Ophélie par J.Waterhouse

EX VOTO Rien ne reste de son image: un parfum s'exhalant à la lumière de l'aurore d'églantines mouillées ouvrant dans le vent lumineux leurs cœurs comme tout prêts d'éclore Ou de lys purs; les mains blanches; les cheveux des nuits où frissonnent l'amant et l'amante au bosquet fleuri et sauvage un peu où la grâce de deux étoiles chante Si simplement, si clairement, et pourtant un tel secret fait remonter leur lumière que l'on ne sait si leur limpidité tend une pitié ou l'aveu d'une prière. Il pleut comme la vie et il flotte autour d'elle le voile suave des vierges pervenches et des bouillonnements de jours épars, flottant au long du fouillis des berges Noyées de nuit, lorsque les bosquets sont pleins de biches dont les corps roses dans les branches se fondent, et les yeux mirent des jardins neigeant des senteurs de lys purs et des blanches Eglantines sauvages souriant au travers des branches. Juin 1953 Michel Galiana (c) 1992

EX VOTO Remnant of her image? Nothing, but a perfume arising in the indistinct light of the dawn from dewy wild roses that will burst into bloom once on their opening hearts the sunny wind has blown. Or from lilies as white as her hand. And her hair evokes the chilling night surrounding lovers in a flower garden that's half-tilled but so fair; and the melodious spell of her eyes, of those twin Stars whose ingenuous gleam illumines the darkness; and yet a deep secret pervades their light: no one could possibly decide if, hid in their clearness, an avowed request lay or else sheer compassion. In the rain I feel life and in this floating haze which wraps a veil round her, arising from the blank periwinkles and from all these eddies of days scattered, floating along the tangle of the banks Now plunged into darkness, while every grove seems full of deer whose rosy hides to a maze of patches merge together, whose eyes mirror gardens as cool as snow with all these scents of lily and roses Emerging cheerfully from behind the branches. June 1953

Transl. Christian Souchon 01.01.2006 (c) (r) All rights reserved

Notes :

Ce poème maladroit relate l'événement le plus marquant de la vie de Michel qui venait juste d'avoir 19 ans. La jeune personne concernée est nommément désignée de façon criptique.
Le poème suivant (tiré du manuscrit "Milliaires") fournit un indice.

BLASON SECRET

Sous le chiffre d'un entrelac de vignes -vierges- de vignes
Illuminant une porte où mes doigts ignorent la clef
Rayonne un sourire qui a la fixité d'une étoile
Ou d'une braise pour enflammer ma forêt.
N'éveillez pas les biches qui sommeillent dans son regard.
Eveillez plutôt, sur son lit d'échec, l'unicorne.

Le chiffre dénoué noué, le nom se lève.

26 juin 1965

("13 years after" est-il indiqué, en anglais, ce qui, rapproché du titre donné à un ensemble de 8 poèmes du "Livre d'heures" fixe la date de la rencontre au dimanche 29 juin 1952. Michel avait 19 ans.)

Il en est de même du poème Noces de Figaro

On ne peut s'empêcher de penser à la Chanson de Fortunio d'Alfred de Musset pour laquelle Jacques Offenbach composa la mélodie qui sert de fond sonore à ette page.

"Si vous croyez que je vais dire
Qui j'ose aimer,
Je ne saurais, pour un empire,
Vous la nommer. .."

La référence à la Seine (dans "29 Juin" - V du "Livre d'Heures") et à des fontaines et des masques (dans "Millaires: Rencontre") suggère le lieu de ladite rencontre: le Parc de Saint-Cloud.
This akward poem relates the most important event in 19 year old Michel's life. The young person concerned is named in a cryptic way.
The following poem (from the MS "Milestones") gives a hint.

SECRET BLAZON

Sign intertwined with vine, -with Virginia creeper,
Illumining a door to which I have no key,
Radiating a smile as a fixed star steady
Or setting my forest ablaze with its ember.
Never wake up the doe whose sleep her glance adorns!
Enlivened be instead the chess board unicorn.

Untangle the tangled cypher, the name shall rise.

26th June 1965

(The handwritten mention in English "13 years after", combined with the title of a cycle of 8 poems in the "Book of hours", dates the encounter to Sunday, 29th June 1952; Michel was 19 years old.)

So does the poem Figaro's Wedding

One cannot help thinking of Fortunio's song by Alfred de Musset, to which Jacques Offenbach composed the tune you hear as a sound background.

"Don't think I am going to tell you
Whom I dare love
I would not even for an empire
Unveil her name..."

The reference to the Seine (in "29th June" - V in "Book of Hours") and to fountains and masks (in "Millaires: Encounter") suggests that the place was the Park of Saint-Cloud.

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