LA NAISSANCE DE LA LYRE Je passais. Carapace hébergeant du silence, Elle flairait la boue, ignorait le chemin, Réceptacle des nuits, si caverne demain, Plus semblable au caillou qu'à tout être qui pense. J'extirpai le boyau dont s'encombrait sa panse, Je dérobai son os sous l'or et le carmin, Puis je tendis sept nerfs qui vibrant sous ma main Furent la source d'où la musique s'épanche. Où le jour n'abordait je fis lever le son. La voûte s'élargit, répéta ma leçon, Fut clarté, firmament, simulacre du monde. Vide de toi, pareille à ce caillou méchant, Et ne laissant régner que le mot qui féconde Sois la grotte vivante où s'engendre le chant. Michel Galiana (c) 2006

Apollon à la lyre, env. 530 av.JC, Louvre

THE BIRTH OF THE LYRE I Passed A carapace harbouring sheer silence, It smelled of mud and silt, motionless on the path, A shell where nights gather, if not a cenotaph, Evoking thoughtless stone more than intelligence. I pulled out the entrails that filled its paunchy skin, I removed all the bones from the gold-crimson case, I tightened seven guts my hand prompted to wave Making of them a source from which music would spring. There where light never gets I have caused tones to rise. The enlarged canopy echoed to memorize, Became a lucid vault simulating the world. Devoid of self you were, like this stone, rough and wrong: But as far as in you sound only fruitful words, You are the cave where will beget itself the song.

Transl. Christian Souchon 01.01.2006 (c) (r) All rights reserved

Note :

Commentaire de Mme Martha J. ESHELMAN-SMITH, écrivain, Seattle Etats-Unis:

"J'admire l'idée de commencer un poème sur la musique par l'évocation du silence ("hébergeant du silence") et cette association de la nuit et du son."
Comment of Ms. Martha J. ESHELMAN-SMITH, poet, Seattle USA

"I love that the poem about music (lyre) begins with silence ('harbouring sheer silence') and the association of night and sound."

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