Ar verdeidi yaouank

Les jeunes mariniers

The young sailors

A propos des mélodies:
  • 1: Tirée du recueil "Digor an abadenn", chansons rassemblées par Cheun ar C'hann, édité en 1950, recueillie auprès d'un soldat d'Huelgoat en 1933 qui utilisait cette gavotte pour chanter "An Durzunell". Présentée sous forme de "kan ha diskan" (Source: le site de M. P. Quentel)
  • 2: Chanté par Maria Raoul de Port-Blanc, et publié, pour accompagner "Sonig amourousted" des Sonioù Breiz Izel I de Luzel, par Maurice Duhamel dans "Musiques Bretonnes" en 1913, chant n° 263, page 136.

    Bibliographie
    On trouve cette gwerz collectée:
    - Sous forme manuscrite, dans la collection de Penguern, t. 92: "Yvonna" (copie dans le fonds de Saint-Prix).
    - Sous forme imprimée, dans le recueil "Sonioù I" de Luzel: "Sonik amourousted" (Plougerneau, 1871). M. D. Laurent indique "rec[ueillie?] par Léopold-François Sauvé". Luzel note quant à lui "Kanet gant Marianna Ar Berr, kemeneres en Plougerno, skrivet gant L. Sauvé, mis eost, 1871" et traduit "Chanté par Marianne Le Bèr, couturière à Plouguerneau, écrit par L.F. Sauvé (1837 - 1892), août 1871.

    Remarques
    Le texte noté de façon lacunaire par La Villemarqué n'a qu'un lointain rapport avec celui de Sauvé: ils n'ont en commun
  • que la ligne où l'on voit des marins danser sur le pont d'un navire;
  • et le fait d'être des chansons où l'amour se mêle à la religion.

    - Dans le chant de la Villemarqué, reconstitué de façon peut-être complètement erronée, on voit un homme, suffisamment avancé en âge pour s'émerveiller de la jeunesse d'une inconnue, exécuter de savantes manœuvres d'approche au bal, puis à la sortie de la messe. La jeune fille a peut-être une vocation religieuse à laquelle le "romarin" de la deuxième strophe pourrait faire allusion. (Dans un chant du recueil allemand "Des Knaben Wunderhorn" que Johannes Brahms a harmonisé, une jeune fille veut se tresser une couronne de mariage, mais ne trouve au jardin que du romarin. Elle en déduit que son bien aimé est mort et lui dédit sa couronne verte: "Sie ging im Garten her und hin/ Statt Röslein brach sie Rosmarin:/ Da nimm Du mein Getreuer hin!/ Lieg bei dir unter Linden/ Mein Totenkränzlein schön!")
  • Chant collecté par Théodore Hersart de La Villemarqué
    dans le 1er Carnet de Keransquer (p. 244).


    Saint-Martin-des-Champs (29): Couvent de Cuburien - Bâtiment et verrière
    par GO69 — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Saint-Martin-des-Champs_(29)_Couvent_de_Cuburien_05.JPG#/media/File:Saint-Martin-des-Champs_(29)_Couvent_de_Cuburien_05.JPG

    Mélodie 1 * Mélodie 2

    Arrangement Christian Souchon (c) 2015

    About the tunes
  • 1: From the collection "Digor an abadenn", songs gathered by Cheun ar C'hann and published in 1950. He learnt it form the singing of a Huelgoat soldier in 1933, who used this gavotte as a vehicle for "An Durzunell". Here arranged as a "kan ha diskan" (as it is at the site of M. P. Quentel)
  • 2: Sung by Maria Raoul at Port-Blanc, and published, to be sung to the song "Sonig amourousted" recorded in Luzel's "Sonioù Breiz Izel I", by Maurice Duhamel in "Musiques Bretonnes" in 1913, as song n° 263, on page 136.

