MARKIZ AR C'HLEUDON

Le Marquis de Cleudon

Marquess Cleudon

Chant collecté par Théodore Hersart de La Villemarqué
dans le 1er Carnet de Keransquer (pp. 165-168).


Mélodie 1 * Mélodie 2 * Mélodie 3

Arrangt Christian Souchon (c) 2015

On donne ici trois mélodies:
  • Les mélodies 1 et 2 ont été publiées en 1913 dans "Musiques bretonnes" de Maurice Duhamel, pp.73-74 , sous les N°146 et 147 et le titre "An Otro Koadrioù ha Janedig Rioù". Ces deux versions sont chantées par Maryvonne Bouillonnec de Tréguier.
  • La mélodie 2 figure dans le même ouvrage sous le N°94. C'est l'un des deux airs qui accompagnent le chant Dustank.
  • La mélodie 3 accompagne la version vannetaise du présent chant, "Le marquis du Clédon", publiée par l'Abbé François Cadic, en juillet 1906, dans le périodique "La Paroisse Bretonne de Paris".
  • Above are three melodies:
  • Melodies 1 and 2 were published in 1913 in "Musiques bretonnes" by Maurice Duhamel, pp.73-74 , under N° 146 and 147, titled "An Otro Koadrioù ha Janedig Rioù". These two versions were sung by Maryvonne Bouillonnec from Tréguier.
  • Melody 2 is printed in the same collection under N°94. It is one of the two tunes to which the song Dustank is sung.
  • Melody 3 is set to the Vannes dialect version vannetaise of the song at hand, as "Le marquis du Clédon", published by the Rev. François Cadic, in July 1906, in the journal "La Paroisse Bretonne de Paris".

  • BREZHONEK

    Markiz Ar C'hleudon


    p. 165

    I

    1. Markiz Ar C'hleudon [Kleujon] e-neus graet
    'R pez a ne reje markiz ebet: (div w.)

    2. [Kemeret e-neus dilhat peorien],
    A zo aet 'touesk e amazeien
    Evit goulenn un aluzen.

    3. - Eurvat ha joa barzh ar ger-mañ,
    Kenkoulz d'ar bras ha d'ar bihan!
    Ha da Tina, mar 'ma dre-mañ!

    4. Hag a zo moyen bout lojet
    ' Kornik 'r c'hraou pe war korn an oaled
    Pe ' gwele gant ho merc'h Janet?

    5. - Kerzhit alese 'maes va zi,
    Pe me 'laosk m' chas d'ho tebriñ!
    [Pe me laosk warnoc'h va c'hi]

    6. Kerzhit alese deus ar ger,
    Pe me laosk m' chas war ho lerc'h!-

    7. Barzh lost ar porzh pa oa degouet,
    Janedig Riou 'n-eus kavet.

    8. - Janedik Riou, din lavarit,
    Markizez ar C'hleudon a zeufet?

    9. - Da varkizez ar C'heudon n'ez in ket:
    Va zat ha va mamm n'em laosko ket.

    p. 166

    10. - Da varkizez Kleudon zeufet
    Pe me laosko ho kwad da redek.

    11. Pe me laosko ho kwad da skuilhañ
    Ha va hini holl war an dro? -

    12. Janedik Riou, dalc'h ma glevas,
    Da varkizez ar C'hleudon mont a reas.

    12a. Da heul an aotroù a eas
    O lakaat he dorn war he fas.

    12b. He-deus mouchet he zivlagad
    Na welfe ti he mamm, he zad.

    II

    13. E-barzh ar C'hleudon pa 'ma degouet,
    D'ar ouarnourez kozh he-deus laret:

    14. - Mar me eo ar markizez Kleudon,
    Degasit ur gador d'azezañ
    Ha boutailhad gwin ruz da evañ! -

    14a. - Hag ul lomm gwin ruz da evañ:
    Va c'halon 'ya ta fatigañ!

