Fantig Ar Pikart - 3ème mélodie

et rapprochement avec "Notre-Dame du Folgoat" du "Barzhaz Breizh"

Texte recueilli par François-Marie Luzel:

auprès de Marie-Josèphe Kerival, domestique à Keramborgne, en 1849
Publié dans "Gwerzioù Breizh-Izel" en 1868

Mélodie
Chantée par Mme Quéneder, de Carhaix
tirées de "Musiques bretonnes" de Maurice Duhamel:

Arrangement par Christian Souchon (c) 2008


VERSION "GWERZIOU BREIZ IZEL"

I
'Nn itron a Lezhildri, 'r vroeg-vad,
A zavaz un de, beure-mad ;
A zavaz un de, beure-mad,
Hag a deveuz gret ur c'havad.

Arruet er ger 'l levrenn-wenn
Gant-hi 'r plac'h-bihan 'dreuz 'n hi fenn,
Hag ur c'horf lienn hen pakan,
Hano Fant 'r Pikart war-n-ezhan .

'Nn itron a Lezhildri lare
D'hi faotr marchosi, en de-se :
Dibret d'in-me ma inkane,
M'inn d'am mereriou da vale ;

Dibret d'inn ma inkane gwenn,
Laket brid arc'hant en he benn,
M'inn da vereuri Lezhildri,
Pell-zo na on ket bet en-hi. -

II
'Nn itron Lezhildri a lare,
'N ti 'r Pikart-koz pa arrue :
- Ma c'homper, d'inn-me lavaret,
Pelec'h emedi ho merc'hed ?

- Diou 'zo war al lenn, o kanna.
Diou-all o lakad da zec'ha ;
Diou-all o lakad da zec'ha;
Ha diou-all 'zo o tiwaska ;

Nemet hounnes, ho fillores,
'Zo war hi gwele klanvoures. -
'Nn itron Lezhildri a lare
D' Fantik Pikart eno, neuze :

- 'Baoue pegoulz, ma fillores,
Ma 'z oc'h c'hui em gavet dies ? -
- 'Baoue 'r mintinn-ma, maerounes,
Ez on-me chomet klanvoures.

- Ma fillores, din-me laret,
Pelec'h 'man ar boan a zoufret ? -
- Ur boan ar vrasa 'm euz em penn ,
Siouas ! d'am c'halon a tiskenn. -

'Nn itron Lezhildri a lare
D' Fantik 'r Pikart eno neuze :
- Lakit ewes, ma fillores,
Na veac'h-c'hui bet ur vuntreres ! -

- Ma maerounes, petra laret!
Me n'am euz bloaz nemet c'houezek !
Et oc'h are war ar bidet,
Ha n'oc'h euz ket lec'h da vonet ;

Ha n'oc'h euz ket lec'h da vonet,
Rag den honest eo ho priet. -
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
'Nn itron Lezhildri a lare,
Euz ti 'r Pikart e-meaz pa 'z ee :
Ha pa goustfe d'in pemp-kant skoed,
Fantik ar Pikart vo krouget !

III
Fantik ar Pikart a lare,
'R vaz huella 'r skeul pa bigne :
- Me well 'c'hann noblanz Lezhildri,
Me garrie 'nn tan euz hen dewi !

Me garrie 'nn tan euz hen dewi,
Ann aotro 'n he greiz o loski ;
Ann aotro 'n he greiz o loski.
Rag hennes a zo kiriek d'in !

P' vijenn kasset d'ann ofern-bred,
En Lezhildri vijenn kavet ;
Me a vije en Lezhildri,
Ebars ar c'hambriou, pe en ti ;

O c'hoari 'nn dinz llag ar c'hartou,
'Sambles gant bugale 'nn aotrou ;
Pa vijemp skuiz c'hober 'r jeu-ze,
Ni gouske hon daou 'n ur gwele ! -

VERSION "BARZHAZ BREIZH"

I
8. Un deiz an aotrou Pouligwenn
Oa aet da zersal 'raok e lein



9. - Setu amañ ur c'had kignet,






13. An itron, hep lavarout ger,
Ez eas d'ar vereuri e-berr :









14. - Mat ar bed ganeoc'h, mereurez
16. - Pelec'h int aet ho merc'hed-c'hwi

17. - Div zo er stêr gant an dilhad
Ha div all zo o paluc'hat
18. Ha div all zo o paluc'hat
Hag an div all zo o kribat

19. Mari-Fañchonig, va nizez,
Honnezh zo er gwele diaes
21. - Digorit din, va mereurez,
Hag e welin va filhorez






22. - Va filhorez, din livirit,
Pelec'h 'mañ 'n droug a zamantit ?
23. - Kreiz-tre va c'hof ha va c'halon,
Emañ va droug, va mamm baeron




(25) Hag eveshait mar karet






















TRADUCTION de la version "GUERZIOU"

I
La dame de Leshildri, la bonne dame,
Se leva un jour de bon matin ;
Elle se leva un jour, de bon matin,
Et fit une trouvaille.

Sa levrette blanche arriva à la maison,
Portant une petite fille à travers dans la bouche ;
Une petite fille emmaillotée dans un linge,
Sur lequel se trouvait le nom de Françoise Picart.

