Son Mab Ar Mao

Chanson du fils Le Mao

Song of Le Mao's son

Chant noté par Théodore Hersart de La Villemarqué
dans le 3ème Carnet de Keransquer (pp. 100 - 102) .



Mélodie


A propos de la mélodie:
Inconnue. La mélodie ci-dessus est donnée à titre d'illustration.

A propos du texte
Cette "son" dont on ne sait trop si le fils Le Mao est l'interprête ou l'auteur ou les deux, s'inspire du chant noté, avant 1839, dans le carnet 1 de La Villemarqué, pages 44 et 177 et intitulé Chant d'amour, dont huit vers ont servi à composer le chant du Barzhaz Hollaïka. Dans la classification Malrieu, ces chants sont repérés sous les n° M02264 et M00760.
Le premier porte le titre critique "Ar profoù eskemmet" (Les cadeaux échangés). Le récit diffère de celui du présent chant en ceci que les amoureux échangent des gages: le garçon un diamant, la jeune fille un livre. On y rencontre l'image de la claire rivière, mais comme symbole de sincérité.
Dans le cas présent, la rencontre a lieu dans des circonstances similaires, à la messe de la Saint-Sylvestre où la jeune beauté porte un costume à manches de dentelle. Cependant le livre n'est plus un gage, mais l'instrument d'une manoeuvre de séduction à laquelle l'intéressée ne semble pas accorder beaucoup de crédit. C'est ce qu'exprime l'image de la rivière au fond de laquelle disparaissent les traits qu'une épée a gravés.
About the melody:
Unknown. The above tune is suggested as an illustration.

About the text
This "son" (merry song) of which we do not really know if the son of Le Mao has sung it or made it or both, is inspired by the song noted, before 1839, in La Villemarqué's notebook 1, pages 44 and 177 and entitled A Love Song, eight lines of which were used to compose the 1839 Barzhaz song Hollaïka . In the Malrieu classification, these songs are identified under numbers M02264 and M00760 respectively.
The first song is given the critical title "Ar profoù eskemmet" (The exchanged gifts). The story differs from that of the present song in that the lovers exchange tokens of their love: the boy a diamond, the girl a book. We find there the image of the clear river, but as a symbol of sincerity.
In the present case, the encounter takes place under similar circumstances, at the New Year's Eve mass where the young beauty wears a costume with lace sleeves. But the book is here used as an instrument in an attempt to approach a girl to which the person concerned does not seem to give much credit. This is expressed by the image of the river at the bottom of which disappear the scratches that a sword has carved.

BREZHONEK

Son (Le Mao fils)]

p. 100

1. Kentañ biskoazh an'v va mestrez
E oa e pardon Sant Silvestr.
Kentañ biskoazh he anavis
Oa [o] lakaat prof en iliz.
Me da arvest an dantelezh
[A] oa doc'h mañchoù he hiviz.
__
2. Ma bennozh roan da Zant Silvestr!
Kentañ anavis ma mestrez.
E-pad ma oan en oferenn,
Nemet sell[ou]t outi na ren.
Seul vuioc'h-vui outi sellen
Ha bravoc’h-brav hi ' c’haven.
(Seul vuioc'h-vui e plije din)

3. [Pa] ' tremenen [e-]biou he zi
Laosken ma levr da gouezhiñ.
-- Tenez, den yaouank! Ho lever
Zo kou[ezh]et amañ em c’heñver.
– Ma lever zo ur mestr-choazer
Evit reiñ deoc’h ur servicher!

p. 101


4. -- Mar d'eo ho levr ur mestr choazer
E vestr a zo ' n tammig goaper.
E vestr a zo 'n tammig goaper,
O ya, gant e gomzoù kaer.
Na pa goustfe 'n aour pe 'n arc'hant
Ne gomzfec’h ket ken plezant.

5. - Pa goustfe ‘n aour pe an arc’hant
Ne gomzfec’h ket ken plezant.
C’hwi a zo gant ho komzoù kaer
Evel ur c'hleze 'deon ar ster,
Evel ur zabrenn 'deon ar ster:
Pa bar an heol e vez sklaer ;

6. - Neizhour am-eus bet un huñvre:
E oan en ur bodig lore.
E oann-me barzh ul loredenn
O kousket a-uc’h d’ur feunten.
Ma mestrez oa un durzhunell
En em c’hichen-me o rodal.

p. 102


7. Mar plijefe ve gant Doue
E teufe da wir ma huñvre,
Mar plijefe ve gant Doue
E teufe da wir ma huñvre,
E vefen kavout an enor
Na da dreuziñ treuzoù ho tor.