    15. Gouarnez kozh 'neus repondet
    Da Janedik Riou, pa 'neus prezeget:

    16. - Markiz ar C'hleudon n'emaoc'h ket.
    An distruilherez ne laran ket.

    17. An hini vo amañ itron,
    'n hini vo markizez ar C'hleudon
    He-deus ur kastell: Pol-a-Leon.-

    p. 167

    18. Janedik ar Riou dalc'h ma glevas,
    [Kuit deus ar maner a aeas]
    'Maes demeus an ti mont a reas.

    19. - Pe me ya d'ar ger-ti va zad,
    Pe me ya d'ar [mor] ster 'n em beuzat.

    20. Mard 'ean en-dro war va c'hiz,
    Me a vo deskouet gant ar biz:
    "Janedik, gwreg ar Markiz!"

    20a. Ma Doue, Ho ped, ouzhin truez!
    Ha c'hwi, zent holl, ha c'hwi Gwerc'hez! -

    21. Janedik Riou, dalc'h ma glevas;
    E bord ar stank en em rentas
    Hag e-kreiz an dour 'n em daolas.

    III

    21a. Mevel an Aotroù a lare
    D'e vestr yaouank, un abardaez:

    21b. - Deuit wa welet trema ar stank!
    Setu [ur femelen er stank!]

    22. - Aotroù Doue! Va mestrig koant,
    Nag a kaer femelen zo er stank!

    23. Penn he boutoù hag he leroù
    Zo henvel deus re Janed Riou. -

    24. Markiz Kleudon, dalc'h ma glevas,
    War lost ar stank en em rentas.

    24a. Ken e teuas deus goueled an dour,
    [Markiz a glevas] ur zonik flour,

    24b. Ken e kleviz ur vouezig flour,
    Ker trist evel hibour an dour:

    25. - Janedik Riou, din lavarit:
    Ha me zo kaos emaoc'h beuzet? -

    p. 168

    26. - N'eus den kaos emaon beuzet
    Med ho kouarnerez milliget.
    Me gar e ve en tan rostet!

    27. - Janedik Riou, din lavarit,
    Pediñ Doue ha kan deoc'h vo graet?

    28. - Na pedet den kristen evidomp!
    Rag e-kreiz an infern daonet omp,
    Hag ho kouarnerez koulz hag on.

    KLT gant Christian Souchon.
    TRADUCTION FRANCAISE

    Le Marquis de Cleudon


    p. 165

    I

    1. Ce que le marquis de Cleudon fit
    Ne le fit jamais aucun marquis: (bis)

    2. [Des pauvres il a passé l'habit],
    Puis s'en fut de logis en logis
    Demander l'aumône, à ce qu'on dit.

    3. - Oh, bonjour et joie dans ce logis
    Oh, bonjour à tous, grands et petits!
    Et à Tina [?], mais est-elle ici?

    4. Y a-t-il moyen d'être logé
    A l'étable ou bien près du foyer,
    Ou chez ta fille, en son lit douillet?

    5. - Tu sors de ce logis, sur l'instant,
    Sinon je lâche sur toi mes chiens!
    [Sinon, je lâche sur toi mon chien].

    6. Allez, sors de cette maison, ouste!
    Ou je lâche mes chiens à tes trousses!-

    7. Mais au fond de la cour ce filou
    A remarqué Jeannette Riou.

    8. - Jeannette Riou, voulez-vous donc,
    Devenir marquise de Cleudon?

    9. - Marquise de Cleudon, ça jamais:
    Mes parents y seraient opposés.

    p. 166

    10. - Vous deviendrez marquise, vraiment,
    Dussé-je répandre votre sang!

    11. Oui, je ferais couler votre sang
    Ainsi que le mien, assurément! -

    12. Jeannette, entendant ces mots, céda.
    Et marquise de Cleudon se croit.

    12a. Et elle suit le seigneur volage
    En cachant de ses mains son visage,

    12b. Devant la maison de ses aieux
    Pour ne point voir, détourne les yeux...

