La Croix du Chemin

The Cross by the Wayside

Dialecte de Cornouaille

  • Première publication dans l'édition du Barzhaz de 1839.
  • "Aussi riche que le Marquis de Pontcallec: chanté par Perrine Guéguen de Kergutulic en Nizon." Cette indication qui figure dans la "Table B vise Marguerite Guéguen, épouse Le Naour (1804-1870) et le chant noté sous l'incipit "Me meus choazet dre va fenn" (J'ai jeté mon dévolu) dans le 1er cahier de collecte. (Madame de La Villemarqué a dû la confondre avec sa belle-soeur, une autre informatrice, Perrine Michelet, épouse Guéguen).
    Francis Gourvil considère même qu'il s'agit d'une seule et même personne, mais Donatien Laurent montre qu'il n'en est rien.
    La Table A, quant à elle, indique que "La Croix du chemin" (ainsi que "La cheminée de ma maîtresse") a été chantée par Anaïc Olivier de Nizon, (Marie Anne Olivier, épouse Delliou, 1768-1845, à qui l'on doit déjà 8 autres chants). Le chant déjà cité parle d'une "croix neuve" (strophe c) et de la ville de Pont-Croix près d'Audierne (strophe e).
    Dans l'"argument" de 1867, La Villemarqué attribue la composition du chant au fils du meunier du Marquis de Pontcallec (1698-1720) et suggère qu'il serait aussi l'auteur de la fameuse élégie sur la mort de ce personnage.
  • Le 1er manuscrit de Keransquer contient, outre le chant déjà cité, "Me meus choazet dre va fenn", qui a fourni à La Villemarqué l'équivalent de 4 strophes, un chant commençant par "Evnik ar c'had glas" (L'oiseau de la verte forêt) qui se retrouve en entier dans le chant du Barzhaz (2 strophes 1/2).
  • Aucun chant qu'on puisse suffisamment rapprocher des précédents ne semble avoir été collecté ailleurs (cf. cependant Me'm-eus un evnik rous).
  • Couverture du 'Barzaz pe Ganaouennoù Breiz' vers 1844

    Couverture du 'Barzaz pe Ganaouennoù Breiz'
    brochure de 24 pages publiée vers 1844.
  • First published in the 1839 edition of the Barzhaz.
  • "As rich as Marquis de Pontcallec: sung by Perrine Guéguen from Kergutulic near Nizon." This hint in"Table B points to Marguerite Guéguen, wife of Le Naour (1804-1870) and the song recorded under the incipit "Me meus choazet dre va fenn" (I've set my heart) in the first Keransquer collecting book. (Madame de La Villemarqué might have mistaken her first name for that of another informer, her sister-in-law, Perrine Michelet, wife of Guéguen).
    As for Table A, it contains the hint that "The cross by the wayside" (along with "Sweetheart's chimney") was sung by Anaïc Olivier from Nizon, (i.e. Marie Anne Olivier, wife of Delliou, 1768-1845, to whom we are indebted for eight other songs). The afore-mentioned song is about a "New cross" (stanza c), as well as the town Pont-Croix (="Crossbridge") near Audierne (stanza e).
    In the"argument" to the song in the 1867 edition, La Villemarqué ascribes the authorship thereof to the son of Marquis de Pontcallec (1698-1720) 's miller and suggests that the latter might also have written the famous lament on the death of this nobleman.
  • The first Keransquer MS harbours, beside the already mentioned song "Me meus choazet dre va fenn", which provided La Villemarqué with 4 stanzas for his own composition, another ditty beginning with "Evnik ar c'had glas" (The bird in the green wood) the whole of which is found within the Barzhaz song (2 stanzas and a half).
  • No song that could be relevantly paralleled with the three songs above was, apparently, collected anywhere else (see however Me'm-eus un evnik rous).

  • Mélodie - Tune
    (Sol majeur: d'après l'harmonisation de Friedrich Silcher dans l'édition allemande de 1841).

    FrançaisFrançais English
    1. L'oiseau qui chante dans la futaie,
    A les ailes jaunes et dorées,
    La tête bleue, le poitrail roux:
    Là-haut sur l'arbre, il chante un chant si doux.

    2. Mais de bien bonne heure il s'est posé
    Sur le rebord de notre foyer.
    Je récitais le "Notre Père";
    "Petit oiseau, qu'es-tu donc venu faire?"

