PONTPLENKOAD

Poplemcoat - Pontplencoat - Pont-Plenkot

Pontplaincoat - Pontpleincoët

Collecté par T. de La Villemarqué
Trois versions dont une recueillie à Plounéourtr1ez par un correspondant non identifié


Mélodies extraites de "Musiques Bretonnes" de Maurice Duhamel publiées en 1913, ces mélodies sont chantées:
  • l'une par Marie-Jeanne Le Bail de Port-Blanc;
  • la seconde strophe suit la mélodie chantée par Maryvonne Nicol de Plouguiel.

    Ces mélodies, très proches l'une de l'autre (rythme 5/4), sont mises en rapport par Duhamel avec deux versions du chant publiées par F-M. Luzel dans Gwerzioù I, p.383 et 387, sous le titre "Pontplancoat" en 1867
  • l'une chantée par Marie-Josèphe Kerival à Keramborgne en 1848.
  • l'autre par Anna Salik à Plouaret en 1865 ("N aotroù Pontplankoet a lare/ Un deiz deus penn e arme..."), peu différente de la précédente.

    L'examen du premier carnet de Keransquer par M. Donatien Laurent a révélé que Théodore de La Villemarqué avait déjà noté cette belle complainte à trois reprises avant 1845, date de la parution de la deuxième édition du "Barzaz Breiz".
  • Les 2 premières variantes, l'une sans titre, l'autre intitulée "Pontplencoat", se complètent logiquement et sont présentées ici en 2 couleurs, précédées de 2 strophes d'introduction empruntées à la 3ème en N°1.
  • La troisième variante , intitulée par Donatien Laurent "Pont-Plenkot", est nous dit-il de la main d'un correspondant non identifié. On la trouvera en N°2. (Dans une note, page 34 d'"Aux sources...", D. Laurent indique qu'il croit reconnaître l'écriture de Prosper Proux).
  • Le texte de la première version Luzel évoquée ci-dessus correspond presque exactement à la version du Ms 91 de Penguern p. 67 "Baron Penhoat" précisée par un fragment "Baron Pomplincoat', 78. Il figure au N°3 ci-après.

    M. Laurent complète ainsi la bibliographie de cette pièce (p. 251 des "Sources") :
    - Penguern t. 112, p. 114: Baron Penhoat; p. 124: Gwerz Comt Penhoat; p. 129: ar baron Pomplincoat.
    - Luzel, Ms. 17 (Bibliothèque municipale de Quimper): "An Aotroù Pomplancoat".
  • ton

    2 mélodies arrangées par Christian Souchon (c) 2014



    Source: Le site de M. Pierre Quentel (voir 'Liens")
    Two melodies published in "Musiques Bretonnes" by Maurice Duhamel in 1913. They were sung respectively:
  • by Marie-Jeanne Le Bail from Port-Blanc;
  • by Maryvonne Nicol from Plouguiel (2nd stanza variant).

    Both tunes are very much alike (5/4 beat pattern). They are connected by Duhamel with two individual versions of the lament printed by F-M. Luzel in "Gwerzioù", Book I, on pp.383 and 387, under the same title, "Pontplancoat", in 1867, namely:
  • one sung by Marie-Josèphe Kerival at Keramborgne in 1848.
  • the other by Anna Salik at Plouaret in 1865 ("N aotroù Pontplankoet a lare/ Un deiz deus penn e arme..."), a version hardly different from the foregoing.

    When examining the first Keransquer copybook, M. Donatien Laurent stated that Théodore de La Villemarqué had recorded three instances of this inspiring lament, even before he published the second edition of "Barzhaz Breizh", in 1845.
  • The first two variants, one untitled, the other titled "Pontplencoat", complete each other logically and are presented hereafter, as a two-colour compound, where the first two introductive stanzas are borrowed from the third variant, under #1.
  • This third variant, titled "Pont-Plenkot" by Donatien Laurent, is, so he states, in an unknown contributor's handwriting and appears here under #2. (In a footnote on page 34 of "Aux sources...", D. Laurent suggests that it could be Prosper Proux' handwriting).
  • The lyrics of Luzel's aforementioned first version tallies nearly exactly with a version in Ms 91 of the de Penguern collection, on page 67 titled "Baron Penhoat", combined with a fragment "Baron Pomplincoat', on page 78. It is the song #3 below.

    M. Laurent gives additional bibliographic data concerning this piece (on page 251 of his "Sources"), as follows:
    - Penguern t. 112, p. 114: Baron Penhoat; p. 124: Gwerz Comt Penhoat; p. 129: ar baron Pomplincoat.
    - Luzel, Ms. 17 (Quimper Town Library): "An Aotroù Pomplancoat".


  • 1° VERSIONS 1 & 2 du Manuscrit de Keransquer (pages 55-57 & 99-102)


    BRETON KLT


    p. 55
    I
    1. - O Marc'harid, va merc'hig koant
    Ho timeziñ me am-eus c'hoant,
    Ho timeziñ da Bontplenkoad, [1]
    A glevan zo un intañv mad.

    2. - Va mammik paour, mar am garit,
    D'ar Pontplenkoad n'am roit ket,
    Peotramant p'am roit dezhañ,
    Adieu d'an holl joaoù ar bed-mañ.


    3. Kar hemañ deus 'met seitek bloaz,
    Ha 'n-eus bet seizh gwreg dija.

    4. Ha c'hoazh hardi hellan lared:
    Nikun marv en gwele 'deus bet
    O tigoriñ toud o-deus bet.

    5. - Margodik, c'hwi vo an eizhvet!
    Marteze c'hwi ne varfec'h ket...

    P. 99

    II
    6. - Pa ven o studiñ en Naoned
    Ha prest da voned da gousked,

    Me a remarkas em huñvreoù
    Ar varonez oa er mantroù.

    P. 56

    7. Stagit seizh marc'h deus ar c'haros
    D'ez afemp da Roazhon ni fenoz.

    P. 100

    7 bis. M'am-eus bet huñvre goude koan,
    A ra din-me kalzig poan [...]
    - Ma mestrig paour, gwir a larit,
    Rag va-unan-me 'meus hen bet.

    8. - Pajik bihan, sav alese! [6]
    Lar d'ar kocheour sevel ivez!
    Sav alese ha sav timat!
    Yefemp henozh da Bontplenkoad.

    III
    9. Da Bontplenkoat pa voa degouet
    Tri zaol war 'n nor-porzh 'n-eus skoet,
    'R vatezhig vihan 'n-eus rañkontret.

    10. - Matezhik vihan, din lavarit,
    Petra nevez zo arruet?
    Pa n'emaon ket degemeret?

    11. - Neventi 'walc'h zo en ger-mañ,
    Abaoe d'eoc'h aet eus an ti-mañ:
    Paset seizh zun, tri deiz ouzhpenn,
    Abaoe ma ho pried e poan. -

    12. Ar Pontplenkoad, dalc'h ma glevaz,
    D'al laez gant an diri a pignaz.

    P. 101

    13. - O Pontpenkoad, va fried,
    Kemerit ar gador hag azeet,
    Kar, allaz, hen gemer n'hellan ket.

    14. Desput m'oc'h aet deus an ti-mañ
    M'am-eus soufret kalzig poan,
    M'am-eus soufret kalzig poanioù
    E karg a ean ur mab aotroù.

    15. Kalzig poanioù am-eus soufret
    Ha pa varfen na hallan ket.
    - Ho tigoriñ, sur, a zo red!

    16. Kouraj, kouraj, o va fried!
    Erru tudjentil bras d'ho kweled,
    Erru an Aotroù Plankenet
    Digoriñ ma dousig mar vo red.

    17. - Digorit frank dor ar gegin
    'Vit ma gwelfen va medisin.
    Mat dalc'h e-deus da gavout fin. - [...] [2]

    P. 56

    18. - Aotroù Pontplenkoad, mar d'eoch kountant,
    Me ya da gober va testamañt. [5]
    - Grit ho testamañt pa garfec'h
    Mar ne vefe da bemp mil skoed.

    19. - M'am-eus bet ur sae satin glas
    A vo roet da Sant Nikolaz, [4]
    Vit me zenno deus va poanioù bras.

    20. An habit nevez am eus bet,
    Biskoazh war va c'hrerin 'ma bet.
    Hennezh reen d'am gouarnerezh
    Ma 'n-efe soñj deus hi maronez.

    21. M am-eus un habit satin gwenn
    Hag e roan da Zantez Helen
    Mar ve'en teir eur bev gant an termen. -

    P. 57

    22. Santez Marc'haid da zont en ti
    Ha Santez Helen ken 'velti.
    Da gonseilhiñ he digoriñ:

    23 - Lakait vil aour en he genoù, [3]
    Grit tri krab nadozh en he c'hostioù,
    Lezit hi da volontez Doue. -

    24. - Me a ya bremañ d'ar jardin
    Da gas daou-tri sort louzoù fin,
    Soursi, melkoni ha tourmañt, [7]
    A zere ouzh pep intañv yaouank.

    25. - O, intañv c'hoazh c'hwi n'emaoc'h ket,
    Mez da benn teir eur e vefec'h.
    - Me am-eus seizh mab en ur zal,
    Hag emaint tri all o fragal.

    26. Ha c'hoazh hardi hellan lared:
    Biskoazh mamm e-neus o ganet,
    Kar o digor toud e oa graet. - [8]

    FRANCAIS


    p. 55
    I
    1. - O Marguerite, ma jolie fille
    J'ai bien envie de vous marier,
    De vous marier à Pontplaincoat, [1]
    C'est un veuf honnête, dit-on.