    II

    13. Lorsqu'elle arrive chez le marquis,
    Une vielle gouvernante y vit:

    14. - Je suis la marquise du Cleudon,
    Qu'on m'apporte un siège et un flacon
    De vin rouge, ma chère et du bon! -

    14a. - Du vin, c'est mon plus pressant désir
    Je sens que mon cœur va défaillir!

    15. La réponse de la gouvernante
    A Jeanne fut des plus méprisantes:

    16. - Vous n'êtes pas Marquise à Cleudon.
    Tout au plus une Marie-souillon.

    17. La future dame de ces lieux,
    Habite dans un manoir somptueux
    A Saint-Pol, celui de ses aïeux.-

    p. 167

    18. A ces mots, Jeannette Le Riou,
    [Voyant la fin de son rêve fou]
    A quitté le manoir tout à coup.

    19. - Vais-je retourner chez mes parents,
    Ou bien me noyer dans le torrent [l'océan].

    20. Oui, mais si je retourne chez moi,
    Sûr qur l'on me montrera du doigt:
    "La belle marquise que voilà!"

    20a. Mon Dieu, prenez pitié je vous prie!
    Vous, les saints et vous, Vierge Marie! -

    21. Eut-elle réponse à sa prière?
    Les rives de l'étang l'attirèrent
    Sur elle les eaux se refermèrent.

    III

    21a. Le valet du seigneur déclara
    A son jeune maître, ce soir-là:

    21b. - Venez donc du côté de l'étang!
    On y voit [une noyée dedans!]

    22. - Seigneur Dieu! C'est ma jeune maîtresse,
    Cette jolie fille aux blondes tresses!

    23. Ce sont ses escarpins et ses bas:
    Jeanne en a de semblables, je crois. -

    24. Le Marquis de Cleudon l'entendant,
    Courut à la sortie de l'étang.

    24a. Alors s'éleva du fond de l'eau,
    [Lorsqu'il se pencha,] un chant si beau

    24b. Que modulait une voix très suave,
    Comme l'eau d'un ruisseau, triste et grave:

    25. - Jeanne, ma petite camarade:
    Suis-je cause de votre noyade? -

    p. 168

    26. - Celle qui causa mon désespoir,
    C'est votre gouvernante au cœur noir.
    Rôtir en enfer je veux la voir!

    27. - Jeannette Riou, vous me direz
    Si pour vous un chrétien doit prier?

    28. - Il n'obtiendrait pas notre pardon:
    Pas de fin, Marquise du Cleudon
    Et gouvernante, à nos damnations!

    Traduction: Christian Souchon (c) 2015
    ENGLISH TRANSLATION

    Marquess Cleudon


    p. 165

    I

    1. Once young Marquess Cleudon has done
    What no one did, but he alone: (twice)

    2. [A beggar's garment he has donned],
    To his neighbour's house he has gone
    Was bold enough to beg for alms.

    3. - A good day I wish to this house,
    Good day and joy to man and mouse!
    And to your daughter if she's here!

    4. For accommodation I beg
    Near the hearth, or in the cow shed,
    And why not in spinster Jean's bed?

    5. - Now, get thee behind me, Satan,
    You shall leave this house this moment!
    [For my hounds need entertainment]

    6. This house you leave and right now,
    My hounds show you the way to go.!-

    7. In a recess of the courtyard,
    Jean Riou was found by the bastard.

    8. - Jenny, do you like the idea,
    Marchioness of Cleudon to be?

    9. - Marchioness of Cleudon, never!
    This would not allow my father.

    p. 166

    10. - If you refuse to obey me,
    I shall shed your blood presently.

    11. O yes, I shall make your blood flow,
    And mine to boot, I'll do, right now. -

    12. Jean Riou yielded to the threat,
    And was "made a marchioness" yet.

    12a. Now she follows her seducer,
    And she lifts her hands to cover

    12b. Her face and she closes her eyes
    On her parents' house, I surmise.