    3. Autant de doux mots dans sa chanson
    Que d'églantines dans le buisson;
    - Choisissez une amie, Seigneur,
    Dont puisse se réjouir votre cœur.-

    4. J'ai vu près de la Croix du chemin,
    Un minois propre à damner un saint.
    Dimanche à la messe, j'irai
    Et sur la place je la reverrai.

    5. Ses yeux sont clairs comme le cristal
    De l'eau dans quelque précieux bocal.
    Ses dents blanches sont d'un brillant
    Si pur qu'on les prendrait pour des diamants.

    6. Ses mains, ses joues sont comme l'ivoire,
    Du lait blanc dans une jatte noire;
    Si vous la voyiez, mon ami,
    Votre cœur en serait tout réjoui!

    7. Quand autant de mille écus j'aurais
    Qu'en a le marquis de Pontcallec,
    Quand j'aurais une mine d'or,
    Sans elle, je serais bien pauvre encor.

    8. Quand bien même il pousserait devant
    Mon seuil des fleurs d'or et de diamant,
    Quand j'en aurais plein mon courtil,
    Sans mon aimée, je serais fort marri!

    9. Chaque chose obéit à sa loi:
    L'eau qui jaillit de la source va
    S'écouler dans le vallon creux;
    Tandis que vers le ciel monte le feu.

    10. La colombe veut un nid bien clos,
    Le corps, quand il meurt, veut un tombeau,
    Et l'âme aspire au paradis.
    Et moi, c'est votre cœur que je chéris.

    11. J'irai donc chaque lundi matin,
    Prier près de la Croix du chemin.
    J'irai jusqu'à la Croix nouvelle,
    En l'honneur de ma chère demoiselle.

    Trad. Christian Souchon (c) 2012
    1. Chaque année, aux feuilles nouvelles
    Un oiseau chante dans le bois;
    Son front est bleu, jaunes ses ailes,
    Rouge son cou, douce sa voix.

    2. Comme je faisais ma prière,
    Ce matin, il s'est abattu
    Sur le toit de notre chaumière:
    - Cher petit oiseau, que veux-tu? -

    3. Il m'a dit plus de douces choses
    Qu'il n'est de roses au courtil,
    Qu'il n'est de feuilles dans les roses:
    - Aimez, aimez! - me disait-il.

    4. J'ai vu près de la croix de pierre,
    Au bord du chemin, lundi soir,
    Une fille passer; j'espère
    Dimanche, au pardon la revoir.

    5. Ses yeux sont plus clair, j'imagine,
    Que l'onde en un cristal; des dents
    Plus blanches que la perle fine
    Qu'on pêche au retour du printemps;

    6. Plus blanc ses mains et son visage
    Que la blanche goutte de lait;
    Si vous la voyiez, oui, je gage
    Que ma douce vous charmerait.

    7. Quand je serais plus riche même
    Qu'un Pontcallec, plus riche encor;
    Si je n'ai pas celle que j'aime
    Je suis pauvre avec un trésor.

    8. Quand je verrais croître à ma porte
    Au lieu de fougère, une fleur,
    Une b elle fleur d'or; qu'importe
    La fleur d'or, vraiment, sans son cœur!

    9. Chaque chose à sa loi s'enchaîne;
    L'onde du rocher doit couler
    Et s'enfuir au fond le la plaine,
    La flamme s'élever dans l'air.

    10. Il faut au cadavre la tombe,
    A l'âme, l'éternel bonheur,
    Un nid bien clos, à la colombe;
    A moi, ma douce, votre cœur!

    11. Oui, je fais vœu d'aller pour elle,
    D'aller chaque lundi matin
    A genoux à la croix nouvelle
    Qui s'élève au bord du chemin.

    Traduction en vers de La Villemarqué
    1. A little bird sings in the high wood.
    It looks as though it wore a blue hood,
    Wings of yellow, and breast of red,
    Sings on the tree. Did you hear what it said?

    2. Early this morning it flew down town,
    On the sill of our hearth it came down,
    I was kneeling saying a prayer
    - Dear little bird. For a chat do you care?-

    3. It tweeted to me many a word,
    As many as has roses the shrub!
    - Do choose a girl, pretty and smart.
    She will be able to rejoice your heart. -

    4. I saw near the Cross by the wayside
    On Monday, a girl that, far and wide,
    Outshines all others. And next day
    When she comes out of mass, there will I stay.

