheun Ar C'hann, dans "Digor an Abadenn": Me'm eus choazet evit mestrez", 1950.
    -sous forme d'articles dans des périodiques:
    . par Milin, dans "Gwerin" 1: "Me m'eus ur vestezik"; "Deut ganen, va mestrez".
  • Croix de Mi-lieue de Grève

    La Croix de Mi-lieue de Grève

    Cadastre de 1814

    Passage entre Saint-Michel en Grève et Saint-Efflam (Cadastre de 1814)

  • First published in the first edition of the Barzhaz, in 1839.
  • On Table B (page 6) Mme de La Villemarqué wrote: "The white rose called Mary: sung by Mary, wife of Per Naviner from Haut-Bois". This alludes to the third stanza of the published song, and to stanza (3.1) of the song "Me m'eus choazet ur vestrez" in the first copybook, P.150. The singer referred to is Marie-Julienne Lereste, wife of Naviner (1804 - 1877) from Haut-Bois near Nizon. This is the only song ascribed to her. Since the dialect of the song is the Tregor dialect, we may infer that she was originated from this area.
  • The first Keransquer copybook includes, beside the above-mentioned song, a ditty beginning with "Me 'm eus uset va boutoù" which provided La Villemarqué with the first stanza of his poem.
  • The two songs in the copybook were often collected:
    Me 'm eus uset me boutoù
    - in MS form:
    . by Mme de La Villemarqué (recipe book): "Trom Doué Jannédic", Nizon, 1834 (?)
    . by J-M. de Penguern: book 91: ar Ribot (and in the journal "Al liamm" 34, 1952); book 95 : Kemenerez Lannuon (= "Al liamm", 30, 1952).
    - to be published in books:
    . by l'Abbé Guillerm, "Chants poplulaires de Cornouaille", "Lojaik" (Trégunc) - for articles published in periodiocals:
    . By Marcel-Dubois, in "Arts et traditions populaires", 1954,3, "Den brao demeus an arme" (Island Batz, 1952, lines 21 to 26).

    Me m'eus choazet ur vestrez
    - to be published in books:
    . by A. Bourgeois in "Kanaouennoù pobl", "Son a garantez" (Trégonneau)
    . by L. Herrieu in "Guerzenneu ha Sonenneu Breiz Izel":
    "Glac'har a garantez" (Lanester).
    . by L. Herrieu and M. Duhamel in "Guerzenneu ha soñnenneu Bro-Guened", "M'em es choéjet ur vestréz", 1911.
    . by Cheun Ar C'hann, in "Digor an Abadenn": Me'm eus choazet evit mestrez", 1950.
    - for articles published in periodicals:
    . by Milin, in "Gwerin" 1: "Me m'eus ur vestezik"; "Deut ganen, va mestrez".

  • Mélodie - Tune
    (Celle du chant Al Labourerien, selon le Barzhaz)

    (Arrangement: Chr. Souchon)

    Français English
    1. Si j'ai perdu mes deux sabots,
    Si j'ai meurtri mes pieds
    A suivre par monts et par vaux
    Ma douce bien-aimée,
    Qu'importe: la pluie, les grêlons,
    La neige sur la terre,
    Ne font obstacle à la passion
    De deux amants sincères.

    2. Ma bien-aimée est une enfant
    Aussi jeune que moi.
    Elle va sur ses dix-sept ans,
    Et son joli minois,
    Ses regards tout de fougue empreints
    Et ses propos charmeurs
    Sont des chaînes où elle tient
    Prisonnier mon coeur...

    3. Je me demande à quoi je puis
    La comparer. Je penche
    Pour la fleur, la rose-Marie,
    Petite rose blanche.
    Une perle, une fleur de lis
    Parmi les autres fleurs
    Qui, si elle s'ouvre aujourd'hui,
    Se ferme tout à l'heure.

    4. Je ressemble de plus en plus,
    Moi qui lui fais la cour,
    A ce rossignol aperçu
    Sur l'aubépine un jour.
    Sitôt qu'il allait s'endormir
    Les épines le piquent
    Au haut d'un arbre on le vit fuir
    Pour chanter sa musique.

    5. Ce rossignol, c'est mon histoire.
    Je suis comme un défunt
    Qui attendrait au purgatoire
    Que ses maux prennent fin.
    Le terme est enfin arrivé,
    C'est le jour maintenant
    Où dans sa maison j'entrerai
    Avec les "bazvalans".