    2. - Chère mère, si vous m'aimez,
    Vous m'épargnerez Pontplaincoat,
    Car si vous me mariez à lui,
    Adieu aux joies de ce bas monde.


    3. Car bien qu'il n'ait que dix-sept ans,
    Il a déjà eu sept épouses.

    4. Je peux le dire encore sans peur:
    Nulle n'est morte dans son lit.
    Toutes ont eu une césarienne.

    5. - Margot, vous serez la septième!
    Peut-être ne mourrez-vous pas...

    P. 99

    II
    6. - Quand j'étais étudiant à Nantes
    M'apprêtant à aller dormir,

    M'est apparue en rêve
    La baronne dans les douleurs de l'enfantement.

    P. 56

    7. Attelez sept chevaux au carrosse
    Que nous allions à Rennes.

    P. 100

    7 bis. J'ai eu un rêve après dîner,
    Qui me cause une grande peine [...]
    - Mon maître, vous avez raison,
    J'ai eu aussi le même rêve.

    8. - Mo petit page, lève-toi! [6]
    Dis au cocher d'en faire de même!
    Lève-toi en toute hâte!
    Nous partons pour Pontplaincoat, dès ce soir.

    III
    9. En arrivant à Pontplaincoat
    Il frappa trois coups à la porte,
    Une petite servante vint à sa rencontre.

    10. - Petite servante, dites-moi,
    Que se passe-t-il ici?
    Pourquoi ne vient-on pas m'accueillir?

    11. - Il s'en est passé des choses par ici,
    Depuis que vous avez quitté cette maison.
    Cela fait sept semaines et trois jours,
    Que votre épouse a ses douleurs. -

    12. En entendant cela, Pontplaincoat,
    Grimpa les escaliers.

    P. 101

    13. - Ah, Pontplaincoat, mon mari,
    Prenez cette chaise et asseyez-vous,
    Car, hélas, je ne peux la prendre.

    14. Depuis que vous avez quitté cette maison
    Je souffre mille maux
    Je souffre mille maux
    Depuis que je porte un fils, Seigneur.

    15. Je souffre mille maux
    Je mourrai quand je n'en pourrai plus.
    - Il faut vous faire une césarienne!

    16. Gardez courage, mon amie!
    Des gens de grande qualité sont venus.
    Le sieur Planquenet est ici
    Pour pratiquer une césarienne.

    17. - Ouvrez grand la porte de l'office,
    Que j'aperçoive mon médecin.
    J'ai hâte que cela finisse. - [...] [2]

    P. 56

    18. - Seigneur Pontplaincoat, si cela vous agrée,
    Je m'en vais faire mon testament. [5]
    - Faites votre testament, si cela vous chante
    Pour autant que vous ne dépassiez pas cinq mille écus.

    19. - J'avais une robe de satin:
    J'en fais don à Saint Nicolas, [4]
    Pour qu'il soulage ma souffrance.

    20. J'avais un habit neuf,
    Que je n'ai jamais porté.
    Je le donne à la gouvernante
    Pour qu'elle se souvienne de sa marraine.

    21. J'ai un habit de satin blanc
    Dont je fais don à Sainte Hélène
    Si je survis trois heures au terme. -

    P. 57

    22. Sainte Marguerite se rend à ce logis
    Et Sainte Hélène l'accompagne
    Por prodiguer ses conseils pour l'opération:

    23 - Mettez-lui une bille d'or dans la bouche, [3]
    Faites-lui trois points d'aiguille sur le côté.
    Abandonnez-la à la volonté de Dieu. -

    24. - Je m'en vais dans le jardin
    Chercher deux ou trois herbes fines,
    Tormentille, ancholie, souci, [7]
    Comme il sied à un jeune veuf.

    25. - Oh, vous ne l'êtes point encore,
    Dans trois heures vous le serez.
    - Sept fils à moi sont dans la salle,
    Et trois partis se pavaner:

    26. Ce sont des fils, j'ose le dire
    Qu'aucune mère n'enfanta,
    Car le scalpel les délivra. - [8]

    ENGLISH


    p. 55
    I
    1. - O Margaret, my pretty girl
    I feel like marrying you soon,
    Marrying you to Pontplaincoat, [1]
    Considered an honest widower.

    2. - My dear mother, if you love me,
    To Pontplaincoat you won't marry me,
    If you marry me off to him
    This pleasant world I'll have to leave.


    3. Though hardly over seventeen,
    Seven times now he was married,

    4. Alas, I daresay furthermore:
    None of her wives died in their beds
    All of them had a Caesarean.

    5. - Maggie, you shall be his eighth wife!
    Who knows, perhaps you do not die...

    P. 99

    II
    6. - When I was studying in Nantes
    Drowsy before going to bed,

    I had a vision and I saw
    The baroness in labour pains.

    P. 56

    7. Seven horses to the carriage!
    We ride to Rennes this very night.

    P. 100

    7a. I had a dream after dinner,
    Which causes me so much trouble [...]
    - My poor master, you tell the truth
    For I have had the same dream, too.

    8. - Little page, quickly get up, get up! [6]
    Tell the coachman to get up too!
    He shall get up and get up quick!
    We leave for Pontplaincoat right now.

    III
    9. In Pontplaincoat when he arrived
    He knocked three times at the gate,
    A maid came to open the door.

    10. - Little maid, please, will you tell me
    What is the matter, what's amiss?
    Why do they not open at once?

    11. - There's very much the matter here,
    Since you have left, my Lord, from home:
    For seven weeks and three days now,
    Your wife has suffered awful pains. -

    12. The lord Pontplaincoat, hearing it,
    Hurried up the staircase.

    P. 101

    13. - Lord Pontplaincoat, my dear husband,
    Please, take this chair and please, sit down,
    Since, alas, I cannot take it.

    14. Since you went away from this house
    I've been suffering atrociously,
    O yes suffering atrociously
    Because of your son whom I bear.

    15. I have suffered dire pains, indeed
    And when I can no more, I'll die.
    - You require Caesarean section!

    16. Cheer up, cheer up, cheer up, my dear!
    Noble persons have come to see you,
    Mister Planquenet among them:
    A Caesarean must be performed.

    17. - Open wide, please, the kitchen door
    So that I may see this physician.
    Who's anxious to finish his task. - [...] [2]

    P. 56

    18. - Lord Pontplaincoat, you won't object,
    To my making a will right now. [5]
    - You may bequeath as much you want
    The limit is five thousand crowns.

    19. - I have had a blue satin dress
    Give it to Saint Nicholas' church, [4]
    May he bring relief from my pains.

    20. I have had a new dress as well,
    That I never wore, I can tell.
    This I give to our housekeeper,
    A keepsake from her godmother.

    21. And there is a white satin dress
    I bequeath to Saint Helen's Church:
    I'll live three days after the birth. -

    P. 57

    22. Saint Margaret repaired to the house
    Accompanied by Saint Helen.
    To provide advice to the physicians:

    23 - Put a gold marble into her mouth! [3]
    Put three stitches in her side!
    Now entrust her to God's will. -

    24. - I am going to the garden
    To collect three kinds of herbs,
    Marigold, columbine, cinquefoil [7]
    As becomes to a new widower.

    25. - A widower you are not yet,
    But you will be in three hours.
    - My seven sons wait in the hall,
    And three others strut about.

    26. I'm not mistaken if I say
    That none was of woman born,
    But cut out of their mother's womb. - [8]


    NOTES:
    [1] Pomplencoat ou Penhoët: Luzel n'a pas réussi à identifier ce personnage. Il indique seulement qu'"il y a des maisons nobles du nom de Pontplancoet dans les communes de Plougoulm et de Plougasnou (Finistère)."
    La version De Penguern au N°3 ci-après, appelle le héros Baron de Penhoët et nous apprend qu'il eut en tout 5 femmes prénommées Marguerite, que la dernière était une Rohan dont l'oncle était évêque de Léon. Le baron lui-même participait aux Etats de Bretagne.
    Si l'on suit les indications notées sur le folio 66 du manuscrit, on peut supposer qu'il s'agit de Jean de Penhoat (ou Penhoët) qui fut amiral de Bretagne en 1401. C'était le fils de Guillaume de Penhoët, dit le "Tort-Boiteux" qui s'illustra lors de la défense de Rennes en 1356.
    Cette hypothèse est plausible du fait qu'il eut au moins deux femmes:
  • Jeanne du Perrier dont il eut un fils prénommé Jean, lui aussi, qui épousa Marguerite de Malestroit et mourut sans enfant.
  • Marguerite de Rougé qui lui donna un autre enfant, Guillaume. La fille de ce dernier épousa un Rohan en 1522. (source: "L'église de Saint-Thégonnec et ses annexes" de l'Abbé François Quiniou, 1909)
    D'autre part, on sait (site www.infobretagne.com) qu'une certaine
  • Marguerite Charuel était la femme de Jean de Penhoët, amiral de Bretagne.
    Si "Pab a Rom" (version N°3, strophe 20) désigne le Pape de Rome par opposition à celui d'Avignon, comme le suggère De Penguern dans une note, l'histoire se serait effectivement déroulée entre 1376 et 1418.
    On a donc un faisceau de données qui mêlent deux Jean de Penhoët, trois Marguerite et le nom de Rohan. Il daterait cette histoire du tout-début du 15ème siècle, ce qui cadrerait bien avec l'état de la médecine obstétrique qu'elle reflète.

