VIII JARDIN MINERAL Jardin sec. Pierre et pensée. Ciel et silence. Un arbre tord son tronc au delà du mur. En toi nul au delà. Tout pèse et tout pense. Un point pour concilier le sort et le sûr Où la couleur s'évanouit en absence, Où la sentence au néant s'unit et meurt. Seul un parfum de benjoin que tu recenses. Seule aux profondeurs du songe une rumeur. Plus loin que l'astre cette ligne qui passe. Pour aller outre il n'y a plus de nocher. Tu devras te réinventer ton espace Si tu veux franchir le rocher. Michel Galiana (c) 1991

VIII JAPANESE GARDEN Dry garden. Stone and thought. And sky and quietness. Beyond the wall a tree that twists its gnarly trunk. In me there's no beyond. And all thinks and all weighs. A point where certainty may reconcile with luck, Where colour vanishes and fades into absence Where speech unites with void which abolishes it. I am aware of naught but a benzoin scent. Down to the depths of dream just a murmur that drifts. Further away from me than the stars is that line Over which there is no ferry to carry me. I shall be able to invent a space of mine Or never get over this stone boundary.

Transl. Christian Souchon 01.01.2004 (c) (r) All rights reserved

Note :
Commentaire de l'écrivain anglais Michael SHEPHERD :

"Belle évocation de 'l'espace 'jardiné' en tant que métaphore de l'espace sans limite. Est-ce aussi l'évocation de cet espace jardiné qu'est le poême lui-même?
Notons aussi la clarté de la traduction."

Commentaire du poète anglais, Adam REYNOLDS:
"L'intensité du texte se relâche un peu au milieu, mais uniquement en comparaison avec la grandiose introduction et la chûte épatante. Les premières lignes expriment à merveille la minéralité de la pierre, pour parler comme un formaliste russe. Et il y a cette image de l'arbre qui tord son tronc au-delà du mur. Va-t-il le soulever? Et qui a eu l'idée de construire une chose pareille, un mur? Et pourquoi?

Il y a une autre description de ce jardin minéral dans le poème Jardin de Kyoto

Comment by the British author, Michael SHEPHERD :

"A fine evocation of the 'tended space' as metaphor for unlimited space. A metaphor too, for the tended space of the poem itself?

A clear translation too."

Comment by the British poet, Adam REYNOLDS:

"felt it sagged a little in the middle but only in comparison to a great opening and a super close. the opening lines really make the stone stony as russian formalists would say, the image of the twisting tree roots by the wall. will they uproot the wall? who is the constructor of such a thing as a wall? and for what reason?"

There is another description of this mineral garden in Jardin de Kyoto

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