    Bibliography
    This gwerz is recorded:
    - In handwritten form, in the de Penguern MS collection, t. 92: as "Yvonna" (copy in the De Saint-Prix MS collection).
    - In printed form, in the collection "Sonioù I" by Luzel: as "Sonik amourousted" (Plougerneau, 1871). M. D. Laurent adds "recorded by Léopold-François Sauvé". However Luzel notes "Kanet gant Marianna Ar Berr, kemeneres en Plougerno, skrivet gant L. Sauvé, mis eost, 1871" which translates as "Sung by Marianne Le Bèr, tailor at Plouguerneau, written by L.F. Sauvé (1837 - 1892), August 1871.

    Remarks
    The text recorded in snatches by La Villemarqué is only loosely relating to Sauvé's song: both have only in common
  • the line mentioning sailors dancing on the deck of a ship;
  • that they are songs in which love and religion mingle.

    - La Villemarqué's ditty, possibly restored here in a completely erroneous way, features a man, old enough to be enthralled by the young age of an unknown girl, who makes skilful arrangements to approach her at a dance and when leaving the church. We may assume in the girl a religious vocation, possibly hinted at by the "rosemary" in the second stanza. (In a song of the German collection "Des Knaben Wunderhorn" which was arranged by Johannes Brahms, a girl wants to weave a wedding wreath, but finds only rosemary in the yard. She infers that her loved one is dead and dedicates the green wreath to him: "Sie ging im Garten her und hin/ Statt Röslein brach sie Rosmarin:/ Da nimm Du mein Getreuer hin!/ Lieg bei dir unter Linden/ Mein Totenkränzlein schön!")
  • - Dans le chant de L-F. Sauvé (le collecteur de "Proverbes bretons"), après une partie consacrée à la beauté surnaturelle de la demoiselle, on passe à un chant amébée où les deux amoureux prétendent vouloir entrer chacun dans un couvent de Morlaix:
  • Le jeune homme, en tant que moine récollet, au Monastère de Saint-François de Cuburien (cf. illustration) à Saint-Martin-des-Champs, en bordure de la Rivière de Morlaix. Ce monastère fut reconstruit après sa destruction, en 1522, lors des événements auxquels le chant Argadenn ar Saozon fait peut-être allusion. Les Récollets y remplacèrent les Cordeliers en 1622, avant d'en être chassés par la révolution en 1792. En 1834 il fut racheté par des religieuses qui y créent un pensionnat pour jeunes filles et un hospice de vieillards.
  • Mais il a pensé aussi à entrer chez les Capucins, communauté présente à Morlaix depuis 1612, dans l'ancienne forêt du Stivel. Ils furent chassés des bâtiments par la Révolution. Aujourd'hui il n'en reste que quelques ruines.
  • La jeune fille opterait, quant à elle, pour les Religieuses Calvairiennes dont le couvent fut fondé en 1627 dans la rue de Ploujean. Elles déménagèrent lorsque le couvent fut détruit par un incendie en 1636 et revinrent après sa restauration, avant d'être, elles aussi, chassées par la Révolution en 1792.
  • Elle évoque une pléthore de religieux à Morlaix. Elle fait sans doute allusion, aux Minimes de Saint-Fiacre, arrivés en 1660, mais sans doute pas aux Frères de Lamennais qui ne furent appelés à Morlaix qu'en 1839.