    [2] La césarienne: il ressort des versions n° 2 et n°3 que ce sont des considérations religieuses qui déterminent principalement le recours à cette opération: Il faut extraire l'enfant pour le baptiser. Le rôle des sages-femmes recrutées avec l'aval des autorités religieuses locales et selon des critères fixés par elles, était avant tout de baptiser le nouveau-né le plus rapidement possible. La survie de la mère n'est pas la préoccupation première. D'ailleurs il faut attendre 1880 et les progrès de l'asepsie et de l'anesthésie pour que cinq opérées sur six ne perdent plus la vie au cours de l'enfantement césarien.
    Il n'y a qu'au sommet de la hiérarchie sociale que l'on faisait appel à des sages-femmes de compétence reconnue. Seule la haute noblesse ou la très haute bourgeoisie recourait, comme ici, à un chirurgien-barbier accoucheur ou à un médecin. Ce praticien masculin ne touchait quasiment jamais les patients. Quand on l' appelait en cas de difficultés prévisibles, il se tenait dans une pièce attenante, ici la cuisine dont on ouvre exceptionnellement tout grand les portes. Il n'intervenait qu'à la demande de la sage-femme et, le plus souvent « à l’aveugle », sous une couverture tendue entre lui et l'accouchée! C'est dire l'importance des indications opératoires: la boule d'argent dans la bouche et le scalpel sur le côté droit dont toutes les versions de la présente complainte font état! Il semble normal que plusieurs témoins, sans doute des femmes de la famille et du voisinage, soient présents dans la chambre de l'accouchée, auxquels viennent se joindre, dans la présente complainte, sa sainte patronne et d'autres saintes spécialisées qui assistent, elles aussi, à l'opération en qualité de "conseillères techniques"!
    La première césarienne connue et réussie en occident sur une femme vivante, l'a été en l'an 1500: Jacques Nuter, châtreur de porcs à Siegerhausen, en Thurgovie (Suisse), avait accouché sa femme en utilisant la voie artificielle. En comprend, si les faits relatés par la gwerz remontent à l'an 1400, que la mort de la parturiente soit considérée comme inévitable et sa survie de trois jours après l'opération comme un miracle.
    Il est également curieux de constater que les accouchements difficiles de ses femmes successives sont imputées au mari, une malédiction qui serait conjurée par le franchissement d'un chiffre fatidique (quatre en l'occurrence: version N°3, strophe 5).

    [3] Bille d'or ou cuiller d'argent: toutes les versions de la complainte mentionnent cette pratique curieuse. Presque toutes parlent de bille d'argent ou d'or, sauf la version1 de Luzel qui parle de cuiller d'argent. On est tenté de mettre ladite pratique en rapport avec l'expression anglaise «Etre né avec une cuiller d'argent dans la bouche» qui signifie de nos jours, "être né dans une famille riche". La présente gwerz suggère qu'il ne s'agit pas de la bouche du nouveau-né, mais de celle de sa mère, à qui il était d'usage de placer un objet dans la bouche, peut-être pour prévenir un risque d'étouffement, ou pour détourner l'attention de la patiente, lors d'opérations très douloureuses. La cuiller de bois faisait l'affaire pour les pauvres; les riches avaient droit aux métaux précieux.

    Une autre expression anglaise peut également expliquer ce passage: "bite a bullet!", "mords une balle!" qui n'a pas d'équivalent en français, si ce n'est l'insipide "prendre son mal en patience". Elle fait allusion à l'ancienne pratique qui consistait à demander à un soldat blessé de mordre une balle de fusil tandis qu'il subissait, sans anesthésie, une opération aussi douloureuse que la césarienne dont parle la gwerz, une amputation par exemple. Il s'agissait ici encore de focaliser l'attention du malheureux patient pour faciliter l'opération ou d'empêcher qu'il se morde la langue.

    [4] Le recours aux saints: toutes les versions de la gwerz font aussi état de ce testament par laquelle la mourante lègue une partie de ses biens réservés à des saints, sainte Marguerite, Saint Nicolas, sainte Hélène... en l'échange de bienfaits détaillés avec précision: soulagement de sa douleur, survie de trois jours... Cette contrepartie est parfois appelée "disro", "contre-don" et nombreuses sont les gwerzioù qui décrivent ce "marchandage". Dans la Peste d'Elliant par exemple, la vieille femme s'adresse ainsi à Dieu (dans l'adaptation par La Villemarqué, d'un modèle où il s'agit, en réalité, de Saint Roch, le saint lépreux) : "Pour mes fils, une sépulture! Je promets un cordon de cire / Cerclant trois fois Votre couvent,/ Et Votre église tout autant." Les comptes de fabriques et les exvotos qui remplissent les églises confirmeraient , s'il en était besoin, l'importance exceptionnelle de ces pratiques.

    [5] Le testament: Les humains ne sont pas oubliés dans le testament de la mourante, dont son mari lui rappelle, au préalable, les limites à ne pas dépasser: cinq mille écus dans la version n°1, ailleurs quatre cents écus. Cette pratique est détaillée dans de nombreuses complaintes, telles que celle de La Marquise de Guérand, celle du Comte Riodor, celle de Renée Le Glas et dans l'adaptation qu'en fit La Villemarqué, Azénor la Pâle. A n'en pas douter, ces descriptions de testaments faits au seuil de la mort, sous forme de déclaration orale à un confident, sont riches d'enseignements pour les historiens du droit.

    [6] Le petit page: ce personnage, invariablement, agile et rapide, auquel on confie des missions de messager intervient dans de nombreuses gwerzioù. Ici, il a la particularité de servir d'intermédiaire avec saint Yves qui prescrit le recours à la césarienne et le processus de l'opération. Dans la version N°3 le lieu-dit Koad-Eozen (Bois-Yves) où on l'envoie doit désigner une chapelle dédiée à ce saint.

    [7] Soursi, melkoni ha tourmañt: Tormentille, ancholie, souci. Chacune de ces herbes porte un nom peu engageant, tant en breton qu'en français (dont ces noms sont issus).
    D'autres gwerzioù, par exemple Pennherez Ar Wern, nous montrent les protagonistes cueillant des "louzoù fin" (des "herbes fines") à valeur symbolique dans un jardin.
    On peut y voir l'influence des "chansons de toile" françaises où une belle descend dans un jardin cueillir des fleurs dont le nombre est généralement fixé à trois et qui est interrompue par un rossignol qui lui donne des conseils relatifs à sa vie sentimentale. Une des plus belles est aussi l'une des plus anciennes et c'est un chant sans rossignol: "L'amour de moi" (XVème siècle).
    "L'amour de moi s'y est enclose
    Dedans un joli jardinet
    Où croît la rose et le muguet
    Et aussi fait la passerose..."


    [8] Biskoazh mamm e-neus o ganet: "Qu'aucune mère n'enfanta". Comment cette citation de Shakespeare (Macbeth, acte 4, scène 1) est-elle parvenue en Basse-Bretagne? Est-ce Shakespeare qui l'a trouvée dans des traditions communes à la Grande et la Petite Bretagne? Nul doute que La Villemarqué aurait opté pour la seconde explication s'il avait accueilli cette belle gwerz dans son Barzhaz! Peut-être aurait-il eu raison:
    On sait que Shakespeare s'appuyait, pour la plupart de ses pièces historiques, sur la seconde édition, celle de 1587, des Chroniques d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande de Holinshed, dont la première édition date de 1577. C'est en particulier du volume V de ces chroniques qu'il tira son "Macbeth" composé en 1606 et publié en 1623. A la page 274 du volume V, on lit:
    "A n'en pas douter, il eût fait assassiner McDuff, si une certaine sorcière, en qui il avait toute confiance, ne lui avait appris qu'il ne serait jamais tué de la main d'un homme né d'une femme, ni vaincu avant que la forêt de Birnam ne soit allée en marchant jusqu'au château de Dunsinane."
    Trois pages plus loin c'est épisode de la mort de Macbeth:
    "Mais Macduff [...] répondit [...]: "Tu dis vrai, Macbeth, pourtant ton insatiable cruauté touche à sa fin, car je suis celui dont t'ont parlé tes mages, moi que ma mère n'a point mis au monde, mais qui fut excisé de son ventre:" Sur ce, il s'avança sur lui et le transperça sur le champ."
    Le Macbeth historique (Mac Bethad mac Findlaích, né vers 1005 – mort le 15 Août 1057, à la bataille de Lumphanan), fut roi d'Ecosse de 1040 jusqu'à sa mort.
    Les Chroniques de Holinshed se fondent sur l' «Historia Gentis Scotorum» publiée en 1527 par Hector Boece, dont la source première fut l'«Orygynale Cronykil of Scotland»(Chronique originale d'Ecossse), compilée au début du 15ème siècle par un moinequi fut chanoine du Andrew Wyntoun. En 1395 il avait été nommé Prieur de St Servais, et c'est alors qu'il entreprit la chronique rimée qu'il acheva au plus tard, en 1424.
    C'est au chapitre 18 du tome 6 que figure la tentation de Macbeth par les trois sorcières, racontée comme un rève:
    Thre werd systrys mast lyk to be.
    The first he hard say, gangand by,
    ' Lo, yhondyr the thane of Crumbawchty.'
    The tothir woman sayd agayne,
    ' Of Morave yhondyre I se the thane.'
    The thryd then sayd, ' I see the kyng.'
    (Trois soeurs étranges toutes semblables.
    La première dit lorsqu'il passait:
    "Voici le thane de Cromarty!"
    La seconde dit à son tour:
    "De Moray, moi, je vois le thane."
    La troisième: "Je vois le roi!"
    )

    Toutefois, dans l'épisode final, Macbeth n'est pas tué par McDuff mais par un autre chevalier du nom de Lurdane:
    "Makbeth turnyd hym agayne,
    And sayd, ' Lurdane, thow prykys in vayne,
    For thow may not be he, I trowe,
    That to dede sail sla me nowe.
    That man is nowcht borne off wyff
    Of power to reve me my lyff.'

