La fête de Juin

June Festival Song

Dialecte de Cornouaille

  • Première publication dans la première édition du Barzhaz de 1839.
  • Chanté par Marie-Anne (Anaïc) Olivier épouse Delliou (1768-1845) de Kerigasul en Nizon. C'est ce qui ressort de la table A où Mme de La Villemarqué a noté : "Setu erruet an amzer vat, Setu erru ar miz Mae, Voilà le beau temps, voilà le mois de mai, les fleurs ont une bonne odeur, les oiseaux chantent gai : chanté par Anaïc Olivier.".
    Cela est confirmé dans la table B: " Voilà le beau temps, voilà le mois de mai, la bague d'argent ou la 'sinture' d'argent: chanté par Anaïc de Ti-nevez, Kerigasul-Nizon".
    En outre, La Villemarqué a noté page 253 de son cahier, à propos d'un autre chant "Ar Yaouankiz" (la Jeunesse), qu'il le tient de "A. Marianne Ollier, femme Delliou, qui a déjà chanté 'ND du Folgoat' publié, 'Erru an hañv hag ar miz Mae', 'An drougrans' et 'La fête de juin'".
  • Figure dans le 1er manuscrit de Keransquer, pp. 11-12, sous le titre "Son an dud yaouank" et pp. 19-20, sous le titre "Son an den yaouank".
  • Des chants apparentés, quoiqu' assez différents, ont été collectés:
    - Sous forme manuscrite:
    . Penguern, tome 89: "Entré Plouider ha Trelez" (Henvic, 1851) (reproduit dans la reue "Gwerin", 5); tome 112, 28 "Gwechal m'am-eus bet amzer (Taulé, 1850); tome 112, 64, "Tre Plouider ha Trelez".
    - publié en recueils:
    . Herrieu, dans "Gwerzenneu ha Sonenneu Breiz Izel": "En Ter Seien" (Baud).
    . F. Cadic , dans "Paroisse Bretonne de Paris", janvier 1905: "Bet zo bet un amzer".

  • First published in the 1839 first release of the Barzhaz Breizh.
  • Sung by Marie-Anne (Anaïc) Olivier wife of Delliou (1768-1845) from Kerigasul near Nizon, as stated in Table A by Mme de La Villemarqué who wrote: "Setu erruet an amzer vat, Setu erru ar miz Mae, Now the fine weather and the month of May have come, with fragrances of flowers and chants of birds: sung by Anaïc Olivier."
    Confirmed in Table B as follows: "Here is the fine weather, the month of May, the silver ring or the silver girth: sung by Anaïc of the New cottage at Kerigazul near Nizon".
    Besides, La Villemaqué wrote a margin note to the song "Ar yaouankiz" (the Youth), on page 253 of his copy book, to the effect that he learnt it from the singing of "A. Marianne Ollier, wife of Delliou, who also sang 'ND du Folgoat' (already published), 'Erru an hañv hag ar miz Mae', 'An drougrans' and 'the June festival'".
  • Exists in the 1st Keransquer manuscript under the title "Son an dud yaouank", on pages 11-12, and on pp. 19-20, under the title "Son an den yaouank".
  • Related -though rather different- songs were collected:
    - In MS form:
    . By Penguern, book 89: "Entré Plouider ha Trelez" (Henvic, 1851) (printed in the periodical "Gwerin", 5); book 112, 28 "Gwechal m'am-eus bet amzer (Taulé, 1850); tome 112, 64, "Tre Plouider ha Trelez".
    - Printed in collections:
    . by Herrieu, in "Gwerzenneu ha Sonenneu Breiz Izel": "En Ter Seien" (Baud).
    . and by F. Cadic , in "Paroisse Bretonne de Paris", January 1905: "The three ribbons".


  • Mélodie - Tune
    (Sol majeur)

    Français English
    L'ANCIEN PATRON

    1. Bonjour, jolie commère,
    Bonjour à vous je vous dis; (bis)
    C'est un amour sincère,
    Ta la ri ta la la
    C'est un amour sincère,
    Qui me conduit ici.

