Les jeunes hommes de Plouyé

The Young Men of Plouyé

Dialecte de Cornouaille

  • Première publication dans le Barzhaz de 1845.
  • "Les chants [du poète paysan contemporain des événements, auteur de cette ballade] sont encore populaires à Plouié et aux environs, où j’ai recueilli celui qu’on va lire de la bouche d’un mendiant nommé Iouenn Vraz" ("Argument" de 1845. Dans celui de 1867, les noms propres ont disparu). Comme le remarque F. Gourvil (p. 357 de son "La Villemarqué"), une dénomination aussi sommaire ("le Grand Yves") rend impossible l'identification du personnage.
  • Collecté uniquement par La Villemarqué.
  • Pas d'équivalent dans le 1er manuscrit de Keransquer. Toutefois Mme Eva Guillorel dans sa thèse "La complainte et la plainte" fait allusion à une version manuscite dont on peut supposer qu'elle figure sur l'un des deux autres carnets.
    Selon Luzel et Joseph Loth, cités (P. 389 de son "La Villemarqué") par Francis Gourvil qui se range à leur avis, ce chant historique ferait partie de la catégorie des chants inventés.
  • Eglise de Plouyé

    Eglise de Plouyé
  • First published in the 1845 edition of the Barzhaz.
  • "The songs [by the poet-peasant who lived at the time of these events and wrote the present ballad] are still well-known in Plouyé and surroundings, where I collected the following war-cry from the singing of a beggar named Youenn Vraz" ("Argument" in the 1845 edition. In 1867 the name is no longer quoted). As stated by F. Gourvil (p. 357 of his "La Villemarqué"), such inaccurate reference ("Big Yves") makes impossible identifying the person referred to.
  • Collected by La Villemarqué only.
  • No equivalent in the 1st Keransquer copybook. However Ms Eva Guillorel mentions a handwritten version presumably included in one of the other copybooks.
    According to Luzel and Joseph Loth, quoted by Francis Gourvil (p. 389 of his "La Villemarqué"), this historical song was "invented" by its alleged collector.

  • Ton
    (Ré majeur. Même mélodie que le chant précédent!...)

    Français English
    I
    1. Honte au soleil, honte à la lune,
    Sur la terre, à l'humide brume.

    2. Honte à la terre de Plouyé
    Cause de débats acharnés,

    3. Et d'inexpiables différends
    Entre maîtres et exploitants.

    4. Dans les campagnes en émoi,
    C'est plus d'un destin qu'elle broie:

    5. Orphelines, pères sans fils,
    Orphelins, mères sans maris,

    6. Enfants jetés sur les chemins
    Mères accablées de chagrin.

    7. Honte aux citadins, nobles gens
    Qui accablent les paysans.

    8. Nouveaux nobles, larrons français
    Nés au coin d'un champ de genêts. (*)

    9. Qui ne sont guère plus bretons
    Que vipère au nid n'est pigeon.

    II
    10. A Pentecôte après grand-messe
    Avant que l'on ne se disperse,

    11. On a vu gravir les degrés
    De la croix les yeux enfiévrés

    12. Comme un liquide effervescent,
    L'Archer de Quimper, proclamant:

    13. - Ecoutez tous, gens de Plouyé
    Ce que je dois vous annoncer:

    14. Dans un jour et un an, chacun
    Doit avoir estimé ses biens.

    15. De la maison jusque au fumier.
    L'estimation est à vos frais.

    16. Avec l'argent, vous et vos hoirs
    Chercherez ailleurs un perchoir. -

    17. A peine avait-il dit ainsi
    Que le cimetière s'emplit

    18. De cris. Chacun à qui mieux mieux
    Hurlait, pleurait, jeunes et vieux.

    19 . D'autres à terre se roulaient
    De douleur et le coeur brisé.