    The knycht sayd, ' I wes nevyr borne,
    But off my modyre wame was schorne,
    "
    "Macbeth se retourna vers lui,
    Et dit:'Lurdane, c'est en vain que tu me piques,
    Car tu n'est pas, j'en suis certain,
    Celui qui doit causer ma mort.
    Celui-là n'est point né d'une femme
    [Qui a le] pouvoir de m'ôter la vie.'

    Le chevalier dit, ' je n'ai point été enfanté,
    Mais excisé du corps de ma mère.
    "

    L'"Original chronicle of Scotland" et la gwerz bretonne "Pontplencoat" désignent donc tous deux la même période: 1400-1425.
    Toutefois, alors que le Baron Penhoët déplore l'étrange particularité de ses cinq vaillants fils, il semble que la légende de Macbeth fasse l'éloge de la masculinité insouillée par un contact impur avec le féminin détestable (pouah!)

    Ces notes utilisent principalement les sources ci-après:
    Eva Guillorel: thèse de doctorat en ligne: "Plainte et Complainte";
    "L'église de Saint-Thégonnec et ses annexes" de l'Abbé François Quiniou, 1909;
    Le site "www.infobretagne.com/combat_des_trente.htm";
    Le site "www.em-consulte.com/en/article/195924". Le site "www.shakespeare-navigators.com/macbeth/Holinshed/Holin277.html".
    Le site "fr.wikipedia.org/wiki/Macbeth_d'%C3%89cosse"
    "English Writers" by Henry Morley (1822-1894) VI "From Chaucer to Canton"Cassel & Company 1890.
  • [1] Pomplencoat vs. Penhoët: Luzel failed to identify this character. He only states that "noble families with the name of Pontplancoet live in the villages Plougoulm and Plougasnou (Finistère)."
    The De Penguern version #3 hereafter features a Baron Penhoët who had up to 5 wives with the Christian name of Margaret, the last of them was née Rohan, her uncle being bishop of Léon. As to the Baron he was a delegate to the Estates of Brittany.
    If we give credence to the hints jotted down on folio 66 of De Penguern MS, we may assume that it was Jean de Penhoat (or Penhoët) who was "Admiral of Brittany" in 1401. He was the son of Guillaume de Penhoët, alias "Tort-Boiteux" (the Lame Hunchback) who wan fame by leading the defence in Rennes town in 1356.
    This view is sustainable inasmuch as he had at least two wives:
  • Jeanne du Perrier by whom he had a son also christened Jean (John), who married Marguerite (Margaret) de Malestroit and died without issue.
  • Marguerite de Rougé who gave him another son, Guillaume. The latter's daughter married a Rohan in 1522. (source: "Saint-Thégonnec Church and precincts" by Rev. François Quiniou, 1909)
    We know, furthermore, (site www.infobretagne.com) that a named
  • Marguerite Charuel was the wife of a Jean de Penhoët, Admiral of Brittany.
    If "Pab a Rom" (version #3, stanza 20) refers to the Pope of Rome as opposed to the Avignon Pope, as hinted by De Penguern in a note, the drama would really have taken place between 1376 and 1418.
    There is, consequently a network of facts mixing up two men named Jean de Penhoët, three women christened Marguerite and the noble family name Rohan. We are prompted to date these events to the very beginning of the 15th century, which would very well conform with the rudimentary obstetrical practice depicted in the song.

    [2] Caesarean delivery: We may infer from versions #2 and #3 that recourse to Caesarean delivery was primarily motivated by a religious imperative: a c-section was imposed on the mother to save the child and allow baptism. The task of the midwives recruited with the guarantee of the local clerics in accordance with their own standards, was above all to christen the newborn child as soon as possible. That the mother should survive was not their first concern. Besides, it was not until 1880 that improvements in asepsis and anaesthesia put an end to the fact that five in six women delivered by C-section did not survive the operation.
    Only the upper classes of society could afford midwives with acknowledged skills. Only high nobility and very high ranking bourgeoisie had recourse, like here, to obstetrician-barbers or to physicians. This male practitioner would practically never touch the patients. When he was called in case of foreseeable difficulties, he would stay in attendance in an adjoining room, here a pantry whose doors are exceptionally opened wide. He would interfere only at the midwife's request and, as a rule, «in a blind manner», i.e. with a blanket pulled tight to hide the parturient patient from his sight! Therefore operating instructions were capital: as are the silver ball put into the mouth and the razor positioned on the right hand flank in all versions of the lament at hand! It seemed to be usual that several witnesses, very likely women of the family and the neighbourhood, would attend in the new mother's bedroom. In the present lament they are joined by the mother's patron saint and other saints specializing in problem births, who also attend as "technical advisers"!
    The first documented successful operation on a living woman in the Western world was performed in 1500 by the sow-gelder Jacques Nuter, in Thurgovia (Switzerland), who delivered his own wife by means of a ceasarean section. What wonder, in a story allegedly dating back to the year 1400, if the patient's death should be considered inescapable and her surviving the operation during three days regarded as a miracle?
    It is also surprising to read that the difficult deliveries of his successive wives were ascribed to the husband, who would be relieved from this curse, once the fateful number of four deaths was exceeded, as stated in stanza 5 of version #3.

    [3] Gold ball vs. Silver spoon: all versions of the lament refer to this strange custom. Nearly all of them mention a silver or gold ball, except the first Luzel's version which replaces the ball with a silver spoon. We are therefore tempted to connect this curious wont with the English saying «To be born with a silver spoon in one's mouth», meaning nowadays, "to be born into a wealthy family of high social standard". The present lament suggests that the mouth in question is not that of the newborn child but that of its mother, into whose mouth they used to put some bulky thing, possibly to prevent suffocation, or to divert the patient's attention, when very painful operations were carried out. A wooden spoon sufficed for the poor, whereas the rich could afford precious metals.

    Another English expression also may explain this stanza: "Bite a bullet!", (deal with the unpleasant situation!) whose rough French equivalent could be (in translation) "be patient and suffer!". It alludes to an old technique formerly used by military surgeons, when soldiers were told to bite down on a bullet when undergoing without anesthesia as painful surgery as a Caesarean section, for instance when a leg was being amputated. Thus focusing the patient's attention would help him resist great pain and prevent him from biting his tongue.

    [4] Having recourse to the Saints: all versions of the gwerz also mention the will by which the dying mother bequeaths part of her own fortune to holy brotherhoods, those of Saint Margaret, Saint Nicholas, Saint Helen ... in return for graces that are exactly specified: soothing of pains, three day's survival... This counterpart is sometimes called "disro", "gift-in-return" in "gwerzioù" recording this "bantering". In the lament Pest of Elliant for instance, the old woman calls out to God (in the adaptation by La Villemarqué of a traditional lament where the holy intercessor addressed is, in fact Saint Rochus) : "Bury my nine sons in the earth! I'll offer your church a wax cord. / That will three times Thy house surround, ,/ And three times Thy monastery ground.." The accounts of guilds and the many votive offerings in churches also demonstrate, if need be, the importance of this practice.

    [5] The testament: However, humans are not forgotten in the dying mother's will, whose husband, prior to any stipulation, sets limits that should not be trespassed: five thousand crowns in version #1, elsewhere four hundred crowns. This proceeding is explained in detail in many laments, like the Marchioness Guérand, the Count Riodor, the Renée Le Glas laments and the adaptation of the latter by La Villemarqué, The Pale Azénor. To be sure, these descriptions of wills and testaments entrusted at the point of death, as oral dying declarations, to trustworthy confidants, are a mine of information for legal history.

    [6] The little page: this invariably nimble and swift servant, will be entrusted with messenger's errands in many a "gwerz". In the present instance he acts as a middleman in a transaction with Saint Yves who prescribes the c-section and stipulates how to perform it. In version #3, the place name Koad-Eozen (Saint Yves' Wood) whither he is sent could refer to a chapel dedicated to this holy man.

    [7] Soursi, melkoni ha tourmañt: Marigold, columbine, cinquefoil. Each of these herbs has a dismal name in Breton and in French alike (French loanwords meaning: sorrow, melancholy, torment).
    Other "gwerzioù", for instance Pennherez Ar Wern, stage characters picking "louzoù fin" (fine "herbs") with symbolic import in a yard.
    We may suspect here the influence of some French "chansons de toile" (canvas songs) featuring a fair girl who goes down to her yard and picks flowers that are of three sorts, as a rule. A nightingale interfers and gives her advice as to how to manage her love life. One of the loveliest of these airs, which also is one of the oldest, involves no nightingale: "L'amour de moi" (15th century).
    "My love is locked up, as it were,
    Inside a yard, small and pretty.
    Rose and lily of the valley
    They thrive, as does hollyhock, there..."