    L'ANCIENNE PATRONNE

    2. La bague à moi remise,
    Toute d'argent qu'elle soit,
    N'a fait votre promise
    De celle que voilà.

    3. Reprenez votre bague
    Emportez-la pour toujours.
    Car ce sentiment vague
    En moi n'est pas l'amour.

    4. Jadis, il faut bien dire,
    - Ce temps est loin désormais -,
    Pour un gentil sourire,
    Mon cœur j'aurais donné.

    5. Il me cherche querelle,
    Le temps nouveau revenu.
    A des amours nouvelles,
    Je ne sourirai plus.

    L'ANCIEN PATRON

    6. Lorsque j'étais jeune homme,
    Je portais les trois rubans:
    Le bleu-ciel, le vert-pomme,
    Le troisième tout blanc.

    7. Le vert, pour ma commère
    - Tout en lui rendant honneur -
    Disait l'amour sincère
    Qui habitait mon cœur.

    8. Le blanc avait pour tache
    Cet amour, face au soleil,
    De le dire sans tâche,
    A nul autre pareil.

    9. Et le bleu voulait dire
    Qu'avec elle je voulais
    Vivre en paix. Je soupire,
    Le voyant, désormais,

    10. Car abandonné d'elle,
    Ah, quel malheureux je suis!
    Ainsi la tourterelle
    Quitte-t-elle son nid.

    LE NOUVEAU PATRON A LA NOUVELLE PATRONNE

    11. Il est temps que revienne
    Avec juin le doux printemps,
    Qu'ensemble se promènent
    Enfin les jeunes gens.

    12. Si partout les fleurs laissent
    Eclater mille couleurs,
    De même la jeunesse
    Veut épancher son cœur.

    13. Voici que l'aubépine
    S'ouvre et répand son parfum.
    Chez les oiseaux chacune
    A rejoint son chacun.

    14. Ma belle, allons ensemble
    Nous promener dans les bois;
    Dans les feuilles qui tremblent
    Du vent ouïr la voix.

    15. Le long de la rivière
    On entend le chant de l'eau
    Auquel dans la clairière.
    Font écho les oiseaux.

    16. Un doux épithalame
    Que ce concert enchanteur:
    De quoi réjouir les âmes
    Et consoler les cœurs!

    Traduction Christian Souchon (c) 2008
    THE FORMER PATRON

    1. Good day to you, fair maiden,
    O, Good day to you I say! (twice)
    It is heart-felt devotion
    Ta la ri ta la la
    It is heart-felt devotion
    Caused me to come your way.

    THE FORMER PATRONESS

    2. Young man, do not consider
    That betrothed to you I were,
    Because a ring of silver
    You gave me once to wear.

    3. Of your silver ring dispose
    And with it you may go, too
    In my heart is left no love.
    Nay, for neither of you.

    4. For it is now all over,
    Gone ne'er to return, the time
    When I would love whoever
    Would come my way and smile.

    5. But time has become captious,
    It gives in to me no whim.
    May smile whoever wishes.
    I shall not smile to him.

    THE FORMER PATRON

    6. Formerly when I was young
    I wore three ribbons bright
    One was green, blue the second
    And the third one was white.

    7. The green one was in honour
    Of my patroness so kind
    With love to her brimmed over
    Both my heart and my mind.

    8. The white one I had laid on
    For everybody to see,
    It would proclaim the pure bond
    That linked her and me.

    9. The blue one was to live in
    Peace with her until I die
    But now when I look at it
    Hopelessly I must sigh.

    10. For I have been forsaken,
    And now I find her remote
    The wanton dove has taken
    Wing to another cote.

    THE NEW PATRON AND THE NEW PATRONESS

    11. Spring time at last returned
    Along with the month of June
    And everywhere young couples
    To each other attune.

    12. The flowers in the meadows
    Are wide open today.
    So are the hearts of all youths
    You see coming your way.

    13. O look, the hawthorns blossom.
    Smell their scent: it's at its best.
    Listen, the small birds have come
    Together and build nests.

    14. Come with me, pretty darling
    We'll take a walk through the grove
    We'll listen to the trembling
    Of the leaves on the boughs.

    15. And to the babbling water
    On pebbles along the creeks;
    To the birds of the heavens
    High up on top the trees.

