UR PLAC'H YAOUANK TOUELLET

ton

Ton euz Bro-Dreger
Kanet gand Itron LE BRAZ deus-a Pontriek
Dastumet gant Alfred Bourgeois araok 1900, "Kanaouennoù Pobl"(embannet e Pariz, 1959)
An eil darn zo bet kanet gant Marc'harid Fulup e 1900 hag enrollet gant François Vallée


1. Me 'm eus bet ul lez-vamm na n'eus hini war ar bed
Teir eur a-raok an deiz ganti e vijen savet
Da vont da gerc'hat dour d'ar feunteun a Wazsavet (bis)

2. Pa'n arruis 'tal an dour ar feunteun oa strafuilhet
Gant mab un denjentil o abeuvriñ e gezek
Hag eñ goul diganin ha me a oa dimezet
He me oa plac'h yaouank, e respontis ne oan ket

3. Hag eñ tap krog em dorn d'am c'has da ur valaneg
Hag em lakaat ennañ da sellet ouzh ar stered
Pa savis ac'hane, ha me komañs da ouelañ
Aotrou Doue, 'meve, petra m'eus kollet amañ

4. - Setu ase pemp kant skoed pere am eus kavet
Kavet war an hent bras pa oan d'ar gêr o tonet.
Birviken ne gavin pezh am eus amañ kollet (bis)


5. Terrupl 'ta ! va mestrez, ho kavout a ran chañchet
'Baoe ar wech diwezhañ 'm'oe an enor d'ho kwelet
Du-mañ zo manet gwin 'baoe eizet ma maeronez
Ha ma karet evañ, me gaso deoc'h ma mestrez

6. Gwell ve din evañ dour eus ar feunteun Wazsavet
'Vit evañ gwin cleret gant 'hini ne garan ket
1. J'ai pour marâtre la pire qui soit au monde:
Trois heures avant le jour, il faut que je me lève
Pour aller puiser l'eau à la Fontaine aux Saules. (bis)

2. J'arrive au bord de l'eau. La fontaine était trouble:
Y menait ses chevaux, le fils d'un gentilhomme.
"Es-tu donc fiancée?" aussitôt il demande.
J'étais bien jeune hélas et avouai ne point l'être.

3. Il me prit par la main, m'entraîna vers la lande
Par terre il m'étendit, les yeux vers les étoiles.
Quand je me relevai, je versais bien des larmes.
M'écriant - Seigneur Dieu, que viens-je donc de perdre!

4. - Voilà cinq-cents écus, que j'ai trouvés en route,
Sur le grand chemin quand je m'en venais en ville.
- Jamais rien ne pourra, non, compenser ma perte.
Jamais rien ne pourra, non, compenser ma perte.

5. - En peu de temps c'est fou, la belle, comme on change;
Depuis la dernière fois que je vous ai vue!
Ces jours-ci je reçois du vin de ma marraine
Je vous en porterai, si vous voulez en boire.

6. J'aime mieux boire l'eau de la Fontaine aux Saules
Que du vin clairet avec vous que je déteste.

1. My step mother is the worst woman on earth;
Three hours before sunrise I must wake up to go
And collect water from the spring of Gwazh-halleg.

2. When I came to the pond, the water was turbid
Because a nobleman's son was watering his horses.
He asked me "Girl, are you engaged?"
Alas I was so young and answered "I am not".

3. He grasped my hand, led me to a broom bush
He laid me on the ground; my eyes looked at the stars.
When I got up again, I shed plenty of tears
And cried: "O my God, what did I lose today!

4. - Here are five hundred crowns I have found on my way
When I was repairing to the town.
- No, nothing may make good for the riches I lost!
- No, nothing may make good for the riches I lost!

5. - My dear, you're in no time terribly changed
Since I saw you last, -T'was an honour to me-.
I've recently received wine from my godmother;
I'll bring you some, if you care to drink my health.

6. I'd better drink water from Gwazh-hallek spring
Than claret with a man that I loathe.


Note d'Alfred Bourgeois:
(1) Nous ne croyons pas que ce gwerz soit complet, car il ne présente ni action dramatique développée, ni conclusion. Une jeune fille maltraitée par une marâtre a perdu son honneur et refusé de boire avec celui qui l'a trompée et qu'elle n'aime pas, voilà tout ! Aussi n'y attachons-nous aucune importance comme composition littéraire ; nous ne la citons que pour l'air sur lequel il nous a été chanté. On peut remarquer d'abord qu'il comprend des vers de 13 syllabes dont le premier hémistiche n'en a que 6, tandis qu'il en compte 7 habituellement. Sur l'air nous ferons les réflexions suivantes : dans l'introduction de son " Recueil de 30 mélodies populaires de la Basse-Bretagne ", M. Bourgault-Ducoudray signale les rapports frappants qu'il a trouvés entre les chansons populaires bretonnes et celles de la Grèce.

Alfred Bourgeois cite ensuite longuement les élucubrations les plus invraisemblables de Bourgault-Ducoudray qui font penser à certaines divagations rencontrées sous la plume de Richard Wagner (les mélodies basses-bretonnes seraient "aryennes" et les gallaises des mélodies demi-sang!). Bourgeois surenchérit dans l'"abracadabrantesque" en faisant un curieux rapprochement entre le breton et le Vietnamien où "cheval" se dit "mah" et eau se dit "douh" ("marc'h" et "dour" en breton). Que dirait-il du calembour moderne "madagaskar"="permis de conduire"? Le talent et même le génie n'excluent pas qu'on puisse tomber dans l'absurde.
On remarque, en tout cas, que cet air, ainsi que la variante indiquée à la première reprise qui est la mélodie chantée par Marguerite Philippe (1837-1909), la principale informatrice de Luzel, et enregistrée par François Vallée en 1900, présente des ressemblances frappantes avec celui noté par La Villemarqué pour la complainte "Le frère de lait" (Ar breur mager).
We doubt that this lament be complete, since the plot is deprived of dramatic development and dénouement. A girl, ill-used by her step-mother, has lost her maidenhood to a man whom she does not love and refuses to drink with him. That's the end of it. Therefore we shall not investigate any further the literary merits of this composition, which was included in this collection only on account of the tune to which it was sung to us. Our first remark is about the beat: it is made up of 13 syllable units whose first half has 6 syllables, instead of 7 as is usual. As to the melody we may hint at a statement which M. Bourgault-Ducoudray makes in the preface to his "Collection of 30 folk tunes from Lower Brittany", to the effect that theses tunes have striking similarities with those of Greece.

Alfred Bourgeois gives then a detailed accountt of the most incredible imaginings of Bourgault-Ducoudray's that recall certain hazy theories encountered in Richard Wagner's written papers: Lower Brittany's melodies should be considered as "Aryan" and the Upper Brittany ones as "half-breed" tunes. For good measure, he makes a no less preposterous comparison between the Breton and the Vietnamese, since the latter idiom has the words "mah" for "horse", and "dou" for "water", to be compared, respectively, with "mac'h" and "dour" in Breton! What would he shave said, if he had heard of the modern pun "madagaskar" for "driver's license"? This clearly shows that talent or even genius does not prevent from talking nonsense.
But, speaking of similarities, there is a strong family likeness between the present tune, as well as its variant sung by Luzel's main informer, Marguerite Philippe (1837-1909) and recorded on wax discs by François Vallée in 1900, with the melody set by La Villemarqué to the "Barzhaz Breizh" lament titled "The Foster-brother" (ar breur mager).




* Taolenn*
Ar breur mager (Barzhaz Breizh)