    [8] Biskoazh mamm e-neus o ganet: "None [of them was] of woman born". How did this excerpt from Shakespeare's Macbeth, (Act 4, scene 1) find its way into a Lower-Brittany lament? Did Shakespeare find it in lore common to Greater and Lesser Britain? Without any doubt La Villemarqué would have chosen the second explanation, if he had included in his "Barzhaz" this beautiful lament! Maybe he would not have been wrong:
    We know that Shakespeare availed himself, for most of his historic plays, of the second 1587 edition of Holinshed's Chronicles of England, Scotland, and Ireland, first published in 1577. In particular he drew on volume V of this chronicle for his "Macbeth" which was written in 1606 and published in 1623. On page 274 of Volume V, we read (modernized spelling):
    "And surely hereupon had he put Macduff to death, but that a certain witch, whom he had in great trust, had told that he should never be slain with man born of any woman, nor vanquished till the wood of Birnam came to the castell of Dunsinane."
    We read three pages further (McBeth's death episode):
    "But Macduff [...] answered [...]: "It is true Macbeth, and now shall thine insatiable cruelty have an end, for I am even he that thy wizzards have told thee of, who was never born of my mother, but ripped out of her womb:" therewithall he stept unto him, and slew him in the place."
    The real Macbeth (Mac Bethad mac Findlaích, b. ca. 1005 – d. on 15 August 1057, at the battle of Lumphanan), was king of Scots from 1040 until he died.
    Holinshed's Chronicles are based on the «Historia Gentis Scotorum» published in 1527 by Hector Boece, whose ultimate source was the rhymed chronicle, «Orygynale Cronykil of Scotland», composed at the beginning of the 15th century by a canon regular of the priory of St. Andrew's, Andrew Wyntoun. In 1395 he had been appointed Prior of St. Serf's, when he began to rhyme his chronicle, which he finished, at the latest, in 1424.
    In the 18th chapter of the 6th book we have the temptation of Macbeth by the three witches, told as a dream:
    Thre werd systrys mast lyk to be.
    The first he hard say, gangand by,
    ' Lo, yhondyr the thane of Crumbawchty.'
    The tothir woman sayd agayne,
    ' Of Morave yhondyre I se the thane.'
    The thryd then sayd, ' I see the kyng.'
    (Three weird sisters most alike.
    The first he heard say, as she went by:
    "Lo, yonder the thane of Cromarty!"
    The second woman said again:
    "Of Moray yonder I see the thane."
    The third then said: "I see the king!"
    )

    However in the episode of his defeat, Macbeth is not slain by McDuff but by another knight named Lurdane:
    "Makbeth turnyd hym agayne,
    And sayd, ' Lurdane, thow prykys in vayne,
    For thow may not be he, I trowe,
    That to dede sail sla me nowe.
    That man is nowcht borne off wyff
    Of power to reve me my lyff.'

    The knycht sayd, ' I wes nevyr borne,
    But off my modyre wame was schorne,
    "
    "Macbeth turned to him again,
    And said:'Lurdane, thou prickest in vain,
    For thou may not be he, I trust,
    That to death shall slay me now.
    That man is not born of wife
    [Who has the] power to bereave me of my life.'

    The knight said, ' I was never born,
    But off my mother's womb was shorn.
    "

    Both the "Original chronicle of Scotland" and the Breton gwerz "Pontplencoat" point, consequently, to the same interval of time: 1400 - 1425.
    However, whereas Baron Penhoët deeply regrets his gallant five sons' specificity, the Macbeth tale apparently extols masculinity unpolluted by any obnoxious feminine contact (ugh!)

    These notes are based on:
    Eva Guillorel's on-line doctoral thesis "Plainte et Complainte";
    "L'église de Saint-Thégonnec et ses annexes" by Abbé François Quiniou, 1909;
    The site "www.infobretagne.com/combat_des_trente.htm";
    The site "www.em-consulte.com/en/article/195924".
    The site "www.shakespeare-navigators.com/macbeth/Holinshed/Holin277.html".
    The site "fr.wikipedia.org/wiki/Macbeth_d'%C3%89cosse" "English Writers" by Henry Morley (1822-1894) VI "From Chaucer to Canton"Cassel & Company 1890.


  • 2° VERSION 3 du Manuscrit de Keransquer (pages 235-236, 241-242 )


    BRETON KLT


    p. 235

    I
    1. - Marc'harid, va merc'hig koant
    Komz ho timeziñ am-eus c'hoant,
    Ho timeziñ da Bontplenkoad,
    En ho plijadur e viot.

    2. - Va mamm, c'hwi a ra a garit,
    Ho refuziñ ne hallan ket,
    Da Bontplenkoad mar timezan,
    E-kreiz va yec'hed e varvan.

    II
    3. - Marc'haridik, ho korfik moan,
    Ho prozh a gavan diorren
    Hag ho tavañcherik melen.

    4. - Bugale tri miz a zougan
    Tri ha tri all o c'hortoz on,
    Mez birviken me n'o ganan.

    5. - Tavit, Marc'haid, na ouelit ket:
    Doue a vezo ganeoc'h bepret
    Hag an Itron Santez Katell,
    A roy ar gras d'eoch d'ho kenel.

    p. 236

    III
    6. Pa glemmaz Marc'haid ar gwentloù
    Edo e-kichen he aotroù
    O c'hoariñ 'n diñs hag ar c'hartoù.

    7. - Aotroù Pontplenkoad, me ho ped,
    Er jardin ganin-me deuit,
    Deuit ganin-me a-hont er jardin:
    Tremen an amzer e fell din. -

    8. Hag er jardin, pa erruas,
    Tri seurt louzoù a gutuilhas
    Hag evelhenn a lavaras:

    9. - Souci, melkoni ha tourmañt
    A zere ouzh pep intañv yaouank.

    10. - Marc'haridik, din livirit:
    Evit intañv em c'hemerit?

    11. - Salokras, Aotroù ne ran ket.
    A-barzh tri deiz amañ e c'houiet. -

    IV
    12. _ Pajik bihan eus dal an tan,
    C'hwi zo dilijañt ha buan.
    Kit da gemenn da Goad-Eozen
    E Pontplenkoad ez eus anken.

    p. 241

    13. E Pontplenkoad ez eus glac'har,
    Mar boe biskoaz war an douar,

    14. Hag it-hu neuze en distro
    Da di 'r medisin, war un dro.
    Livirit dezhan evel-henn:
    Degas gantañ aotennoù lemm.

    15. Tudjentil ha peisanted,
    Peb a bater vidon larit
    Pa welot ar vilh em genoù,
    An aotenn em c'hostez dehoù.

    16. Pa viot prest d'am digeriñ,
    Kasit va c'hoar er-maez an ti,
    N'he-defe aon rak timeziñ,
    O weled ar boan, an añvi.

    17. Sellit 'l liñser d'am lienañ
    A-barzh ma teuy ma c'hoar amañ. -

    V
    18. - Pajik, pajik, deus a dall an tan,
    C'hwi zo dilijañt ha buan.
    Livrit d'an aotroù dont ouzh traoñ
    Mar fell dezhañ mui va zelaou.

    19. - Marc'harid bremañ paz oun deuet,
    Petra ho-peus din da lared?

    p. 242

    20. - Pokit d'am biz pe d'am bizoù,
    N'ho-peus doñjer ouzh va genoù
    Zo karget a c'hwez hag a zaeroù.

    21. - Ne bokin ket d'ho piz na d'ho pizoù
    Etre vezo libr ho kenoù. -

    VI
    22. - Pajik, pajik, deus a dall an tan,
    C'hwi zo dilijañt ha buan.
    Livrit d'an aotroù dont ouzh traoñ:
    En-deus amañ ur mabig brav.

    23. En-deus amañ ur paotr vailhant
    Ma en-defe bet badiziant,
    - M'her c'harfe en douar, nav goured.
    Ar vamm hen gan a rank mont kuit.

    VII
    24. - Aotroù Pontplenkoad, me ho ped,
    Dimeziñ mui na rit ket:
    Va merc'h eo deoc'h ar bederved
    Hag holl int aet gand ar c'hleñved.

    25. - M'am-be ken-aliez a skoed-heol
    Hag a zeiz ma par an heol,
    Me o fofe holl vit ur pried:
    Ar plac'hed fall, n'o garan ket!

    A. kr. Plouneour-Traez. Mari Favé.
    FRANCAIS


    p. 235

    I
    1. - O Marguerite, ma jolie,
    C'est décidé: je vous marie,
    Je vous marie à Pontplaincoat.
    Quelle chance vous avez là!

    2. - Mère, faites comme il vous plait,
    Je n'y peux guère m'opposer.
    Mais épouser Pontplaincoat!
    C'est mourir, si saine qu'on soit.

    II
    3. - Marguerite au corps si menu,
    Votre jupon est distendu,
    Votre tablier jaune aussi.

    4. - Je porte un enfant de trois mois
    Six mois encore, et ne crois pas,
    Que je puisse accoucher de lui.

    5. - Marguerite, ne pleurez pas:
    Dieu veille sur vous, croyez-moi
    Et sainte Catherine aussi:
    Vous accoucherez sans souci.

    p. 236

    III
    6. Quand les douleurs ont commencé,
    Son époux est à son côté:
    Il joue aux cartes et aux dés.

    7. - Seigneur Pontplaincoat, mon ami
    Je vais faire un tour au jardin,
    Voudriez-vous venir aussi?
    Cela me ferait tant de bien. -

    8. Au jardin, elle et son mari,
    Trois genres d'herbes ont cueillis
    Et Marguerite a dit alors:

    9. - Tormentille, ancholie, souci
    Pour un veuf, que faut-il encor?

    10. - Mais Marguerite, dites-moi:
    Dans votre esprit, le veuf, cest moi?

    11. - Je pense ne pas me tromper.
    D'ici trois jours vous le saurez. -

    IV
    12. - Mon petit page, au coin du feu,
    Vous êtes vif et impétueux.
    Allez à Bois-Yves annoncer
    Que Pontplaincoat est angoissé.

    p. 241

    13. Que c'est le manoir du chagrin,
    Que c'est le nom qui lui convient.

    14. Et vous en profiterez pour
    Voir le médecin au retour.
    Vous lui direz que sans surseoir:
    Il vienne avec de bons rasoirs.