    16. All of them with their own song,
    Some way of their own will find
    To solace in their own tongue
    Our hearts and thrill our minds!

    Translated by Christian Souchon (c) 2008


    Brezhoneg

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    Résumé
    La Villemarqué nous apprend, dans ses commentaires, que la "fête de juin" était en voie de disparition à l'époque où il composait son recueil. Comme le "Sacre du Printemps" qui a inspiré Stravinsky, l'origine de cette célébration se perdrait dans la nuit des temps. Elle avait lieu près d'un dolmen et déjà en 658 un concile tenu à Nantes défendait de déposer aucune offrande sur les mégalithes et ordonnait aux évêques de détruire ceux-ci.
    On se réunit chaque samedi du mois de juin à quatre heures. Un jeune homme porte un nœud de rubans bleu, vert et blanc à la boutonnière: c'est le patron de la fête.
    Le patron précédent a transmis son titre et sa charge au patron de la fête nouvelle en lui accrochant par surprise, à la boutonnière,le nœud de rubans qu'il portait.
    Le nouveau patron se procurera de la même manière un successeur.
    En attendant, il choisit une commère, au doigt de laquelle il passe une bague d'argent, puis ils ouvrent tous deux la danse aux applaudissements de la foule.

    Fête de mai ou fête de juin?
  • Il est curieux de remarquer que dans les deux chants qu'a collectés La Villemarqué et qu'il intitule dans ses carnets de collectes déchiffrés par Donatien Laurent, "Son an Dud Yaouank" (Chant des Jeunes gens) et "Son an Den Yaouank" (Chant du Jeune homme), il est question, au couplet (11), du "mois de mai qui arrive avec l'été" (Bremañ erru ar miz mae hag an hañv asamblez), et non du mois de juin.
  • Il est vrai qu'à en juger, entre autre, par le dictionnaire du Père Grégoire de Rostrenen (1732), si l'été et l'hiver sont des saisons clairement identifiées en breton (hañv et goañv), les demi-saisons sont dotées de noms composés (an nevez-amzer, an amzer-nevez, an nevez-hañv. An diskar-amzer, an dilost-hañv, an dibenn-eost, ar rag-eost, an di-an-eost, ar mare-skub-delioù, ar razarc'h, ar mizioù du...) qui trahissent une conscience moins nette de leur existence propre.
  • Quant à la fête païenne elle-même, dans le "Chant des jeunes gens" qui a fourni à La Villemarqué 15 des 16 strophes de son poème - seule la strophe 10, celle de "la colombe", semble être de son crû -, il n'est question que d'une querelle d'amoureux. C'est le remplacement, à la première strophe du mot "dousig" (bien-aimée) par "komerez" (commère), en dépit de l'aversion du Barde pour les mots français, qui autorise, à la rigueur, le rapprochement avec une fête de célébration du printemps. D'ailleurs, la désignation de intervenants en tant qu' "Ancien patron", "Ancienne patronne", "Nouveau patron et nouvelle patronne" n'apparaît nulle part dans le manuscrit.

    Les trois rubans
    En comparant avec le "Chant des Jeunes gens", on constate aussi que la Villemarqué a remplacé dans les strophes 6 et 7, de sa composition, une des trois couleurs du drapeau de la République (citées dans l'ordre rouge, bleu, blanc, comme signes de sincérité, de pureté et de paix): le vert a détrôné le rouge, porté sur le bras, comme symbole d'amour ardent.
  • On retrouve ces trois rubans (rouge, bleu et blanc) dans un chant collecté en pays de Vannes par Loeiz Herrieu (1879 - 1953) et publié dans ses "Gwerzenneu ha Sonenneu Bro-Guéned", ainsi que pa l'Abbé François Cadic qui l'a publié dans son périodique "La Paroisse Bretonne de Paris" en en janvier 1905. Il est intitulé précisément "An teir Seienn" (les trois rubans). La symbolique y est différente: le rouge et le bleu y sont signes de richesse et le blanc signe d'amour partagé.
    Dans ce chant, une femme mariée, tire les conséquences de l'échec de sa vie conjugale et fait don à la Vierge des fameux trois rubans qu'elle portait le jour de son mariage.
  • Pour l'abbé F. Cadic, ces rubans sont, avant tout une marque d'allégresse, visant à masquer l'appréhension de la nouvelle épouse, au moment de changer de statut social. Il publie également un fragment d'une autre version qu'il intitule Les rubans de l'épousée, bien que le mot "seienn" qui y figure, le singulatif de "seiz", la soie, ne désigne qu'un seul ruban.