8. C'hoazh kentoc'h evit mervel
C'hoazh kentoc'h evit mervel
E vefen-me kavout an eur
Da gousket-me en ho keñveur!
Da vezañ ganeoc'h azezet
Doc'h ho tal, e'l ho pried.

KLT gant Christian Souchon (c) 2021
TRADUCTION FRANCAISE

Chant du Fils Le Mao

p. 100


1. A la Saint-Sylvestre, au pardon
La toute première occasion
De rencontrer ma bienaimée
A l'église me fut donnée.
Soudain je ne voyais plus qu'elle
Et ses manches ornées de dentelles.

2. Saint Sylvestre, béni sois-tu!
La plus belle fille qui fut.
Durant ta messe j'aperçois,
Et plus rien d'autre je ne vois.
Plus je regarde cette belle
Et plus sa grâce m'ensorcelle.
(Et plus je suis amoureux d'elle)

3. Passant près de chez elle un soir
Mon vieux livre j'ai laissé choir.
-- Tenez, votre livre, Monsieur,
Qui vient de tomber sous mes yeux.
– Ma foi, que ce livre a bon goût.
Il l'a décidé: je suis à vous!

p. 101


4. -- Si votre livre fait des choix,
Son maître est un farceur, je crois.
Oui, son maître aime à débiter
De beaux discours, à plaisanter
S'il s'agissait d'or ou d'argent.
Ce ton ne serait pas si plaisant.

5. - S'il s'agissait d'or ou d'argent,
Vous quitteriez ce ton plaisant.
Je tiens vos aimables propos
Pour simples coups d'épée dans l'eau,
Lorsqu'un sabre en racle le fond:
Au soleil, plus rien sous ses rayons ;

6. - Cette nuit ce rêve j'ai fait:
Je me voyais sous un laurier.
Je somnolais l'âme sereine.
Non loin coulait une fontaine.
Une colombe roucoulait:
C'était vous, ma chère, à mon côté!.

p. 102


7. Ce beau rêve si Dieu voulait
Qu'il devienne réalité
Si le Bon Dieu voulait, ma foi,
Que cela se réalisât,
Et que j'aie l'honneur et l'orgueil
D'être admis à franchir votre seuil.

8. Je pourrais avant de mourir,
Et de ce monde déguerpir,
Avoir eu la félicité
De dormir à votre côté.
Et d'avoir coulé près de vous
Des jours heureux, au titre d'époux.

Traduction Ch. Souchon (c) 2021
ENGLISH TRANSLATION

The song of Le Mao's son

p. 100


1. On New Year's Eve celebration
On that very first occasion
I have met my beloved lass
In church as to altar she passed.
I only saw her lovely face
And her sleeves adorned with lace.

2. God's blessing on you, New Year's Eve!
The prettiest girl I perceive.
During New Year's mass I see her,
And nothing is lovelier.
The more I looked at her beauty,
The more her good looks bewitched me.
(The more I was in love, truly)

3. As I passed by her house one day
My book to the ground slipped away.
- Young gentleman, here is your book
Which has just fallen near me, look!
- Well, this book is a mastermind
That you would meet love it did find!

p. 101


4. - Is your book at match-making good?
Be it as a joke understood!
Its master likes to utter joke.
'Twas a pretty speech that he spoke
Would he speak of silver or gold,
Such jokes, I'm sure, would not be told.

5. Would you speak of silver or gold,
Such jokes, I'm sure, would not be told.
Your pleasant words I consider
As mere sword strikes into water,
When a saber scrapes the bottom:
Look as you will, naught to fathom;

6. - I had a dream yesterday night :
Of a fair laurel had a sight.
I dozed beneath it, was serene,
And a cool spring flowed on the green.
A turtledove there gently cooed:
'Twas my lass. By my side she stood!.

p. 102


7. If it pleased God, worthy to deem
Of being turned into truth my dream
If the Lord would wish, as I do,
That my foolish dream should come true,
I'd have the pride, look and behold,
Happily to cross your threshold.

8. Still before my shroud is unfurled,
And I must leave out of this world,
O, may I have the endless pride
To sleep, my sweetheart, by your side.
And may I, as most husbands do
Have lived a happy life, near you!

Translated by Ch. Souchon (c) 2021






Mari ar Jarlez

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