Kloarek Lambaul - Kentañ Kentel

Le Clerc de Lamballe - Première version

Chant à rapprocher du "Marquis de Guérand" du "Barzhaz Breizh"

Chanté par Marguerite Philippe de Pluzunet
Publié par François-Marie Luzel dans le 2ème tome des "Gwerzioù Breiz-Izel", (pp. 472-477) en 1874.

Ce chant figure sur un CD publié en 2003 ("The Collections of Rudolf Trebitsch", 5/2, CD 1, pl. 36).
Le collecteur autrichien recueillit ce chant en 1908, à Morlaix, de la bouche d'un jeune tailleur de 19 ans,
un fervent lecteur de Luzel qui n'était autre que le futur détracteur de La Villemarqué, Francis Gourvil,
qui lui a sans doute fait croire qu'il s'agissait de tradition orale authentique (l'histoire de la paille et de la poutre!)
Source:'La Plainte et la complainte' d'Eva Guillorel où se trouve la référence au CD
Mélodie
Chantée par Melle Reine-Anne Le Braz, Port-Blanc et autres variantes
tirées de "Musiques bretonnes" de Maurice Duhamel:

Autre arrangement (à partir de plusieurs variantes) par Christian Souchon (c) 2012

Source: le site de M.Quentel, "Son ha ton" (voir "Liens")

KLOAREK LAMBAUL

Kenta kentel

I
Kloaregig Lambaul hag he vestres
Braoa daou den ’zo en Montroules. (bis)

Kloaregig Lambaul vonjoure,
’N ti ’r C’halvez koz pa arrue : (bis)

— Bonjour ha joa holl en ti-man,
Fiekka Kalvez pelec’h eman ?

— Eman duze bars ar gambr-wenn,
Kribad he fennad bleo-melenn ; (bis)

’Man er gambr-wenn, en penn ann ti,
Kloarek Lambaul, et davèd-hi. (bis)

Kloarek Lambaul a lavare
D’ Fiekka Kalvez, p’hi salude : (bis)

— Ma dousig koant, lâret d’in-me,
C’hui ’deufe ganen d’al leur-newe ?

— D’al leur-newe me na inn ket,
Gant ar markis ’on gourdrouzet. (bis)

— Drouk ha mad gant nep a garo,
D’al leur-newe ni a ielo ; (bis)

Mar son ar sôner, ni danso,
Mar na son ket, me a gano, (bis) [1]

II
Markis Guerrand a c’houlenne
Euz un den-koz a rankontre : (bis)

— Ma zadig-koz, d’in-me lâret,
N’hoc’h eus ket gwelet ar c’hloarek ? (bis)

— Aotro ’r markis, ma iskuzet,
Na on pe gloarek ’c’houlennet. (bis)

— Ewit ur wez hoc’h iskuzan,
Kloarek Lambaul a c’houlennan. (bis)

— Et ê ’r c’hloarek d’al leur-newe,
Fiekka Kalvez euz he goste. (bis)

Indan-han ’n abit satinn gris
Kaeroc’h ’wit ho hini, markis; (bis)

Rubano ’zo war he vouto,
Kaeroc’h ’wit ’zo war ho mancho. (bis)

Indan-hi ’zo un abit-wenn,
Doue, braoa da feumeulenn ! (bis)

III
Ann aotro markis a lâre
D’ gloarek Lambaul, el leur-newe :

— Na diwiskomp hon porpantjo,
Ewit komans ar gourenno. (bis)

— Aotro ’r markis, ma iskuzet,
Da c’hourenn d’ac’h me na inn ket ; (bis)

Digaset païsant em c’hever,
Me ’grogo hardis ’n he golier. (bis)

N’oa ket he c’hir peurlavaret,
Kloarek Lambaul ’zo douaret ; (bis)

Ha seis kleve noas euz hen lac’ha,
’Nn aotro ’r markis d’ho asista. (,bis)

