V ABEILLE Une abeille têtue ente au coeur de l'été L'obsession de l'automne et de l'an qui s'écoule. N'écoutez pas son chant ni l'appel entêté. La barque de l'été danse sur une houle. Ni les appels brisés, ni les propos trompeurs. Sur la crête du temps un destin se balance. Votre regard est grave où se lèvent les peurs. Des voix nous parviendront des steppes du silence. Abeille, sourd témoin, n'éveille pas le temps. Un mot qui veut monter hésite au seuil des lèvres. Un essaim vient hanter les bosquets éclatants. C'est de tout un printemps que notre orgueil nous sèvre. La rumeur de la rue a muselé le chant. La nuit sous nos regards claque comme une lance. Le masque est retombé sur votre front, méchant. Oh, le bruit de l'abeille a scellé le silence. Michel Galiana (c) 1991

V HONEY-BEE A stubborn honey-bee grafts haunting fear of fall And of the passing year into the summer's heart. Don't ever heed its song or its obstinate call, -On a swelling water dances the summer's barge- Neither the stifled calls, nor the deceitful speech. On the crest of time's waves destiny sways about. Your steady look is grave, filled with surging anguish. Voices shall reach our ears that in silent fields shout. Honey bee, deaf witness, don't awake times that drowse. A word about to rise hesitates on the lips. A swarm is now haunting the dazzling, blooming grove. Off the pageant of spring does our vain pride us wean. The rattle from the street muzzled the humming song. The slowly spreading night cracks like a breaking lance. The mask covers again your brow, wicked and wrong. The humming of the honey-bee sealed the silence.

Transl. Christian Souchon 01.01.2004 (c) (r) All rights reserved

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