Le Paradis

Song of Paradise

Dialecte de Tréguier

  • Première publication dans le Barzhaz, 1ère édition, en 1839.
  • Pas d'indication d'origine, si ce n'est, dans la table A, "chanté par des pauvres sans demeure".
  • Noté deux fois dans le premier cahier de Keransquer sous le titre "Barados" pages 168 et 183.1
  • Existe - sous forme de manuscrit: dans le fonds Luzel des "Nouvelles acquisitions françaises" de la Bibliothèque Nationale (Paris). "Le Paradis" (trad.)
    - sous forme de feuille volante: "Cantic ar Baradoz" (N°190 du catalogue Ollivier).
    - sous forme de recueil:
    . "Taulennou ac oraesonou eus an oferen santel", Brest, 1828: "Cantic ar Barados".
    . par N. Quellien dans "Chansons et danses des Bretons": Gwerz ar Baradoz.
    . par Souvestre, dans ses "Derniers Bretons": "Le Paradis" (trad.).
  • Clé pendante Loc-Envel (CdA)
  • First published in Barzhaz Breizh, 1st edition, in 1839.
  • No information as to the origin of the song, except in Table A, the statement: "sung by homeless beggars".
  • Recorded twice in the first Keransquer copybook under the title "Barados" on pages 168 and 183.1
  • Recorded: - in handwritten form, in the Luzel MS of the "Nouvelles acquisitions françaises" at the Bibliothèque Nationale (Paris). "Le Paradis" (trad.)
    - as a broadside: "Cantic ar Baradoz" (N°190 in the catalogue Ollivier).
    - in collection books:
    . "Taulennou ac oraesonou eus an oferen santel", Brest, 1828: "Cantic ar Barados".
    . by N. Quellien in "Chansons et danses des Bretons": Gwerz ar Baradoz.
    . by Souvestre, in his "Derniers Bretons": "Le Paradis" (trad.).
  • Mélodie - Tune
    (Mode hypodorien, bien que ré mineur dans le Barzhaz)

    Français English
    1. Jésus, comme elle est immense
    La joie de l'âme en présence
    De Dieu, lorsque pour toujours
    Elle peut vivre en son amour!

    2. Que le temps me semble court
    Et mon fardeau bien peu lourd,
    Quand je songe jour et nuit
    A la gloire du Paradis.

    3. Levant les yeux vers le ciel,
    Le ciel, mon havre éternel,
    Comme, vers lui, je voudrais,
    Colombe blanche, m'envoler.

    4. Vienne l'heure de ma mort,
    Que j'abandonne ce corps,
    A qui tant de maux sont dus
    Et qui m'éloigne de Jésus!

    5. C'est avec joie que j'attends
    Cet ultime événement:
    Voir enfin, bonheur si doux,
    Jésus, mon véritable époux.

    6. Sitôt que j'aurai brisé
    Mes chaînes, je monterai
    Comme une alouette vers
    Les nuées, à travers les airs.

    7. Passant la lune en chemin
    Vers mon glorieux destin,
    Je fuirai l'astre du jour
    Et les étoiles tour à tour.

    8. Quand la terre sera loin,
    Cette vallée de chagrin,
    Mon dernier regard sera
    Pour ma Bretagne, tout là-bas.

    9. Je vous ferai mes adieux:
    Toi, pays de mes aïeux,
    Et toi, monde plein de maux,
    De tant de douloureux fardeaux.

    10. Adieu , âpre pauvreté,
    Adieu, deuil et coeur brisé,
    Adieu, troubles et soucis
    Et adieu, péchés vous aussi!

    11. Je ne crains plus désormais
    Les embûches du mauvais.
    Puisque que la mort a passé,
    Jamais plus je ne me perdrai.

    12. Comme un navire égaré,
    Mais de mon corps libéré,
    Malgré brume et pluie et vent,
    Je parviens au havre à présent.

    13. Tu es le portier, ô mort,
    Qui m'ouvre l'entrée du port
    Dont les écueils ont brisé
    Mon bateau, par les flots poussé.