Ann aotro markis a lâre
D’ Fiekka Kalvez eno neuze : (bis)

— Ma dousig koant, lâret-c’hui d’in,
C’hui ’deufe ganen da Lisandri ? (bis)

— Da Lisandri me na inn ket,
Ma muia-karet ’c’h eus lac’het ; (bis) [2]

Ma muia-karet ’c’h eus lac’het,
Ma lac’het iwe, pa garfet. (bis)

N’oa ket he gir peurlavaret,
Fiekka Kalvez ’zo douaret ; (bis)

Ha seis kleve noas euz hi lac’ha,
’Nn aotro ’r markis d’ho asista. (bis)

VI
Ann aotro ’r markis a lâre,
Euz ’l leur-newe pa bartie : (bis)

— Me garrie ann tan en Guerrand,
Hag en buhe ’nn daou den iaouank ! (bis)

Na oa plac’h a-bed er vro-man
Da blijout d’in evel homan ! (bis)

Kanet gant Marc’harit Fulup.
LE CLERC DE LAMPAUL

Première version

I
Le petit clerc de Lampaul et sa maîtresse
(Sont) les deux plus beaux jeunes gens de Morlaix. (bis)

Le petit clerc de Lampaul souhaitait le bonjour,
En arrivant chez le vieux Le Calvez :

— Bonjour et joie à tous dans cette maison,
Fiecca Le Calvez où est-elle ?

— Elle est là-bas dans la chambre blanche,
A peigner ses cheveux blonds ;

Elle est dans la chambre blanche, à l’extrémité de la maison,
Clerc de Lampaul, allez auprès d’elle.

Le clerc de Lampaul disait
A Fiecca Le Calvez, en la saluant :

— Ma douce jolie, dites-moi,
Viendriez-vous avec moi à l’aire-neuve ?

— A l’aire-neuve je n’irai pas,
Je suis menacée par le marquis.

— (Le trouve) bon ou mauvais qui voudra,
A l’aire-neuve nous irons ;

Si le sonneur (ménétrier) sonne, nous danserons.
S’il ne sonne pas, moi je chanterai. [1]

II
Le marquis de Guerrand demandait
A un vieillard qu’il rencontra :

— Mon petit vieux père, dites-moi,
N’avez-vous pas vu le clerc ?

— Monsieur le marquis, excusez-moi,
Je ne sais quel clerc vous demandez.

— Je vous excuse pour une fois,
C’est le clerc de Lampaul que je demande.

— Le clerc est allé à l’aire-neuve,
Ayant Fiecca Le Calvez à son côté.

Il porte un habit de satin gris,
Plus beau que le vôtre, marquis ;

Il a des rubans sur ses souliers
Plus beaux que ceux que vous avez à vos manches ;

Elle porte une robe blanche,
O Dieu, la jolie jeune fille !

III
Le seigneur marquis disait
Au clerc de Lampaul, dans l’aire-neuve ;

— Mettons bas nos pourpoints,
Pour commencer les luttes.

— Monsieur le marquis, excusez,moi,
Je n’irai pas lutter contre vous ;

Faites venir un paysan vis-à-vis de moi,
Et je lui mettrai hardiment la main au collier.

Il n’avait pas fini de parler.
Le clerc de Lampaul, qu’il était à terre ;

Et sept épées nues (occupées) à le tuer,
Le seigneur marquis étant présent.

Le seigneur marquis disait
A Fiecca Le Calvez, là, en ce moment :

— Ma petite douce jolie, dites-moi,
Viendrez-vous avec moi à Lisandré ?

— A Lisandré je n’irai pas,
Vous avez tué celui que j’aimais le plus ; [2]

Vous avez tué celui que j’aimais le plus,
Tuez-moi aussi, quand il vous plaira.

Elle n’avait pas fini de parler,
Fiecca Le Calvez, qu’elle était à terre,

Et sept épées nues (occupées) à la tuer,
Le seigneur marquis étant présent !