    Il est certainement exagéré d'affirmer, comme semble le faire Luzel, que Sauvé a "écrit" le 2ème chant. Une version tirée du T. 92 de Penguern et figurant parmi les manuscrits du fonds De Saint-Prix équivaut, à quelques mots près, à la première partie dudit chant. En revanche le style de la seconde partie fait effectivement penser à une création moderne qui pourrait être l'œuvre de Sauvé.
    Il est dommage que, lors de cette adaptation, on ait éliminé de la première partie l'amusant couplet suivant:
    "gant he mouez ker charmant / he komzou angelik
    e lakee ar ranet / de chilaou manifik"
    "Au son de sa voix si charmante/ et de ses paroles angéliques,
    Les grenouilles se prenaient à écouter: [c'était] magnifique!"
  • - In the song collected by L-F. Sauvé (who also collected "Breton Sayings"), after a first part dedicated to the young lady's supernatural beauty, we hear amebean songs of the two lovers, each pretending to enter into a Morlaix convent:
  • The young man, as a Récollet monk, into Saint-François de Cuburien Monastery (see illustration) at Saint-Martin-des-Champs, on the bank of the Rivière de Morlaix. This monastery was rebuilt after it was destructed in 1522, during a raid to which the song Argadenn ar Saozon possibly alludes. The Récollets monks had replaced Cordeliers in 1622, before they were dispersed by the Revolution in 1792. In 1834 the premises were bought by a Nun order who made of them a boarding school for girls and an old people's home.
  • But the young man also had considered becoming a Capuchin, a religious order who had settled in Morlaix in 1612, in the former Stivel wood. The Capuchins were driven out of these premises by the Revolution. Today only a few remnants of the convent are left.
  • As for the girl, she would rather enter the Convent of the Nuns of the Calvary, founded in 1627 in de Ploujean street. They had to move out when the convent was destroyed by fire in 1636, but they came back after it was restored. Eventually, they were also dispersed in 1792 by the Revolution.
  • The girl mentions an overabundance of monks and nuns in Morlaix. She very likely thinks, in addition, of the Minims of Saint-Fiacre, who settled there in 1660, but not of the Lamennais Brotherhood who were not active in Morlaix until 1839.

    It is certainly exaggerated to state, as does Luzel, apparently, that Sauvé wrote the 2nd song, since a version found both in Book 92 of the de Penguern and in the De Saint-Prix MS collections is identical, but for a few words, to the first part of the said song. However the style of the second part really sounds like modern stuff and could be Sauvé's own creation.
    We can only regret that, in that process, the following stanza was removed from the first part of the song:
    "gant he mouez ker charmant / he komzou angelik
    e lakee ar ranet / de chilaou manifik"
    "When they heard her charming voice/ and her angelic words,
    The frogs were silent and listened: [it was] wonderful!"

  • BREZHONEK

    AR VERDEIDI YAOUANK


    p. 244

    1. [Bretoned eus a Vreizh Izel
    Deut-c'hwi aman da gleved ] (bis)
    Vit m'a zisklerien ur gentel
    [Tra la la la la le no
    La le no, la la la

    A zo a nevez savet.] (bis)

    2. Dre brepozoù ur femelenn
    Hag hi koant hag hep si,
    A zo heñvel eus ar fleurenn
    A zo hañvet "rozmari".

    3. Me glev ar sonerien yaouank war
    Pont al lestr a zone,
    Hag ar verdeidi yaouank war
    Pont al lestr a zañse.

    4. Dre estim vat hag e......
    .... el a c'houlennis,
    Pe sort a kefridi heulie
    Me .....

    5. Nag hi soudenn a respontas
    Pe ... tez he fisians,
    Ur zon nevez erru er vro
    Vit servijiñ an noblañs.

    6. Mes pa zeuis da reverkiñ
    Da gened ha da ....
    Nemet skeudenn ar yaouankiz
    Ne oa ken 'n he c'hichen.

    7. Araok mont he goulenn
    Pe ....
    O toned maes deus an iliz
    Ha ganti...

    8. Va dorn er pinsin a lakis
    Da gemer dour benniget.
    Eñ beteg enni eas araok
    Hag 'n-deus hi salutet.

    9. En brezhonek neuze soudenn
    E zeuis dezhañ on...:
    - Ha c'hwi e ray...
    .. ho konduiñ.

    KLT gant Christian Souchon
    TRADUCTION FRANCAISE

    LES JEUNES MARINIERS


    p. 244

    1. [Bretons de Basse Bretagne
    Approchez et écoutez] (bis)
    Ce que ce beau chant enseigne,
    [Tra la la la la le no
    La le no, la la la

    Récemment composé".] (bis)

    2. C'était une jeune fille
    Jolie, sans défaut aucun.
    A la fleur elle ressemble
    Qu'on nomme "romarin".

    3. J'entends venant d'un navire
    La musique des sonneurs,
    Les marins dansent et virent
    Sur le pont, [de bon cœur.]

    4. Pour preuve de mon estime
    [Je m'approchai, puis] je m'enquis,
    Des projets de ma voisine
    [En pure perte, pardi!]

