KENAVO D'AR YAOUANKIZ

ADIEU A LA JEUNESSE

FAREWELL TO YOUTH

Chant collecté par Théodore Hersart de La Villemarqué
noté dans le 1er Carnet de Keransquer (p. 253).



Mélodie
Arrangement Christian Souchon (c) 2009

A propos de la mélodie:
Mode "syntono-lydien" (cf. "Musique", in fine):
si-1-dod-1/2-re-1-mi-1-fad-1/2-sol-1-la-1-si
La mélodie s'achève sur la médiante, le mi.
Extraite de "Trente mélodies populaires de Basse-Bretagne", recueil de Bourgault-Ducoudray paru en 1885 et chanté par Me Guichon à Plounévé. (Source: le site de M. P. Quentel - voir "Liens").

Bibliographie
Dans le manuscrit, ce chant porte le titre "ar iaouankis" suivi de l'addition: "Marianne Ollier, femme Delliou qui a déjà chanté "Notre-Dame du Folgoat", publié, et "Erru an hañv hag ar miz Mae", "An droug rans" et la "Fête de Juin".
Il s'agit de Marianne Olivier, épouse Delliou (1768 - 1845). "Erru an hañv..." et "Fête de Juin" sont un seul et même chant.
Cependant, les 2 tables A et B attribuent "Notre-Dame du Folgoat" , non pas à Marianne Olivier de Kerigasul en Nizon, mais à Katell Rouat, épouse Richard.
La 4ème strophe de l'"Adieu à la jeunesse" semble avoir inspiré le 10ème couplet de "An droukrañs" (La rupture):

"Amzer omp bet o 'n-em garout n'e-deus ket padet gwall bell;
Tremen e-deus graet, plac'h yaouang, evel eur barrad avel!"

"Le temps où nous nous sommes aimés N'a pas duré bien longtemps.
Jeune fille, il passa, vraiment, Plus vite qu'un coup de vent."


Ce chant fut collecté de nombreuses fois et publié:
  • dans des recueils:
    - Souvestre: in "Derniers Bretons", "Chanson du marié", 1836;
    - Bourgault-Ducoudray : in "30 mélodies populaires...", "Kenavo d'ar yaouankiz", publ. 1885;
    - Quellien: in "Chansons et danses des Bretons", "An den koz hag an evnik", publ. 1889;
    - Laterre et Gourvil: in "Kanaouennoù Breiz Vihan", "Soñj ma yaouankiz" (collecté à Carhaix), publ. 1911;
    - Bourgeois: in "Kanaouennoù pobl", "Adiou d'ar iaouangkis", (collecté à Châteaulin en 1896);
    - Herrieu: in "Guerzenneu ha Sonenneu Breiz-Izel", "Disul vitin, mitin mat", (collecté à Lanester), publ. 1911.
  • dans des périodiques:
    - Luzel: in "Revue de Bretagne et de Vendée", 1867 2ème trimestre, "Kimiad d'ar iaouankis", (collecté à Plouaret), puis dans "Annales de Bretagne II" en 1886;
    - Milin: in "Gwerin 1" "Eul lunvez goude koan", publ. 1961; - Loth, in "Revue celtique", 1886, "En estèk" (collecté à Ploërdut); in "Annales de Bretagne XIII", 1897, "Disul vitin pe oen savet" (collecté dans l'Île aux Moines).
  • About the tunes
    The tune is in "Syntonolydian" mode (see. "Musique", in fine):
    si-1-dod-1/2-re-1-mi-1-fad-1/2-sol-1-la-1-si
    It concludes on the intermediary note, mi.
    It was published in "Trente mélodies populaires de Basse-Bretagne", a collection composed by Bourgault-Ducoudray, in 1885 who learned it from M. Guichon at Plounévé. (Source: M. P. Quentel's site - see "Links").

    Bibliography
    In the MS, this song is titled "Ar iaouankis" with a remark: "Marianne Ollier, wife of Delliou, who also sung "Notre-Dame du Folgoat", publié, "Erru an hañv hag ar miz Mae", "An droug rans", and "Fête de Juin".
    This refers to Marianne Olivier, wife of Delliou (1768 - 1845). "Erru an hañv..." and "Fête de Juin" are the same song.
    Yet both Tables A and B ascribe "Notre-Dame du Folgoat", instead of Marianne Olivier from Kerigasul near Nizon, to Katell Rouat, wife of Richard.
    Stanza 4 in "Farewell to youth" could have inspired stanza 10 in "An droukrañs" (Breaking off):

    "Amzer omp bet o 'n-em garout n'e-deus ket padet gwall bell;
    Tremen e-deus graet, plac'h yaouang, evel eur barrad avel!"

    " The time when we have been lovers Was not to last for ever:
    It came and it went, my darling As would do a gust of wind."


    This song was often collected and published:
  • In collections:
    - Souvestre: in "Derniers Bretons", "Chanson du marié", 1836;
    - Bourgault-Ducoudray : in "30 mélodies populaires...", "Kenavo d'ar yaouankiz", publ. 1885;
    - Quellien: in "Chansons et danses des Bretons", "An den koz hag an evnik", publ. 1889;
    - Laterre and Gourvil: in "Kanaouennoù Breiz Vihan", "Soñj ma yaouankiz" (collected in Carhaix), publ. 1911;
    - Bourgeois: in "Kanaouennoù pobl", "Adiou d'ar iaouangkis", (collected in Châteaulin, in 1896);
    - Herrieu: in "Guerzenneu ha Sonenneu Breiz-Izel", "Disul vitin, mitin mat", (collected at Lanester), publ. 1911.
  • in periodicals:
    - Luzel: in "Revue de Bretagne et de Vendée", 1867 2nd quarter, "Kimiad d'ar iaouankis", (collected at Plouaret), then in "Annales de Bretagne II", in 1886;
    - Milin: in "Gwerin 1" "Eul lunvez goude koan", publ. 1961; - Loth, in "Revue celtique", 1886, "En estèk" (collected at Ploërdut); in "Annales de Bretagne XIII", 1897, "Disul vitin pe oen savet", (collected at Île aux Moines).


