Tranent Muir

(Battle of Prestonpans 21st September 1745)

Battle of Prestonpans, The Charge of the Highlanders, C Sheeres
Battle of Prestonpans, The Charge of the Highlanders, by C Sheeres

Lyrics by Adam Skirving (circa 1746)

from David Herd's "Ancient and Modern Scottish Songs", Volume 1, page 109, 1776
and "Scots Musical Museum" Volume III N°102, 1790

Tune
"Original Sett of Killiekrankie"
(Gow's First Repository 1799 )

Sequenced by Christian Souchon

Source: James Johnson and Robert Burns "Scots Musical Museum" Volume III N°102, 1790

Other "Killiekrankie" tunes fitting this text

1. The Chevalier, being void of fear,
Did march up Birsle brae, man,
And through Tranent ere he did stent,
As fast as he could gae, man;
While General Cope did taunt and mock,
Wi' mony a loud huzza, man,
But ere next morn proclaim'd the cock,
We heard anither craw, man.

2. The brave Lochiel, as I heard tell,
Led Camerons on in clouds, man;
The morning fair, and clear the air,
They loos'd with devilish thuds, man.
Down guns they threw, and swords they drew,
And soon did chase them aff, man:
On Seaton crafts they buft their chafts,
And gart them rin like daft, man.

3. The bluff dragoons swore, blood and oons!
They'd make the rebels run, man:
And yet they flee when them they see,
And winna fire a gun, man.
They turn'd their back, the foot they break,
Such terror seiz'd them a', man.
Some wet their cheeks, some fyl'd their breeks,
And some for fear did fa', man.

4. The volunteers prick'd up their ears,
And vow gin they were crouse, man!
But when the bairns saw't turn to earn'st,
There werena worth a louse, man.
Maist feck gade hame, O fie for shame!
They'd better staid awa, man,
Than wi' cockade to make parade,
And do nae gude at a', man.

5. Menteith (*) the great, when hersel shit,
Un'wares did ding him owre, man,
Yet wadna stand to bear a hand,
But aff fu fast did scour, man,
O'er Sourtra Hill, ere he stood still,
Before he tasted meat, man.
Troth, he may brag of his swift nag,
That bore him aff sae fleet, man.

6. And Simpson (*), keen to clear the een
Of rebels far in wrang, man.
Did never strive wi' pistols five,
But gallop'd wi' the thrang, man.
He turn'd his back, and in a crack
Was cleanly out o' sight, man,
And thought it best: it was nae jest,
Wi' Highlanders to fight, man.

7. 'Mangst a' the gang, nane bade the bang
But twa, and ane was ta'en, man;
For Campbell rade, but Myrie staid,
And sair he paid the kane, man.
Four skelpe he got, was waur than shot,
Frae the sharp-edg'd claymore, man;
Frae mony a spout came running out
His recking het red gore, man.

8. But Gard'ner brave did still behave
Like to a hero bright, man;
His courage true, like him were few
That still despised flight, man.
For king, and laws, and country's cause,
In honour's bed he lay, man.
His life, but not his courage fled,
While he had breath to draw, man.

9. And Major Bowle, that worthy soul,
Was brought down to the ground, man;
His horse being shot, it was his lot
For to get mony a wound, man.
Lieutenant Smith (*) of Irish birth,
Frae whom he call'd for aid, man,
But full of dread, lap o'er his head,
And wadna be gainsaid, man.

10. He made sic haste, sae spurr'd his beast,
'Twas little there he saw, man;
To Berwick rade, and falsely said
The Scots were rebels a', man.
But let that end, for weel 'tis kend
His use and wonts to lie, man.
The Teague is naught, he never fought
When he had room to flee, man.

11. And Cadell, drest, amang the rest,
With gun and gude claymore, man,
On gelding gray he rode that day,
With pistols set before, man.
The cause was good, he'd spend his blood
Before that he would yield, man;
But the night before he left the core,
And never fac'd the field, man.

12. But gallant Roger, like a soger,
Stood and bravely fought, man;
I'm wae to tell, at last he fell,
And mae down wi' him brought, man.
At point of death, wi' his last breath,
Some standing round in ring, man,
On's back lying flat, he wav'd his hat,
And cried, 'God save the king!' man.

13. Some Highland rogues, like hungry dogs,
Neglecting to pursue, man.
About they fac'd, and, in great haste,
Upon the booty flew, man.
And they, as gain for all their pain,
Are deck's wi' spoils of war, man;
Fu' bauld can tell how her nain sel
Was ne're sae praw before, man.

14. At the thorn tree, which you may see,
Bewest the meadow mill, man,
There mony slain lay on the plain,
The clans pursuing still, man.
Sic unco hacks, and deadly whacks,
I never saw the like, man;
Lost hands and heads cost them their deads,
That fell near Preston dyke, man.