    14. Et tout ce que mes regards,
    Se portant de toutes parts,
    Verront, emplira mon coeur
    Ainsi que mes yeux, de bonheur:

    15. Car les deux battants du porche
    S'ouvriront à mon approche,
    Et le Ciel laissera voir
    Les saints prêts à me recevoir.

    16. J'entrerai dans le palais
    De la Sainte Trinité
    Dans une gloire inouie
    Au son de suaves mélodies.

    17. Et c'est là qu'en vérité
    Dieu le Père je verrai
    Ainsi que son Fils béni
    Accompagnés du Saint Esprit.

    18. Et l'on verra Jésus-Christ
    Poser, d'un geste attendri,
    Avec sa bénédiction
    Une couronne sur mon front.

    19. - Sachez que vos corps heureux,
    Au dire du Fils de Dieu,
    Etaient richesses cachées
    Dans une terre consacrée.

    20. Semblables aux rosiers blancs,
    Aux lis, aux lilas charmants
    Ornant l'angle d'un jardin,
    Désormais vous ornez le mien.

    21. Au coeur de mon paradis
    Vous êtes des rosiers qui,
    Fanés avec les frimas,
    Retrouvent ici leur éclat. -

    22. De nos souffrances légères,
    Nos angoisses passagères,
    C'est là le prix généreux
    Qu'offre notre Père des cieux.

    23. Nous verrons, vision bénie,
    Au ciel la Vierge Marie,
    Entourée des douze étoiles,
    Diadème posé sur son voile.

    24. Formant l'orchestre divin,
    Tous une harpe à la main,
    Les anges et les archanges
    Chanteront à Dieu Ses louanges.

    25. Nous retrouverons alors,
    Revêtus de robes d'or,
    Parents et frères chéris
    Et amis de notre pays.

    26. Des vierges de tous les temps,
    Des adultes, des enfants,
    Des veuves, de saintes femmes
    Dont Dieu a couronné les âmes.

    27. Des théories d'angelots
    Complèteront ce tableau
    Par leurs harmonieux appels
    Au dessus des hôtes du Ciel

    28. Est-il plus grande merveille
    Que ce doux essaim d'abeilles
    Voltigeant parmi les fleurs,
    Répandant musique et senteurs?

    29. Félicité sans pareille
    Que je vois quand je sommeille
    Et qui console mon coeur,
    En cette vie, dans le malheur!

    Traduction Christian Souchon (c) 2008
    1. O Jesus, how boundless is
    The joy soul experiences
    When it stands in front of God
    Whose love has fallen to its lot.

    2. To me time goes by swiftly
    And I bear my pains bravely
    When I think by day or night
    Of the glory of paradise.

    3. When I look up to the sky
    Towards this homeland of mine,
    I feel in me the urge rise
    Like a white dove thither to fly.

    4. When the hour of death has come
    I shall give up this loathsome
    Flesh of mine that was always
    Towards Jesus in my way.

    5. I am expecting with glee
    The last departure, to be
    United, beyond the tomb,
    With Jesus, my true bridegroom.

    6. Once I have broken the chains
    By which I am here retained,
    I shall rise up in the air
    Just as does the skylark so fair.

    7. Then past the moon I shall rise
    On my way to paradise
    And I shall tread afoot
    The sun and the stars to boot.

    8. Far from this vale of tears
    This world full of wrongs and fears
    I shall look down and see
    Far away Lower Brittany.

    9. Then I shall greet it and say:
    - Good bye to you, my country!
    Good bye, world of affliction!
    Good bye, fate of desolation!

    10. Good bye to you, poverty!
    Good bye, infelicity!
    Good bye, worries and chagrin!
    Above all, good bye to you, sin!

    11. I must no longer defy
    The Devil's cunning and guile
    Nor shall I ever stray:
    From the instant I passed away.

    12. Like a ship that lost her course
    I was driven by my corpse
    To this point amidst the gale,
    The rain and the mist and the hail.