    5. Et pourtant vint la réponse:
    La confiance [régnait]
    "C'est un chant louant la noblesse,
    Que l'on commence à chanter."

    6. Tout à coup mes yeux remarquent
    Ses [traits charmants, sa] beauté.
    Icone de la jeunesse,
    A quoi puis-je te comparer?

    7. Pousserai-je l'avantage
    [Ou serait-ce un quiproquo?]
    A la sortie de l'église
    [J'en veux savoir le fin mot.]

    8. Au bénitier ma main plonge,
    [- Inspiration impromptue -]
    Et vers la belle s'allonge,
    Tandis que je la salue.

    9. C'est dans la langue bretonne
    Que le reste [fut traité]
    - Me permettez-vous [de bonne
    Grâce
    ] de vous fréquenter?

    Texte complété par Christian Souchon (c) 2015
    ENGLISH TRANSLATION

    THE YOUNG SAILORS


    p. 244

    1. [Bretons of Lower-Brittany
    Come near and listen to me] (twice)
    Listen to the lecture I make,
    [Tra la la la la le no
    La le no, la la la

    Which was composed recently!] (twice)

    2. The lecture is about a girl
    Who was, aye, faultless and pretty
    Was very much like the flower
    Whose sweet name is "rosemary".

    3. I heard on the deck of a ship
    Pipers, and they played on and on,
    While young sailor men were dancing
    On the deck [to the merry tune].

    4. [I was], to show her my esteem
    [So bold as] now to ask her,
    What kind of tunes worthwhile she deemed
    [But did not expect an answer...]

    5. Yet, suddenly, the answer came,
    [Denoting a great deal of ] trust:
    "This song in praise of nobleness
    I like. Here of late it is sung."

    6. [O my dear], I came to remark
    Her beauty and [her charming smile:]
    Incomparable youthfulness,
    Good looks that any man beguile!

    7. "Boy, before you start wooing her
    [Make sure you are not mistaken!"
    I made a point of
    ] leaving church
    [Together] with the fair maiden.

    8. Quick in the stoup my hand I dipped
    To collect some holy water,
    And muttering words of greeting
    I have held it out to her

    9. It was in the Breton language
    That I [ventured the rest to do]:
    - Would you, [young lady, take offence,
    Were I so bold as
    ] to woo you?

    Completed by Christian Souchon (c) 2015

    Sonig amourousted

    Chanson d'amour

    Love Song

    Chant recueilli par Léopold François Sauvé (1837 - 1892),
    chanté par Marianne Le Berre, couturière à Plouguerneau,
    et publié par F-M. Luzel dans Sonioù I.

    BREZHONEK

    I
    SONIK AMOUROUSTED


    Pa edon en va studi, o kontempliñ ar bed,
    Me a reverkas eur poent a drouble va speret :

    Seblantout a re d’enni c’hlevet o parlant,
    Va mestrez, gant ur vouez a oa melkoniant.

    Na pa ve va mestrez o kanañ ur chanson,
    An heklev ar menez a repete an ton ;

    Ar pesked ouzh ar mor en em rejouise,
    Hag ar vartoloded war ar pont a dañse.

    Ar rec’hell, er menez, dre ’n hanter a ranne,
    O klevout he mouez, hag o welet he gened.

    Pa daolan va daoulagad da gontempliñ va mestres,
    Me a zeblant din gwelet rouanez ann holl verc’hed.

    He daouarn a zo mesket gant ar ruz hag ar gwenn,
    He daoulagad ’zo brilhant evel div steredenn;

    He div-jod a zo ruz hag a denn d’an natur,
    He muzelloù a zo douz evel ar mel pur.

    II
    — Debonjour deoc’h, va mestrez, diwar bennoù va daoulinn,
    Ho pennoz a c’houlennan ’vit mont da Gabusin ;

    Ho pennoz a c’houlennan da vont da Rekolled,
    Da gouent Sant-Franses, er gêr a Vontroules.

    — Oh ! Rekollezed awalc’h a zo en Sant-Franses,
    Ha beleienn awalc’h a zo en Montroules ;

    Beleienn awalc’h ’zo na partout dre ar vro,
    Eureujet d’an-neb ho kar, ha Doue ho karo.

