Fantig Ar Pikart - 1ère version

et rapprochement avec "Notre-Dame du Folgoat" du "Barzhaz Breizh"

Texte recueilli par François-Marie Luzel:

auprès de Renan le Sabotier, de Trégom, en 1854
Publié dans "Gwerzioù Breizh-Izel" en 1868

Mélodie
Chantée par Mme Marie-Jeanne Le Bail, de Port-Blanc
tirées de "Musiques bretonnes" de Maurice Duhamel:

Arrangement par Christian Souchon (c) 2008


VERSION "GWERZIOU BREIZ IZEL"

I
Aotro Lezhildri a lare
D'ann Itron Lezhildri 'n dez oe :
- O chaseal er c'hoad 'on bet,
Hag ul levrenn 'm euz rankontret ;

Me 'm euz rankontret ul levrenn,
'R bugel bihan gant-hi 'n hi fenn :
'R bugel bihan gant-hi 'n hi fenn ,
Zo henvel euz ar Bikardenn. -

Itron Lezhildri, pa glewaz,
D'hi fajik bihan a laraz :
- Dibret d'in ma inkane gwenn,
M'inn da welet ma mererienn .

II
Itron Lezhildri a lare
'N ti 'r Pikart-koz pa arrue :
- Demad ha joa holl en ti-ma,
Ho merc'hed, pa na ho gwelan ? -

Diou ann-ez-he ' zo o kanna,
Ha diou-all ' zo o tiwaska,
Ha diou-all ' zo o paluc'ha,
Ha diou-all a zo o kriba.

Diou-all 'nn ez-he ' zo o neza,
Ha diou-all ' zo o tibuna ;
Diou-all 'nn ez-he ' zo o ferri ,
Ha diou-all ' zo ho ampezi ; (1)

Hag un' all a zo er' gambr-wenn
O kriba flour hi bleo melenn :
Fantik ' zo klan war hi gwele,
A grenn 'nn derzienn diou-wes bemde. -

- 'Nn hini ' zo war hi gwele klan,
Hounnes ann hini a glaskan....
Penaoz, 'me-z-hi, ma fillores
Ma oc'h-c'hui bet ur vuntreres?

Mar karjeac'h bout d'in anzavet,
Me 'm bije ho pugel maget ;
Me 'm bije ho pugel maget,
'Bikenn den 'n dije gouveet. -

- Me 'm euz aoun-braz, ma mamm-baeron,
Na veac'h et war ar marc'h-Hamon. - (3)
- Mar on-me itron Lezhildri,
Me reï paea ar gomz-se dit. ! -

III
War-benn ar merc'her ar beure,
'N doa Fantik kezelo newe ;
Arru archerrienn a Razon,
Da gerc'hat Fantik d'ar prison.

Fantik ar Pikart a lare
Di-war ar chaffaut, un dez oe :
- Me 'well 'c'hann noblanz Lezhildri, (2)
Me garrie 'nn tan euz ho dewi !

Me garrie 'nn tan euz ho dewi,
Ann aotro a zo kiriek d'in. -

VERSION "BARZHAZ BREIZH"

I
8. Un deiz an aotrou Pouligwenn

Oa aet da zersal 'raok e lein.
9. - Setu amañ ur c'had kignet,


Pe ur bugelig gwalennet



13. An itron, hep lavarout ger,
Ez eas d'ar vereuri e-berr :





14. - Mat ar bed ganeoc'h, mereurez
16. - Pelec'h int aet ho merc'hed-c'hwi
Pa na welan nemet hoc'h-c'hwi ?

17. - Div zo er stêr gant an dilhad
Ha div all zo o paluc'hat
18. Ha div all zo o paluc'hat
Hag an div all zo o kribat






19. Mari-Fañchonig, va nizez,
Honnezh zo er gwele diaes
20. Er gwele klañv ez eo chomet
Eizh pe nav deiz zo tremenet

21. - Digorit din, va mereurez,
Hag e welin va filhorez
22. - Va filhorez, din livirit,


25. Kovesait mat ho pec'hed




(23) Emañ va droug, va mamm baeron







32. Pa zeue ar plac'h pemzek vloaz,
E-kreiz daou archer da grougañ
TRADUCTION de la version "GUERZIOU"

I
Le seigneur de Leshildri disait,
Un jour, à la dame de Leshildri :
- J'ai été chasser au bois,
Et j'ai rencontré une levrette ;

J'ai rencontré une levrette,
Qui portait un petit enfant dans sa bouche ;
Qui portait dans sa bouche un petit enfant,
Qui ressemble à la Picard. -

La dame de Leshildri, entendant cela,
Dit à son petit page :
- Sellez-moi ma haquenée blanche,
Pour aller voir mes fermiers.