    13. O Death, you open the gate
    Into the harbour, when Fate
    Refused to bring me relief
    In my sailing among the reefs. -

    14. Wherever I'll turn my eyes,
    Most marvellous things I'll spy
    Of which my heart and my soul
    In this place will never be full:

    15. The gates of Paradise will
    Be open when I draw near
    The crowd of the Saints shall hail
    Me as I tread the holy mall.

    16. And I shall be welcome to
    The Hall of Trinity who
    Shall open the door to me
    In harmony and pageantry.

    17. And there - I do speak truly-
    Our Father God I shall see,
    His Son who died on the cross
    As well as the Holy Ghost.

    18. I shall see Lord Jesus lay
    In a most benignant way
    A wreath upon my brow
    While humbly to Him I shall bow.

    19. - Your blessed bodies, He will say,
    Were treasures hidden away
    In soils that were deemed worthy
    To ripen them to sanctity.

    20. You have been like white rose shrubs
    Or lilies or hawthorn flowers
    In a corner of a yard.
    Now you are kept under my guard.

    21. You are in my paradise
    Just like a white rose that dies
    When the cold season has come
    And yet is sure again to bloom. -

    22. For our most transient pains,
    For our short struggles and strains,
    We shall be richly repaid
    As God, our true Father, has said.

    23. The Virgin Mary we'll see
    There under a canopy
    With twelve stars hanging around
    That will compose for her a crown.

    24. We'll hear, wonderful pursuit,
    Each of them holding a lute
    The choir of angels that play
    And sing to God a song of praise.

    25. We shall see there, furthermore,
    With grace and glory, galore,
    Our fathers, our mothers and
    All our brethren from our homeland.

    26. From all ages holy maids,
    And saint women of all grades,
    Widows who spend here - and wives -
    Crowned by God, their eternal lives.

    27. Small cherubs fluttering
    And flapping their little wings,
    So lovely and rose red,
    Flying to and fro, above our heads.

    28. Above our heads they will form
    A harmonious bee swarm
    Above these blossoming grounds
    Where they spray fragrances and sounds.

    29. O bliss beyond compare!
    To gain you is my sole care
    My only solace are you
    In this vale of tears and of woe!

    Transl. Christian Souchon (c) 2007


    Brezhoneg
    (Textes bretons - Breton Texts)


    Ce cantique, dont la mélodie n'utilise que 4 notes, est attribuée, selon les auteurs, à Saint Hervé ou à l'initiateur des missions en Basse Bretagne, Michel Le Nobletz (1577 - 1652).

    Les missions paroissiales
    Les missions paroissiales sont nées des décisions du concile de Trente (1545-1563) qui visent à réformer le clergé et à reprendre l'instruction religieuse des fidèles en balayant tout ce qui peut s'opposer à la vrai foi: paganisme, superstitions ou, pire, hérésie huguenote. Il s'agissait d'enseigner non plus des rites et des gestes, mais un système de valeurs, des abstractions, véritable révolution dans un univers culturel qui ignorait l'école. Les jésuites jouèrent un rôle moteur dans cet effort pédagogique mais ils s'appuyaient sur la masse du clergé local.

    L'ignorance religieuse
    Le biographe de Michel Le Nobletz décrit ainsi la situation religieuse de la Bretagne vers 1570: "L'ignorance était universelle...la plupart des personnes de tout âge, ne sachant ni l'oraison dominicale, ni aucune prière, ni même les articles de la sainte foi chrétienne".
    Selon d'autres témoignages, en 1640, les Ouessantins ne savent pas répondre à la question: "Combien y a-t-il de Dieux?" et ne savent "pas d'avantage les noms des trois personnes divines". En Haute Bretagne, Madame de Sévigné raconte qu'à Vitré on croit que le créateur du ciel et de la terre n'est autre que la Vierge. Quant aux innombrables pauvres des villes ils ignorent complètement la pratique religieuse.
    L'Eglise du 17ème siècle entreprend un formidable effort pour former un peuple chrétien conforme à ses nouvelles exigences.