    Druides d'hier et d'aujourd'hui
    Un druide 1900 du Menez-Hom: Les druides volent haut, ça va barder! On peut se demander pour quelle raison La Villemarqué a opéré cette substitution de couleurs.
    Dans l'argument et les notes, dès 1839, il affirme que ces couleurs (vert, bleu et blanc) "étaient celles des druides, des bardes et des augures". Une note de bas de page indique qu'il tire cette surprenante précision de l'ouvrage "Druidism" dont l'auteur est aussi celui d'un dictionnaire Anglo-gallois, William Owen Pughe (1759-1835). Celui-ci reprend les exposés du très imaginatif Iolo Morganwg sur les rites et les croyances attribués aux anciens druides dans ses "Elégies héroïques de Llywarch Hen" parues en 1792 et auquel cet "Essai sur le Bardisme" tient lieu de préface. Dans l'édition de 1845 du Barzhaz, La Villemarqué précise d'ailleurs, qu'il s'agit des druides "cambriens".
    A partir de 1845 l'argument s'enrichit d'une longue description de la fête telle qu'elle est mémorisée par un cultivateur des environs de la Feuillée et où, outre les 3 couleurs, le barde antique et sa harpe réapparaissent en la personne du recteur (curé) qui joue de la musique "sur un instrument d'ivoire aux cordes d'or"! La carte postale ancienne ci-dessus, montre en effet un personnage en bragoù-braz juché sur un dolmen arborant fièrement une serpe et un bouquet de gui!
  • Ce "druidisme" moderne prolonge une spiritualité en harmonie avec la nature, voire une forme de panthéisme dont l'idée première revient au libre-penseur irlandais John Toland (1670-1722) qui créa le premier "ordre druidique" en 1717. Un second mouvement apparaît en 1781.
    Mais le véritable fondateur du "néo-druidisme" fut Iolo Morganwg qui réunit à Londres le "Gorsedd Beirdd Ynis Prydain" (en gallois, Assemblée des bardes de l'île de Bretagne), suivant un rite inspiré de la franc-maçonnerie et d'auteurs romantiques divers tels que William Blake (1857-1827). Outre la croyance à la métempsychose (migration de l'âme), il avait développé une "métaphysique des cercles concentriques" allant de l'"Anaon" à la "Gwennvezh" (de l'Autre-monde à la pureté du Ciel), et dont il est question à la strophe "Trois" des Séries du Barzhaz.
  • Comme on l'a vu, (cf. Prophétie de Gwenc'hlan), en avril 1838, La Villemarqué avait été délégué (avec Auguste Brizeux et Auguste du Marhallac'h) par le ministère de l'Instruction publique pour participer à l'"eisteddfod" (congrès) organisé par cette société à Abergavenny. Il en était revenu avec le titre de "Barde de Nizon" ("Je suis barde titré et j'ai été reçu selon les anciens rites des Vème et VIème siècles" écrit-il à sa sœur, nous apprend son fils Pierre). Il conçut dès lors une admiration sans bornes pour les travaux d'Owen Jones dit "Myvyr" et Edward Williams dit "Iolo Morganwg", dont les citations abondent tout au long du Barzhaz.
  • C'est de ce modèle gallois que s'inspira La Villemarqué pour créer en 1843, une "confrérie d'écrivains de langue bretonne" (Breuriez Breiz) dont les membres se parent de titres "bardiques" à souhait. Le bulletin d'adhésion qu'il envoya à Briseux le 18 septembre 1843 portait en épigaphe une citation du barde gallois Taliésin "Ho Doué e veulant, ho ies a virant" (ils louaient leur Dieu, ils sauvegardaient leur langue). Cette devise définissait les deux domaines d'action principaux assignés à l'association dont La Villemarqué était le "Kentañ Penn-sturier" (premier chef-pilote): défense et illustration de la langue bretonne considérée comme le meilleur rempart contre les atteintes à la foi catholique romaine. Cette association s'abstint de toute manifestation publique notable. Ce n'est qu'en 1899 que sera tenu, à l'initiative de Jean Le Fustec (1855-1910) et François Jaffrennou dit "Taldir" (1879-1956), un "Goursez de Bretagne" rattaché à l'organisation galloise.