IV
Le seigneur marquis disait
En quittant l’aire-neuve :

— Je voudrais voir le feu dans Guerrand,
Et les deux jeunes gens en vie !

Il n’y avait aucune fille dans le pays
Qui me plût autant que celle-ci.

Chanté par Marguerite Philippe.
Traduction: François-Marie Luzel

[1] Ces deux strophes se retrouvent dans plusieurs ballades où la situation est similaire. C'est le cas de la gwerz du cahier de Keransquer "Cloarek Al Laodour", p.82. ou du chant Janed ar Mareg

[2] Il y a ici une confusion avec les gwerzioù de Les Aubrays. Une version qui fugure dans le même ouvrage de Luzel p.565 est intitulée "Le géant Lizandré" (Lizandré= Les Aubrays).
THE CLERK OF LAMBAUL

First Version

I
The little Clerk of Lambaul and his sweetheart
Are two fine people of Morlaix. (bis)

The Clerk of Lambaul greeted everybody
On arriving at Old Calvé: (bis)

— Bliss and joy to all in this house,
Is Fiacre Calvé at home? Where is she?

— She is there in the white room,
Busy combing her blonde hair; (bis)

In the white room at the other end of the house,
Clerk of Lambaul, you may go to her. (bis)

The Clerk of Lambaul said
To Fiacre Calvé, by way of greeting: (bis)

- Tell me, sweetheart,
Are we going to the new threshing floor dance?

- To the new threshing floor I don't feel like going,
I am threatened by the marquis. (bis)

— Whether it pleases them or not,
We shall go to the new threshing floor; (bis)

If the pipers play we shall dance,
If they do not we shall sing. (bis) [1]

II
Marquess of Guérand was asking
An old man whom he encountered: (bis)

- My good old man, would you tell me,
Have you seen the clerk? (bis)

- With your leave, your Lordship,
Which clerk do you mean. (bis)

— To save time I consent to excuse you:
I mean the Clerk of Lampaul of course. (bis)

— He's on his way to the new threshing floor,
Fiacre Calvé is with him. (bis)

He wears a dress of grey satin
More beautiful than yours, Marquess; (bis)

He wears ribbons on his shoes,
That are finer than those on your sleeves. (bis)

And she wears a white gown...
My God, is she a pretty girl! (bis)

III
The Lord Marquess said
To the clerk of Lampaul:

— Let us take off our doublets,
And let us wrestle! (bis)

— Lord Marquess, with your leave,
I am not going to wrestle; (bis)

A peasant were a good match for me,
I would grasp his collar hardily. (bis)

But he could not speak out:
He was thrown down to the ground (bis)

And pierced by seven unsheathed swords,
And they were aided by the Lord Marquess. (,bis)

Then the Marquess said
To Fiacre Calvé: (bis)

- My dear girl, now tell me:
Would you follow me to Lizandré's ? (bis)

— To Lizandré's I shall not go:
You have killed my beloved one! (bis) [2]

You have killed my beloved one,
You may kill me, if you want. (bis)

She had not spoken out,
When Fiacre Calvé was thrown to the ground; (bis)

And she was stabbed by seven glades,
And the Marquess assisted them. (bis)

VI
The Lord Marquess did say,
When he left from the new threshing floor fair: (bis)

— I'd like to see Guérand on fire,
And these two young people alive! (bis)

No girl in the whole country
Pleased me so much as this one! (bis)

Sung by Margaret Philippe.

[1] This stanza and the previous are found in several other ballads where the situation is similar. For instance in the song Janed ar Mareg


[2] Here is a confusion with one of the Les Aubrays ballads. One version published in the same book p.565 by Luzel is titled "the Giant Lizandré" (Lizandré= Les Aubrays).

François-Marie Luzel (1821 -1895)


Retour à "Marquis de Guérand"