Ar plac'h he daou bried

(La fille aux deux époux)

Deuxième Mélodie

Même sujet que "Ar Breur Mager -Le Frère de Lait" du "Barzhaz Breizh"

Texte recueilli par François-Marie Luzel:
Auprès de Marie Maho, en 1867
Publié dans "Gwerzioù Breizh-Izel" en 1868

Mélodie
Air publié dans "Musiques bretonnes" par Maurice Duhamel
recueilli auprès de Maryvonne Le Flemm de Port-Blanc

Arrangement Christian Souchon (c) 2008
Source: le site de M.Quentel, "Son ha ton" (voir "Liens")
VERSION "GWERZIOU BREIZ IZEL"

I
Pa 'z een me da vouit dour da feunteunn 'r Waz-c'halek,
Ha me ' rankontr unan gwisket en ru-skarlek.

Hag hen 'c'houl' diganin : - Plac'h, ha c'hui ' zo dimet? -
Allas! me oa iaouank, hag laret na oann ket.

Hag hen d'am c'hass gant-han da dall ur boud-c'halek,
Ha ma derc'hell eno 'n toulad da varvallet.....

- Me am euz ul lez-vamm, ar wasa ' zo ganet,
Ha p'arruinn er ger, me a vo gourdrouzet. -

- Lavaret d'ho lezvamm, ar gwasa ' zo ganet :
Ar feunteun a zo pell, ann dour ' oa strawillet;

Ar feunteun a zo pell, ann dour oa strawillet,
Gant marc'h ur c'havalier ' tistreï euz ann Naonet..... -

II
Pa oann en Keridon, en Keridon, ' tonet,
Me a glewe ur vouez ' oa dili a bec'het;

Ar zonerienn o son, ' son da dut ann eured,
Ha me ' poursu ma marc'h, o sonjal bout abred;

Ha me poursu ma marc'h, o sonjal bout abred,
Allas ! pa arruiz, oant et kazi d' gousket.

- Digorrit d'in ho tor, plac'hik diou-wes eureujet,
Ann awell a zo kriz, ma daou-dorn ' zo klezret ;

Ann awell a zo kriz, ma daou-dorn ' zo klezret,
O terc'hell brid ma marc'h ha ma c'hleze alaouret. -

- It-c'hui da Geridon, eno c'hui vo lojet,
Warc'hoas, pa vezo de, me iel ' di d'ho kwelet,

Hag a gasso dac'h lod euz a fest ma eured,
Ur c'hartier a gik-maout, un' all a gefelek ;

Ur c'hartier a gik-maout, un' all a gefelek,
Hag ur banne gwin Spagn, da dorri ho sec'het. -

- N'eo ket se ' c'houlennann, plac'h diou-wes eureujet,
Digorrit d'in ho tor, ma daou-dorn ' zo klezret;

Digorrit d'in ho tor, ma daou-dorn ' zo klezret;
O terc'hell brid ma marc'h ha ma c'hleze alaouret.

Digasset am euz d'ac'h ar pez 'm boa prometet,
Ur gegeliad gloan-Spagn, hi daou-benn alaouret.

Digorrit d'in ho tor, plac'h diou-wes eureujet,
Me am boa klasket d'ac'h ho kwalenn genta ' eured;

Sellit ho piz-bihan, ho hini en tu-deou,
Hag ' teufet d'am c'hredi p' larinn gwirionezou. -

Pa zell hi biz-bihan, da em gonsideri :
- Oh! ia sur, c'hui ez eo, deuit raktall en ti ! ..... - (2)
Rapprochement avec Barzhaz Breizh


8. Da vont da gerc'had dour da feunteun-gwer-ar-c'horred,


10. Yec'hed mat deoc'h plac'hig; ha c'hwi a zo dimezet ? -
Ha me yaouank ha sot, a respontas :- N'ouzon ket.







12. - Dalit ma gwalenn aour, ha d'ho lez-vamm lavarit
' 9. An noz a oa teñval, an dour oa bet strafuilhet

9. An noz a oa teñval, an dour oa bet strafuilhet
Gant karn marc'h ur marc'heg o tistreiñ eus a Naoned.

II



32. Seul-vui ar sonerien, tont d'ar maner a sone,



34. Aet int d'he diwiskañ d'he lakaat en he gwele,

37. - Na piv a zo aze ? - Me, Nola, da vreur-mager.
- Te a zo aze, te ! Te eo, te, ma breurig ker !-

TRADUCTION (version "GUERZIOU")

I
Quand j'allais prendre de l'eau à la fontaine de Gwashalec,
Je rencontrai un homme vêtu d'écarlate rouge.

Et lui de me demander : - Femme, êtes-vous mariée? -
Hélas ! j'étais jeune, et je lui dis que je ne l'étais pas.

Et lui de me conduire près d'un buisson de saule,
Et de me garder là quelque temps pour me conter fleurettes.....

- J'ai une marâtre, la plus méchante femme qui ait vu le jour
Et quand j'arriverai a la maison, je serai gourmandée. -

- Dites à votre marâtre, la plus méchante femme qui ait vu le jour :
La fontaine est loin, et l'eau était troublée;

La fontaine est loin, et l'eau était troublée
Par le cheval d'un cavalier, qui revenait de Nantes..... -

II
Quand j'étais à Keridon, à Keridon, revenant,
J'entendais une voix qui était (1) .....................

