KALZ A AMZER AM EUS KOLLET

COMBIEN DE TEMPS AI-JE PERDU

Chanson de clerc trilingue

Collectée par Loeiz Ar Floc'h (Père Louis Augustin Le Floc'h 1909-1986, alias Maodez Glandour)
publiée dans "Le brasier des ancêtres, tome II, en 1977, dans la collection 10/18
(Variantes tirées de l'ouvrage "Chansons et danses des Bretons" de Narcisse Quellien, 1889)

ton
tiré de "Chansons et danses des Bretons" de N. Quellien
(Alternativement, 2 versions dont l'une communiquée à N. Quellien
par M. Le Toiser, instituteur à Perros Guirec)

Arrangement Christian Souchon (c) 2009


Kalz a amzer am-eus kollet
Tradira lanla, tradira lanlire
Kalz a amzer am-eus kollet
Ha studiañ n'am-eus ket gallet (graet).

Abalamour d'u femelenn
A-greiz va c'halon a garen.

Er ru nevez eo e chome.
Aliez a lare din-me:

- Petra glaskit e skolachoù (Petra rez 'barzh ar golejen),
Mar bezomp (Mar dleomp bout) hon-daou priejoù (priejen)?

- Soudarded a zo e ger-mañ.
Kemer't unan, va les't bremañ!

- Eus ho soudarded n'houlan ket!
Gwell eo va c'hloareg da bried! -

- Petra lavaro hon tudoù (Petra laro dimp-ni hon tud),
Pa welint deomp bugaligoù (Pa glevfont bugale munud)

O c'houl bara digant tata...
Ha digant mammig da zenañ (Ha boïk-boïk-boïk digant mama)?

Multum temporis perdidi
Tradira lanla, tradira lanlire
Multum temporis perdidi
Et studere non potui

Propter quamdam filiolam
Quam toto corde amabam.

In vico novo (in via nova) manebat
Et saepe mihi dicebat:

- Quid quaeris (facis) in gymnasio (collegio),
Si te conjugem habebo? (si mihi fueris sponso?)

- Milites sunt hac in urbe...
Cape unum, dimitte me!

- Nolo habere militem! (De tuo milite nolo)
Malo habere tironem! (Clericum possidebo!)

- Quid nobis (quoque) dicent parentes
Quando videbunt (audient) infantes

Panem a patre petentes,
Lac a matre eiulantes (postulantes)?

Combien de temps ai-je perdu!
Tradira lanla, tradira lanlire
Combien de temps ai-je perdu!
Mais étudier jamais n'ai pu,

A cause d'une jeune fille
Que j'aimais. Qu'elle était gentille!

Dans la rue neuve elle habitait
Et souvent elle me disait:

- A quoi bon aller au Lycée,
Si je deviens votre épousée?

- En ville, il y a des soldats...
Prenez-en un et laissez-moi!

- Moi d'un soldat je ne veux nie!
A mon doux clerc suis pour la vie!

- Et que nous diront nos parents
Quand ils nous verront des enfants

Demandant du pain à leur père,
Demandant du lait à leur mère?

NOTE de N. QUELLIEN:

"Il y a dans la version latine quelques tournures rappelant la langue de la scolastique ( "de tuo milite nolo...").
La chose n'est pas étonnante. Certains collèges de Bretagne avaient gardé, comme les séminaires de nos jours, et viennent à peine de perdre l'habitude du latin dans la conversation: c'était une tradition du moyen âge. Aussi bien est-il possible que des expressions, vieilles ainsi de plusieurs siècles soient entrées dans une traduction... "Kolejen" et "priejen" sont inusités dans la région que bornent le Trieux et le Guer (Trégor). Ils indiqueraient que l'auteur était natif du Léon..."

[Dans d'autres chansons], souvent après un vers breton vient un vers français... Voici le premier couplet d'une de ces chansons farcies:

M'am-be sikour Apollon
Ou l'esprit de Voltaire
M'em-bije kompozet ur zon:
Mais, hélas! comment faire?
Bremañ me zo bet pedet
Par quatre demoiselles
D'ober dezho peb a goupled.
Je vais m'occuper d'elles.



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