AR MARTOLOD

Le matelot

The sailor

Chant collecté par Théodore Hersart de La Villemarqué
dans le 1er Carnet de Keransquer (pp. 181-182, "War ar menez gwenn"; 186, "Vailhantañ plac'h"; et 220, "Me 'm-eus un evnik gwenn").


Mélodie 1 * Mélodie 2 *
Arrangement Christian Souchon (c) 2015

Ces deux mélodies ont été publiées en 1931 dans les "Musiques bretonnes" de Maurice Duhamel, pp.71-72, sous les N° 142 et 143 et le titre "Yann an Arc'hantek", "Jean L'Arc'hantec", qui est celui sous lequel le texte équivalent a été publié par Luzel dans "Gwerzioù II", p. 174 et ss. Duhamel les a entendues toutes les deux à Port-Blanc dans le Trégor, chantées, l'une par Maryvonne le Flem, l'autre par Augustine Kerleau. Both melodies were published in 1931 in his "Musiques bretonnes" by Maurice Duhamel, pp.71-72, under N° 142 and 143, titled "Yann an Arc'hantek", "John L'Arc'hantec", which is the title given the equivalent text by Luzel in "Gwerzioù II" on page 174. Duhamel recorded both tunes at Port-Blanc in the Tréguier area, sung by Maryvonne le Flem and Augustine Kerleau, respectively.

BREZHONEK

Ar martolod


p. 186

I
a. Vailhantañ plac'h zo er ger-mañ
Zo Janed Bannalek, merc'h he mamm.(div w.)

b. N'eo ket 'vit monet d'an oferenn
Gant an dudjentil 'deus he goulenn.

c. N'eus eureujet piv 'neus he goulennet,
Gwilhaouik Lorant en-neus he bet.
Bremañ, siwazh, d'am c'halon.

p. 181

II
1. - War ar menez gwenn, e toull an nor,
Me he wele alies-tre war ar mor. (div w.)

[1a. Me wel 'tenn ar c'hanol [?] gwenn
Lec'h ma varvo an dud 'vel kelienn.]

A. Me 'm-eus un evnik gwenn 'tal va dor
Hag a wel al listri war an dour.


2. - Pell e welan al lestr nevez,
Enni 'ma, e-barzh, va c'harantez.

B. Hag a wel ul lestrik nevez,
An hini zo 'barzh eo va c'harantez.


C. Me hen wel e-kreiz ar c'hombat,
Hag e roched leun a-tenn a wad. -


III
3. - C'hwi ya d'ar ger, ha me n'an ket,
Da Janedik a oa va fried.
[D'am fried paour mar d'he gavfet]

[3a. Hag he map a zo yaouank-flamm
Hag aon am-eus rag vezo friant.]

[3b. Med bout ur gwaz d'ar ger ganti
Kemerit ar boan, kelennit-hi!]

D. C'hwi ya d'ar ger, ha me n'an ket
D'am zad [ha d'am mamm muiañ karet]
Ha da Janedik a oa va fried.


4. C'hwi laro de(zh)i a vin beu(zh)et
'Kreiz ar mor bras, tregont goured.

E. Me ne ran forzh da vout eur-mervel,
Panevet ar c'hreadur en e gavell,

F. A zo 'pad an noz o gelver e zad:
Kriz eo ar galon neb a wel ha bad.


5. C'hwi laro de'i mar gemero par,
Kemered ul labourer-douar.
Kar ar martolod zo war var:

6. Vel toer ar maen glas zo krog-diskrog:
Atav prest da zerriñ e c'houzoug. -

G. Me da laroud de'i, mar gemer par,
Kemer ul labourer-douar,
Kar ar martolod paour zo war var.

H. Na kasit ket ho map war vor,
Rak ar mor bras a zo tretour. -


IV
7. P'ae 'r wreg deus ti eil d'an ti eben:
- '-peus ket klevet brud demeus va den?