    5. Her bright eyes are as limpid and clear
    As the forest spring where drinks the deer.
    The pretty, white teeth of this girl
    Are brighter still than the most precious pearl.

    6. Her sweet fine hand and her lovely cheek
    Are whiter than milk. She's mild and meek.
    Friend, if you could see her, I tell
    You that your heart would be under the spell.

    7. As many thousand crowns, if I had,
    As are in Marquis Pontcallec's bag,
    Even if I had a gold mine
    I would be poor, if that girl were not mine.

    8. Even when past the sill of my door
    Would thrive no green fern, but golden flowers
    And when my yard of it were full
    Without that girl, all that were void and null.

    9. Each thing is subject to its own rule.
    The water runs down out of the pool.
    The water always runs downhill.
    The fire soars up to the sky: that's its skill.

    10. The dove craves for a warm, cosy nest.
    For the dead corpse a dark grave is best.
    The soul longs for paradise bliss.
    Whereas my heart only longs for her kiss.

    11. Every Monday morning, on the moss,
    I'll kneel in the shade of the New Cross,
    Near the Wayside Cross, on that day,
    That I may see my sweetheart I shall pray.

    Transl. Christian Souchon (c) 2012


    Brezhoneg

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    Résumé
    Dans le Barzhaz de 1867 ce chant est précédé de cet "argument":
    "La croix dont il va être question est celle du bord de la route de Quimperlé à Riec. Le jeune "kloareg", auteur de la chanson qui en parle, était de cette dernière paroisse, et renonça à la robe noire pour reprendre, comme on dit, l'habit blanchi de farine; son père en effet était meunier du marquis de Pontcallec et avait son moulin sur un cours d'eau, non loin du manoir seigneurial : il rimait force zônes (sonioù) en piquant sa meule, et peut-être faut-il lui attribuer la belle élégie de son seigneur.
    Quoi qu'il en soit, la pièce suivante est digne du même poète, j'allais dire du chantre de Laure."

    Les chants du carnet de Keransquer
    Le rapprochement avec le premier cahier de Keransquer, montre que le jeune Barde a puisé essentiellement à deux sources:
  • Le chant qui commence par "Evnig er c'hoad glas" (oiseau de la verte forêt) lui a fourni les strophes 1, 2 (premier distique) et 3, auxquelles il n'a pas apporté de changement significatif: la "forêt verte" devient un "haut bois" (koad uhel), pour mieux rimer avec "askell", aile.
    Les mots "mantel" (manteau - de la cheminée) et "propoz" (tenir des propos), qui sentent trop le français, sont remplacés par l'impropre "treuzoù" (seuil) et l'insipide "lared" (dire).
    La deuxième moitié de la deuxième strophe:

    "Keit ha ma oan gant ma "fater"
    -Evnig mad, petra a glasker?",
    Alors que j'étais à dire mon "pater"
    - Mon bon oiseau, que cherche-t-on?

    est du crû de La Villemarqué. Elle fait de cette histoire d'oiseau multicolore un chant de clerc, conformément au programme énoncé en préambule du Pauvre clerc, dans l'édition de 1839!
  • Le second chant, Me 'm eus choazet dre va fenn, (J'ai choisi par caprice) a fourni au Barde les strophes 4, 5, 6, 7 (premier distique) et la strophe 11 qui conclut le poème. Les couplets qu'il a écartés donnent à cette chanson un caractère sarcastique et anticlérical qui heurtait certainement les convictions du jeune vicomte:

    (a) Je me suis entiché
    D'une maîtresse belle comme les saints
    J'irai la voir dimanche.
    Oui, s'il m'est possible de marcher.

    La dernière ligne ("Ya, mar ve posubl din kerzhed") suggère que l'amoureux pourrait être un impotent qui a du mal à marcher et qui s'est épris d'une (jeune) beauté.
    L'expression "ur vestrezik evel [d']ar zent" (une maîtresse comme les saints) est-elle blasphématoire? Ce n'est pas l'avis de La Villemarqué qui l'a conservée telle quelle, y compris dans sa traduction "ur plac'h evel ar zent" (une jeune fille belle comme les saints).

    (b) Et je lui apporterai en présent
    Un anneau d'or, l'autre d'argent.
    Si vous la voyiez, mon ami
    Elle vous mettrait la joie au cœur!