    Druidisme ou légitimisme?
    On pourra s'assurer en examinant une photo récente d'une célébration druidique, où le gui et la serpe figurent en bonne place, que les trois couleurs bleu, vert et blanc, sont toujours celles dont se revêtent les officiants!
    Il y a peut-être une autre raison à la disparition des couleurs de la république dans la version que le "Barde de Nizon" donne du "Chant des jeunes gens": le légitimiste (partisan du petit fils de Charles X, le comte de Chambord) qu'était La Villemarqué dans les années 1830, ne pouvait invoquer qu'à contrecœur le drapeau tricolore. C'est pourtant à lui que fait allusion, bien évidemment, le chant tel qu'il figure dans les carnets de Keransquer et tel que Herrieu et Cadic l'ont collecté. Ce symbole révolutionnaire avait disparu en 1814, mais Louis-Philippe qui avait combattu dans les armées républicaines à Valmy et Jemappes, l'avait rétabli en 1830.
    On sait que le drapeau tricolore dut encore s'imposer contre l'étendard rouge qui rappelait la répression d'une manifestation au Champ de mars en 1791 (et fut celui de la Commune de Paris en 1870) et que c'est Lamartine qui l'imposa comme drapeau de la Seconde République en 1848. On se souvient aussi que le retour à la royauté échoua, en 1873, à cause du refus intransigeant du prétendant légitimiste d'accepter le drapeau tricolore.
    En Vendée il faudra attendre jusqu'en 1916 pour que le drapeau tricolore soit admis dans l'enceinte des églises!

    Le passionnant "Almanach de la mémoire et des coutumes" de la Bretagne publié par Claire Tiévant avec une préface de Henri Queffélec, chez Hachette, en 1981, décrit à la page du 1er juin, dans la rubrique "Coutumes et croyances", une "fête de juin" en tout point semblable à celle décrite par Villemarqué. Le "noeud" de rubans du "Tad-Paëron" y devient un "flot" de rubans aux anciennes couleurs sacerdotales: le blanc couleur des druides, le bleu couleur des bardes, le vert couleur des devins. (Fête interdite par l'Eglise depuis la fin du Moyen Age)." Il y a fort à parier que l'auteur n'a tiré ses informations que du Barzhaz Breizh et que l'existence de cette fête païenne, même au moyen-âge, reste bien problématique.
    Elle ne l'était pas pour La Villemarqué qui en 1866, un an seulement avant le début de la fameuse "querelle du Barzhaz Breizh", présentait le "Chant de la Fête de Juin", ainsi que la "Danse du Glaive" de son recueil, comme des exemples typiques d'art dramatique populaire breton, dans la Préface (p. 77) de son "Grand Mystère de Jésus"
  • June festival or May Festival?
    As stated by La Villemarqué in his comments, the June Festival tradition was already on the wane when he was composing his song collection. As for Stravinsky's "Rite of Spring", the origin of this celebration is as old as the hills. It took place near a standing stone and as soon as 658 a council held in Nantes prohibited making offerings on these stones which bishops were ordered to throw down.

    The celebration was held on the Saturdays of June, late in the afternoon. A young man wore a cockade of three ribbons, blue, green and white at his buttonhole: he was the patron of the feast.
    The previous patron had bestowed on him both title and duties of office by pinning on him by surprise the cockade he wore.
    The new patron would provide for a successor in the very same way.
    But, for the time being, he chose a patroness on whose finger he put a silver ring and the two opened the dance, to the cheering of the people.