    6. Mon étoile est fatale et mon
    Etat contre nature
    Et je ne connais de ce mon-
    De que maux qu'on endure.
    Je n'ai ni parents, ni amis,
    Hélas, ni père ou mère;
    Nul chrétien charitable qui
    M'aide sur cette terre.

    7. Non, il n'est personne ici-bas
    Qui ait depuis l'enfance
    Enduré pour servir sa foi
    Tant d'amères souffrances.
    Aussi veux-je vous supplier
    Au nom de Dieu lui-même
    Et à genoux d'avoir pitié
    De ce clerc qui vous aime!

    8. J'ai composé cette chanson
    Revenant par la Grève
    De Saint Michel et du pardon
    Où j'ai pu voir ma belle.
    Je vois que monte la marée
    M'isolant de la terre.
    Si je ne suis pas écouté,
    Voilà qui m'indiffère.

    Trad. Christian Souchon (c) 2008
    1. I've lost my clogs, I've caused to ail,
    And horribly barked my feet
    Following up hill and down dale
    My bonnie lass so sweet.
    Always will pouring rain, or hail
    Or snow lying on the ground
    Be for two hearts hurdles but frail
    When by love they are bound.

    2. My sweetheart is a youthful lass.
    She's as young as I am.
    Her seventeenth year did not pass,
    She is a graceful lamb!
    The fiery glances she concocts,
    Her voice that I adore,
    Are the dungeon wherein is locked
    My heart for evermore.

    3. What could she best, nobody knows,
    Be compared with? Maybe
    A tiny wee thing, the white rose
    That's called a rosemary.
    A little pearl on a shirt frill,
    A gold lily yellow
    That will open today, but will
    Be closed tomorrow.

    4. I was like, O my darling rose,
    When I started to woo,
    The nightingale on hawthorn boughs
    That will hop to and fro,
    Till it, exhausted and dozing
    By a thorn stung and wronged,
    To the top of a tree takes wing
    Where it strikes up its song.

    5. This nightingale, aye, I could be.
    Or else the soul deceased
    In the blaze of purgatory,
    Waiting to be released.
    I daresay time has come henceforth
    And the day at last dawns
    When I'll step over your threshold
    After the "bazvalans".

    6. A pitiless one was my fate,
    Inhuman my living.
    What does stamp, here below, my state?
    Nothing but suffering!
    I have no kith, I have no kin,
    No father, no mother,
    No Christian who, through thick and thin,
    Holds with me together.

    7. Now in this world no one but me
    Has had so much to mourn;
    I never ceased distressed to be,
    Ever since I was born.
    That's why upon my knees I pray,
    As death is on the lurk
    That you should have pity some day
    With your unhappy clerk.

    8. This ditty I made all along
    The sand strand on my way
    Back from Great Saint Michael's "pardon"
    Where she happened to stray.
    Though in the tide, swift like a mare,
    There's a risk to be drowned,
    I am not scared, I do not care,
    If I am turned down.

    Transl. Christian Souchon (c) 2012


    Brezhoneg

    Cliquer ici pour lire les textes bretons (imprimé et sténotypes).
    For Breton texts (printed and handwritten records), click here.


    Les quatre chansons de clercs
    Ce chant et les trois suivants étaient précédés, dans les éditions de 1837 et 1845, de l'argument commun suivant:
    "Les quatre chansonnettes qu’on va lire sont des modèles d’un genre où excellent les kloer bretons; nous les avons choisies dans les quatre dialectes, de Tréguier, de Vannes, de Cornouaille et de Léon, afin de mettre le lecteur a même de comparer entre elles les poésies érotiques de chacun de ces pays. La troisième est antérieure à la fin du dernier siècle, car elle fait mention du marquis de Pontcalec décapité, comme nous l’avons vu, en 1720, Les autres doivent l’être également, ayant été chantées a ma mère dans son enfance par des personnes d’un âge avancé : mais il me serait impossible de déterminer d’une manière précise la date d’aucune d’elles."
    Dans l'édition de 1845, cette série est prolongée par des "notes et éclaircissements" vantant les mérites de ces pièces et allant même jusqu'à les comparer à celles que l'on doit à Pétrarque ou Dante!
    Un "clerc" ("kloareg", pluriel "kloer") était un séminariste qui ne se destinait pas forcément à devenir prêtre. Le mot était plus généralement un titre qu'on décernait aux gens réputés pour être tant soit peu instruites. Le "Barzhaz" contient plusieurs chants sur leurs amours le plus souvent malheureuses.

