XIV LES NOCES DE FIGARO Mozart qui le savait suspendit la romance. L'âme qui s'éveillait sentit mourir un peu Son rêve, et s'élever au milieu du silence Son chant intérieur qui dort, silencieux. Chérubin, coeur volant, n'a pas plus de jeunesse. Suzanne ne soupire pas avec un chant Plus clair - si clair qu'il fond dans l'azur et ne laisse Que le regret d'un moment furtif et touchant. Sous les grands marronniers va passer une étoile. O Comte, oublie à tout jamais le valet bas, La nuit frissonne sous le regard de Rosine Et les fleurs deviennent des perles sous ses pas. Bartolo disparaît. Il n'est plus de Basile. Marcelline se peigne au delà du décor. Tout est musique. Au coeur brûlant, elle scintille. Des mots de diamant passent au son du cor. La divine aria tremble aux lèvres ouvertes. L'orchestre au loin la suit comme l'oeil de l'amour. Ils vont, nonchalants et rêveurs, laissant aux vertes Epines du chemin le sourire d'un jour, D'un instant, le sourire entrevu dont on rêve Longtemps qui dans la nuit danse, que le matin Retrouve à son chevet, qui sur l'aube se lève, Qui ne sera jamais que le bonheur lointain. Alors, ils se tairont, les espoirs. La Comtesse S'éveillera du long mirage de carton Et le chant de l'azur sera lourd de tristesse - Celles des roses qui sont mortes en bouton. Michel Galiana (c) 1991

XIV FIGARO'S WEDDING Mozart interrupted the song in awareness. The awakening soul felt how was fading away Its dream, whilst was rising from among the stillness Its deep, innermost chant that quietly asleep lay. Fickle Cherubino has no more youthfulness. Susanna does not sigh nor sing a clearer chant - So clear that it merges in the ether and leaves Behind but the regret of a fleeting moment. Beneath the tall chestnuts a star presently falls. Count, let for ever be forgotten the flunkey, The night shudders shyly, which Rosina beholds And flowers are turning to pearls along her way. Bartolo disappears. There's no more Basilio. Marcelina prepares at the back of the stage. All is music, sparkling, enthralling with brio. And words of diamonds follow it in cortege. The divine aria trembles upon the lips, Followed in the distance by loving instruments Which go their drowsy way and are caught on the green Thorns that thrive on the path and are joyful moments; Moments for which will last the brief smile one dreams of For long, that in the night dances and that, at dawn, One finds beside his bed, that one's memory haunts; That never will be more than happiness bygone. Then hopes will be muted and then will the Countess Awake again from her lengthy dream of cardboard; And in the skies the song will sound full of sadness - Sad like roses withered while they were still in bud.

Transl. Christian Souchon 01.01.2004 (c) (r) All rights reserved

Georges Brassens a peut-être été inspiré par un autre opéra de Mozart : Don Giovanni.

Georges Brassens was possibly inspired by another opera composed by Mozart : Don Giovanni.



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