    II

    13. To Cludon Manor she has come,
    Says to the housekeeping matron:

    14. - I am to be marchioness here,
    Bring me a seat. I need a beer.
    Or a nice bottle of red wine! -

    14a. To relax after the effort:
    My heart is tired and needs comfort!

    15. The housekeeper gave the new guest
    This answer to her bold request:

    16. - Marchioness Cludon you are not:
    In my eyes you are but a slut.

    17. The one who'll be marchioness here,
    Is of good stock, distaff and spear,
    And she has a manor in town.-

    p. 167

    18. Poor Jenny, when she heard as much,
    [Away from the house she rushed]
    And she left the castle behind.

    19. - O shall I now return back home,
    Or go to the river and drown?

    20. O, If I go back home, I fear
    That all people at me will sneer:
    87 "Marquess Cludon's mistress draws near!"

    20a. My God, I pray to Thee, pity!
    To you all Saints and Virgin Mary! -

    21. Did Jenny Riou get answer?;
    To the near pond she walked over;
    Threw herself into the water.

    III

    21a. The lord's manservant did say
    To his master, later that day:

    21b. - To the end of the pond come round!
    An unknown woman there has drowned!

    22. A pretty woman, so it seems,
    Milord, you must come, by all means!

    23. The tips of her shoes, her stockings
    They remind me of Jenny's things. -

    24. Marquess Cleudon, without delay,
    Repaired to the pond in dismay.

    24a. There, when he bent over the pond,
    He perceived a crystal-clear sound,

    24b. A voice, a melodious tweet,
    It sang so doleful and so sweet:

    25. - Would you tell me, Jenny Riou:
    Is it my fault? Did I kill you? -

    p. 168

    26. - I was drowned, but none would I blame
    Except your housekeeper, for shame!
    May she be roasted in hell's flame!

    27. - O Jenny Riou, tell me please,
    Do prayers at mass your pains ease?

    28. - Christians, don't pray for us! Never!
    We are doomed to burn forever:
    I am, as is your housekeeper.

    Translation: Christian Souchon (c) 2015


    NOTES:
    Bibliographie:
    Cette gwerz (N° 0364 dans le registre de Malrieu) a été collectée de nombreuses fois:
    - Sous forme manuscrite:
    . Outre le 1er manuscrit de Keransquer, chez Mme de Saint-Prix (MS 2, fol. 5v à 7r, intitulé "Jeannette Riou" (recopié par J. Olivier, MS 987 pp. 10-13, et de ce dernier par I Le Diberder, cahier 1, p.31-32).

    - Sous forme de recueil:
    . par Luzel: dans "Gwerzioù II", pp. 228-235, "Ann aotro Koadriou ha Janedig Riou= Le seigneur du Boisriou et Jeanne Riou" (Ploaret 1849)
    et pp. 236-243, "Markis ar C’hleand ha Jannet Riou = Le marquis du Cludon et Jeanne Riou" (Plougonveur).

    - Dans des périodiques:
    . par G. Milin, dans "Gwerin", I, n°27, pp.75-76, "Ann Aotrou Gludonou".
    . par l'Abbé F. Cadic, dans "Paroisse bretonne de Paris" juillet 1906, "Le marquis du Clédon".