    15. Que tous, nobles et paysans,
    Disent un pater pour moi quand
    La bille en bouche on me mettra,
    Et m'ouvrira le côté droit.

    16. Avant de faire l'incision,
    Chassez ma sœur de la maison.
    Elle aurait l'hymen en horreur,
    A voir ma peine et ma rancœur.

    17. Pensez à mon linceul aussi
    Avant que ma sœur vienne ici. -

    V
    18. - Mon petit page, au coin du feu,
    Vous êtes vif et impétueux.
    Dites au seigneur de descendre
    S'il veut bien encore m'entendre.

    19. - Marguerite, je suis venu,
    Qu'allez-vous me dire de plus?

    p. 242

    20. - Baisez mes doigts et mon anneau,
    Car mon visage n'est pas beau,
    Souillé qu'il est de sueur, de larmes.

    21. - Mon baiser n'est point pour l'anneau
    Car votre bouche a plus de charme. -

    VI
    22. - Mon petit page, au coin du feu,
    Vous êtes vif et impétueux.
    Dites au seigneur de descendre:
    Qu'il voie son fils sans plus attendre:

    23. Un petit gaillard qu'il faudrait
    Dès que possible baptiser,
    - Ou mettre à neuf brasses sous terre:
    Il coûte la vie à sa mère .

    VII
    24. - Seigneur Pontplaincoat, renoncez
    A prendre femme. Vous voyez:
    Ma fille était la quatrième.
    Les autres sont mortes de même.

    25. - Je troque autant d'écus vermeils
    Que de jours où luit le soleil
    Contre une épouse légitime.
    Je n'aime pas les gourgandines!

    Chanté à Plouneourtrez par Marie Favé.
    Traduction Christian Souchon (c) 2014
    ENGLISH


    p. 235

    I
    1. - Margaret, my pretty daughter
    I want to talk about your marriage,
    Your marriage with Pontplencoat,
    Who's sure to suit you splendidly.

    2. - Mother, you will do as you please,
    Thwart your projects I cannot,
    If I am to marry Pontplencoat,
    Though I am healthy, I shall die.

    II
    3. - Maggie, your wee, little body,
    Your skirt as well are tight, I think;
    So is your yellow apron.

    4. - I have borne a child for three months
    Twice three months I am still to wait,
    But never shall I deliver that child.

    5. - Quiet, Maggie, do not weep:
    God will always protect you
    So will the holy Saint Catherine:
    They will grant you the favour of delivering you.

    p. 236

    III
    6. When Maggie felt the first labour pains
    She sat beside her husband
    Who was playing dice and cards.

    7. - Lord Pontplencoat, I beg you
    To accompany me to the garden,
    Let us go to the herb yard:
    I must spend the time somehow. -

    8. In the garden they have found,
    Three sorts of herbs that they have picked
    And they have prompted her to say:

    9. - Marigold, columbine, cinquefoil
    As suits a new widower.

    10. - Maggie, tell me:
    Do you consider me a widower?

    11. - With your leave, my Lord, I do not.
    Though I am only three days ahead. -

    IV
    12. - My page musing before the hearth,
    You are diligent and nimble.
    Go and herald at Coateozen
    That Pontplencoat House is in alarm.

    p. 241

    13. Pontplencoat house is a prey to despair,
    Such as never was on earth,

    14. Use the opportunity, on your way back,
    To call at the physician's.
    And tell him he shall take
    With him his sharpest razors.

    15. Noblemen and peasants alike,
    Shall say a Paternoster for me
    When the see the ball in my mouth,
    And the razor at my right side.

    16. When you are to open my womb,
    Dismiss my sister from the house,
    Lest she would be afraid of wedding,
    On seeing my pains, hearing my cries.

    17. And, mind! prepare a shroud for me
    Before my sister's arrival. -

    V
    18. - My page musing before the hearth,
    You are diligent and nimble.
    Tell the Lord he might come downstairs
    If he wants to hear more.

    19. - Maggie, my dear, look, I have come,
    What have you got to say to me?

    p. 242

    20. - Kiss my fingers or kiss my ring,
    They're less disgusting than my mouth
    Which is soiled by my sweat and tears.

    21. - I'll never kiss fingers or ring
    As long as I may kiss your mouth. -

    VI
    22. - My page musing before the hearth,
    You are diligent and nimble.
    Tell the Lord he might come downstairs:
    He has got a fine baby boy.

    23. It is a sturdy little man
    Who only waits to be baptized,
    - I wish he were forty feet below ground.
    Since he caused his mother to die.

    VII
    24. Lord Pontplencoat, I entreat you,
    Don't marry again any more:
    My daughter has been your fourth wife
    All of them died when giving birth.

    25. - If I had as many sun-crowns
    As there are days when the sun shines,
    I'd swap them all against a wife:
    For I don't appreciate harlots!

    Sung at Plouneourtrez by Mary Favé.


    3° BARON PENHOAT
    Tome 91 des Manuscrit de Penguern, folios 66 à 71


    BRETON KLT


    I
    1. - Marc'harid Roc'han va merc'hik koant,
    Komz eus dimezi deoc'h am-eus c'hoant;
    Komz eus dimezi d'ur baron
    C'hwi vo en dezir ho kalon.

    2. Eus dimezi d'an Baron Penhoat,
    Ma merc'h, a zo un intañv mat.
    - Ma mammik paour, mat e vez graet
    Sentiñ ouzhoc'h pa kozeet.

    3. Mez mar dimeit ac'hnon dezhañ,
    Kenavo d'ar joa ar bed-mañ:
    Me n'am-eus ket pell da vevañ.

    4. Peder Marc'harid e-deus bet,
    Hag o peder ez int marvet,
    Marvet gant ar memez kleñved.
    Va mamm paour me vo ar pempvet.

    5. - Tavit, va merc'h, na ouelit ket!
    Pa eo marvet ar pedervet,
    E blanetenn a zo torret. -

    II
    6. Setu int dimeet hag euredet.
    Tri miz hanter ez eo padet
    Er jolivitez an eured:
    Ar sonerien, ar bal, an dañs,
    Visitoù, bemdé, gant noblañs.

    7. Aet eo Baron Penhoat d'ar Stadoù,
    Benn ma digoras e lizheroù
    E oa Marc'harid war wentloù.

    8. Ema ar varonez en poan,
    O klask genel mab pe verc'h vihan.
    - Mil aon am-eus biken her gan. -

    9. Ar Baron Penhoat a lare
    D'e floc'hik bihan an noz-se:
    - Sav alese va floc'h bihan,
    Un huñvre 'm-eus bet an noz-mañ
    A ra din-me kalz a doan.

    10. - Da huñvreoù na kredit ket!
    Kit en ho kwele da gousked!
    Warc'hoazh ez aimp da weled,

    11. Ez aimp da c'hoût ar wirionez,
    Hag eñ a zo gwir hoc'h huñvre! -
    Na fenoz bannac'h na kouskan,
    Na penn eus pluñeg na souchan.

    12. - Stagit pemp marc'h ouzh ar c'haros,
    Pemp marc'h kalloc'h ekipet kloz,
    Ma'z aimp da Benhoat fenoz.

    III
    13. Aotroù ar Baron a c'houlenne
    War bontoù Penhoat pa errue:

    14. - Petra zo a-nevez amañ,
    Pa n'ema va vilinoù o valañ?
    Ar re-se vez o valañ,
    Noz ha deiz panevet netra.

    15. Baron Penhoat a lavare
    E-tall e borzh pa errue:
    - Petra nevez a zo em zi,
    Pa na priz den entent ouzhimp?

    16. N'ema 'r varonez, va fried,
    Pa na deu d'am degemered,
    Evel m'oa kustum da zoned?

    17. Nag ar porzher, p'en-deus klevet,
    Da zigeriñ ar porzh eo deuet:
    - Aotroù Baron, gwasañ keloù:
    Holl dud an ti zo en kañvoù;
    An amezeien tro-war-dro.

    18. Ema ar varonez war wentloù.
    An tri deiz ha teir noz a zo;
    Santez Marc'harid he dilivro!

    19. Ar Baron Penhoat a lare
    E bord ar gambr pa entree:
    - En em kourajit, va fried,
    Erru ar priñsed d'ho kweled.

    20. Ar Pab a Rom, an Impalaer,
    An Duk a Vreizh, da gompaer,
    Ha merc'h roue Frañs, da gomaer.

    21. - Piv rentfe joauz va c'halon,
    Pa ne ra va breur Eskop Leon,
    Pe otramant c'hwi, Aotroù Baron?
    Kemerit 'r gador hag aseit,
    Evit reiñ deoc'h ne halan ket.

    III
    22. Baron Penhoat a lavare
    D'e floc'hik bihan an deiz-se:
    Floc'hik, floc'hik, ma floc'h bihan,
    Te zo skañv ha te zo buhan:
    Ke da di Aotroù Sant Erwan!

    23. Na Sant Erwan a lavare
    D'ar floc'hik bihan an deiz-se:

    24. - Lakit ar vilh arc'hant en he genoù,
    An aotenn en he c'hostez dehoù.
    Hag en ho-po ur mab bev.
    Ha gwriit hi gant neud seiz flour:
    Ar wreg-se 'verit he sikour. -

    25. Ar Floc'hik bihan a lare
    D'ar Baron Penhoat en noz-se:
    - Laret en-deus Sant Erwan din,
    Ez eo red he digeriñ
    Vit kavout ar mab da vadeiñ.