    Les chants du cahier de Keransquer
    Avant 1867, le chant publié au Barzhaz ne comprend que sept couplets.
  • En se rapportant au premier cahier de Keransquer, on constate que la Villemarqué a tiré le premier couplet d'un chant "J'ai usé mes souliers", page 149, souvent collecté sous le titre de "Louison" (Lojaïk) ou "Jeannette" (Janedig). Cette jolie chanson met en scène une jeune Bretonne qui épouse un homme qui a une belle situation. Ne connaissant que le breton, elle aura une domestique parlant français, pour se faire comprendre en tant que de besoin! Voilà qui bouleverse la hiérarchie culturelle communément admise! Une variante de ce chant a été notée, sous le titre de "Jannédic", par la mère de La Villemarqué sur la dernière page de son cahier de recettes. On y voit le mari de Jannédic tirer au pistolet sur une baratte parce que la fermière tardait à servir du lait baratté à son épouse enceinte. La justice le condamne à la remplacer (également collecté par De Penguern).
  • Les six couplets suivants sont empruntés au chant qui fait suite dans le cahier, pages 150 à 152, qui commence par la phrase "Me m'eus choazet ur vestrez" (J'ai choisi une maîtresse).
  • Lors de ces emprunts, La Villemarqué affadit les textes initiaux pour des raisons d'esthétique ou de convenance très discutables, le plus souvent pour éviter les emprunts au français:
    - "me m'eus uset va boutoù, implijet va zachoù" (j'ai usé les clous de mes souliers) devient platement "j'ai perdu mes sabots et déchiré mes pauvres pieds" (couplet 1);
    - "me m'eus choazet ur prizon da lakaat va c'halon" (j'ai choisi une prison pour y mettre mon coeur), devient "M'eus kemeret ur prizon..." (J'ai pris une prison). En voulant expurger le mot "choaz" (choisir) qu'il juge trop français, l'auteur modifie le sens, en supprimant l'idée de choix délibéré (couplet 2). C'est d'autant plus regrettable que les chants dont il s'inspire font partie d'une série de pièces qui évoquent toutes les souliers usés et commencent par la phrase "J'ai choisi une maîtresse". Tels sont ceux collectés par Cheun ar C'hann pour le recueil "Digor an Abadenn" (en 1942), et par Loeiz Herrieu et Maurice Duhamel (publié en 1911)
    - le mot "meuliñ" (louer, célébrer) du modèle est remplacé par l'horrible "hevelebekaat" (identifier) au début du 3ème couplet.
    - au saisissant "Ma kouskfemp en ur stroll, allas, gant levenez" (que nous dormions, "accouplés", hélas, avec joie) [à la fin du purgatoire], où se suivent les mots antinomiques "hélas" et joie", La Villemarqué substitue une phrase d'une affligeante banalité: "Ma z'in-me barzh ho ti, gant ar Vazhvalaned" (que j'entre dans votre maison avec les bazvalans). Le mot "stroll", qui signifie habituellement "groupe, amas", désigne ici le lien, dit "couple" qui sert à attacher deux par deux les chiens de chasse (le dictionnaire de Dom Grégoire de Rostrenen fournit l'exemple "Torret eo ar stroll" et le traduit "La couple est rompue"). La Villemarqué a-t-il été choqué par la verdeur du propos? (couplet 5).
    - enfin, on est étonné de ne pas trouver dans le chant manuscrit, ni dans aucun des chants cités sur cette page, le mot "kloarek" (clerc) qui justifie le titre de son pendant du Barzhaz, "Ar c'hloarek paour" (le pauvre clerc) et son classement dans la série des quatre chants de clerc (couplet 7, dernière ligne: "ouzhon truez", pitié de moi, remplacé par "ouzh ho kloarek truez", pitié de votre clerc). Il n'est pas impossible, il est même probable que ces chants au style soutenu soient l'oeuvre de clercs, mais rien ne l'indique dans le corps du texte.
  • C'est sans doute aussi le souci de ne point attenter à la décence qui conduisit La Villemarqué à s'abstenir de publier un spirituel chant de clerc, noté page 5 du 1er carnet de Keransquer et que l'on trouve dans les "Sonioù Breizh Izel" de Luzel (tome 1, p.204, 1890) sous le titre Le clerc séducteur.