    L'amoureux est riche. Voudrait-il séduire la belle par ses largesses?
    Suivent les strophes 5, 6 du Barzhaz qui font le portrait de la dame, et le couplet dont La Villemarqué a sans doute eu raison de faire sa 11ème strophe, où le héros de l'histoire annonce qu'il ira s'agenouiller chaque lundi matin au pied de la Croix neuve, pour l'amour de sa belle, - s'agit-il de l'impressionner par une piété ostentatoire?

    (c) Elle porte un ruban
    Auquel il y a quatre anneaux,
    Un ruban rouge allant jusqu'à terre
    Auquel il y a dix huit miroirs (?).

    (d) - Moi, j'ai une maîtresse à Pont-Croix
    Qui n'est ni trop petite, ni trop grande.
    Si vous la voyiez, mon ami
    Votre cœur déborderait de bonheur!

    Non seulement la fille est jolie, mais elle est riche, elle aussi. Elle possède déjà quatre anneaux (offerts par qui?) qu'elle a joints aux dix-huit miroirs (s'il s'agit bien de miroirs, "mirouer', car Donatien Laurent a lu "rimiar", un mot incompréhensible) accrochés au ruban de sa coiffe indiqueraient, comme on l'a vu dans le chant précédent, que sa dot se monte à dix-huit mille écus.
    La suite (d) est peu claire: il est question d'une maîtresse - sans doute la même - demeurant à Pont-Croix, près d'Audierne. Il semble qu'il y ait ici une lacune dans le récit et que la belle dise quelque chose à quoi le narrateur répond: "Me ken aliez a vil skoed En-defe Markiz Pontkalek":

    (7.1) - Moi, autant de milliers d'écus
    Qu'en aurait le Marquis de Pontcallec.
    (e) Je n'ai pas besoin de vous:
    On me dit que vous êtes la fille d'un prêtre.

    - Qui trouveriez-vous pour prouver
    Que je suis la fille d'un prêtre?
    Je suis la fille d'un homme comme il faut,
    Natif du Léon.

    Cette histoire grinçante rappelle plus la fameuse chanson "An hini gozh", que l'idylle en laquelle La Villemarqué a cru bon de la métamorphoser.
    Ce qui est sûr, c'est que l'argent et la richesse sont au centre de l'intrigue et que nulle part, il n'est question d'un clerc qui jette sa soutane aux orties pour les beaux yeux d'une belle.
    En outre, les noms de lieux cités dans l'argument qui évoque la route de Quimperlé à Riec-sur-Belon n'apparaissent pas, non plus, dans ces sources.
    Quant au nom de Pontcallec, il nous entraine à une vingtaine de kilomètres plus à l'ouest. Dans la présentation commune des soi-disant "quatre chants de clercs" dans l'édition de 1839, cette référence sert à dater la "Croix du chemin":

    "La troisième chansonnette est antérieure à la fin du siècle dernier, car elle fait mention des seigneurs de Pontcallec, famille qui, depuis cette époque a quitté la Basse-Cornouaille".

    La strophe (8) du Barzhaz reprend en la modifiant la phrase (e) "N'am-eus ket afer ac'hanoc'h" (je n'ai pas besoin de vous), pour lui donner un sens qui cadre avec cette histoire de clerc converti à l'amour.

    Où l'on retrouve Merlin-Barde
    Mais d'où viennent donc les strophes (9) et (10)?
    Il semble bien que ce soient des digressions à partir de la phrase "Kement tra 'deus e lezenn graet"(chaque chose a sa loi fixée), par laquelle débute ce passage. Cette phrase se retrouve, à l'identique, dans un autre chant du manuscrit de Keransquer, page 305.2. Il s'agit du chant "Merlin" dont est tiré l'essentiel de Merlin-Barde, et plus particulièrement de la strophe (89). Si elle a été laissée de côté dans le "Merlin-Barde" du Barzhaz, elle a visiblement inspiré les strophes 9 et 10 de la présente pièce

    (89) "Bonne santé à vous, Seigneur Roi,
    Me voici à nouveau de retour.
    J'aurai votre fille, cette foi:
    Après la malchance vient toujours la chance,

    Tout comme le printemps suit l'hiver,
    Et les feuilles vertes, les feuilles sèches,
    Et la rose rouge, l'épine noire écrasée
    Chaque chose a sa loi fixée..."