    26. - Daoust peger goustad oa kozeet,
    Me a oar petra oa laret:
    Komz va digeriñ eo red.

    27. Holl dud va zi, it da gousked!
    Erru ar c'houlz, poent eo moned!
    Na chomo den war ar palez
    'Med an aotroù baron ha me,
    Va matezh vihan a rayo ivez.

    28. Digorit frank dor ar gegin!
    Me a wel erru va medisin.
    Digorit frank ar prenestroù!
    Me a wel erru va ankoù.

    IV
    29. - Va fried kaez, ma'z eoc'h kountant,
    Me a rafe va testamañt.
    - Grit an testamañt a garit,
    Evel ma lavarit vo graet. -

    30. Kentañ testamañt a eure,
    A oa he ene da Zoue.
    He c'horf d'an douar benniget,
    En iliz parez enterret.

    31. - Daouzek servicher zo em zi:
    Pep a habit zu da pep hini.
    D'am kerent pep a goup aour,
    Ma devo soñj er baronez paour.

    31 bis. Setu aze va tok kastor fin
    A presentañ dit, medisin.
    D'ar mevelien pep a goup aour...

    32. Kaerañ ejen em kraoù zo:
    Santez Marc'harid he-defo,
    Ma em sikouro em poanioù;
    Hag he bar da Zantez Katell
    Ma vevin tri deiz goude genel.

    33. Va habit eured seiz alaouret
    Da Santez Anna a vo roet,
    Ma vo advoketez em andret.
    Ar rest va dilhad vo d'am matezh,
    Ma devo soñj en he mestrez.

    34. Tostait amañ din, va fried,
    Dallit va gwalen a eured
    Dallit va gwalen a eured
    Just ho-peus 'nezhi pa o-c'heus 'viti paet.

    35. - Birviken gwalen ne dougin
    Na roched fleñchet ne wiskin,
    Da zougiñ kañv deoc'h-hu ac'hann,
    Gant ur roched reun a skoulmoù graet
    Da zougiñ kañv deoc'h va fried.

    36. - Aotroù Baron, truez a ve
    E jomfe intañv evel-se,
    Rak, siwazh, c'hwi zo c'hoazh en oad
    Karfec'h d'ober tiegezh mad.

    37. Med va fried, ma z'em sentec'h,
    Ur peizantez a gemerfec'h,
    A pado ouzhoc'h keit c'hwec'h.

    38. Ar re-ze zo savet kalet,
    A zo kreñv da c'harzh eus ar bed.
    An dimezeled n'ez int ket. -

    V
    39. Pa oant o vont d'he digeriñ,
    Antree Santez Marc'harid en ti;
    Evit kelenn he digeriñ:

    40. - Lakit ar vilh arc'hant en he genoù,
    An aotenn en he c'hostez dehoù.
    Hag ho-po ur mab bev.
    Ha gwriit hi gant neud seiz flour:
    Ar wreg-se 'verit he sikour.

    41. Tri deiz goude ma vo gwilioudet
    Goullet en-deus dont d'hi gweled,
    E teuyo da Balez an Dreinded.

    42. Na kasit an aotroù d'e wele
    Rag e galon a fatig aze. -

    43. Lared a re ar floc'h bihan:
    - Aotroù Baron, deut-hu d'ar c'hambr!
    Setu bet deoc'h ur mab vailhant.

    44. Ur mab ken kaer hag an deiz,
    Ho pried yac'h en he gwele,
    Seizh kraf neudenn en he c'hostez.

    45. - Me garfe 'vefe ar mab badeet,
    Dindan an douar tregont goured.
    Ar vamm eñ dougas eo kerzhet. -

    46. Ema ar baron en e gambr,
    War e daoulin o keiniñ.
    Ec'h eurioù brein dirazhañ
    Gant a-nevez graet da ouelañ
    Gant ar huñvr d'e bried diboañ.

    47. Baron Penhoat en-deus pemp map.
    Ar re vailhantañ zo dindan an oabl.
    Hag a hell sur gant gwir lared:
    - Biskoazh gant mamm n'eo int ganet:
    O digeriñ holl a zo ranket.

    Transcription KLT Christian Souchon
    FRANCAIS


    I
    1. - Marguerite de Rohan, ma fille, ma jolie
    De vous parler mariage j'ai envie;
    De vous parler mariage avec un baron
    Tel qu'en désire votre cœur,

    2. D'un mariage avec le Baron de Penhoët,
    Ma fille. C'est un veuf et un homme de bien.
    - Ma chère mère, il convient
    De vous obéir, quand vous parlez.

    3. Mais si vous me mariez à lui,
    Adieu aux joies de ce monde:
    Je n'ai plus longtemps à vivre.

    4. Il a déjà eu quatre Marguerite,
    Et toutes les quatre sont mortes,
    Mortes de la même maladie.
    Ma pauvre mère, je serai la cinquième.

    5. - Taisez-vous, ma fille, ne pleurez pas!
    Quand la quatrième est morte,
    La malédiction [qui] le [poursuit] fut conjuré. -

    II
    6. Les voilà fiancés et mariés.
    Trois mois et demi ont duré
    Les festivités des noces:
    Musiciens, bals, danses,
    Visites quotidiennes de nobles gens.

    7. Le Baron Penhoët est allé aux Etats de Bretagne,
    Jusqu'à ce que son courrier lui apprenne
    Que Marguerite souffrait [le martyre].

    8. La baronne souffrait le martyre,
    Car elle allait accoucher d'un fils ou d'une petite fille.
    - J'ai bien peur de ne pouvoir mettre au monde [cet enfant]. -

    9. Le Baron de Penhoët disait
    A son page cette nuit-là:
    - Allons, debout, mon petit page!
    J'ai eu un rève cette nuit
    Qui me cause bien du chagrin.

    10. - Ne faites pas confiance aux rèves!
    Retournez au lit vous coucher!
    Demain nous irons voir,

    11. Nous irons savoir ce qu'il en est,
    Et si votre rêve dit vrai! -
    Mais cette nuit-là il ne pouvait fermer l'œil,
    Ni reposer sa tête sur l'oreiller.

    12. - Attelez cinq chevaux à mon carrosse,
    Cinq étalons harnachés au plus près,
    Que nous partions, dès cette nuit, pour Penhoët.

    III
    13. Le seigneur Baron demandait
    En arrivant aux ponts de Penhoët:

    14. - Que se passe-t-il ici,
    Pour que mes moulins ne soient pas en train de moudre?
    D'habitude on les fait tourner,
    Nuit et jour, quand bien même il n'y aurait rien [à moudre]. -.

    15. Le Baron de Penhoët disait
    En arrivant devant le portail:
    - Que se passe-t-il chez moi,
    Que personne ne daigne s'occuper de nous?

    16. La baronne, mon épouse n'est-elle pas là,
    Qu'elle ne vienne pas m'accueillir,
    Alors qu'elle avait l'habitude de venir?

    17. Mais le portier quand il l'a [enfin] entendu
    Est venu ouvrir le portail:
    - Monsieur le Baron, de bien mauvaises nouvelles:
    Tout le monde ici est atterré [en deuil];
    Ainsi que tout le voisinage.

    18. La baronne est dans les douleurs de l'enfantement.
    Depuis trois jours et trois nuits;
    Puisse Sainte Marguerite la délivrer!

    19. Le seigneur baron a dit
    En ouvrant la porte de la chambre:
    - Reprenez courage, ma femme,
    Les princes sont venus vous voir.

    20. Le Pape de Rome, l'Empereur,
    Le Duc de Bretagne pour être le parrain,
    Et la fille du roi de France pour être la marraine.

    21. - Qui pourrait rendre mon cœur joyeux,
    Sinon mon frère, l'évêque de Léon,
    Ou bien vous, Monsieur le Baron?
    Prenez un siège et asseyez-vous,
    Je ne suis pas en mesure de vous en offrir un.

    III
    22. Le baron de Penhoët disait
    A son petit page, ce jour-là:
    Page, page, mon petit page,
    Tu es agile et tu es prompt:
    Vas à la maison de Monsieur Saint Yves!

    23. Et Saint Yves a dit
    Au petit page ce jour-là:

    24. - Mettez-lui la boule d'argent dans la bouche,
    Et le rasoir au côté droit.
    Et vous aurez un fils vivant.
    Et cousez-la avec du fil de soie lisse:
    Cette dame mérite qu'on l'aide. -

    25. Le petit page disait
    Au baron de Penhoët, ce soir-là:
    - Saint Yves m'a dit,
    Qu'il faut lui faire une césarienne
    Pour dégager l'enfant à baptiser.

    26. - Si bas qu'il ait parlé,
    Je sais ce qu'il a dit:
    Il dit qu'il faut me faire une césarienne.

    27. Tous ceux de la maison, allez vous coucher!
    Le terme est arrivé. Il est temps de partir!
    Qu'il ne reste personne au palais
    Hormis le baron et moi-même,
    Ma petite servante en fera de même.

    28. Ouvrez grand la porte de la cuisine,
    Je vois arriver mon médecin!
    Ouvrez grand les fenêtres
    Je vois arriver ma mort!

    IV
    29. - Mon pauvre époux, avec votre accord,
    Je vais faire mon testament.
    - Faites le testament à votre guise.
    Il sera fait comme vous dites. -

    30. Le premier testament qu'elle fit,
    Fut de [confier] à Dieu son âme;
    Son corps à la terre bénie,
    A enterrer dans l'église de la paroisse.

    31. - Il y a douze serviteurs dans cette maison:
    [Je lègue] un habit noir à chacun.
    A mes parents, une coupe d'or chacun,
    Pour qu'ils se souviennent de la pauvre baronne.