15. That afternoon, what a' was done,
I gade to see the fray, man;
But I had wist what after past,
I'd better staid away, man:
On Seaton sands, wi' nimble hands,
They pick'd my pockets bare, man;
But I wish ne'er to dree sic fear,
For a' the sum and mair, man.

(*) In Herd's original version, but not in the "Museum", the names of the "cowards" are not printed in full (only the first and last letters).
1. Le Chevalier sans hésiter
A fait gravir le Birsle Brae à ses troupes
Et puis par Tranent rejoint son camp
Comme un navire avec le vent en poupe.
Tandis que rit le Général Cope, sûr de lui
Et que partout les hourras fusent.
Mais avant que le coq ait entonné son chant,
Ce ton moqueur n'est déjà plus de mise.

2. Les Cameron menés, dit-on,
Par le brave Lochiel à la bataille
Font vibrer l'air du matin clair
Des jurons qu'ils profèrent, tels des diables.
Laissant là les pistolets, tous ils ont dégainé,
Et se lancent à la poursuite:
Seaton eut fort à faire: tant ils se déchaînèrent
Qu'ils mirent enfin l'adversaire en fuite.

3. Dragons hâbleurs qui tout à l'heure
Prétendiez tous les prendre en chasse,
Vous détalez sans riposter
Quand vous sentez survenir la menace,
Tournant le dos, c'est au trot, et certains au galop
Que l'on vous voit céder la place,
Les uns les joues trempées, les autres braies mouillées
D'autres tombant, terrassés par l'angoisse.

4. Les Volontaires qui paradèrent
Jurant de se conduire en braves,
Quand vint leur tour de lutter pour
De vrai n'étaient plus qu'un troupeau de lâches.
Voilà que plus d'un s'enfuit vite, vite vers son logis
Dont il n'eût point fallu qu'il parte,
Non, plutôt, le faraud, que d'orner son chapeau
D'une vaine et ridicule cocarde.

5. Le grand Menteith (*) que la colique
Avait surpris à l'improviste.
Ne daigna point prêter la main,
Mais, piquant des deux, détala bien vite.
Et à toute allure il dépassa le mont Sourtra
Sans oser demander son reste.
Peut aller remercier son rapide baudet,
De s'être montré ce jour-là si preste.

6. Quant à Simpson (*), que la vision
Même d'un seul rebelle irrite,
Bien qu'armé de cinq pistolets
Il a jugé préférable la fuite.
Tournant le dos, il se lance au galop, et bientôt
On le cherche en vain sur la place,
Estimant que devant tous ces gens des Highlands
Il n'est pas bon de répondre aux menaces.

7. De tous ces chefs, aucun ne reste
Sauf deux, dont l'un se laisse prendre.
Campbell fila, mais Myrie resta:
Pour le pauvre le sort ne fut point tendre.
Quatre plaies - mieux eût valu quelque balle perdue -
Flamme qu'un claymore tranchant allume,
Sont autant de hublots d'où s'écoulent à flot
Des torrents de son sang rouge qui fume.

8. Gardiner, lui, se conduisit
Pourtant comme il sied à un brave;
Il fut parmi les rares qu'on vit,
Au lieu de fuir, se battre avec courage
Pour le roi, pour le droit, pour le pays, ma foi.
C'est l'honneur qui veille sa couche
Et s'il perdit la vie, sa vertu n'a failli,
Il se battit jusqu'à son dernier souffle.

9. Le Major Bowle, toucha le sol
Mais d'un héros eut la stature.
Son cheval tué sous lui, s'il partit
C'est couvert de blessures.
Le lieutenant Smith (*), Irlandais, au lieu de l'aider
En guise d'assistance,
Dans un bond éperdu, lui sauta par dessus,
Ne prêtant point l'oreille aux remontrances.

10. Piquant à fond des éperons
- La bataille il l'a vit à peine -
Il gagne Berwick et dit, l'hypocrite:
"C'est toute l'Ecosse qui se rebelle!"
Mais n'en disons pas plus, l'Irlandais est connu
Pour aimer les chimères,
Frère Teague on le sait ne combattra jamais,
S'il peut fuir. C'est de loin ce qu'il préfère.

11. Cadell armé, comme tous les
Autres d'un solide claymore,
Sur un hongre gris, avait près de lui
Ses pistolets prêts à tirer encore.
Quel exemple exaltant, il verserait son sang
Plutôt que de battre en retraite!
Oui mais le soir d'avant, adieu le régiment!
Il partit sans prendre part à la fête.

12. Le fier Roger, en bon guerrier,
Alla fort vaillamment se battre.
Il me déplait qu'il soit tombé
Au milieu de tant d'autres.
Sur le point de mourir, il dit dans un soupir,
Entouré d'ennemis en armes,
Etendu sur le dos, agitant son chapeau,
"Vive le roi! Qu'à jamais Dieu le garde!"