    La Lieue de Grève et la Croix de Mi-grève
    L'argument de 1867, commence ainsi:
    "Le lieu où a été rêvée cette douce chanson lui donne un prix de plus. Dans l'épilogue de la version la plus complète, le poète nous apprend qu'il l'a composée en traversant la grève de Saint-Michel, près de Lannion." De fait, le chant publié a cette date comporte un huitième couplet qui parle de la grève et du pardon de Saint-Michel. Cependant la source de ce couplet n'est pas conservée dans le cahier de Keransquer.
  • La "Lieue de Grève" (5 Km) entre Plestin-les-Grèves et Lannion est une laisse de basses eaux que la marée recouvre rapidement. Pour se prémunir des dangers de noyade, on érigea sur un rocher une croix de granit qui est submergée deux fois par jour. Tant que le sommet de la croix émerge, il n'y a pas de péril imminent pour la plage. "La croix nous voit" a-t-on coutume de dire.

  • La"Croix de Mi-lieue de Grève" (Kroaz an Hanter-lev Draezh) détruite en 1944 a été reconstruite en 1993.
    La tradition locale eut qu'elle ait été élevée par Saint Efflam à l'endroit où il prit pied en Bretagne en venant d'Irlande.

  • Anatole Le Braz (1859 - 1926) parle d'un autre danger pour les voyageurs, lors de la traversée de la Lieue de Grève: des bandits qui les guettaient pour les détrousser et dont la bande la plus fameuse était conduite par la "Charlézenn" (Marguerite Charlès) qui sifflait comme un homme pour rameuter ses troupes.
  • Malheureusement, à partir des années 1950, ce site est devenu l'un des plus pollués de la côte bretonne (algues vertes), en raison de l'usage intensif d'engrais nitratés par certains cultivateurs et éleveurs. Sur les 1500 mètres de la Lieue de Grève appartenant à la commune de Saint-Michel, 21.000 tonnes d'algues vertes ont dû être évacuées en 2004, soit plus de 50 tonnes par habitant!
  • The four "kloareg" songs
    This song and the next three were preceded in the 1837 and 1845 releases by a common "Argument" as follows:
    "The four ditties you are about to read belong to a genre wherein Breton kloer ("clerks") prove very proficient; we chose them, each in a different dialect: Tréguier, Vannes, Cornouaille and Leon, so as to enable the comparison between the four forms of love poetry. The third song should be older than the end of the past century, since it mentions the Marquis de Pontcallec who was beheaded, as we know, in 1720. So should be the others, too, as they were sung to my mother, when she was a child, by elderly persons, but I am unable to determine their age more accurately."
    In the 1845 edition this series is prolonged by "Notes and explanations" extolling the merits of these pieces and asserting that they may compare with Petrarch's or Dante's poetry!
    A "clerk" ("kloareg", plural "kloer") was a seminarist who did not systematically intend to become a priest. Te word was more generally a title applied to people supposed to be more or less educated. The "Barzhaz" contains several songs dealing with clerks' mostly unhappy loves.