    20. - Adieu nos pères et nos mères
    Reposant en ce cimetière,

    21. Vos tombeaux seront désertés
    Et ces lieux où nous sommes nés,

    22. Où nous suçâmes votre lait,
    Où dans vos bras vous nous portiez.

    23. Adieu nos saintes et nos saints
    Vous ne nous verrez plus demain.

    24. Adieu, patron de la paroisse!
    Notre lot: misère et disgrâce. -

    25. Mais, dirent les gars de Plouyé:
    - Jeunes filles, pourquoi pleurer?

    26. Il ne coule pas pour l'instant
    Au seuil de nos foyers, de sang

    27. Dont se seraient vidés les corps
    Et ceux des Français tout d'abord! -

    28. L'archer en entendant cela,
    Sauta vite au bas de la croix.

    29. Ne sachant où trouver refuge,
    Pensant se soustraire au déluge,

    30. Courut ver le charnier où sont
    Entassés les os des Bretons.

    31. Par une sorte de prodige,
    Voilà qu'en une masse vive,

    32. Les ossements à l'unisson
    Cernent l'archer, de tout leur long,

    33. Puis ils l'écrasent sous leur poids
    Et l'enterrent tout à la fois.

    III
    34. Les gars de Plouyé délibèrent:
    Renseignons-nous donc à Quimper!

    35. Devant Quimper, ils demandèrent
    L'adresse des propriétaires.

    36. - Voyez des paysans paraître
    Qui voudraient parler à leurs maîtres.

    37. - A partir il vous faut résoudre
    Ou l'on fera parler la poudre!

    38. - De la poudre nous n'avons cure
    Ni de votre maître parjure. -

    39. Et tandis qu'ils parlaient encor
    Trente d'entre eux tombèrent morts.

    40. Trente morts. Mais trois mille entrèrent
    Et mirent le feu dans Quimper.

    41. Si bien que les bourgeois criaient:
    "Hélas, pitié, gars de Plouyé! "

    42. Quelques maisons furent ruinées,
    Celle de l'évêque, épargnée,

    43. Oui, la maison des Rosmadec:
    Lui, ses fermiers il les respecte.

    44. Des rois de Bretagne il descend
    Et la Coutume il la défend.

    45. L'évêque avec autorité
    Parcourut toute la cité:

    46. - Plus de ravages, mes enfants!
    Oui, par Dieu, cessez maintenant!

    47. Rentrez chez vous, gens de Plouyé!
    La Coutume sera gardée! -

    48. Les gars de Plouyé l'écoutèrent
    - Rentrons chez nous! Quittons Quimper!

    49. Mais ce fut un choix malheureux:
    Tous ne rentrèrent point chez eux.

    (*) =enfants naturels
    Traduction Christian Souchon (c) 2008
    I
    1. The sun be cursed, the moon be cursed
    Cursed, the dew falling on the earth.

    2. Cursed, even the earth of Plouyé
    That 's at stake in a bloody fray,

    3. A bloody fray in which owners
    Were confronted with their crofters.

    4. The countryside's topsy-turvy.
    Many a man felt uneasy:

    5. The sonless fathers, the orphans,
    The wives left without their husbands.

    6. Crying children set on the way
    To follow their mothers that stray.

    7. Curse above all on the gentry
    Crushing them, in the far city,

    8. Those brand-new noblemen, French loons
    That were born near a field of broom. (*)

    9. Look no more like Bretons than does
    A snake hatched in a nest like doves.

    II
    10. On Whit Sunday after high-mass
    A cock crowed in the churchyard grass:

    11. T' was the Quimper "Archer" who stood
    On the cross steps, in a bad mood,

    12. With eyes that were flaming with ire,
    Like a boiling pot on a fire.

    13. - People of Plouyé, lend an ear,
    I want to make myself quite clear:

    14. A year and a day are prescribed
    For everyone's goods to be priced,

    15. House, dunghill, to shillings and pence.
    Appraisal at your own expense.

    16. Off with you, your kith and kin. Search
    With your fresh money a new perch! -

    17. He had not yet finished preaching
    When cries burst forth, most harrowing.

    18. Young and old joined in the uproar.
    The latter whined, the former roared.

    19. Others fell on the ground who might
    Not overcome this dreadful plight.

    20. - Farewell, my father, my mother,
    We must leave your graves for ever!