13. Des Highlanders, chiens affamés
Au lieu de les suivre à la trace,
Font demi-tour, bien vite pour
Se livrer au pillage.
Et voilà qu'ils arborent pour prix de leurs efforts
Des dépouilles de guerre,
Le plus hardis ont dit que jamais de leur vie
Il ne se sont senti l'âme si fière.

14. Vers l'aubépine qu'on devine
A l'ouest de cette maison basse,
Des soldat tombés gisent sur le pré,
Mais les clans sont en chasse:
Et quand cesse leur rage, l'horrible carnage!
Vit-on jamais chose pareille?
Autant de mains coupées, de corps décapités!
Près de la digue, à jamais ils sommeillent.

15. L'après midi, tout est fini:
Je vais sur le champ de bataille.
Si j'avais su, je me serais plu-
Tôt caché dans les broussailles.
Sur la plage à Seaton, un gentil compagnon
M'a privé de ma bourse;
Je n'en dirai pas plus: ce serait superflu.
Qu'il garde donc et l'argent et sa housse!

(*) Dans la version originale de Herd, mais non dans le "Musée", les noms des "lâches" ne sont indiqués que par la première et la dernière lettre.

Traduction Christian Souchon (c) 2010


The Battle of Prestonpans: 21st September 1745

Charles' Army had taken Edinburgh with no fighting on 16th September. John Cope the general commanding the Hanoverian forces in Scotland came by ship from Aberdeen and was attacked by the Jacobite army at the crack of dawn on 21st September: 1400 Highlanders accompanied by wild war cries and the skirl of the pipes.
Cope's inexperienced recruits were panicstricken and took to flight, but the ditch and park walls supposed to protect them blocked their retreat. In five minutes hundreds of Hanoverians were killed or wounded and 1500 held prisoners. Unlike after Culloden, the wounded and prisoners were well treated by the Jacobites.
Cope had to report his defeat to the Berwick garrison commander, Lord Mark Kerr. He was court-martialed but exonerated from the accusation of having himself fled the battlefield.

A local farmer, Adam Skirving, wrote the present song "Tranent Muir" which, together with the song Johnnie Cope, one version of which is ascribed to Robert Burns, influenced the public perception of the battle and General Cope, due to its conciseness, in spite of its historical inaccuracy (Cope did not flee nor sleep the night before the battle).

"Tranent Muir," on the other hand, is a long description of the battle, and some of the events depicted are historically accurate: Myrie and Gardiner did in fact die in the battle. Lieutenant Smith allegedly challenged to a duel Skirving who had mentioned his fleeing the battle.

A detailed account of the Battle of Prestonpans is given with the song "Ode to the Battle of Gladsmuir".

La bataille de Prestonpans: 21 septembre 1745

L'armée de Charles avait pris Edimbourg sans combattre le 16 septembre. John Cope, le général commandant les forces hanovriennes en Ecosse arriva par bateau d'Aberdeen et fut attaqué par les Jacobites à la prime aurore, le 21 septembre: 1400 highlanders poussant leurs cris de guerre ("slogans") et faisant retentir leurs cornemuses!
Les recrues inexpérimentées de Cope furent prises de panique et prirent la fuite. Le fossé et le mur de clôture censé leur assurer une couverture ne firent que gêner leur retraite. En cinq minutes, des centaines de Hanovriens étaient tués ou blessés et 1500 furent faits prisonniers. Contrairement aux vaincus de Culloden, ces blessés et prisonniers furent traités avec dignité par les Jacobites.
Cope se vit obligé d'annoncer lui-même sa défaite au commandant de la garnison de Berwick, Lord Mark Kerr. Il fut jugé en cour martiale mais blanchi de l'accusation d'avoir, comme beaucoup de ses hommes, abandonné le champ de bataille.

Un fermier du cru, Adam Skirving, écrivit ce chant sur la bataille de Prestonpans. Avec le fameux "Johnnie Cope", dont une version est attribuée à Robert Burns, le présent morceau "Tranent Muir" est à l'origine de la perception déformée que l'on a généralement de cette bataille et du rôle de Cope, à cause de sa concision et malgré les inexactitudes historiques qu'il renferme: Cope n'a ni fui ni invité ses hommes à dormir juste avant la bataille.

Le présent chant, "Tranent Muir", est une longue description de la bataille et certains des événements qu'il décrit sont historiquement attestés: la mort au combat de Myrie et Gardiner. On prétend que le lieutenant Smith, provoqua Skirving en duel pour l'avoir dépeint comme un lâche fuyard.

On trouvera un récit détaillé de la bataille de Prestonpans avec le chant "Ode to the Battle of Gladsmuir".





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