    Ici encore, La Villemarqué, détourne le sens du texte qu'il adapte. Dans "Merlin", le jeune Raphaël, veut signifier au roi que le serment qu'il a prononcé a déclenché un processus inéluctable, aussi inéluctable que le retour de la belle saison, et que ses tentatives pour échapper à ses obligations sont fatalement vouées à l'échec.
    La transposition de La Villemarqué énumère plutôt les choses soumises au principe des affinités électives. En l'absence d'autres sources connues, il y a tout lieu de croire que c'est sa propre poésie dont, de manière assez imp(r)udente, il fait des éloges dithyrambiques dans les "notes et éclaircissements" de 1845:

    "Quoi de plus frais, de plus délicat, de plus chaste et de plus suave que ces chants d'amour? L'expression en est mélancolique et douce. Elle emprunte au ciel à la nature, aux fleurs des bois la variété de ses vives couleurs...Cet autre [clerc] qui lorsque la colombe demande un nid bien clos, le cadavre la tombe et l'âme le Paradis, demande lui le cœur de sa bien aimée, n'est-il pas arrière-neveu de Pétrarque ou de Dante?"
    (Dans l'argument de 1867, il se contente d'un plus sobre: "La pièce suivante est digne...du chantre de Laure").

    On comprend pourquoi le Barde de Nizon était si réticent à autoriser une édition critique du Barzhaz. Remonter "aux sources du Barzhaz", comme nous y invite Donatien Laurent, met à jour des à-peu-près et des supercheries même là où on s'y attendrait le moins: dans les "chants de fêtes et chants d'amour" que les censeurs les plus acerbes avaient en général épargnés dans leurs critiques!

  • Résumé
    In the 1867 "Barzhaz, this song is preceded by this "argument":
    "The next song is about a cross standing on the road from Quimperlé to Riec.
    A young "kloareg", the author of the song, dwelling in the latter town, resigned the black cassock to don the flour white miller's dress, as his father was miller to the Marquis of Pont-Callec and had a mill not far from the Lord's manor. He used to rhyme all sorts of sonioù (songs) when he was busy preparing millstones and he could possibly be the author of the beautiful lament on his lord's death.
    Anyway, the present song could have been written by the same poet, if not by Laura's exalter."

    The songs in the Keransquer copybook
    Comparing this piece with the first Keransquer copybook shows that the young Bard drew on two main sources:
  • A song beginning with "Evnig er c'hoad glas" (Bird in the green wood) provided him stanzas 1, 2 (first two lines) and 3, which he left mostly unchanged, but for the "green wood" that became a "high wood" (koad uhel) to better rhyme with "askell" (wing).
    Besides, the words "mantel" (-piece) and "propoz" (speech) were discarded as French loanwords and replaced by the inadeqquate "treuzoù" (threshold) and the commonplace "lared" (to say).
    The second half of the first stanza:

    (2) "Keit ha ma oan gant ma "fater"
    -Evnig mad, petra a glasker?",
    As I was praying Pater Noster
    - Dear little bird, what brings you here?

    is of La Villemarqué's own devising. It makes of this tale of a many-coloured bird a clerk song, pursuant to the program set forth in the introduction to The poor clerk, in the 1839 edition!
  • A second song, Me 'm eus choazet dre va fenn (I have put into my head), provided the Bard with stanzas 4 to 7 (first two lines) and stanza 11 with which the poems ends up. The couplets left out are those that give the original song a sarcastic and anticlerical character which might have upset the young viscount's convictions:

    (a) I've become infatuated
    With a mistress who's like the saints
    I'll go and see her next Sunday
    I will, if I'm able to walk.

    The last line ("Ya, mar ve posubl din kerzhed") suggests that the man in love with a young beauty could be impotent and walk with difficulty.
    Is the phrase "ur vestrez evel[d']ar zent" (a mistress like the saints) a blasphemous one?
    La Villemarqué evidently doesn't think so, since he kept it unchanged, also in translation "ur plac'h evel ar zent" (a girl as beautiful as the saints).

    (b) And I shall bring her as a present
    A gold ring and a silver ring.
    If you would see her my friend
    Your heart would rejoice at the sight!

    The lover is a rich man. Does he want to bedazzle the girl by his liberality? The following stanzas 5 and 6 in the Barzhaz emphasize the lady' merits. So does the stanza which La Villemarqué was doubtlessly right to move down to the eleventh place. In this stanza the man declares that he will kneel down, every Monday morning, at the foot of the New Cross, for the sake of his ladylove, or is it to impress her by making a show of his piety?