    Les premières missions
    Dès la première moitié du 17ème siècle, on assiste à des initiatives isolées comme celle de Michel Le Nobletz qui tente à partir de 1608 de convertir quelques villes du Léon (Landerneau) et de Cornouaille (Le Faou, Quimper), et surtout les populations des ports et des îles: Batz, Ouessant, Molène, Sein (où il n'y a pas de prêtre). Il missionne aussi à Concarneau, Pont-l'Abbé, Audierne, Le Conquet et surtout à Douarnenez (de 1617 à 1639). Il n'y a pas de plan défini et le prêtre est totalement seul.
    Tout change à partir de 1645 avec la création par l'évêque de Saint Malo d'un séminaire confié aux Lazaristes, congrégation créée par Vincent de Paul, qui assure des missions dans tout la Haute Bretagne.
    Et c'est en 1650 que le successeur de Le Nobletz, le père jésuite, Julien Maunoir, modifie ses méthodes en faisant appel à des prêtres de paroisse, organisés en équipes qui sillonnent la Cornouaille, principalement, à partir de Quimper. D'autres Jésuites, Jean Rigoleuc et Vincent Huby, oeuvrent en Vannetais. Si les Jésuites tiennent une place prépondérante, les congrégations formant l'élite de la Contre-Réforme sont toutes représentées: lazaristes, oratoriens, capucins et eudistes (de Jean Eudes 1601 - 1680 à Rennes et Saint-Malo).

    Michel Le Nobletz
    Michel Le Nobletz (1577- 1652 Né à Plouguerneau en 1577, il utilise des procédés tellement bizarres et tient des propos tellement excessifs qu'on le surnomme "ar beleg foll" (le prêtre fou) et qu'il sera chassé de son ministère. Il est cependant à l'origine des principales méthodes d'enseignement de la foi dont héritera le Père Maunoir:

    ° A partir de 1614, des "taolennoù" ou "tableaux de mission" qui s'inspirent des cartes marines. Peintes sur des peaux de mouton, elles illustrent les chemins qui mènent le chrétien au paradis ou en enfer, aussi bien que les phrases du Pater, les vertus et les tentations.
    Dès les années 1670, le procédé des "taolennoù" -unique au monde - sera repris par les missionnaires du Vannetais et de Cornouaille sous forme de séries cohérentes de toiles peintes (douze habituellement) réalisées pour la plupart sous forme d'un coeur surmonté d'une tête humaine aux expressions diverses et représentant tous les états du chrétien: péché, conversion, grâce, rechute et évocation des fins dernières. Les commentaires étaient adaptés aux situations et aux mentalités de l'auditoire.

    ° L'utilisation de cantiques tels que "Le Paradis", destinés à faciliter la mémorisation de son enseignement en mêlant paroles édifiantes et airs de chansons populaires, voire gaillardes: une oraison à Marie se chante sur l'air du "Fils mignard de Vénus" et "An examen a Consciancc" sur "Le canard s'ébat à plonger"!
    Cet usage, emprunté aux paumes protestants, vient renforcer l'enseignement du catéchisme et l'on espère que les tailleurs les colporteront de maison en maison en les substituant aux chansons profanes. Plusieurs volumes de cantiques sont publiés à partir des années 1620 dont les plus illustres sont les Canticou spirituel (Quimper 1642), trente-neuf textes attribués sans doute à tort à Maunoir lui-même, mais d'auteur jésuite.
    Comme on peut le voir dans les chants religieux du Barzhaz, issus de la même inspiration, le langage est adapté à une volonté d'enseignement et de transformation et permet de diffuser des véritables leçons de catéchisme.

    Sources: "L'âge d'or de la Bretagne 1532-1675" par Alain Croix (Ouest-France Université) et Guide Gallimard "Finistère Sud".
    This hymn whose tune is made up of only four notes is ascribed, depending on the individual authors, to Saint Hervé or the 16th Century Breton missionary, Father Michel Le Nobletz.

    The missions into the countryside
    The missions into the countryside developed after the Council of Trent (1545 - 1563) and were devised to reform the clergy and revive the faith of the inhabitants, while getting rid of such hindrances as paganism, superstition or, even worse, Protestantism. Much stress was laid, on moral values and abstractions, instead of rites and attitudes. It was tantamount to a revolution in those cultural surroundings deprived of schools. The Jesuits played an outstanding part to impulse this pedagogical effort, for which they sought backing from the local clergymen.