La dame de Leshildri disait,
Ce jour-là, à son garçon d'écurie :
Sellez-moi ma haquenée,
Pour aller me promener à mes métairies ;

Sellez-moi ma haquenée blanche,
Mettez-lui sa bride d'argent en tête,
Je veux aller à ma métairie de Leshildri,
Il y a longtemps que je n'y suis allée. -

II
La dame de Leshildri disait,
En arrivant chez le vieux Picart :
- Dites-moi, compère,
Où sont allées vos filles ?

- Deux sont sur l'étang, à laver,
Deux autres font sécher le linge ;
Deux autres font sécher le linge,
Et deux autres sont occupées à le tordre ;

Mais celle-là , votre filleule,
Est malade dans son lit. -
La dame de Leshidri disait
A Françoise Picart, en ce moment :

- Depuis quand, ma filleule,
Vous êtes-vous trouvée mal ? -
- Depuis ce matin, ma marraine,
Je suis restée malade. -

- Ma filleule, dites-moi,
Où est le mal dont vous souffrez ! -
- Je souffre beaucoup de la tête,
Hélas ! et le mal descend jusqu'à mon coeur. -

La dame de Leshildri disait
Alors à Françoise Picart :
- Prenez garde, ma filleule,
Que vous n'ayez commis un meurtre ! -

- Ma marraine, que dites-vous ?
Et moi qui n'ai que seize ans !
Vous êtes encore montée sur le bidet,
Et vous n'en avez pas de raison ;

Vous n'avez pas de raison de le monter,
Car votre mari est un honnête homme. -
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
La dame de Leshildri disait
En sortant de la maison de Picart :
- Dût-il m'en couter cinq cents écus,
Françoise Picart sera pendue ! -

III
Françoise Picart disait,
Arrivée au dernier degré de l'échelle :
- Je vois d'ici le manoir de Leshildri,
Et je voudrais que le feu le consumât !

Je voudrais y voir le feu,
Et le seigneur brûler au milieu ;
Le seigneur brûler au milieu,
Car c'est lui qui est cause (de ma mort) !

Quand on m'envoyait à la grand-messe,
C'est à Leshildri qu'on m'aurait trouvée ;
Cest à Leshildri que j'étais,
Dans les chambres ou dans la maison ;

A jouer aux dés et aux cartes,
Avec les fils du seigneur ;
Et quand nous avions assez de ce jeu,
Nous couchions ensemble dans le même lit ! -



English Translation of the Lyrics collected by Luzel

I
The Lady Lezhildri, a good woman,
Got up once early in the morning;
Got up once early in the morning,
And she made a discovery. (1)

A greyhound had come to her house
Holding a baby girl by her head,
That was wrapped up in a white blanket
Whereon was the name "Frances Le Picart".

The Lady Lezhildri (2) said
To her stable lad, that day
Get my horse ready,
I am going to visit my farmers;

Get my white horse ready,
Put a silver briddle on her head,
I am going to Lezhildri farm house,
I've not been there since long. -

II
The Lady Lezhildri said,
At old Pikard's when she arrived:
- My friend, please, tell me,
Where have gone your daughters all?

- Two are by the lake and they wash.
Two others are putting out the washing to dry;
Two others are putting out the washing to dry
And two others are wringing it out.

Only the one who's your goddaughter
Is in bed because she is sick. -
The Lady Lezhildri said
To Fanny Picard these words:

- 'How long, my goddaughter,
Have you been sick ? -
- 'Since this morning, godmother,
I don't feel well.

- My goddaughter, tell me,
Where is the pain? -
- The direst pain is in my head,
But alas, it descends upon the heart. -

The Lady Lezhildri said
To Fanny Picard these words::
- Take care, my goddaughter,
That you should not be a murderer! -

- My godmother, what don't you say!
I am only sixteen of age!
Jealousy makes speak you so, (3)
Though there's no reason for that!

No reson whatsoever,
Since your husband is a righteous man. -
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
The Lady Lezhildri said,
On leaving from the Picarts':
Even if it costs me a hundred crowns,
Fanny Le Picard shall be hanged!

III
Fanny Le Picard said,
When she reached the highest ladder spoke:
- I can see as far as Lezhildri mansion
I wish it could be wrecked by fire!

I wish it could be wrecked by fire,
And the Lord would be burnt, too!
And the Lord would be burnt, too
Who is liable for my death!

When I was sent to High Mass,
I'd have been found at Lezhildri;
I'd have been found at Lezhildri;
In the bedrooms or in the house;

Playing cards or playing dice,
With the children of the lord ;
When we were tired of playing,
The both of us slept in the same bed ! -


Notes:

(1) There is a similar story in the Barzaz Breiz : Notre-Dame du Folgoat (page 272, 6th Edition).

(2) There was a noble house "de Lezhildri", or "Lesquildry", in the parish Plouguiel, in the Tréguier area . In the parish Goudelin, there was a Lezhildri, as well.

(3) Word by word: "you are riding an old nag", a Breton saying tantamount to "being jealous". I don't know the origin of this expression.


François-Marie Luzel (1821 -1895)



Fantig Ar Pikart 1ère Version
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