IX ULYSSE A MONTPARNASSE Cités cruelles et suffocantes. Rues. Les sueurs, perles noires, aux crins des passantes Et les regards si lassés des grues Dans leurs grottes de couloirs. Circéens. Pas Après pas, fil après fil, vides -ô vide Des avenues près de grands murs exilés- Toiles suspendant sur les goudrons sans ride Vos pièges pour les promeneurs désailés Jusqu'aux bétons dressant leurs miroirs, falaises Où vient battre la mer des chromes. Des coups (Les chansons crachent leurs entrailles de braises Mais les âniers ne sont maîtres des licous) D'oiseaux grisés brisés contre les murs leurres (Un franc ou deux - pour la musique) Couloirs Ouvrant vos gueules de terreurs. Plaintes. Pleurent Les chiens rouges tapis au sommeils des loirs. Le vieux qui dort aux portes du cimetière Montparnasse. Le cierge priape. Le croc. Qu'y Gérard pende une indifférence altière. Ulysse, sur la mer mauve, tant d'accrocs! Michel Galiana (c) 1991

IX ULYSSES IN MONTPARNASSE Suffocating and cruel cities! Mazes of streets. Hanging on the passers-by's hairs: dark beads of sweat. And the exhausted glance of prostitutes who peep, Bewitching, out of their dens of corridors. Step After step, wire after wire, void -O, emptiness Of drives lined up along banished walls whose chasm Is covered up with flat and tarry surfaces To entrap a wing-less pedestrianism, Up to concrete structures propping up mirror cliffs Lashed by an ocean of glittering chromes and hits (Some songs spout from the wombs of glowing furnaces, Donkeys, not their drivers are masters of their bits) Of intoxicated birds crushing on lure walls (Just a penny or two for the music!) And steep Entrances gaping on terrifying tunnels. Moans of red dogs crouching within their sound sleep. The old man who slumbers by the gate of Graveyard Montparnasse. Candle in erection. The hook On which to hang your proud indifference, Gérard! Ulysses, many rips on the crimson sea! Look!

Transl. Christian Souchon 01.01.2005 (c) (r) All rights reserved

Note :

Ce monologue intérieur fait par son contenu (déambulation dans les rues d'une grande cité, combinée avec des allusions à l'Odyssée - Circé...) et sa forme (cheminement de la pensée consciente, parodie, jeux de mots...) explicitement référence à l'"Ulysse" de James Joyce. Le monologue de Molly Bloom est évoqué dans le dernier vers, après un hommage à Gérard de Nerval qui situe la fin de l'odyssée près des Halles dans l'ancienne rue de la Vieille Lanterne.
Les calembours (ô vide/Ovide, murs leurres/hurleurs, priape/prière) s'avèrent rétifs à toute traduction.

This inward monologue explicitly refers by its content (wandering along the streets of a big city combined with allusions to the Odyssey - Circe...) and its form (stream of consciousness, parody, puns...) to "Ulysses" by James Joyce. Molly Bloom's monologue is evoked in the last line, following a tribute paid to Gérard de Nerval, thus situating the journey's end near the former Old Lantern Street in the Halles district.
The French text contains puns that resist translation

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