Le chant des pauvres

The Song of the Poor

Dialecte de Léon

  • Première publication dans l'édition du Barzhaz de 1867, en remplacement du chant "Son an dud paour" des éditions précédentes (cf. ci-après).
  • Pas d'indication du chanteur. La table A qui porte la mention "Les chants de noces et du printemps sont presque tous d'Anaïc Olivier de Kerigasul-Nizon" a été régigée par Mme de La Villemarqué pour l'édition de 1845.
  • Pas d'équivalent dans le 1er manuscrit de Keransquer
  • Jamais collecté, semble-t-il.
  • First published in the 1867 release of the Barzhaz Breizh, to replace the song "Son an dud paour" of the foregoing editions.
  • No singer stated. The table A mentioning "Nearly all wedding and springtime songs were sung by Anaïc Olivier from Kerigasul-Nizon" was set up by La Villemarqué's mother to prepare the 1845 issue of the Barzhaz.
  • No equivalent in the Keransquer manuscripts
  • Apparently never collected before or after its publishing in the Barzhaz.


  • Mélodie - Tune
    (Si mineur - dernier couplet en fa majeur).

    Français English
    1. Or Saint Pierre à Jésus disait:
    Eo ta larita larita laritala
    - En Bretagne il vous faut aller!

    - En Bretagne, je n'irai point:
    Eo ta larita larita laritala
    L'eau y est bonne et les gens sont sains.

    2. Saint Jean à la Vierge disait:
    - En Bretagne il faudrait aller.
    - En Bretagne, demain j'irai,
    Un grand ami m'a invitée. -

    3. Tout Plouigneau, le jour qui suit,
    Résonne de chants et de cris.
    On entend le ménétrier
    Qui joue pour des gens fortunés.

    4. Il joue pour un riche notable
    Généreux pour les misérables,
    Dont la fortune va croissant,
    Plus on le voit compatissant.

    5. Son fils unique se marie
    Dix-huit ans tout juste et l'oeil vif.
    C'est en son honneur qu'est donné
    Pour ses amis un grand banquet.

    6. A ce banquet, non seulement
    Sont invités tous les parents,
    Mais tous les pauvres, aussi bien,
    Lesquels sont les amis des Saints.

    7. Il est tard, tous sont attablés.
    Une pauvresse est annoncée.
    En guenilles et les pieds nus,
    Au cou son enfant suspendu.

    8. - Bien qu'il soit si tard dans la nuit,
    Soyez la bienvenue, amie! -
    Il prend sa main et l'a menée
    S'asseoir près de la cheminée.

    9. Près du feu pour qu'elle s'y repose
    Ainsi que le bel enfant rose
    Qui sourit aux gens du logis.
    Puis il voit qu'elle n'a rien pris.

    10. - Mangez et buvez à votre aise!
    Ne vous sert-on rien qui vous plaise?
    - C'est que je n'ai ni soif, ni faim.
    Mais j'estime l'homme de bien

    11. Qui par amitié véritable,
    M'a voulu convier à sa table,
    Et c'est de bon cœur que je suis
    Présente aux noces de son fils.

    12. Mon cœur éprouve mille joies
    De voir tous ces gens à la fois.
    Joie que mon fils Jésus ressent
    Vous sachant si compatissants.

    13. Il n'est reconnu de personne
    Hormis celui qui fait l'aumône.
    Mille bénédictions, aussi!
    A vous revoir au paradis!

    14. Ce chant édifiant fut dicté
    Au palais de la Trinité
    Sous un buisson chargé de lis
    Dont embaume le paradis.

    Trad. Christian Souchon (c) 2007
    1. Answering Saint Peter's query
    Eo ta larita larita laritala
    If He would go to Brittany,

    Jesus said: - Why should I go there?
    Eo ta larita larita laritala
    A sound people, with sound water

    2. Saint John asked the Holy Virgin:
    - To Brittany are you going?
    - Yes I'm going there tomorrow
    A good friend asked me: I must go. -

    3. On the next day, all Pouigneau
    Resounded with songs and halloos;
    And the piper shook with his strains
    The house of a noble chieftain.

