Chant de la Fête de l'Armoire

Song of the Cupboard Celebration

Dialecte de Léon

  • Première publication dans la première édition du Barzhaz de 1839.
  • Pas d'indication du chanteur si ce n'est, dans l'"argument", cette remarque, dès l'édition de 1839: "Il y a une chanson que j'ai entendue au banquet qui suit la cérémonie [léonnaise] que je viens de décrire".
  • Figure dans le 1er manuscrit de Keransquer, pp. 15-16, sous le titre "An Yntanvès"
  • Souvent collecté:
    - Sous forme manuscrite:
    . Penguern, tome 90: "Mari" (Taulé, 1851), repris dans la revue "Mélusine", VII, 1894.
    - publié en recueils:
    . Luzel, dans Gwerzioù, tome II, "Al Leanez" (Plouec).
    . Guillerm, dans "Chants populaires ... de Cornouaille", Al Leanez (Trégunc).

  • First published in the 1839 first release of the Barzhaz Breizh.
  • Only hint concerning the singer, in the "argument" to the song in the first edition and the following: "Here is a song that I heard at the dinner concluding the ceremonial above [peculiar to the Leon bishopric]".
  • Exists in the 1st Keransquer manuscript under the title "An Yntanvès", on pages 15-16.
  • Often collected:
    - In MS form:
    . Penguern, tome 90: "Mari" (Taulé, 1851), copied in the periodical "Mélusine", VII, 1894.
    - Printed in collections:
    . Luzel, in Gwerzioù, book II, "Al Leanez" (Plouec).
    . Guillerm, in "Folk songs ... of Cornouaille", Al Leanez (Trégunc).


  • Mélodie - Tune
    (Sol mineur)

    Français English
    LE JEUNE HOMME

    1. - Ma douce veuve, cher amour
    Je suis venu faire ma cour;
    Car, voyez-vous, il est grand temps
    De prendre un parti maintenant.

    LA VEUVE

    2. - Me marier cette année? Jamais!
    Jamais mon deuil ne quitterai.
    Sachez que je vais au couvent.
    C'est là que le bon Dieu m'attend...

    LE JEUNE HOMME

    3. - Vous n'irez point dans ce couvent
    Mais dans mon village, vraiment.
    La rose, le lis, le jasmin
    Sont faits pour orner les jardins.

    LA VEUVE

    4. - Si la rose au jardin prospère
    L'if ne se plait qu'au cimetière.
    Car un seul époux cher à mon cœur
    N'est autre que mon créateur.

    LE JEUNE HOMME

    5. - Recevez, ma douce, en présent,
    Recevez cet anneau d'argent!
    Passez-le donc à votre doigt.
    Ou me faut-il le passer, moi?

    LA VEUVE

    6. - Jamais d'anneau je ne prendrai
    Ni d'alliance ne passerai
    Si ce n'est l'anneau d'or que Dieu;
    Donne à qui prononce ses vœux.

    LE JEUNE HOMME

    7. - C'est donc ma mort que vous voulez,
    Me voir sans retard expirer!

    LA VEUVE

    - Je compenserai, c'est certain,
    Ce temps que vous perdez en soins

    8. Pour moi. Tous ces espoirs futiles,
    Cet anneau de noce inutile.
    Et je prierai Dieu, jour et nuit,
    Qu'il nous unisse au paradis.

    Trad. Christian Souchon (c) 2007
    THE YOUNG MAN

    1. - O listen my darling widow!
    It's about time for you to know
    What you should leave, what you should do.
    So I came to your house to woo.

    THE WIDOW

    2. - This year I don't think of marrying
    Nor shall I come out of mourning.
    I'll enter a convent instead
    To God that's the promise I made.

    THE YOUNG MAN

    3. - To a convent why should you go?
    My town is the place for you, though.
    It's the rose's and fine herbs' doom
    That in the garden they should bloom.
    .
    THE WIDOW

    4. - The roses may thrive in a yard
    The yew trees prefer the churchyard.
    The Husband Whom I have chosen
    Has created Earth and Heaven.