Et les sonneurs qui sonnaient, sonnaient aux gens de la noce,
Et moi de presser mon cheval, pensant arriver de bonne heure
;
Et moi de presser mon cheval, pensant arriver de bonne heure,
Hélas ! quand j'arrivai, on allait se coucher.

- Ouvrez-moi votre porte, jeune femme deux fois mariée,
Le vent est cruel, et mes deux mains sont engourdies;

Le vent est cruel, et mes deux mains sont engourdies
A tenir la bride de mon cheval, et mon épée dorée. -

- Allez à Keridon, là vous serez logé,
Demain, quand il fera jour, j'irai vous voir là,

Et je vous porterai votre part de mon festin de noces.
Un quartier de mouton et un autre de bécasse;

Un quartier de mouton et un autre de bécasse,
Et un peu de vin d'Espagne, pour vous désaltérer. -

- Ce n'est pas là ce que je veux, femme deux fois mariée :
Ouvrez-moi votre porte, mes deux mains sont engourdies;

Ouvrez-moi votre porte, mes deux mains sont engourdies,
A tenir la bride de mon cheval, et mon épée dorée.

Je vous ai apporté ce que je vous avais promis,
Une quenouillée de laine d'Espagne, dorée aux deux bouts.

Ouvrez-moi votre porte, femme deux fois mariée,
C'est moi qui vous avais acheté votre premier anneau de noces;

Regardez votre petit doigt, celui de la main gauche,
Et vous me croirez, quand je dis des vérités. -

Quand elle regarde son petit doigt, et qu'elle réfléchit :
- Oh! oui, c'est bien vous, entrez vite dans la maison !.... -


Notes de Luzel:

1) Je ne traduis pas la fin du vers, car je ne comprends pas ce que peut signifier dili a bec'het. Y a-t-il altération, ou aurai-je mal entendu? Je me rappelle cependant avoir interrogé la chanteuse qui me répondit : Je ne sais pas; c'est comme cela que j'ai entendu dire. Peut-être faudrait-il: oa didu da glewet, - qui faisait plaisir à entendre.

(2) La pièce est sans doute incomplète. Les villages qui portent le nom de Gwazhalec (Ruisseau des Saules) sont nombreux en Basse-Bretague. Il y en a un dans la commune de Plounevez-Moëdec, auprès de la charmante chapelle de Keranmanac'h, ancienne aumônerie aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, dont la construction remonte au XV° siècle. J'ai recueilli cette version non loin de là, d'une jeune fille nommée Marie Maho.

English Translation

The girl who had two husbands
I
When I went to the fountain of Gwas-halec
I encountered a man clad in scarlet-red

Who asked me: - Girl, are you married? -
Alas, I was so young and answered "I don't know".

And he led me to a willow bush
And there he made me a pretty speech...

- I have a step-mother, the worst woman on earth
When I come home, I will be reprimanded.

- Tell your step-mother, the worst woman on earth:
The fountain is far, and the water was turbid.

The fountain is far and the water was turbid
Because of the horse of a trooper returning from Nantes...

II
Once I was at Keridon. When from Keridon I returned
I heard a voice that was (1)... -

The pipers were playing for the wedding party
And I let my horse speed and hoped to get there in time.

And I let my horse speed and hoped to get there in time.
Alas, when I was there, everybody was going to bed.

- Open your door, young wife ,who married twice!
The wind is cold and my both hands are stiff.

The wind is cold and my both hands are stiff:
One held the horse's bridle, the other my gilt sword.

- Go to Keridon, You'll find there accommodation.
Tomorrow morning, I'll come and see you.

I'll bring you leftovers from my wedding feast
A quarter of mutton, a quarter of snipe.
A large piece of mutton, or a roasted snipe.
And some wine of Spain to quench your thirst.

- That's not what I mean, wife with your two husbands,
I want you to open your door,as my hands are numb with cold.

I want you to open your door, as my hands are numb
Since one held the bridle, the other the gilded sword.

I brought you what I promised I would
A distaff-ful of Spanish wool, gilded on both ends

Open your door, wife with your two husbands
I was the first to buy you a wedding ring;

Look at your little finger, on your left hand,
To satisfy yourself that I tell the truth. -

She looks at her little finger and considers:
- Yes, you are right. Quick, enter the house! (2)


Notes (by Luzel):

(1) I don't translate the end of the line, since I don't understand the phrase "dili a bec'het". I remember that I asked the singer who answered: "I don't know. That's the way I learned it." Maybe it means "oa didus da gleved" = that was pleasant to hear.

(2) The piece is very likely incomplete. There are several hamlets with the name of "Gwazhalec" (Willow brook). In one of them, in the parish Plounevez-Moëdec, is the charming chapel Keranmanac'h, a remain of an ancient chaplaincy of the hospitaliers of Saint John of Jerusalem, dating back to the 15th century. I collected this version not far from there, sung by a girl named Marie Maho.


François-Marie Luzel (1821 -1895)


Version 1 et Mélodie 1
Version 2 et Mélodie 3
Versions 3 et 4 et Mélodie 4
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