Ar Ribot

La baratte

The churn

Publiée dans "Dastumad Penwern", Tome 91, page 210, éditions Dastum, en 1983

Mélodie
"Lojaik (1ère version)" de "Chants populaire du Pays de Cornouailles"
Recueilli à Trégunc en 1905 par H. Guillerm

Arrangement Christian Souchon (c) 2008

VERSION "DASTUMAD PENWERN"

Pell a zo, Janedik, c'hwi ' voa o klask an tu
Da zougen ar simarren hag ie(?) ar c'hrep du.
Mez bremañ 'c'heus euredet un den a wad uhel
Grognal an neb a garo, c'hwi dougo ar c'habell.

- Penaos eta, Janedig? N'ouzoc'h ket ar c'hallek
Da kaozeal en karos ouzh an dimezelled.
N'ouzoc'h ket ar gallek kenebeud ar kadañs.
Nann, n'eo ket e brezhonek a kaoze an noblañs.

Me am-bo ur vatezh vihan hag a ouio ar gallek
A kaozo evidon kent m'am bezo disket.
Am wisko, am ziwisko ha lardo ma botoù
Hag em lakao da gousked deus e koste aotroù.

Neuñ gad oa Janed brazez, mont a ra d'ar vereuri
C'hoantaad a ra laezh ribod, ne voa ket roet dezhi
Hag o vont an aotroù 'vit diskouez voe gwall paotr
Ha gant un tenn pistolenn o terriñ ar ribod.

Klasket voa tud a justis d'ober proses verbal
Abalamour d'ar ribod torret hag al laezh war an douar.
Gounet ebed an aotroù vit diskouez voa gwall paotr:
Prenan ur ribot nevez er plas ur koz ribod.
VERSION "Mme de La Villemarqué"

1. - Trom (Aotrou) Doué, Jannedic, petra et vessu gret,
Pé vo ret mont da gosal gant et démésells?
Né ousors (ouzoc'h) quet et galec, quénémeut et cadence
Néquet gant ar breonec, et disquer et noblesse.

4. Nanni veris (Neb a weliz) Jannedic vouar et paes (pavez) Guimgann
Gant i boutou marellet ac i seilen argant
Et mouneut de pouderie dé préno ribot pri
Et gostat tri ves (triwec'h) tinér et gas dé verouri.

2 - Me bau (M'am bo) a vatès vien é ouiau er galec
Ac ér barlento dimen (din-me) et quen et bo discouët
Mé visquo mé divisquo , guisquo di me votou
A mé laquo da gousquet e tichen (kichen) et noutrou (an aotrou)

3. Houentaine (C'hoantet) et nes Jannedic lais douch et vereuri
Touec (touet) neuse et verounesse (ar verourez) ne resequet dé y.
Et notrou pe ni clevat commence dé houari é goual bot
Ac gant é ten bistolen et toras et ribot.

5. Cetu pésse ét neuse gonnet é notrou et
ch hoari et goal pot
Et nesse (e-neus) prenec (prenet) et ribot névé et place
et cos ribot
TRADUCTION de la version "PENGUERN"

Il y a longtemps Jeannette, que vous cherchiez le moyen
De porter une simarre: crêpe noir vous va si bien.
Et vous voilà mariée. L'époux est de noble sang.
Ils ont beau grogner, les autres. A vous la chape à présent.

- Comment ferez vous Jeannette, qui ne savez le français,
Pour aux nobles demoiselles, roulant carrosse, parler?
Vous ignorez la cadence et le français tout autant.
Ce n'est point langue bretonne que parlent les nobles gens.

- J'aurai donc une soubrette sachant le français, pardi,
Pour être mon interprète, jusqu'à ce qu'on m'ait appris;
Qui m'habille et déshabille, puis qui cire mes souliers
Et à mon lit m'accompagne, quand Monsieur sera couché. -

Bientôt Jeanne fut enceinte. Vers la ferme elle s'en fut;
Voulant du lait de baratte, mais n'essuya que refus.
Voilà que Monsieur s'en mêle, qui se fâche - que c'est laid! -
Et qui brise la baratte d'un coup de son pistolet.

On court chercher la justice: procès verbal est dressé
A cause de la baratte fracassée, du lait versé.
A jouer les matamores, il n'a rien gagné du tout:
Par une neuve il remplace cette baratte à deux sous!
TRANSLATION of the PENGUERN Version

For so long you have wished, Jenny, impatiently
You would wear gowns with trains adorned with black velours.
You have married a man of noble ancestry.
Growl as they will! By right the robes of state are yours.

- But, how shall you manage, Jenny, who don't speak French,
In your carriage to get on with the noble clique?
You don't speak French, do you, no more than you can dance
It is not in Breton that the gentry will speak.

- To speak French, if needed, I'll have a little maid
As long as I don't learn, I'll summon her for aid
She'll dress and undress me and shall polish my shoes
And shall see me to bed where 'Ill sleep with my spouse.

Soon, Jenny is pregnant and she goes to the farm;
She asks for churned milk but they will give her none
Now his lordship turns up and threats to do them harm:
With a shot of pistol the churn is shattered down.

They call a constable who might write a statement
On the churn that was smashed and the milk that is gone.
Nothing was gained by him who was so violent:
He must buy a new churn to replace the old one.


Jean-Marie de Penguern (1807 -1856)


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