Chant des moissonneurs de la Mayenne

A threshing song from the Mayenne

Chant noté par Théodore Hersart de La Villemarqué
dans le 3ème Carnet de Keransquer (pp. 97 - 99) .



Mélodie

A propos de ce chant:
  • Ce chant doit avoir été noté après octobre 1863, date à laquelle le chant "Ar Werc'hez" (la Vierge) a été consigné, page 79, dans le carnet 3. Il devait être connu du public puisque une imitation en est publiée à Paris en 1842 par Armand Guérin, dans "Bretagne", page 60, sous le titre "La chanson de la guerre". En voici la première strophe:

    Voici la Saint-Jean passée
    Nous avons serré les foins.
    Maintenant à d'autres soins
    Employons notre journée.
  • La revue "Mélusine", pp. 28-29 (citée en 2008 dans "Univers Mélusine" - Tome XII -01, p. 024 ) en publia les strophes 1, 2, 8 et 9 avec le commentaire:
    "Chanson des bords de l'Yvette", dans le roman "Robert Stilfort" de Paul Perret (1830-1904), Paris, 1861, Michel Lévy (pp. 329-330)".
    L'action de ce roman se déroule en Bretagne, mais il paraît difficile d'être plus précis les toponymes (Rozé, Guesnain, Coesnon...) semblant être inventés. C'est peut-être dans ce roman que La Villemarqué a rencontré ce chant dont il a recherché, outre l'origine géographique exacte, le texte exhaustif, étant donné les analogies qu'il présente avec deux chants du Barzhaz de 1839, l'Aire neuve et la Fête de juin.
  • Le compositeur et musicologue Joseph Canteloube (1879-1957) le publie, non harmonisé, sans citer ses sources dans son "Anthologie des Chants Populaires Français" (1951), t. 4 page 284.
    Le texte reproduit les 10 strophes notées par La Villemarqué avec les annotations suivantes:
    Origine : Bas-Maine (Mayenne)
    "Voilà la Saint-Jean" - Chant de dépiqueur.
    *Dépiquage : action d'égrener les épis des céréales (en les foulant, les roulant ou les battant) (Petit Robert)
    "Après le battage, on allait prendre le fermier et la fermière et on les faisait asseoir sur une gerbe enrubannée et fleurie.
    On présentait un bouquet à la fermière et un serviteur chantait la chanson ci-dessus."
  • Ce chant est cité par Francis Yard (1876-1947), dans son recueil de "Récits et souvenirs" intitulé "Mon village" (1945) dans un chapitre qui porte le nom dudit chant "La passée d'août" (Editions Henri Defontaine , 1 rue eau-de-Robec, Rouen). Il orna lui-même son ouvrage de belles gravures sur bois.
  • Le compositeur anglais Gerald Cockshott fit enregistrer en janvier-juin 1954 dans la 3ème série (musique publiée) du Catalogue des Inscriptions de copyrights (Catalog of Copyright Entries: Third series Published Music) de la Bibliothèque du Congrès des Etats Unis, une composition portant le double titre "Voici la Saint-Jean passée - Cockshott Gerald Threshing song" (chant de battage).Outre l'arrangement, il donne une version anglaise de ce chant.
  • About this song:
  • This song must was possibly noted after October 1863, when the song "Ar Werc'hez" (the Virgin) was recorded, page 79, in notebook 3. It must have been known to the public since an imitation thereof was published in Paris in 1842 by Armand Guérin , in "Bretagne", page 60, under the title "La chanson de la guerre". Here is the first stanza:

    Saint John's Day now is over
    And we have garnered the hay.
    And now to another care
    Let us use the rest of the day.
  • The review "Mélusine", pp. 28-29 (quoted in 2008 in "Univers Mélusine" - Tome XII -01, p. 024) published the stanzas 1, 2, 8 and 9 with the comment:
    "A song sung on the banks of the Yvette", in the novel "Robert Stilfort" by Paul Perret (1830-1904), Paris, 1861, Michel Lévy (pp. 329 -330) ".
    The plot of this novel is located in Brittany, but it seems difficult to be more precise since the toponyms (Rozé, Guesnain, Coesnon ...) are very likely fancy names. It is perhaps in this novel that La Villemarqué encountered this song of which he investigated, in addition to the exact geographical origin, the exhaustive text, on account of its analogies with two 1839 Barzhaz songs, l 'Aire neuve and the June Festival .
  • The composer and musicologist Joseph Canteloube (1879-1957) publishes it, not harmonized, without citing any source in his "Anthologie des Chants Populaires Français" (1951), t. 4 page 284.
    The text reproduces the 10 stanzas noted by La Villemarqué with the following annotations:
    Origin: Bas-Maine (Mayenne)
    Here is the Saint-Jean - A "podding song".
    * Podding: action of shelling the ears of cereals (by treading, crushing or threshing them) (Dictionary Petit Robert)
    "After the threshing, the farmer and his wife and make were asked to sit down among bunches of ribonned flowers.
    A bouquet was presented to the farmer and a servant sang the above song. "
  • This song is quoted by Francis Yard (1876-1947), in his chronicle "Récits et souvenirs" entitled "Mon village" (1945) in a chapter which bears the name of the said song "La passée d'août "(Editions Henri Defontaine, 1 rue eau-de-Robec, Rouen). He adorned his work with beautiful self-made woodcuts.
  • The English composer Gerald Cockshott recorded in the January-June 1954 release of the Catalog of Copyright Entries: Third series Published Music published by the library of the United States Congress, a composition with the double title "Voici la Saint-Jean passée - Cockshott Gerald's Threshing song". In addition to the arrangement, he gives an English version of this song.