    4. A wealthy head of family
    Compassionate with poverty
    And when he gave alms to the poor,
    He would increase his wealth still more..

    5. An only son was born to him,
    Now, dashing stripling of eighteen
    And it was in this boy's honour
    That was prepared a feast dinner

    6. A feast dinner for his wedding
    To which all parents were coming
    All his friends had been asked, and
    The poor, who are the saints' best friends.

    7. Late in the night, all were sitting,
    When a woman, delayed, came in:
    Barefooted, with clothes torn to shreds.
    A baby in her arms she held.

    8. - Though you come with so much delay,
    Welcome to you, dear poor lady! -
    And he led her, holding her hand,
    To the hearth full of glowing brands.

    9. Near the fire she could feel warmer.
    And the baby that was with her.
    And smiled to everybody.
    She ate nothing surprisingly.

    10. - Please, you may eat and drink freely.
    All we serve, we serve you gladly.
    - I'm neither hungry nor thirsty.
    But I have come in amity.

    11. My friendship to you is sincere
    As was to me your offer dear,
    Your dear offer that I would come
    To the wedding feast of your son.

    12. My heart feels joys, a thousand
    When I see the people present
    And my son Jesus shall rejoice
    About you, true pitying folks.

    13. Jesus by nobody is known
    Except by the one who gives alms.
    A thousand blessings on this house
    We'll see again in paradise! -

    14. In Heaven was made this ditty,
    In the House of the Trinity,
    Under a rose tree whose sweet scents
    Fill Paradise with their fragrance.

    Transl. Christian Souchon (c) 2007

    .

    Chant des pauvres de 1839

    The Song of the Poor of 1839

    Dialecte de Tréguier

  • Première publication dans la première édition du Barzhaz de 1839, Tome 2.
  • Composé par Yan Ar Gwen (1774 - 1849), auteur/ arrangeur de chansons publiées sous forme de feuilles volantes (Selon indication de l'"argument")
  • Pas d'équivalent dans le manuscrit de Keransquer
  • Il existe plusieurs chants commençant par "me m'eus choazet ur vestrez" (j'ai fait choix d'une bien-aimée). Une chanson sur le même canevas rythmique fait partie du répertoire des célèbres chanteurs de "Kan ha diskan", les Frères Morvan. Le texte présente certaines similitudes avec le chant du Barzhaz.
  • First published in 1839, fist edition of the Barzhaz, book 2
  • As stated in the "argument, composed by Yan Ar Gwen (1774 - 1849) author/arranger of songs published as broadsides.
  • No equivalent in the Keransquer manuscripts
  • Several songs begin with "Me m'eus choazet ur vestrez" (I have chosen a mistress). A song with the same rhythmical structure is sung by the famous "Kan ha diskan" singers, the Morvan Brothers. Its lyrics and those of the Barzhaz song are roughly alike.


  • Mélodie - Tune
    (Inconnue, remplacé "Me m'eus choaset ur vestrez" chanté par les frères Morvan).

    Français English
    1. J'ai jeté mon dévolu sur certaine belle,
    Et rien ne me réjouit plus que d'être auprès d'elle,
    De lui tenir compagnie, lui parler sans trève.
    Tandis qu'elle comble mes jours, elle hante mes rêves.

    2. Ma bien-aimée est jolie, autant qu'elle est bonne.
    Il n'est dans tout le pays plus jolie personne.
    Autant que ses traits charmants, ses propos aimables
    De s'emparer de mon cœur, l'ont rendue capable.

    3. Elle a la taille élancée, la jambe mutine.
    Tels deux gouttes de rosée, ses yeux s'illuminent.
    Si je suis désespéré, qu'un mal me pénètre,
    Quand j'entend sa voix, je sens ma gaîté renaître.