  • BREZHONEK

    KENAVO D'AR YAOUANKIZ


    p. 253

    1. Disul vintin pa zavis ha goude oa leinet deiz (bis)
    Ha goude oa leinet deiz
    Me moned tre barzh ma liorzh,
    Oié tra la la la dira la dira
    Me moned tre barzh ma liorzh,
    me moned dhi da vale.

    2. Me a gleven an eostik war ar bodik kanañ
    Hag a lak ma c'halonik en em c'hreiz da grenañ.

    3. - Larit-c'hwi din, den yaouank: ha c'hwi c'heus poan spered?
    - Me n'am-eus ket poan kalon, kenebeud poan spered,
    Nemed glac'har d'am yaouankiz,
    Oié tra la la la dira la dira
    Nemed glac'har d'am yaouankiz,
    d'an amzer dremenet.

    4. Ar yaouankiz zo ur bouket, ar c'haerañ zo er bed
    Mes kozhni hen diskario, vit c'hoazh ne raio ket

    5. Ar yaouankiz zo ur bouket, n'eo ket da badout pell
    Pa soñjer an nebeutañ, a ya gant an avel

    6. Gwechall pa oan den yaouank, me oa un paotr disoursi.
    Arc'hant a oa 'n em jakod vond d'an ostaliri.

    7. Bremañ siwazh d'am c'halon, setu me dimezet
    [Ha setu ma yaouankiz] o kemer pelladur.
    Kenavo d'am yaouankiz ha d'am holl plijadur!

    8. Ma ven-me laouennanik hag am-be divaskell
    Me dapfe ma yaouankiz rag n'eo ket aet a-bell.

    9. - Eit evez-te da eostik, ha pa de-te divaskell,
    Ne ves ket evit hi dapañ rak eo aet sur a-bell!
    TRADUCTION FRANCAISE

    ADIEU A LA JEUNESSE


    p. 253

    1. Dimanche matin me lève et déjeune pour la journée, (bis)
    et déjeune pour la journée.
    Dans mon courtil je passe
    Oié tra la la la dira la dira
    Dans mon courtil je passe
    Et me promène dans l'allée.

    2. Voilà que sur une branche, j'entends un rossignol chanter
    Et son chant qui résonne en mon pauvre cœur l'a brisé.

    3.- Mais qu'avez-vous donc, jeune homme? Auriez-vous le cœur affligé?
    - Non, mon cœur n'a point de peine. Non, mon cœur n'est pas affligé:
    Je pleure ma jeunesse
    Oié tra la la la dira la dira
    Je pleure ma jeunesse
    Et le temps qui s'en est allé.

    4. Une rose est la jeunesse. C'est bien la plus belle qui soit.
    Que vienne la vieillesse et vite elle se fanera.

    5. La jeunesse est une rose qui ne dure pas bien longtemps.
    Quand on pense à la chose! Elle s'envole avec le vent!

    6. Quand j'étais célibataire, les soucis m'étaient inconnus
    Et l'argent dans ma poche, au cabaret vite était bu.

    7. A présent quelle détresse! Je suis marié, je suis martyr!
    Hélas, je vois ma jeunesse, hélas, sur le point de partir!
    Adieu donc, ma jeunesse, adieu donc, adieu mes plaisirs!

    8. Que ne puis-je avoir des ailes et me changer en roitelet!
    Je courrais après elle, elle ne pourrait m'échapper.

    9. - Mais la fauvette elle-même, bien qu'elle soit d'ailes pourvue,
    S'épargne cette peine: elle est loin, c'est peine perdue.

    Traduction: Ch. Souchon (2012)
    ENGLISH TRANSLATION

    FAREWELL TO YOUTH


    p. 253

    1. Early that Sunday I rose, had my repast for the day (twice)
    had my repast for the day,
    And to my yard I went
    Oié tra la la la dira la dira
    And to my yard I went
    Over among its bowers to stray.

    2. A nightingale I heard. In the bush she sang an air.
    Her sweet chant caused my heart to lie full lowly in its lair.

    3. - O, young man, young man, tell me, Say, is your mind in pain?
    Neither my mind, nor my soul! Neither of them is in pain!
    But woe is me for my youth
    Oié tra la la la dira la dira
    But woe is me for my youth
    And all my time spent in vain.

    4. For youth is like a rose, best thing in this lesser world
    Old age is sure to cause the fair rose soon to wilt.

    5. Youth, akin to the rose, you'll never last for long!
    Once your grace is disclosed, with the wind it is gone along!

    6. When a proud bachelor I was, happy, lucky, free of care,
    The money in my pocket, never would stay for long there.

    7. But woe betide me when I made up my mind to wed!
    My youth would not endure it, soon away from me it fled.
    Farewell my youth that by pleasure-seeking was always led!

    8. If like a wren I had wings, if I had wings like a wren,
    I would chase after it, soon it would be back to my den.

    9. - A nightingale if you were, that's a thing I can teach,
    Never would you capture it, it's far and out of your reach!

    Translated by Ch. Souchon (2012)


    * Chants divers*



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