    (c) She wears a ribbon
    With four rings intertwined on it,
    A red ribbon reaching down to the earth
    With eighteen mirrors (?) pinned to it.

    (d) - As for me, I have a mistress at Pont-Croix
    She is never tall, nor small.
    If you would see her my friend
    Your heart would rejoice at the sight!

    Not only is the girl pretty, but she is also rich. She already owns four rings (presented by whom?) that she added as an ornament to the eighteen mirrors (Breton "mirouer", if such is the meaning of the unknown word deciphered by Donatien Laurent as "rimiar") pinned to the ribbon of her headdress, as a token of a dowry amounting to eighteen thousand crowns.
    The rest (d) is unclear: it is about a mistress -supposedly the same girl- who lives at Pont-Croix, near Audierne. Apparently there is here a gap in the narrative: the girl seems to say something which the man answers with: "Me ken aliez a vil skoed En-defe Markiz Pontkalek"...

    (7.1) - Me, as many times a thousand crowns
    As would have Marquis de Pontcallec.
    (e) I have no need of you:
    I've been told you were the daughter of a priest.

    - Whom would you ask to prove
    That I am a priest's daughter?
    I am daughter to a man of high condition,
    Native of Léon.

    This sarcastic story reminds more of the famous song "An hini gozh" than of the romance into which La Villemarqué felt called upon to change it.
    We may consider it ascertained that wealth and money play a pivotal part in the plot, which nowhere mentions a clerk who would have given up priesthood for the sake of a pretty girl.
    Furthermore, the place names that are quoted in the "Argument", to wit the Quimper Riec-sur-Belon road, do not appear in these sources.
    On the contrary, the name Pontcallec shifts the scenery twenty kilometres further west. But in the introduction common to all four alleged "clerk songs" in the 1839 edition, this reference is used as a proof for the great age of the song:

    "The third ditty should be older than the end of the previous century, since it mentions the Lords Pontcallec, a family who left by then Lower Cornouaille".

    Stanza (8) of the Barzhaz song keeps the sentence (e) "N'am-eus ket afer ac'hanoc'h" (I have no need of you), with apt changes to make it tally with this story of a clerk indulging in a love affair.

    Merlin-Bard's comeback
    Now, whence do stanzas (9) and (10) come?
    They seem to be digressions from the sentence "Kement tra 'deus e lezenn graet"(each thing obeys its own rule) with which this passage starts. Exactly the same sentence is found elsewhere in the Keransquer MS. To wit, on page 305.2, in the song Merlin which provided most of the material for Merlin-Bard. More precisely, in stanza (89) of the said song which was left out in the "Merlin the Bard" ballad of the Barzhaz, but apparently inspired stanzas 9 and 10 of the present piece:

    (89)"(...) Good health to you, your Majesty!
    I am back here and now
    I shall have your daughter!
    Good luck always comes after bad luck.

    After winter comes spring time.
    As green leaves come after dead leaves,
    And red berries after black thorns whereon you tread.
    Everything is subject to its own rules..."

    Here again, La Villemarqué diverts the meaning of the text he adapts. In "Merlin", young Raphael wants to make clear to the king that the oath he swore will inescapably force him to fulfil his commitment, as inescapably indeed, as will springtime come after winter, and there is no use trying to escape it.
    La Villemarqué's transposition lists, instead, couples of things linked together by elective affinities. As long as no other sources are identified, there is every reason to consider that it is his own poetry which he extols in a rather shameless way, in the 1845 "Notes and explanations", as follows:

    "Can you imagine anything more refreshing, delicate, innocent and suave than these love songs? They are devised to be both melancholy and soothing. They borrow from the sky, from nature, from the flowers of the forest, their many vivid colours... Is not the [clerk] who, when the dove craves a cosy nest, the corpse a grave to rest and the soul God's Paradise, craves for his part his sweetheart's love, a kinsman of Petrarch or Dante?"
    (In the 1867 edition the argument states more soberly: "The following piece could vie... with Petrarch's poetry").

    Now we understand why the Bard of Nizon was so reluctant to allow a critical edition of the Barzhaz to be made. The investigation of the "Sources of the Barzhaz" by Donatien Laurent exposed approximations akin to frauds, even there where they are least expected: in the "Festival and love songs", which had been always spared by the most uncompromising critics!





  • Les miroirs d'argent La rupture