    Trad. Christian Souchon (c) 2012
    1. I've set my heart on a lass and I love none but her.
    I get no satisfaction but from her alone, sir.
    I've no pleasure and no joy, but in hearing her voice,
    By day and by night of her I dream and I rejoice.

    2. My sweetheart is fair, as much as she is good-hearted
    Such good looks were in these parts to no girl imparted.
    And it's her beauty, combined with her benevolence,
    That subdued my heart and got it into compliance.

    3. Her legs are as nimble as her body is slender.
    Her eyes, two morning dew drops, make her face so tender.
    And if I feel despondent, overcome by illness,
    I'm healed as soon as I hear the voice of my mistress.

    Trad. Christian Souchon (c) 2012


    Brezhoneg

    Cliquer ici pour lire les textes bretons.
    For Breton texts, click here.


    Les deux chansons de pauvres du Barzhaz
    Comme cela a été indiqué à propos de "La ceinture de noces, une chanson, était autrefois chantée le lendemain de la noce lorsque les mendiants du canton étaient conviés à consommer les restes qui leur étaient servis par la jeune épousée elle-même. En témoignage de reconnaissance, ils faisaient une ronde en chantant quelque pièce en vogue. Pour illustrer cette coutume, La Villemarqué à recours:
  • dans les éditions de 1839 et 1845, à un extrait d'un chant d'amour composé, nous dit-il, par le "pauvre aveugle" Yan Ar Gwen (Jean Le Guen), une pièce qui, "moyennant de légers changements, se trouve convenir à merveille a la mariée".
    Jean Le Guen (1774 - 1849) était un compositeur trégorrois de chansons pour feuilles volantes bien connu dans toute la Basse-Bretagne (cf. Le carnaval de Rosporden).
    C'est le seul chant de 1839 qui ne soit pas repris dans les éditions suivantes. C'était aussi le seul que La Villemarqué avouait avoir tiré d'un auteur de feuilles volantes.
  • dans l'édition de 1867, à un chant allégorique mettant en scène des mendiants:
    La Vierge Marie déguisée en mendiante est conviée à la noce qu'elle comble de bénédictions.
    Cette légende naïve est aussi un appel délicat à la charité!
    Le chanoine Pérennès a publié en 1939 un chant tiré du même registre: Ar paour.

    La Vierge Marie est également au centre des "Passions" que l'on chantait en Cornouaille et dans le Pays de Vannes pendant la Semaine Sainte.

    Cf. aussi La ceinture de noces

    Yan Ar Gwen
    Né le 24 décembre 1774 à Plougresvant (Côtes d'Armor) et décédé le 29 décembre 1849 à Plouguiel (même département), ce poète chanteur, aveugle de naissance, se situait à l'opposé des canons esthétiques du Barde de Nizon. Il se pliait aux goûts de son public, et composait, à la commande, des chansons de circonstances: départ de jeunes hommes à l'armée, fiançailles rompues, événements sensationnels en Bretagne ou ailleurs. Jamais, ou si peu, il ne s'intéresse aux événements historiques, si ce n'est à l'épidémie de choléra qui frappa toute la France en 1832.
    Contrairement à ce que laisse entendre La Villemarqué, ce n'était pas un mendiant. Il chantait aux fêtes et pardons du Trégor et l'on venait de loin pour l'entendre. Bientôt il s'adressa à des imprimeurs de la région de Morlaix, en particulier Alexandre Lédan (qui a laissé son nom à une importante collection de chants en langue bretonne). Ces feuilles volantes furent diffusées dans toutes les foires, marchés et pardons de la région.
    Bien qu'il ne connût pas le français, ses textes étaient farcis d'emprunts à cette langue, selon l'usage du temps que La Villemarqué condamnait avec vigueur. C'est pourquoi ce dernier ne fait apparemment jamais appel à l'importante source que constitue le répertoire de l'aveugle: Joseph Ollivier dans son "Catalogue bibliographique de la chanson bretonne sur feuille volante" (1942), ne dénombre pas moins de 46 chants de sa composition et lui en attribue 12 autres. Elles traitent parfois de thèmes politiques (éloges de Louis-Philippe, Louis-Napoléon, etc.), sans jamais contester le pouvoir en place; de sujets de société (la mode vestimentaire, les parapluies, la pomme de terre, etc.); plus souvent de faits divers (naufrages, calamités naturelles, crimes et forfaits, etc.); ou de "disputes", qui sont les héritières bretonnes des "jeux-partis" du Moyen-âge où les allégories de deux métiers, éléments (l'eau et le feu, par exemple), deux tempéraments... se donnent la réplique et parviennent in fine à une estime réciproque . Si l'on n'y trouve qu'un seul chant religieux (Recit voar vue santes Philomel: récit de la vie de Sainte Philomèle), les "chansons de circonstance", commandées pour marquer un événement heureux ou triste sont les plus nombreuses.