    A May or a June festival?
  • La Villemarqué's notebooks which Donatien Laurent deciphered, include two songs he titled respectively "Son an Dud Yaouank" (i.e. "Song of the Youths") and "Son an Den Yaouank" ("Song of the Young Man"). They evidently contain the main features of the present song. It is, however, remarkable that they refer, in stanza (11), to a "May and Summer Festival" (Bremañ erru ar miz mae hag an hañv asamblez) instead of a "June Festival".
  • The reason for this confusion could be the found in the Breton language itself that, judging by the Reverend Gregory of Rostrenen's Dictionary (1732), clearly tells summer" from "winter" ("hañv" and "goañv") but has for "spring" and "autumn" a long series of compounds (an nevez-amzer, an amzer-nevez, an nevez-hañv. An diskar-amzer, an dilost-hañv, an dibenn-eost, ar rag-eost, an di-an-eost, ar mare-skub-delioù, ar razarc'h, ar mizioù du...) hinting at a blurred consciousness of their existence.
  • As for the heathen festival itself, it is not mentioned in the "Song of the Youths" that provided La Villemarqué with 15 of the 16 stanzas making up his poem (only stanza 10, about the "dove", appears to be a composition of his own). The original song records an argument between two lovers. By replacing the word "dousig" (beloved) by "komerez" (French "commère" = friend, playmate), in spite of his loathing of French loanwords, he suggests that this dialogue might pertain to a spring celebration festival. Besides the titles "Former patron, former patroness, etc." appear nowhere in the MS song.

    The three ribbons
    From the comparison with the "Song of the Youths", it appears that La Villemarqué also replaced in the stanzas 6 and 7 of his poem, one of the three colours of the Republican flag (quoted in the order: red, blue and white, as tokens of straightforwardness, purity and peacefulness). Red yielded to green as the symbol of ardent love.
  • A song collected in the Vannes area by Loeiz Herrieu (1879 - 1953) and published in his "Gwerzenneu ha Sonenneu Bro-Guéned", as well as by the Reverend François Cadic who published it in his periodical "The Breton Parish in Paris" in January 1905, under the title "An teir Seienn" (The Three Ribbons) features the same three ribbons (red, blue and white) with different meanings: red and blue for riches and white for requited love.
    In this song a woman who is aware of the failure of her married life presents the Virgin with the three ribbons she wore on her wedding day.
  • For the Reverend Cadic the colours are indifferent, but the ribbons are a token of mirth which aims at concealing the bride's apprehension about the impending change in her social status. F. Cadic also published a fragment of another song which he titled
    The ribbons of the bride, though the word "seienn" in the lyrics, the "singulative" of "seiz" (silk), refers to a single ribbon!