    The songs in the first Keransquer copybook
    Before 1867, the song, as published in the Barzhaz, had only seven couplets.
  • When comparing with the first Keransquer copybook, we find that La Villemarqué took the first stanza from the song "I've worn out my clogs", on page 149, which often was collected under the titles "Louison" (Lojaïk) or "Jenny" (Janedig). This pretty song stages a Breton girl who marries a well-situated man. Since she speaks only Breton, she shall have a French speking maid to communicate if necessary. The usually accepted cultural hierarchy is upside down! A variant to this song was collected as "Jannédic" by La Villemarqué's mother and recorded on the last page of her recipe book. It tells how Jannédic's husband shot with a pistol on a churn because the farmer woman delayed serving churned milk to his pregnant wife and was sentenced by court to replacing it (a song also collected by De Penguern).
  • The next six stanzas are borrowed from the next song in the copybook, on pages 150 to 152, which begins with the sentence "Me m'eus choazet ur vestrez" (I chose a sweetheart).
  • When borrowing from these songs, La Villemarqué often makes insipid the initial texts, due to very questionable esthetical or propriety concerns, mostly aiming at discarding French loanwords:
    - "me m'eus uset va boutoù, implijet va zachoù" (I wore the heads off the nails of my shoes) becomes a dull "I lost my clogs and barked my poor little feet" (stanza 1);
    - "me m'eus choazet ur prizon da lakaat va c'halon" (I chose a prison to lock up my heart) has become "M'eus kemeret ur prizon..." (I've taken a prison...). In expelling the word "choaz" (to choose) which he considers "too French", the author modified the meaning as he suppresses the idea of a deliberate choice (stanza 2). This is all the more regrettable, since the songs on which he draws are part of a series involving worn out shoes and beginning with the sentence "I've chosen a sweetheart". Such are the songs collected by Cheun ar C'hann for the songbook "Digor an Abadenn" (en 1942), and by Loeiz Herrieu and Maurice Duhamel (collection published in 1911)
    - the word "meuliñ" (to praise, to celebrate) in the model is replaced by the ugly "hevelebekaat" (identify) at the beginning of the third stanza.
    - the astonishing "Ma kouskfemp en ur stroll, allas, gant levenez" (that we may sleep coupled up, alas, in contentment) where two antinomical words, "alas" and "contentment" are put together, must yield, in La Villemarqué's version to a hopelessly commonplace "Ma z'in-me barzh ho ti, gant ar Vazhvalaned" (and I'll enter your house along with the bazvalans). The word "stroll" means, as a rule, a heap, a whole party, but here it means the bond by which two hunting hounds are coupled together. In the dictionary of the Reverend Gregory of Rostrenen we find the example: "Torret eo ar stroll" translated as "the coupling leash is broken". Maybe La Villemarqué was shocked by the forthrightness of this language (stanza 5).
    - and we are also puzzled by another fact: nowhere, neither in the hand-written song nor in the connected songs quoted on this page, does the word "kloarek" appear, though it justifies the title imparted to the Barzhaz version of the song "Ar c'hloarek paour" (the poor clerk) and its filing among other four "songs of clerks" (stanza 7, last line: "ouzhon truze": "pity me" replaced by "ouzh ho kloarek truez", "feel pity for your clerk". It is not impossible, it is even probable that these songs which use an elevated language were written by clerks, but nothing is found in the text to corroborate it.
  • We may also assume that his anxiety to observe proprieties prompted La Villemarqué to refrain from publishing a witty song of clerk, recorded on page 5 of the First Keransquer copybook, which will be found in Luzel's "Sonioù Breizh Izel" (book 1, p.204, 1890) under the title The womanizing clerk.

    Strand-League and Strand Half-League Cross
    The 1867 "Argument" begins thus:
    "The place where this soft song was dreamt makes it still more worthwhile. In the concluding stanza of a more complete version, the poet reveals that he composed it as he crossed the Saint Michael Strand, near Lannion." And really the song, as published in 1867, includes an eighth couplet mentioning the strand and the pardon of Saint-Michael. But the source of it is not kept in the Keransquer copybook.
  • The "Lieue de Grève" (Strand League- 5 km) between Plestin-les -Grèves and Lannion is a flat low water mark where the sea comes in quickly. As a protection against drowning hazards, a granite cross was erected on a rock. It is submersed twice a day. As long as the tip of the cross stands out, there is no imminent danger for the beach. "The cross sees us" they used to say.
  • The "Strand Half-League Cross" (Kroaz an Hanter-lev Draezh) was destroyed in 1944 and restored in 1993.
    Local tradition has it that it was first erected by Saint Efflam at the very spot where he landed in Brittany, coming from Ireland.
  • Anatole Le Braz (1859 - 1926) mentions another danger for travellers who walked along the Strand League: prowlers who watched out for people to rob. The most famous gang was led by a woman, the "Charlezenn" (Margaret Charlès), who "wistled like a man to gather her troops".
  • Unfortunately, as from the 1950ies this site became one of the most seriously polluated (green seaweed) along the Breton shores, as a consequence of the intense use of nitrate fertilizers by farmers and cattle rearers. Along the 1500 metre section of the Strand League pertaining to the parish Saint-Michel, 21,000 metric tons green seaweed had to be removed in 2004, i.e. over 50 tons per capitem!




  • Droughirnez Melezourioù arc'hant