    31 bis. Voilà mon joli chapeau de castor:
    Je t'en fais cadeau, médecin.
    Aux domestiques, une coupe d'or chacun...

    32. Les plus beaux bœufs qu'il y ait dans mon étable,
    Sainte Marguerite les aura,
    Si elle m'aide [à supporter] la douleur;
    Et la pareille à Sainte Catherine
    Si je survis trois jour à l'accouchement.

    33. Ma robe de mariée en soie d'or
    Sera donnée à Sainte Anne,
    Pour qu'elle plaide ma cause à ma place.
    Le reste de mes vêtements ira à ma servante,
    Pour qu'elle se souvienne de sa maîtresse.

    34. Approchez-vous de moi, mon mari,
    Prenez mon anneau de mariage!
    Prenez mon anneau de mariage
    Il est juste que vous l'ayez, c'est vous qui l'avez payé!

    35. - Jamais plus je ne porterai d'anneau
    Ni ne revêtirai de chemise froncée,
    Pour porter votre deuil désormais,
    Avec une cilice de crin noué,
    Pour porter le deuil de ma femme.

    36. - Monsieur le Baron, ce serait dommage
    Que vous restiez ainsi veuf,
    Car, hélas, vous avez encore l'âge
    D'apprécier une bonne famille.

    37. Mais , mo époux, si vous m'obéissiez,
    Vous choisiriez une paysanne ,
    Qui "durera" autant que six [citadines].

    38. Ces femmes-là sont élevées à la dure,
    Elles sont difficiles à éliminer.
    Contrairement aux [nobles] demoiselles. -

    V
    39. Quand on s'apprêtait à l'opérer,
    Sainte Marguerite est entrée dans la maison
    Pour enseigner comment s'y prendre:

    40. - Mettez-lui la boule d'argent dans la bouche,
    Le rasoir sur son côté droit.
    Et vous aurez son fils vivant.
    Et recousez la [plaie] avec un fil de soie lisse:
    Cette femme-là mérite qu'on l'aide. -

    41. Trois jours après qu'elle sera accouchée
    Si jamais il veut venir la voir,
    Il viendra au Palais de la Trinité.

    42. Envoyez le seigneur se coucher,
    Car ici son cœur s'épuise. -

    43. Le petit page lui a dit:
    - Monsieur le Baron, revenez dans sa chambre!
    Voici que vous avez un fils [et il est] vaillant.

    44. Un fils aussi beau que le jour,
    Votre femme est dans son lit saine [et sauve],
    Avec sept points de suture dans le flanc. -

    45. J'aimerais que ce fils soit, [une fois] baptisé,
    A trente brasses sous la terre.
    La mère qui le porta s'en est allée.

    46. Le baron est dans sa chambre,
    Agenouillé, tout à gémir
    Sur les heures misérables qui l'attendent.
    Et il se remet à pleurer
    Quand il songe à [la façon dont] sa femme fut soulagée.

    47. Le Baron de Penhoët a cinq fils.
    Les plus vaillants qui soient sous le ciel.
    Et il peut affirmer sans crainte:
    - Nulle femme ne les a jamais mis au monde:
    Il fallut toutes les inciser. -

    ENGLISH


    I
    1. - Margaret of Rohan, my pretty daughter,
    I want to talk you about marriage;
    To talk about marriage with a baron
    Just as your heart wishes.

    2. A marriage with Baron Penhoët,
    My daughter, who is a decent widower.
    - My dear mother, Il is always good
    To obey you when you speak.

    3. But if you marry me to him,
    I must say goodbye to this pleasant world:
    For I shall be no more long to live.

    4. Four Margaret's he already had,
    The four of them they died,
    They died of the same disease.
    My dear mother, I shall be the fifth.

    5. - Be silent, daughter, do not weep!
    If the fourth wife died,
    The curse on him is broken. -

    II
    6. Now they are betrothed and married.
    Three months and a half lasted
    The merriments of the wedding:
    Pipers, parties, dances,
    Daily visits paid by noblemen.

    7. Baron Penhoët was sitting at the Estates [of Brittany],
    When it was disclosed to him in a letter
    That Margaret was in labour pains.

    8. The Baroness is in labour pains,
    A son or a little daughter is soon to be born.
    - I am so afraid I never will be delivered. -

    9. Baron Penhoët said
    To his little page that night:
    - Get up, my little page,
    I had a dream during the night
    That causes me much trouble.

    10. - Never trust your dreams!
    Return to bed and sleep!
    We'll take stock tomorrow,

    11. Tomorrow we'll know where we stand,
    And if dreams are trustworthy! -
    But, that night, he could not sleep a little bit,
    Nor lay his head on the feather-pillow.

    12. - Hitch up five horses to my carriage,
    Five stallions closely harnessed,
    We repair to Penhoët this very night!

    III
    13. The Lord Baron asked
    On arriving at Penhoët Bridges:

    14. - What is the matter here,
    Why are the mills not milling?
    They usually do, night and day,
    Even if there is nothing to grind.

    15. Baron Penhoët said
    When he stopped before the gate:
    - What's amiss in my house,
    If nobody vouchsafes to attend to us?

    16. Not even the Baroness, my wife,
    Has come to welcome me
    As she always does?

    17. At last he heard the gatekeeper
    Coming to open the door:
    - Lord Baron, very bad news:
    Everybody in this house is appalled;
    So are our neighbours here around.

    18. The Baroness has been in labour pains
    Now for three days and three nights;
    May Saint Margaret deliver her!

    19. Baron Penhoët declared
    On entering her chamber:
    - Cheer up, my wife,
    Princes have come to see you.

    20. The Pope of Rome, the Emperor,
    The Duke of Brittany, to be godfather to the baby,
    The King of France's daughter, to be godmother.

    21. - Who could make my heart rejoice,
    If not my brother, the bishop of Léon,
    Or else yourself, Lord Baron?
    Take a seat and sit down,
    Since I am not able to offer you one.

    III
    22. Baron Penhoët said
    To his little page that day:
    Page, page, my little page,
    You are nimble and swift:
    Go to Saint Yves church!

    23. Now, Saint Yves said
    To the little page that day:

    24. - Put the silver ball into her mouth,
    The razor on her right hand side.
    To deliver the baby alive.
    Stitch up the scar with smooth silk thread:
    This woman is worth being succoured. -

    25. The little page said
    To Baron Penhoët that night:
    - Saint Yves told me,
    That she needs a caesarean section
    To deliver the baby to be baptized.

    26. - Though you spoke in a whisper,
    I did understand what you said:
    That I need a caesarean.

    27. All people in this house, now off to bed with you!
    The time as come, for you to leave!
    Nobody shall stay in this manor
    But the Lord Baron and me,
    My little maid shall leave as well.

    28. Open wide the kitchen door!
    I see my physician coming.
    Open wide the windows!
    I see my death coming.

    IV
    29. - My poor husband, with your leave,
    I'll write my will and testament.
    - Write a will as long as you want,
    Everything you order will be done. -

    30. The first legacy she left
    Was her own soul to God.
    Her body to the blessed earth,
    To be buried in the parish church.

    31. - There are twelve servants in my house:
    Each of them shall have a black suit.
    Each of my relatives a gold cup,
    In memory of the poor baroness.

    31 bis. Her you have my fine beaver bonnet
    A present for you, physician.
    To the menservants a gold cup each...

    32. The stateliest oxen in my shed:
    Saint Margaret shall have them,
    If she helps assuage my pains;
    And so shall Saint Catherine
    If I live three days after the birth.

    33. My silk dress intertwined with gold threads
    Saint Anne will be presented with it,
    If she is my advocate before God.
    The rest of my clothes be given to my maid,
    In memory of her mistress.

    34. Now come near my husband,
    Here is my wedding ring
    Here is my wedding ring: It's fair
    That it should be returned to you who paid for it.

    35. - Never shall I wear a ring
    Or don a pleated shirt,
    I shall go into mourning henceforth,
    And wear a shirt of knotted horse hair
    For your sake, my wife.

    36. - Lord Baron, it would be a pity
    If you would stay in widowhood.
    Alas, you are still, given your age
    Willing to found a fine family.

    37. But, my husband, take my advice,
    You should choose a country girl,
    Six times as robust as a town girl.

    38. Girls that are brought up the hard way
    Are not easily weeded out.
    Unlike noble young ladies. -

    V
    39. When they were to open her womb,
    Saint Margaret entered the house
    To teach them how to do it:

    40. - Put the silver ball into her mouth,
    The razor on her right hand side.
    And the baby will be delivered alive.
    Stitch up the scar with smooth silk thread
    This woman is worth the help extended to her.

    41. Three days after she will be delivered,
    Should her husband want to see her,
    He'll have to proceed to Holy Trinity's house.

    42. Now send the Baron to bed
    For his heart would be too severely tested. -

    43. The little page said:
    - Lord Baron, please, come back to her room!
    Now you have a sturdy boy.

    44. He is as beautiful as the sun,
    Your wife lies safe and sound in her bed,
    With seven stitches in her side.

    45. - I'd prefer that the boy, once baptized,
    Should be buried thirty yards below ground.
    The mother who has born him is soon to decease. -

    46. The baron is now in his room,
    On his knees and is wailing
    On the woeful hours to come.
    And he stats weeping again
    Each time he thinks of his delivered wife.

    47. Baron Penhoët has five sons,
    The healthiest you may think of
    And he may say with certainty:
    - None of them was born from a woman:
    All of them were cut out their mother's womb.




    Manoir de Pontplaincoat en Plougoulm (St Pol-de-Léon)



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