  • FRANCAIS

    Chant des moissonneurs de la Mayenne

    p. 97

    1. Voici la St Jean passée.
    Le mois d’aotû est approchant,
    Où tous 'garçons des villages
    S’en vont la gerbe battant.

    Refrain:
    Oh ! batteux battons la gerbe,
    Compagnons, joyeusement!

    2. Par un matin je me lève
    Avec le soleil levant
    . Et j’entre dedans une aire.
    Tous les batteux sont dedans

    Oh ! batteux. etc.

    3. Je salue la compagnie,
    Les maitres et les suivants.
    Ils étaient bien vingt ou trente.
    N’est-ce pas un beau régiment ?

    p. 98

    4. Je salue la jolie dame
    Et tous les petits enfants.
    Et dans ce jardin-là j’entre
    Par une porte d’argent.

    5. Voila des bouquets qu’on apporte.
    Chacun va se fleurissant.
    A mon chapeau je n’attache
    Que la simple fleur des champs.

    6. Mais je vois la giroflée
    Qui fleurit et rouge et blanc,
    J’en veux choisir une branche
    Pour ma mie c’est un prèsent..

    7. Dans la peine, dans l’ouvrage,
    Dans les divertissements,
    Je n’oublie jamais ma mie:
    C’est ma pensée en tout temps.

    p. 99

    8. Ma mie recoit de mes lettres
    Par l’allouette des champs.
    Elle m’envoie les siennes
    Par le rossignol chantant.

    9. Sans savoir lire ni écrire,
    Nous lisons ce qui est dedans.
    Il y a dedans ces lettres :
    "Aime moi : je t’aime tant."

    10. Viendra le jour de la noce.
    Travaillons en attendant.
    Devers la Toussaint prochaine
    J’aurai tout contentement.

    Oh ! batteux etc.
    ENGLISH TRANSLATION

    Mayenne Threshing Song

    p. 97


    1. St John's Day now is for another
    Year over. August's drawing near
    When the country lads from all over
    On the sheaf threshing floor appear.

    Refrain:
    The sheaves let us thresh, thresh, O threshers,
    O friends happily, let us thresh!

    2. I wake up early in the morning
    I wake up with the rising sun
    I see when entering the threshing
    Floor other threshers coming on.

    The sheaves. etc.

    3. I first greet all the threshing party
    Master and staff: they are not few.
    Twenty of them there are or thirty
    Now, isn't that a stately crew?

    p. 98

    4. I shall first greet the gracious lady
    And all her fair kids on the floor.
    When in this garden I got entry
    It thought I passed a silver door.

    5. Here are bouquets that for us they bring:
    In beauty to nothing they yield.
    To my hat I won't tie anything
    But a shy flower of the fields.

    6. But I have spied a gay wallflower
    That's blooming there in red and white,
    I'll choose for my lass, since I love her,
    A branch all colourful and bright ...

    7. Neither in pain, nor in hard labour,
    Nor any joyful merriment
    Do I forget, as a true lover,
    My dearest lass any moment.

    p. 99

    8. My sweetheart will receive my letter
    Forwarded by the skylark's mail.
    In turn she will send me hers over
    Carried by a fair nightingale.

    9. Though we don't know how to read or write,
    What's written in them is quite clear:
    The contents of them we know all right
    "Love me, as I love you, my dear."

    10. The wedding day will come, my darling.
    Let us work while we're waiting still
    Towards the next All-Saints Day, I think,
    Of happiness we'll have our fill.

    Translated by Ch. Souchon (c) 2021






    Voici la Saint-Jean d'été

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