    Me 'm oa choazet eur vestrez
    Un chant portant ce titre est attribué au Jésuite Michel Le Nobletz qui est connu pour avoir composé, à des fins de prédications, des cantiques à partir de chants profanes.
    Ce chant, reproduit ci-après, se trouve p. 293 du recueil de Cantiques "Kanaouennoù Santel" que l'Abbé Jean-Guillaume Henry, publia en 1842. Il y précise que le timbre est "Evnik a gan er c'hoad uhel", titre d'un chant du Barzhaz, mais la mélodie qu'il indique est légèrement différente. Ce chant est le premier d'une série de 20 "gwerzioù" très courtes (4 lignes pour la plupart), précédées d'une introduction en breton où l'abbé annonce son intention de publier un florilège de chansons
    "qui circulent dans le pays, telles des fillettes échevelées qui n'ont besoin que d'un petit coup de peigne pour être du goût des connaisseurs". M. Fañch Postic, dans l'article du site "Precol" (http://precol.fr/index.php?) qu'il consacre à cet auteur, constate que l'abbé n'y a pas donné suite et qu'on n'a pas retrouvé de traces des collectes qu'il aurait pu mener.
    L'abbé Henry était également un compositeur: on trouvera sur le présent site un charmant chant de bazvalan dont il est l'auteur.
    MIKEL NOBLETZ D'AR WERC'HEZ

    Me am-eus choazet ur vestrez
    Un Itron hag ur Rouanez.
    Va c'halon a zo estlammet
    Oc'h arvestiñ en he gened

    MICHEL LE NOBLETZ A LA VIERGE

    J'ai choisi une maîtresse
    Une dame et une reine
    Mon cœur est en admiration
    Quand il la contemple dans sa beauté

    "Arvestiñ" et "estlamm" sont 2 des mots difficiles
    traduits, dans un glossaire, en... français.
  • The two songs of poor in the Barzhaz
    As already stated in the comments to "The Wedding belt, a song was formerly sung on the second wedding day when the poor of the neighbouring came and ate the leftovers served by the bride herself. To thank her they would perform a ring dance while singing some popular ditty.
    To illustrate this custom La Villemarqué uses:
  • in the 1839 and 1845 editions, an excerpt from a love song composed for his wife by the "blind poor man" Yan Ar Gwen (Jean Le Guen). "This piece, with a few changes, happens to be perfectly fitting as compliment to the bride.
    Jean Le Guen (1774 - 1849) was in fact a singer-poet out of the Tréguier area who composed or arranged broad-side songs circulating in all Lower-Brittany (see The Rosporden Carnival).
    This is the only song in the first edition that was not kept in the following ones. It was also the only instance of a song which he admitted to have borrowed from a broadside composer.
  • in the 1867 an allegorical tale featuring beggars:
    The Virgin Mary disguised as a beggar woman is invited to a wedding on which she calls God's blessing.
    This naive legend is gently asking for charity.