8. - Ema du-se 'lost an aodoù:
Lod war o c'hein, lod war o genaoù...-

p. 182

9. Med e div eur goude ar kuzh-heol,
Pa ez aent an Glenan ' treuz an heol,

10. Gouloù adreñv, gouloù araok,
Setu eñ duse e-touez ar flod!

11. Doue ra benigañ ar c'hroashenchoù
Ma vo interet ar c'horfoù!

KLT gant Christian Souchon.
TRADUCTION FRANCAISE

Le matelot


p. 186

I
a. Le plus beau parti de ce village,
C'est Jeanne Bannalec, sans conteste.(bis)

b. Plus d'un noble en vue du mariage
L'importune à l'entrée de la messe.

c. Faisant fi de ceux qui la courtisent,
Elle épousa Guillaume Laurent.
Je trouve ce choix des plus navrants.

p. 181

II
1. - De la falaise, en ouvrant la porte,
Je voyais bien souvent sur la mer (bis)

[1a. La fumée des canons qui colporte
La mort où s'étendent les flots verts .]

A. Un oiseau blanc transmet mes messages
Aux bateaux qu'il peut voir loin du port,


2. A l'un d'eux qui sort du carénage:
Car mon cher mari sert à son bord.

B. - Il voit un bateau neuf qui s'engage,
Là-bas, c'est celui de mon mari,


C. Au milieu du combat qui fait rage,
Ce marin ensanglanté, c'est lui! -


III
3. - Je meurs. Vous qui rejoignez la terre,
Jeanne mon épouse, allez la voir.
[Vous direz à Jeanne de ma part:]

[3a. "Mon amie, notre fils est bien jeune:
Il faut un père au petit gaillard."]

[3b. De la conseiller prenez la peine
Dans ce choix délicat, sans retard!]

D. Vous irez au port, je n'irai guère.
[Mes parents je ne les verrai plus,]
Ni ma chère Jeanne: J'ai vécu.


4. Dites-lui que c'est à trente brasses,
Au fond de la mer, que gît mon corps.

E. Sans cet enfant au berceau, je passe-
rais volontiers, sans craindre la mort.

F. L'enfant, la nuit, son père réclame:
Qui peut y rester indifférent?


5. Qu'elle refasse donc, ma chère âme,
Sa vie, mais avec un paysan.
Marin, c'est trop de danger, vraiment:

6. Tel le couvreur, chaque instant qui passe:
Il risque de se rompre le dos. -

G. Dites-lui qu'il faut qu'elle remplace
Par un laboureur son matelot
Dont périls et dangers sont le lot.

H. Que notre fils jamais ne s'embarque:
Rien de plus traître que l'océan! -


IV
7. D'une maison à l'autre, sans trève,
Elle s'enquérait de son mari.

8. - Il est avec d'autres sur la grève:
Sur le ventre ou le dos chacun gît...-

p. 182

9. Deux heures après qu'au crépuscule,
Le soir soit tombé sur les Glénan,

10. Il gît dans la flaque où l'eau s'irise,
Derrière et devant, de reflets d'or.

11. Les carrefours, que Dieu les bénisse
C'est là qu'on enterrera les corps!

Traduction: Christian Souchon (c) 2015
ENGLISH TRANSLATION

The sailor


p. 186

I
a. Best match in town and most enviable
Was Jenny Bannalec, of high birth.(twice)

b. On her way to church assailed with noble
Suitors apt to tie her wedding girth.

c. None of these high-flying wooers she married,
But William Lawrence, her heart's desire,
Which was to make her life sour and dire.

p. 181

II
1. - From the white cliff, standing on my threshold,
How oft did I scrutinize the main! (twice)

[1a. And I saw the white smoke of the cannon,
When Death o'er the sea his packs unchains!]