    Remarques:
  • Dans ses commentaires à la version vannetaise de ce chant, identique par son contenu, à celle de La Villemarqué, l'Abbé François Cadic, pense que le lieu où la chanson a pris naissance doit être le Trégor "et plus probablement le Goëlo, si l'on en juge par quelques formes dialectales". D'autre part il estime que cette histoire de travestissement fait penser à l'époque de la Régence.
  • La morale simpliste (et sexiste) de cette histoire qui jette une fille abusée en enfer, pour s'être suicidée, arrache à l'ecclésiastique des commentaires embarrassés.
    Les auteurs païens n'avaient pas cette vision simpliste. Tite -Live, dans livre premier de son Histoire romaine, présente Lucrèce qui se suicida après avoir été violée par l'un des fils du roi Tarquin le Superbe, comme une martyre de la liberte. Appelée à la venger par Brutus, le cousin par alliance de Lucrèce, l'armée renversa Tarquin. C'est donc à la suite du viol de Lucrèce, dont le suicide est un modèle de décence et de vertu féminine, que Rome serait passée de la monarchie à la République, en 509 av. J.-C.
  • Si le nom de la victime demeure "Jeanne Riou" dans les différentes versions, celui du "héros" devient, chez Luzel, "Ar C'hleand" dans le texte breton, tout en demeurant "Marquis du Cludon" en traduction française. Son château s'appelle "Ar C'hleunio", qu'il traduit par "le Cleuziou". Une note de bas de page explique qu'il s'agit d'un lieu-dit "Ar C'hleuzioù", "Les Fossés". "Le Cludon" provient du même mot au singulier "kleuz" auquel est ajouté le qualificatif "don", "profond". "Kleand" (de "ar C"hleand") est une altération de "kleuz".
    Selon Francis Gourvil, dans "Noms de famille bretons d'origine toponymique" (pp. 36-37), "Les toponymes de ce type (Clésio / Clézio, Clézieux, Cleugniou, Cleuziou, Cluyou) s’appliquent à des sites dans lesquels les immigrants bretons des Ve-VIIe s. ont trouvé, au moment de leur installation en Armorique, des retranchements datant des époques gauloise ou gallo-romaine".
    Jean-Marie Le Clézio assure désormais la gloire de ce patronyme, grâce au prix Nobel de littérature qui lui fut décerné en 2008.
  • Luzel publie une autre version de cette gwerz où la principale originalité réside dans le nom du seigneur qui devient "du Boisriou" ("Koadriou" en breton). Il existe effectivement, selon Luzel, un château en ruines dit "du Cludon" en Plougonver (près de Guingamp), mais aussi un château "de Boisriou" dans la commune de Perros-Guirec.
    Cette version nous apprend que le vieux Riou demeure dans un hameau nommé "Pedernec" et que la demoiselle noble que le jeune débauché doit épouser est une Des Aubrays (un dimezell Lezobre).
  • Cette gwerz se rapporte sans aucun doute à un fait spécifique, mais la piste est trop brouillée pour qu'on puisse le dater ou le situer avec plus de précision. Des traces de contamination par d'autres gwerzioù ( le double habit de "Pontcallec", les innombrables récits du type "Filleule de Du Guesclin", "Les Aubrays"...) apparaissent ici et là.
  • Luzel et Madame de Saint-Prix nous montrent Du Cludon essayant son déguisement de mendiant chez sa nourrice qui l'envoie au diable, puis chez le vieux Riou. Après avoir été jeté dehors, en raison de son impertinence, il reprend ses habits de marquis. Jeannette le voit, court le dire à son père, lequel lui enjoint alors d'aller lui porter ses excuses, ce dont le jeune roué tire profit comme on sait.
    Ces versions comportent dans la scène finale, une exclamation du jeune homme (que l'on retrouve dans d'autres gwerzioù): "si elle avait vécu, je l'aurais épousée... Elle sera enterrée dans le chœur de l'église!". Somme toute, l'honneur d'un aristocrate aussi bien intentionné est donc sauf.
    De toutes ces versions, c'est sans doute celle de La Villemarqué qui apparaît à la fois la plus concise et la plus cohérente.
  • Bibliography:
    This gwerz (N° 0364 in Malrieu's index of Breton laments) was collected several times:
    - in handwritten form:
    . Beside the 1st Keransquer MS, by Mme de Saint-Prix (MS 2, fol. 5v to 7r, under the title "Jeannette Riou" (copied by J. Olivier, MS 987 pp. 10-13, and, from this copy, by I. Le Diberder, book 1, p.31-32).

    - In song collections:
    . by Luzel: in "Gwerzioù II", pp. 228-235, "Ann aotro Koadriou ha Janedig Riou= The Lord Boisriou and Jeanne Riou" (Ploaret 1849)
    and pp. 236-243, "Markis ar C’hleand ha Jannet Riou = Marquis du Cludon and Jeanne Riou" (Plougonveur).