    Religious ignorance
    The biographer of Michel Le Nobletz describes the state of religious affairs in Brittany 1750, as follows: "An endless ignorance of religion...Most people of all ages don't even know the Pater Noster or the Christian Credo."
    Other travellers state that, in 1640, the Ushant Islanders could answer neither of the questions "How many Gods are there?" and "Who are the three persons of the Holy Trinity?" As for Upper (French speaking) Brittany, Madame de Sévigné asserts that people in Vitré believed that the Holy Virgin was the Creator of Heaven and Earth. And the poor in all cities had no relationship whatsoever to religion.
    The 17th Century Church embarked on an unprecedented effort to educate a Christian people into compliance with their new requirements.

    The first missions
    As early as in the first half of the 17th century, individual attempts are made, for instance by Michel Le Nobletz, at evangelizing a few towns of Léon (Landerneau) and Cornouaille (Le Faou, Quimper) and above all seashore and island parishes: Ushant Island, Batz, Molene and Sein Isles (no priests on Sein). His missionary activities extend to Concarneau, Pont-l'Abbé, Audierne, Le Conquet and above all Douarnenez where he stays from 1617 to 1639, but are carried out on an individual and desultory basis.
    A dramatic change occurs in 1645 with the creation by the Bishop of Saint-Malo of a priest seminar, entrusted to Lazarists, a congregation founded by Vincent de Paule who send missionaries all over Upper Brittany.
    Then, in 1650, his successor, the Jesuit Father Julien Maunoir improves Nobletz' methods by enlisting teams of country priests to assist him and cover the whole region around Quimper. Other Jesuits , Jean Rigoleuc and Vincent Huby are engaged in the Vannes district. If the Jesuits play an outstanding part, all congregations that are leading forces of Counter-Reform are represented: Lazarists, Oratorians, Capucines and Eudists (named after Jean Eudes 1601-1680 who was active in Rennes and Saint-Malo).

    Michel Le Nobletz
    'Taolenn' de Michel Le Nobletz Born at Plouguerneau in 1577, his queer behaviour and strange speeches earn him the nickname "ar beleg foll" (the lunatic priest) and he is finally turned out of his ministry. And yet he is the inventor of most effective teaching methods which he passed on his successor, Father Maunoir who used them successfully:

    ° As from 1614, the "Mission tables", the so-called "taolennoù", that are painted on sheep hides and devised like sea maps showing Christians the ways to salvation and to hell, illustrating the individual sentences in the Pater Noster and exemplifying virtues and temptations.
    After 1670, the -unique- "taolennoù" system is renewed by missionaries engaged in the Vannes and Quimper districts. They use coherent series of (usually) 12 painted sheets, mostly displaying a heart, surmounted by a human face, and containing symbols mirroring the different moral states a Christian may be in: sin, conversion, grace, lapse into vice or evoking paradise or hell . Comments were made in accordance with the audience's social status and frame of mind.

    ° The use of hymns, like the present "Paradise Hymn", to help people remind his lectures, in combining edifying words with popular, - sometime bawdy -, ditties: thus an oration to Mary is sung to the tune of "Precious Son of Venus" and "Examination of conscience" to the strains of "A Duck was diving about"!
    This proceeding taken over from the Protestants is considered an aid to teaching catechism in the hope that tailors will forward them into the houses where they are called in instead of the profane music they used to sing. Several hymn collections are published as from 1620. The best known are the Canticou spirituel (Quimper 1642), a collection of 39 texts ascribed - maybe wrongfullly - to Maunoir, that has at all events a Jesuitical origin.
    From the religious songs included in the "Barzhaz" collection, it appears that the language used in them is suited to the purposes of teaching and improving people in conveying to them true Catechism Lessons.

    Sources: "Brittany's golden age 1532-1675" by Alain Croix (Ouest-France Université) and Guide Gallimard "South Finistère".




    Gwerz an Ivern An Itron Nizon