A. white bird, that o'er my door high up hover
Do you see those ships, far on the sea?


2. And among them is a brand new vessel;
Do you see my love aboard? Tell me!

B. And among them is a brand new vessel;
Do you see my love aboard? Tell me!


C. - Yes, I saw him in his shirt stiff with gore,
Gallant sailors from fight never flee! -


III
3. - You will come ashore, but I shall no more;
Never shall I see Jenny so dear.
[I've a message for her: lend an ear!]

[3a. Our son is so young, he's but a baby
And his mother is both quick and nice]

[3b. If you visit her at our house, maybe,
You will care to give her my advice!]

D. You will come ashore, but I shall no more;
[Nor shall I see my parents again]
And my Jenny, which causes my pain.


4. Tell her that my body thirty fathoms
Rests beneath the surface of the sea.

E. But for our child, I would without passion
Be passed away, since I have to be.

F. Child, at night, you cry and want your father:
What heart could, unmoved, listen to it?


5. Your dear mother must wed again, tell her,
Marry a farm labourer to wit;
For another sailor is unfit:

6. He's like a slate roofer: any moment
He may slip off, he may break his neck! -

G. O please, tell her, and my prayer is instant:
Take a labourer, no sailor yet,
Sailors risk their lives on every step!

H. Do not send our son at sea to travel,
Perfidious, perfidious is the sea! -


IV
7. From house to house she went and she asked:
- Did anyone hear of my husband?

8. - With others he lies with his face turned
Up to heaven or down to the ground...-

p. 182

9. Only two hours after sunset, was seen ,
In the distance, towards Glénan isles,

10. A large mudflat with a dark spot in between
With dim moon light in front and behind.

11. On the crossroads may be Our Lord's blessing,
For to harbour their graves they're designed! -

Translation: Christian Souchon (c) 2015


NOTES:
Bibliographie:
Cette gwerz a été collectée de nombreuses fois:
- Sous forme manuscrite:
. Par de Penguern,
- t.94, "An Arc'hantek" (reproduit dans "Al Liamm 32-33, 1952);
- MS. 4110 (Rennes), II, "Janedic Helari" (Lanmeur, 1851);
- t. 73, " Janedig Helary" (Lannion, 1852).

- Sous forme de recueil:
. par Luzel:
- dans "Gwerzioù II", pp. 174-181 , "Yann An Arc'hantek= Jean L'Arc'hantec" (Plestin, 1864).
- dans "Sonioù II", p. 288 et ss., "Jannet Helary" (Pluzunet, 1872).
- Dans des périodiques:
. par Loth, dans "Revue celtique", VII, 1885: "Or batimant a bemp kant tonel".

Remarques:
  • Ce chant est noté en trois endroits dans le premier carnet de Keransquer:
    - p. 186: l'introduction; Jeanne de Bannalec, noble par sa mère, prend pour époux un roturier, Guillaume Laurent: strophes a, b, c et une variante, strophes 1a, 3a et 3b.
    - p.181: Jeanne voit sur la mer un bateau neuf, celui où est son époux. Sans doute au cours d'un combat livré au large des Glénan (au sud du Finistère) le bateau est en train de sombrer, car, à la nuit tombée, la mer abandonne des corps sur la grève. Avant de mourir, cet époux fait dire à Jeanne de se remarier, puisque leur enfant a besoin d'un père, mais non avec un marin: strophes 1 à 11.
    - p. 220: variante du récit précédent. Un oiseau sert d'intermédiaire entre Jeanne et son époux. Celui-ci, dans sa chemise ensanglantée, charge le messager de recommander à Jeanne de ne pas épouser un matelot: strophes A à H (la strophe B est notée à part).
  • Le rapprochement avec les autres sources citées dans la bibliographie montre que, dans le Trégor, on raconte la même histoire à propos d'une certaine Jeannette Helary, une fille de Dinan qui épousa le marin, Jean L'Arc'hantec (ou L'Argentier). L'épisode maritime se situe au large de Lannion et oppose Jean, le capitaine, à des navires espagnols. Le long récit de Luzel est, de toute évidence contaminé par le chant Martoloded, le "Il était un petit navire" breton, ce qui le rend passablement incompréhensible. Il présente un trait original: Si Jean succombe au cours du combat, c'est qu'il est victime d'une traîtrise: un canon a été chargé avec du papier au lieu d'un boulet! Tout s'achève par un happy-end: "Je vois venir un navire neuf: Jean L'Arc'hantec est à son bord!"
  • Contrairement aux idées reçues, les gwerzioù expriment rarement de la sympathie envers la mer, où règnent l'incertitude et le danger, ou les marins, qui feraient mieux de changer de métier. Au début, le chant fait penser à celui du Sabotier où une jeune fille déplore avoir pu prétendre à épouser un avocat et se retrouver mariée à un sabotier, autre profession maudite, aux yeux des non-sabotiers en tout cas.
    Le réquisitoire contre les marins culmine ici dans le dernier couplet où l'on évoque le risque pour eux de ne pas être enterré dans un cimetière, mais à un carrefour (leurs corps ne pouvant être identifés avec certitude comme ceux de chrétiens, ainsi que l'écrit Anatole Le Braz dans sa "Légende de la Mort" (début du chapitre LVI, "L'anneau du capitaine"). La même idée inspire la strophe 11 du Naufrage, collecté par le chanoine Henri Pérennès:

