Ar Kloarek marv

La mort du clerc - The dead Clerk

Texte recueilli par Jean-Marie de Penguern (1807 - 1856)

Auprès de Catherine Le Borgne de Laninor en Taulé, le 3 mars 1851.
Manuscrit coté N.90 à la Bibliothèque Nationale : Chants populaires de Léon
Publié par Dastum dans "Dastumad Penwern" en 1983, page 53


Mélodie
("Ar Plac'h glac'haret" de "Chants populaire du Pays de Cornouaille"
Recueil de H. Guillerm paru en 1905
- Penguern n'indique pas de mélodie)
Arrangement par Christian Souchon (c) 2009


PENGUERN TRANSCRIT KLT

AR KLOAREK MARV

Ur plac’hik yaouank a Wenoù
Deus a barez Sant Kadoù

E-deveus skrivet ul lizer
Da c’has d’ur c’hloarek da C’hemper.

Ar plac’hik yaouank a ouele
Na kave den her konsole
Nemed he mamm, honnezh a re.

- Me ne kredin da lizer ebet.
Me yel va-unan da weled...

- Tavit va merc’h, na ouelit ket,
N’eo ket marv an oll baotred
Evit bezañ marv ar c’hloarek.

Me wel erru miz gouere
D’ar paotred yaouank da vale.

- Pa vezin marv hag interet,
Laket em bez hag archedet,
Lakit warnon-me ur bouked.

Lakit er c’hanoioù a bep tu
Div rozenn wenn hag unan ruz,

Lakit er c’hanoioù a bep penn
Div rozenn ruz hag unan wenn.

Transcription KLT: Chr.Souchon (c) 2009
TRADUCTION

LA MORT DU CLERC

Une fillette de Gouesnou,
Paroissienne de Saint Cado

Avait fait porter à Quimper
Une lettre pour son doux clerc.

La jeune fille était en pleurs.
Nul ne voulait dans son malheur
La consoler, sinon sa mère.

- Croire aux lettres? Il y a mieux:
Je veux voir de mes propres yeux...

- Enfant, ne pleurez pas si fort.
Des garçons il en reste encor
Même si votre clerc est mort.

Bientôt juillet mettra sans doute (1)
Plus d’un jeune homme sur les routes.

- Et vous, vous porterez mon deuil.
Je dormirai dans mon cercueil.
Ornez ma tombe d'un bouquet:

Deux roses blanches d'un côté,
Une rose rouge de l'autre.

Aux extrémités des six planches,
Deux roses rouges, une blanche.

Traduction: Christian Souchon (c) 2009
TRANSLATION

THE DEAD CLERK

A girl, a native of Gouesnou,
And of the parish Saint Cado

Had once indulged in a letter
Addressed to a clerk in Quimper.

The same girl her eyes out cried
No one consoled her, far and wide
But her mother. Her mother tried.

- I never would trust a letter
Trusting one's eyes is far better...

- Child, be quiet, do not cry, cease!
All boys, because of the decease
Of one, are not dead, I believe.

The new July is drawing near (1).
Boys will start wandering, my dear.

- Then I'm sure to be dead, Within
My tomb to lie and my coffin.
Lay a bunch of flowers on me.

On the sides I want, left and right,
A red rose here, and there two white;

On the both ends of my tombstone,
Two red there, here a white alone.

Translated by Christian Souchon (c) 2009


NOTE:

(1) Peut-être y avait-il déjà des vacances d'été dans les séminaires où les clercs se formaient.
(1) Possibly because of the summer holidays, the seminars where the "clerks" studied used to close in July.


Jean-Marie de Penguern (1807 -1856)



Ar melezourioù arc'hant (Les miroirs d'argent du Barzhaz Breizh)

Taolenn