II
La dame de Leshildri disait,
En arrivant chez le vieux Picard :
- Bonjour et joie à tous dans cette maison,
Où sont vos filles, que je ne les vois pas ?

- Deux d'entre elles sont à laver,
Et deux autres sont à tordre le linge,
Et deux autres à préparer le lin,
Et deux autres à le peigner.

Deux autres sont à filer,
Et deux autres à dévider ;
Deux autres sont à repasser,
Et deux autres à empeser ;

Et une autre est dans la chambre blanche,
A peigner et à lisser ses cheveux blonds :
Françoise est malade sur son lit,
Elle tremble la fièvre deux fois par jour.

Celle qui est malade sur son lit,
C'est là celle que je cherche.....
Comment, dit-elle, ma filleule,
Avez-vous pu devenir meurtrière ?

Si vous aviez voulu m'avoir avoué,
J'aurais élevé votre enfant ;
J'aurais élevé votre enfant,
Et personne n'en aurait jamais rien su. -

- Je crains bien, ma marraine,
Que vous ne soyez montée sur le cheval de Hamon -
- Si je suis la dame de Leshildri,
Je te ferai payer cette parole !

III
Pour le mercredi matin,
Françoise Picard eut de ses nouvelles ;
Des archers arrivèrent de Rennes,
Pour emmener Françoise en prison.

Francise Picard disait,
Un jour, du haut de l'échafaud :
- Je vois d'ici le manoir de Leshildry,
Et je voudrais que le feu y fût !

Je voudrais le voir consumé par le leu,
Car c'est le seigneur de là qui est cause (de ma mort).


Notes de Luzel

(1) Il y a quelque chose de semblable dans la pièce du Barzaz-Breiz qui a pour titre : Notre-Dame du Folgoat (page 272, 6ème édition).
(2) Il y avait une maison noble de Lezhildri, ou Lesquildry, en la commune de Plouguiel, au pays de Tréguier. En la commune de Goudelin, il y avait également un manoir de Lezhildri.
(3) Dicton breton pour exprimer la jalousie, comme on dit en français monter sur le bidet. Quelle en peut être l'origine?

English Translation of the Lyrics collected by Luzel

I
Lord Lezhildri said once
To Lady Lezhildri:
- I was a-hunting in the wood,
When I encountered a greyhound;

When I encountered a greyhound,
Holding a baby by its head :
Holding a baby by its head,
That resembles the "Picardess". -

Lady Lezhildri, when she heard it,
Told her little page:
- Get my white charger ready,
I am riding to the farm.

II
Lady Lezhildri told
When she arrived at old Picard's:
- Good day and joy to all of you,
Where are your daughters? I don't see them. -

Two of them are bleaching cloth,
Two others are wringing it out,
Two others are driving in poles for hemp,
Two others are hackling it.
Two others are spinning flax to thread,
Two others are winding it up ;
Two others are ironing,
And two others are starching; (1)

And another is in the white bedroom
And she combs her smooth fair hair.
Fanny is sick, lies in her bed,
And shivers with fever twice a day. -

- She who is sick and lies in bed,
She is the one I'm looking for...
How, so said she, my goddaughter,
Did you come to be a murderer?

If you had cared to avow to me,
I would have raised your child;
I would have raised your child,
Nobody would have ever known. -

- I am afraid, my godmother,
You are riding on "Hamon's horse". - (3)
- As true as I am Lady Lezhilri,
You shall pay for your harshness! -

III
Early next Wednesday,
Fanny was to get fresh news:
The bowmen were coming from Rennes,
To fetch Fanny and take her to jail.

Fanny Le Picard said
Upon the scaffold, one day:
- From here I see the noble house of Lezhildri, (2)
I wished so much it were ablaze !

I wish fire would wreck it,
The lord is guilty of my death. -

Notes:

(1) There is a similar story in the Barzaz Breiz : Notre-Dame du Folgoat (page 272, 6th Edition).

(2) There was a noble house "de Lezhildri", or "Lesquildry", in the parish Plouguiel, in the Tréguier area . In the parish Goudelin, there was a Lezhildri, as well.

(3) A Breton saying tantamount to "being jealous", like the French saying "monter sur le bidet" . I don't know the origin of this expression.


François-Marie Luzel (1821 -1895)



Fantig Ar Pikart 2ème Version
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