    Mar d'it da Rekolled, da gouent Sant-Franses,
    Me yelo d’ar C’halvar, ’vit bezañ leanez;

    Ac’hane ni a glevo kleier hor c’houenchoù,
    Eno ni a gano da Doue melodioù ;

    Eno ni a gano gant ar vouez huellañ:
    Ar "Gloria in excelsis", ha "Salve Regina"!

    Kanet gant Marianna Ar Berr, kemeneres en Plougerno, skrivet gant L. Sauvé, mis eost, 1871.
    TRADUCTION FRANCAISE

    CHANSONNETTE D’AMOUR


    I
    Lorsque, au cours de mes études, je me mis à contempler le monde,
    Je remarquai un point qui me troublait l’esprit :

    Il me semblait l’entendre parler,
    Ma maîtresse, avec une voix qui était mélancolique.

    Lorsque ma maîtresse chante une chanson,
    Les échos dans la montagne répétaient l’air ;

    Les poissons de la mer se réjouissaient,
    Et les matelots sur le pont dansaient.

    Les rochers, dans la montagne, par le milieu se fendaient,
    En entendant sa voix, et en voyant sa beauté.

    Quand je jette les yeux pour contempler ma maîtresse,
    Il me semble voir la reine de toutes les filles.

    Ses mains sont mêlées de rouge et de blanc,
    Ses yeux sont brillants comme deux étoiles ;

    Ses deux joues sont roses, d’une couleur naturelle,
    Ses lèvres sont douces comme le miel pur.

    II
    — Et bonjour à vous, ma maîtresse ; à deux genoux,
    Voire bénédiction je demande, pour me faire capucin.

    Votre bénédiction je demande, pour me faire récollet,
    Au couvent de Saint-François, dans la ville de Morlaix.

    — Oh ! assez de récollets sont à Saint-François,
    Et assez de prêtres sont à Morlaix ;

    Il y a bien assez de prêtres partout, à travers le pays ;
    Épousez qui vous aime, et Dieu vous aimera.

    Si vous vous faites récollet, au couvent de Saint-François,
    Moi, j’irai au Calvaire, me faire religieuse ;

    De là nous entendrons les cloches de nos couvents,
    Là nous chanterons à Dieu des louanges.

    Là nous chanterons, avec la voix la plus haute :
    Le Gloria in excelsis et le Salve, Regina !

    Traduction de Luzel
    ENGLISH TRANSLATION

    A LOVE SONG


    I
    When busy studying, I had to look around,
    The trouble in my mind, for sure it was profound:

    T' was as if I heard my sweetheart singing afar:
    A melancholy voice, as voices seldom are.

    Whenever my sweetheart sings a tuneful ditty,
    The echoes of the mount repeat it exactly;

    The fish in the ocean, they wriggle at the sound,
    On the deck of the ship the sailors dance around.

    The rocks in the mountains, in the middle they cleave:
    When her dear voice resounds, that 's what it may achieve.

    As for me, when I look at her from my recess,
    It is as if my eyes did behold a princess,

    With the hue of her hands verging on tender blue ,
    Her eyes that sparkle as two tiny stars would do;

    And her cheeks, so rosy, a wonder of nature!
    Her lips sweet as honey! A heavenly creature!

    II
    — Good day to you, my dear! Say, may I, on bent knee,
    Ask you to bless my vow a Capuchin to be?

    Or ask for your blessing, when I, the other way,
    Become a Franciscan in the town of Morlaix?

    — Oh, there are monks enough in Saint Francis Convent
    And with its many priests Morlaix should be content;

    Yes, there are priests enough throughout all the country;
    To please God, whoever loves you, you should marry!

    Should you want a friar at Saint Francis to be,
    I would be a nun of the Holy Calvary

    We would hear the bells peal from each other's convents
    And sing a song of praise to God in those moments.

    And sing at the top of our voices "Gloria
    In excelsis" as well as "Salve, Regina!"

    Translated by Christian Souchon (c) 2015




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