    THE YOUNG MAN

    5. - Take, that silver ring, fair widow!
    And your hand upon me bestow!
    Put it right now on your finger.
    I'll do it if you like better.

    THE WIDOW

    6. - There is no ring, whatsoever,
    That I would put on my finger
    Except the ring that God bestows
    On whoever will take their vows.

    THE YOUNG MAN

    7. - Then you have decided that I,
    Without further delay, should die!

    THE WIDOW

    - Young man, I shall make good to you
    For the time you have spent to woo;

    8. For the time you wasted in vain
    Hoping a wedding ring to gain:
    I shall pray to God, day and night
    He might us in Heaven unite. -

    Transl. Christian Souchon (c) 2007


    Brezhoneg

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    La fête de l'Armoire faisait partie du cérémonial de noces en Léon.
    L'armoire de la jeune épouse est portée chez le mari, tandis que les parents de celui-ci s'y opposent. Cette lutte symbolique s'achève par un repas de crêpes servi sur l'armoire ornée d'une nappe et de fleurs.
    En même temps quelqu'un chante une complainte édifiante (?) telle que celle de cette veuve qui refuse de se remarier.

  • On trouve dans la collection de Penguern un chant, Marie, qui traite le même sujet.
  • Le chant a aussi son équivalent chez Luzel (Gwerzioù Breiz-Izel, tome 2) et chez Guillerm (Chants de Cornouaille, 1905) intitulé The Nun (le texte en est beaucoup plus court).
  • Le chant An Intañvez, la Veuve qui figure dans les Carnets de collecte de la Villemarqué est assez semblable au "Chant de la Fête de l'Armoire", à certains détails près:
    - on y suggère que la jeune veuve veut entrer au couvent pour y apprendre à lire et à parler le français.
    - et qu'elle refuse les avances de son prétendant parce que celui-ci est le fils du bourreau de Carhaix et qu'elle se méfie des soupirants dont la délicatesse ne survit pas au mariage!
    Si La Villemarqué a sans doute bien fait de passer ces préoccupations utilitaristes sous silence, on peut regretter qu'il n'ait pas retenu le savoureux distique:

    6bis: "Ni ne gousko ket daou memez gwelead
    Hogen ni gousko memez toullad".

    "Nous ne dormirons pas [à] deux [dans la] même "litée"
    Mais nous dormirons [dans la] même "trouée"
  • The Cupboard ceremonial is part of the wedding ceremonial peculiar to Léon (Saint Pol de Léon area).
    The bride's cupboard is carried to the bridegroom's house, while his parents make pretence of opposing it. The strife ends with a pancake meal served on the cupboard laid with a tablecloth and strewn with flowers.
    Custom has it that someone should sing some edifying lament (?), such as the song of the widow who objects to marrying again.

  • There is a song in the Penguern collection, titled Mary dealing with the same topic.
  • A similar song will be found in Luzel's "Gwerzioù Breiz Izel, 2nd series, and another in H. Guillerm's collection of Cornouaille songs (1905), titled The Nun which is much shorter.
  • The song An Intañvez, The Widow included in La Villemarqué's collecting books and the present "Song of the Cupboard Celebration" are very much alike but for a few particulars:
    - It is suggested that the reason why the young widow is so eager to enter a convent is that she hopes to learn there to read and speak French.
    - She turns out the suitor's advances because he is the son of the Carhaix executioner. In addition she suspects that her lover's attentions won't outlast a wedding!
    La Villemarqué was probably right in omitting such utilitarian worries. But maybe he was wrong when he discarded the flavoursome verse:

    6bis: "Ni ne gousko ket daou memez gwelead
    Hogen ni gousko memez toullad".

    "There won't be a "bedful"
    But there shall be a "graveful" of us both."




  • Kan ar Beorien Son Fest Mizeven