    - In periodicals:
    . by G. Milin, in "Gwerin", I, n°27, pp.75-76, "Ann Aotrou Gludonou".
    . by the Rev. F. Cadic, in "Paroisse bretonne de Paris" July 1906, "Le marquis du Clédon".

    Remarks:
  • In his comments to the Vannes dialect version of this song, whose narrative content tallies with that of La Villemarqué, the Rev. François Cadic states that the area where the song hasarisen should be the former Tréguier bishopric, and more precisely the Goëlo district, judging from dialectal idiosyncrasies in the text". On the other hand, in his opinion the dressing up episode reminds him of the French Regency time.
  • The naive moral (and blatantly sexist moral) of this story that dispatches to hell a raped girl who committed suicide, drags out of the divine uneasy comments.
    Pagan authors were far from this manichean view. Livy, in the first book of his Roman History, makes of Lucretia who killed herself after she was raped by one of king Tarquinius' son, a martyr to liberty. Called to avenge her by Brutus, a near relation to Lucretia, the army drove away Tarquinius. Therefore, Lucretia's suicide not only represented proper womanly virtue; It also was the reason why monarchy was abolished in Rome, in 509 B.C.
  • If the victim's name remains "Jean Riou" in all different versions, that of the "hero" appears in Luzel's collection as "Ar C'hleand" in the Breton text, rendered as "Marquis du Cludon" in French. His manor's name is "Ar C'hleunio", translated as "le Cleuziou". As stated in a footnote, it could be a place name now known as "Ar C'hleuzioù", "Les Fossés". "Le Cludon" proceeds from the same noun, "kleuz" in the singular, to which the adjective "don", "deep", is appended. "Kleand" (in "ar C"hleand") is a modified form from "kleuz".
    Francis Gourvil, in "Noms de famille bretons d'origine toponymique" (pp. 36-37) suggests: "This class of toponyms (Clésio / Clézio, Clézieux, Cleugniou, Cleuziou, Cluyou) applies to sites where the V-VII century Celtic settlers found, upon their arrival in Armorica, entrenchments dating to the Gallic, or to the Gallo-Roman times".
    Jean-Marie Le Clézio vested this patronymic with the fame that is attached to his 2008 literature Nobel prize!
  • Luzel published another version of this lament whose main distinctive feature is the name of the lord which is here "du Boisriou" ("Koadriou" in Breton). There is, really, so writes Luzel, a dilapidated castle "Cludon" in the parish Plougonver (nearGuingamp), but also a castle "Boisriou" in the vicinity of Perros-Guirec.
    This version tells us that old Riou lives in a hamlet called "Pedernec" and that the noble lady whom the young debauchee shall marry is "née Des Aubrays" (un dimezell Lezobre).
  • This gwerz should certainly refer to a specific event, but the process that generated it is so entangled, that we may not ascribe to it any precise date or place. Traces of contamination by other gwerzioù appear every now and then ( "Pontcallec"'s disguise, the many laments of the "Du Guesclin's Godchild" type, the "Les Aubrays" narratives, etc.)
  • Two additional features appear in the versions collected by Luzel and Madame de Saint-Prix: Du Cludon tests his beggar's disguise with his foster mother who tells him to go to the devil, before he approaches old Riou. After he was driven out, on account of his insolent remark, he resumes his customary precious clothing. Jenny sees it and hurries to tell her father who entreats her to convey his apologies to him. The young man makes the most of the situation in the dubious way we know.
    Besides, those versions include in the concluding scene, an exclamation uttered by the young man (evidently borrowed from other gwerzioù): "If she had lived, I would have married her... She will be buried in the choir of our church!". All in all, the honour of so well-intentioned an aristocrat is safe.
    Among these different variants, Villemarqué's version stands out as the most concise and the most coherent of all.


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