    Druids of now and druids of yore
    Blue, green, white... Modern druids and La Villemarqué have read the same books! One may wonder why La Villemarqué made this change of colours.
    As early as 1839 he asserts in his comments to the song that "[green, blue and white] were the colours of the druids, the bards and augurs of old". A footnote gives the source of this astonishingly precise statement: the essay "Druidism" whose author is well-known for his English-Welsh dictionary, William Owen Pughe (1759-1835). The latter quoted the fanciful views of Iolo Morganwg on rites and creed he ascribed to the ancient druids in his "Heroic elegies of Llyvarch Hen" published in 1792 to which the aforesaid essay was the introduction. In the 1845 edition of the Barzhaz, La Villemarqué, admits: this applies to the "Cambrian druids" (=Welsh).
    As from 1845, the "Argument" is enhanced by a long description of the June feast as remembered by a farmer from the La Feuillée area. In addition to the three colours, the ancient bard wielding his harp reappears in the person of the vicar who "used to play a gold stringed instrument"! The opposite old post card shows such a character perched upon a stone table who proudly displays a bunch of mistletoe and a scythe!
  • This "Neo-Druidry" is a form of modern spirituality in harmony with nature, if not a kind of pantheism whose conception first germinated in the views of the Irish free-thinker John Toland (1670-1722) who created the first "Druidic order" in 1717. A second movement arose in 1781.
    But the true founder of Neo-Druidry was the Welshman Iolo Morganwg who convened in London the first "Gorsedd Beirdd Ynis Prydain" (in Welsh, Gathering of the Bards of Britain), performing rituals borrowed from free-masonry and various romantic authors like William Blake (1857-1827). Beside the acceptance of reincarnation, he had developed a metaphysic theory of the "concentric rings of existence" from "Anaon" to "Gwennvezh" (from the Otherworld to purity or Heaven), which is referred to in stanza "Three" in the "Series" of the Barzhaz.
  • As already mentioned, (see. Prophecy of Gwenc'hlan), in April 1838, La Villemarqué had been missioned (along with Auguste Brizeux and Auguste du Marhallac'h) by the Ministry of Public Education to the "eisteddfod" (congress) held by this organization in Abergavenny. He returned with the title "Bard of Nizon" bestowed on him: (In a letter to his sister, quoted by his son Pierre, he wrote: "I am an officially recognized bard, established in accordance with the old 5th and 6th century rituals"). This is the origin of his boundless veneration for the works of Owen Jones alias "Myvyr" and Edward Williams alias "Iolo Morganwg", abundantly quoted throughout the Barzhaz.
  • This Welsh model was to prompt him to establish in 1843 a brotherhood of Breton language authors (Breuriez Breiz) who grant themselves grand-sounding Celtic titles.
    The inscription form sent to Briseux on 18th September 1843 used as an epigraph a line by the old Welsh poet Taliesin "Ho Doué e veulant, ho ies a virant" (they praised their God and preserved their tongue), alluding to the main two purposes of the guild whose "Kentañ Penn-Sturier" (first chief-helmsman) was no other than La Villemarqué: defence and illustration of the Breton language, to foil attempts against the Roman Catholic Faith.
    However this group refrained from any noticeable public performance.
    It was not until 1899 that, due to the exertions of Jean Le Fustec (1855-1910) and François Jaffrennou alias "Taldir" (1879-1956), a "Goursez of Brittany" was founded in connection to the Welsh organization.

    Druidry or Legitimism?
    One may satisfy oneself, by examining the recent picture above of a Druidic gathering where mistletoe plays an evident part, that the three colours blue, green and white still are those of the togas of the officiating "priests"!
    There may be, however, another reason to the discarding of the colours of the Republic from La Villemarqué's rendering of the "Song of the Youths". In fact, in the 1830ies, La Villemarqué was a suporter of King Charles X 's grandson, Count of Chambord, a so-called Legitimist who would but reluctantly mention the French tricolour. And yet it is undoubtedly to it that the song in the Keransquer copybook alludes, as well as those gathered by Herrieu and Cadic. This revolutionary symbol had been given up in 1814, but the new king Louis-Philippe who had fought in the armies of the Republic at Valmy and Jemmappes had restored it in 1830.
    As we know, the tricolour had to compel recognition against the red standard that reminded of the bloody repression of a riot in Paris in 1791 (and was adopted by the 1870 Paris Commune uprisers). It was the poet Lamartine who imposed it as the flag of the Second Republic in 1848. We also remember that the return of the monarchy in 1873 was thwarted by the intransigence of the Legitimist pretender who refused to adopt the tricolour.
    In Vendée it was not until 1916, that the tricolour was allowed to be displayed in churches.

    The thrilling "Almanac of memorable customs" of Brittany composed by Claire Tiévant with a une preface by Henri Queffélec, and published by Hachette, in 1981, describes on the page of the 1st of June, under the heading "Costums and beliefs", a "feast of June" in every way identical with Villemarqué's comments. Except that the "knot" of ribbons worn by the "Tad-Paëron" has become a "cascade" of ribbons with the ancient priests' colours: white for the druids, blie for the Bards, green for the ovats. (Celebration forbidden by Church since the early Middle Ages)." My guess is that the only information source was the Barzhaz Breizh, so that the existence of this heathen festival, even in its medieval form, is very questionable.
    But it was not for La Villemarqué, who in 1866, only one year before the outset of the famous "Barzhaz Breizh controversy", extolled his "June Festival Song", as well as his "Dance of the Sword", as typical instances of Breton popular dramatic art, in the Preface (p. 77) to his "Great Mystery of Jesus"





  • Kan an arvel Son al leur nevez