RENCONTRE J'ai rencontré votre équipage Dans les ravines de l'été. J'oubliai mon pèlerinage. Bourdon me fut des mains oté. Comme un cerf altéré qui brame, J'appelle vers ta source, femme. Où fut le bois où rêve et pâme Amour épris d'éternité? Un regard maquillé de ruse A pris mon rêve dans ses rets. Un rossignol captif qu'abuse Un rameau cueilli en forêts, Les yeux crevés, chante et se brise. Si mon illusion fut prise, Mon désir seul d'un corps se grise. Je n'aime en toi que ton regret. La terreur des forets, des flammes, M'a masqué la face du jour. Ce corps que je baptisais femme Etait d'un mystère l'atour. La chair fuit. Au fond de la mine Un soleil nocturne chemine. Il naît, il monte, il illumine Les voies secrètes de l'amour. Vois s'ordonner, mystérieuses, Les étoiles sur les forêts. Où vont ces fuites anxieuses? Quel captif ébranle ces rets? La nuit révèle ses retraites. Un vol de feu trace les crêtes. Le cerf crie et suivent leurs quêtes Les unicornes ignorés. Le faux tyran vêtu de haines A fui. Le prince est de retour. Les fourrés morcellent leurs chaînes. Les chants fusent comme des tours. Le cortège de nuit s'avance. Les cors le mènent et les danses. Mais ne manquent l'essaim des lances Ni le vol pesant des vautours. Ma sœur, ton visage se lève Par l'aubépine et par le lys. Il m'a baigné d'aube et de rêve, De tendresse enseveli. Ton souvenir de nuit se moire. Pose ta voix sur ma mémoire Et que s'ouvre comme une gloire Un ciel d'étoiles - ou de lit. 27 juin 1964 Michel Galiana (c) 1992

ENCOUNTER Since I've encountered your carriage In that summer heated steep land, I've given up my pilgrimage My staff was taken off my hand. And like a thirsty stag that troats, I call, O woman, for your source There in the wood where Amor drowsed And dreamed of everlasting bond. What your wily made up eyelids Caught in their nets is elusive. Plucked in the wood a twig misleads A nightingale that's held captive And with gouged out eyes sings and dies. You abused my fanciful eyes, For flesh only may wean desires. My love arouses when you leave. Fear of the forests, of the fire Hid the face of the day to me. This flesh was mystery's attire Which I chose a woman to be. Flesh vanished. Subterranean, The sun at night moves along and Will break and rise and enlighten The hidden ways of sympathy. See the mysterious array Of the stars above the forests. Where do they shyly flee away? What prisoner does shake those nets? The veils spun by the night are torn On crests which lines of fire adorn. The stag cries and the unicorns, Of all unseen, follow their quests. A false tyrant in hatred clad Fled. And the rightful prince came back. Fake jewels and their chains are parted. The songs burst forth for the attack. The cortege at night advances, Led by the horns and the dances, Amid a thick swarm of lances And vultures flying in a pack... Is it, O my Sister, hawthorn, That wreathes your brow or lily? It shrouded me in dreams and dawn, In tenderness it buried me. Since you fade into a shadow, Let your voice to my mind sing low, Let it display like a halo: A starry sky - a canopy. 27 June 1964

Transl. Christian Souchon 01.08.2006 (c) (r) All rights reserved

Note :

L'aubépine et le lis sont symboles de chasteté.
La cinquième strophe fait allusion au putsch des généraux d'Alger en avril 1961.

Both hawthorn and lily are emblems of chastity.
Stanza #5 refers to the April 1961 Generals' rebellion in Algiers.

Ex Voto Index Chanson du Tage