XI-4 FORET Lorsque tu pénètreras dans ma forêt, Oh mon hôte, ni sentier, ni source. L'heure Assourdie sous les forêts. Une plainte D'oiseau mort dont l'écho toujours hanterait Les troncs luisants, comme luisent, au secret De tes rêves, les eaux où le temps demeure. Silence. Car te voici hantise, crainte, Ensevelissement - attente - et n'aurait Ta bouche un souffle si n'eût parlé ma bouche, Et tout ton corps devient ma braise, ma couche, En cette forêt dont le nom est ailleurs. Repose. Ma voix est promesse, lumière. L'éclair luit. Je te dirai l'aube première, La naissance. Voici le temps du veilleur. Michel Galiana (c) 1990

XI-4 FOREST If ever you enter once into my wood, O my guest, you'll find there no path and no source. And under the coppice the hour, muffled, sounds. The moan of a dead bird, constantly echoed, Would haunt gleaming trunks, as gleam, under the shroud Of your dreams, the waters where times still abide. Be quiet. Why have you now an obsessive fright? You seem to be buried - in waiting - and would Not have breathed a word, if my mouth had kept quiet. Your body turns into my ember, my night In this forest whose name has remained unknown. Sleep now. For my voice is a promise, a moon. A flash of bright lightning. I'll wake you as soon As dawn gleams. The watchman's time for me has come.

Transl. Christian Souchon 01.01.2005 (c) (r) All rights reserved

Note :

Voici le premier poème en vers irréguliers (avec un nombre de pieds impair).
Le poète s'adresse-t-il ici à une femme aimée ou à son double hemétique? Cette pièce étant la quatrième du "Triomphe d'Hermès", la réponse ne fait guère de doute...

This is the first poem in irregular verse (with uneven number of syllables).
Does the poet address here a beloved woman or his hermetic double? Since the piece is the fourth part of “The triumph of Hermes”, there is no room for doubt…

Faussaire Galiana Le nautonier

Jardins Hermes Le nautonier