    Canon Pérennès published in 1939 a song residing in the same register: Ar paour.

    The Holy Virgin is also one the main characters in the "Passions" sung in Cornouaille in the Vannes-shire during the Holy Week days.

    See also The wedding belt

    Yan Ar Gwen
    This songwriter-songster, born on 24th December 1774 at Plougresvant (Côtes d'Armor) and deceased on 29th December 1849 at Plouguiel (same département) and blind by birth was at the exact opposite side of the aesthetic canons of La Villemarqué's compositions. He complied with the wretched taste of his audience and would compose, to order, occasional songs apt to record young conscripts' departure to the army, broken betrothals, and all such events worth talking about within or without Brittany. Almost never did he deal with historical events, except during the 1832 cholera epidemic.
    Contrary to La Villemarqué's statement he was not a beggar. He would sing at galas and Pardon feasts in the Lannion area and people came from far to enjoy his singing. Soon he appointed printers in the Morlaix district, in particular the famous collector of songs in Breton language, Alexandre Lédan. These broadsides circulated throughout Brittany, in all fairs, markets and "pardons".
    Though he did not speak French, his lyrics were crammed with French loanwords, as was the wont of those days, to La Villemarqué's great displeasure. That is why the latter apparently never availed himself of the blind man's repertoire though it could have been an outstanding source: Joseph Ollivier, in his "Bibliographical catalogue of Breton broadside songs" (1942), lists no less than 58 songs of which 46 were certainly and 12 allegedly composed by him. They sometimes deal with political issues (eulogies of King Louis-Philippe or Prince Louis-Napoléon, etc.) but they never are subversive; with life in society (clothing fashion, the umbrella, the potatoes, etc.); more often with "faits divers" (shipwrecks, natural calamities, crimes of all sorts; or with so-called "disputes" that prolong the medieval "jeopardy" (jeux partis) where allegories of two entities, two callings, two elements (e.g. water and fire), two temperaments... discuss their own merits until they come to an agreement founded on reciprocal esteem. Only one song is dedicated to a religious topic: ("Recit voar vue santes Philomel", the life of the holy Philomela). The "occasional songs" ordered to record special events, happy or not, are, by far, in the greatest number.

    Me 'm oa choazet eur vestrez
    A song with this title is ascribed to the jesuit Michel Le Nobletz who is well known for having composed, for propaganda purposes, church hymns built upon secular ditties.
    This song, printed hereafter, is found on p. 293 of the church hymn collection "Kanaouennoù Santel" by Rev. Jean-Guillaume Henry, published in 1842, where it is directed to be sung to the tune of "Evnik a gan er c'hoad uhel", a Barzhaz ditty, though the melody in "Kanaouennou" is slightly different. It is the first in a series of 20 very short "gwerzioù" (4 lines ). This chapter is preceded by an introduction in Breton (like the rest of the book) stating the priest's intention to publish a choice of songs
    "circulating about the country, that are like dishevelled little girls who need but a little touching up to meet the connoisseurs' standards.". M. Fañch Postic, in his article at the site "Precol" (http://precol.fr/index.php?) dedicated to this author, writes that the Rev. Henry's project did not materialize and no sign of a collecting activity could be discovered.
    The Rev. Henry also was a composer of songs: on this site you will find a charming "bazvalan" song authored by him.
    MIKEL NOBLETZ D'AR WERC'HEZ

    Me am-eus choazet ur vestrez
    Un Itron hag ur Rouanez.
    Va c'halon a zo estlammet
    Oc'h arvestiñ en he gened

    MICHEL LE NOBLETZ TO THE HOLY VIRGIN

    I have chosen a love
    A lady and a queen
    My heart is overcome with admiration
    When I consider her beauty.

    "Arvestiñ" and "estlamm" are 2 of the difficult words
    that are translated in a glossary...into French!





  • An daol Kan an Arvel