    La même fosse les contient.
    Si bien que les corps de ces marins
    Y pourriront à l'unisson:
    C'est là leur ultime oraison!


    Une description (accidentellement) pittoresque comme celle de la flaque d'eau éclairée par la lune, où gît le corps du noyé, quand la marée descend, est rarissime. Cela n'empêcha pas Anatole Le Braz, de raconter l'histoire de Jean L'Arc'hantec et de Jeanne Helary dans un poème composé d'octosyllabes d'un grand lyrisme:

  • Bibliography:
    This gwerz was collected several times:
    . By Penguern,
    - t. 94, "An Arc'hantek" (printed in "Al Liamm 32-33, 1952);
    - MS. 4110 (Rennes), II, "Janedic Helari" (Lanmeur, 1851);
    - t. 73, " Janedig Helary" (Lannion, 1852).

    - In song collections:
    . by Luzel:
    - in "Gwerzioù II", pp. 174-181 , "Yann An Arc'hantek= Jean L'Arc'hantec" (Plestin, 1864).

    - in "Sonioù II", p. 288 and ff., "Jannet Helary" (Pluzunet, 1872).
    - In periodicals:
    . by Loth, in "Revue celtique", VII, 1885: "Or batimant a bemp kant tonel".

    Remarks:
  • This song is recorded three times in the first Keransquer MS:
    - p. 186: the prologue; Jean of Bannalec, born of a noble mother, marries a commoner, William Lawrence: stanzas a, b, c and a variant, stanzas 1a, 3a and 3b.
    - p.181: Jean spies, far out on the sea, a new ship, her husband's ship. Possibly during a naval battle off the Glénan archipelago (south of the Finistère coast) the ship is sent to the bottom. After sunset, at low tide, dead bodies are discovered on the strand. Before he died Jean's husband delivered a message to her: she shall marry again, since their son needs a father, but, by no means a sailor: stanzas 1 to 11.
    - p. 220: a variant to the foregoing. A bird is the messenger between Jean and her husband. The latter, in his blood-stained shirt has this message forwarded by the bird: don't marry a sailor!: stanzas A to H (stanza B is written in the margin).
  • When collating with other sources listed in the bibliographic abstract, it appears that the same gwerz, sung in the Tréguier area, is about a named Jean (Janed) Helary, a Dinan girl who married the sailor, John L'Arc'hantec (or L'Argentier). The shipwreck takes place off Lannion when John's ship is engaged by Spanish vessels. Luzel's long narrative is, evidently, contaminated by the song Martoloded, the Breton equivalent to the English "Ye sailors bold", which is thoroughly confusing. An original feature: John is killed in the fight as the result of a treacherous trick: a gun was loaded with a paper ball instead of an iron one! The story concludes with a happy ending: "I see a new ship coming with John L'Arc'hantec on board!"
  • Contrary to conventional wisdom, the Breton laments seldom convey sympathetic feelings towards the sea, where uncertainties and dangers prevail, or sailors, who were well-advised to look for another calling. At the outset, the song resembles The clog maker's song where a girl laments, that she could have married a lawyer's son, instead of a clogmaker, another accursed profession, in the eyes of outsiders, anyway.
    The plea against sailors culminates in the last stanza to the effect that they are at a risk not to be buried in a churchyard, but at a crossroad, (since their bodies cannot be identified as belonging to Christians, as stated by Anatole Le Braz in his "Legend of Death" (Beginning of chapter LVI, "The Captain's ring"). The same idea appears in The wrecked ship, stanza 11, collected by Canon Henri Pérennès:

    "Into the same grave they were brought,
    So that all together they might rot.
    To rot together they're condemned:
    That was the funeral speech for them!"


    A (not intentionally) picturesque scene like that low tide mudflat where the moon reflects and the drowned body appears as a dark stain is very rare. Which did not prevent Anatole Le Braz, from giving his own version of the story of John L'Arc'hantec and Jean Helary in highly lyrical octosyllabic verses:
  • I
    Jean l'Arc'hantec, le matelot
    A mis sa barque neuve à flot,
    A mis à flot sa barque neuve,
    Et c'est pourquoi sa femme est veuve.
    Jeanne Helary ne peut dormir
    Avec le vent qui vient gémir,
    Qui vient gémir contre sa porte,
    Et pleurer sur la barque morte.
    Avec la barque, au gré du flot,
    S'en est allé le matelot ;
    S'en est allé dans l'eau profonde
    Le matelot à barbe blonde
    Qu'entre vingt autres, pour mari,
    Avait élu Jeanne Helary...
    II
    Maudite soit la mer barbare!...
    Le coeur brisé d'un coup de barre,
    Jean l'Arc'hantec est sur le pont,
    Qui saigne un sang large et profond ;
    Sang de marin, qui longtemps coule,
    Comme la vague par grand' houle!
    Jean l'Arc'hantec, le coeur ouvert,
    Mêle son sang rouge au flot vert.
    La brise ronfle, et, l'aile basse,
    Dans la tourmente un courlis passe.
    — « Courlis blanc, messager de mort,
    Va voir si Jeanne Helary dort.
    Et si Jeanne Helary repose,
    Et si la porte reste close.
    Frappe à la vitre de ton bec
    Et dis : Je suis Jean l'Arc'hantec.
    Et lorsqu'on t'ouvrira la porte,
    Dis que la mer est la plus forte.
    Que le plus brave, le plus fier...
    I
    John L'Arc'hantec, the sailor
    Has launched his new barge,
    His new barge he has launched.
    That is why his wife is widowed
    Jean Helary cannot sleep
    Because the wind is wailing
    Is wailing against her door
    Bemoaning the engulfed barge.
    On his barge, carried by the tide
    The sailor sailed away,
    Away on the deep ocean,
    The fair-bearded sailor
    Whom, from twenty others,
    Jean Helary chose for her husband.
    II
    Accursed be the barbarous sea!
    Seriously injured by the helm,
    John L'arc'hantek stands on the deck
    With a gaping wound pouring blood
    Slowly pouring out sailor's blood
    As does the swell the storming flood!
    From John L'Archantec's open chest
    Blood mingles with the green brine.
    The North wind roars, a wing flutters
    In the storm a curlew passes:
    - "White curlew, messenger of death,
    Fly and see if Jean Helary sleeps,
    See if Jean Helary rests
    And, if the door is shut,
    Knock with your beak at the pane
    And say: "I am John L'Archantec"
    And when they open the door, say
    That the stronger sea could conquer
    The bravest and proudest sailor...




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