    21. We are going, exiles, to roam
    Far away from our native home.

    22. Where we sucked the milk from your breasts
    And in your shielding arms were pressed.

    23. Farewell, our saints and protectors
    That generations have honoured!

    24. Farewell to you, Holy patron,
    On our way to destitution. -

    25. But the young lads of Plouyé said
    - Untimely these tears, Plouyé's maids,

    26. Ere you have seen each crofter's blood
    Under his door his threshold flood.

    27. The last drop quench the devil's thirst.
    But blood of the French must come first. -

    28. The Archer on hearing this threat
    To jumping off the cross was set.

    29. Did not know where he would have fled
    Ran like one deprived of his head.

    30. At last rushed into the charnel
    Where Breton bones are kept so well

    31. But what happened then is not trite:
    The bones did stir like living wight.

    32 . They stood on end all together,
    On their feet, around the Archer.

    33. And soon he was crushed, underneath,
    A blade stuck in too tight a sheath.

    III
    34. The lads have carried a motion:
    - Let's fetch our own information. -

    35. At Quimper gate when they arrived
    About their owners they inquired.

    36. - Open the gate to country folks
    Who want to speak to their landlords.

    37. - Away with you, country bumpkins,
    Or gunpowder will be talking!

    38. - About gunpowder we don't care.
    Your masters won't give us a scare.

    39. Before another word was said,
    Thirty crofters had been shot dead.

    40. Thirty fell. Thirty thousand came
    Through. And the town went up in flames.

    41. With loud cries was filled the city:
    "Lads of Plouyé! O, have mercy!"

    42. Houses are ruined, here and there,
    But the bishop's palace they spare

    43. Yes they spare Rosmadec's mansion
    Who gives a fair deal to peasants,

    44. Breton kings' blood runs in his veins
    The Breton Custom he maintains.

    45. The lord Bishop goes through the streets
    In a headstrong tone he repeats:

    46. - Stop making havoc of this town!
    And for God's sake, lay your arms down!

    47. Men of Plouyé, go home! I swore:
    Custom shall be broken no more! -

    48. And so did the lads of Plouyé:
    - Let us go home, let's go away! -

    49. Ill-luck would have that they did so:
    Many went astray, as you know.

    (*)= Illegitimate children
    Translated by Christian Souchon (c) 2008
    Breton

    Cliquer ici pour lire les textes bretons (versions imprimée et manuscrite).
    For Breton texts (printed and ms), click here.


    Résumé
    En 1489 eut lieu à Plouyé un soulèvement paysan contre l'introduction en Bretagne de la loi féodale française substituée à la libérale Coutume du pays, le bail à domaine congéable. L'estimation des biens soumis à ce nouveau régime incombait aux pauvres exploitants.
    Pris à partie par la foule, l'Archer de Quimper alla se réfugier dans l'ossuaire où il fut enseveli sous les ossements. Les jeunes hommes assiègent Quimper où demeuraient les propriétaires terriens et mirent la ville en feu tout en épargnant la demeure de l'évêque, qui leur promit que la Coutume ne serait plus violée.
    Les insurgés quittèrent la ville mais "ce fut pour leur malheur". La gwerz fait ainsi pudiquement allusion au massacre qui s'ensuivit au lieu-dit "Prad-ar-Raz", rebaptisé depuis "Prad ar mil gov", c'est-à dire "Pré des mille ventres".

    Jean Pierre Leguay et Hervé Martin qui n'accordent qu'une confiance limitée aux ballades populaires décrivent l'événement dans leur ouvrage "Fastes et malheurs de la Bretagne ducale 1212-1532" (Ouest-France Université 1982). "Les paysans d'une quinzaine de paroisses dont Plouyé, Plonenez-du-Faou, Plomodiern, Saint Nic...forment une "commune" qui se donne pour but de prendre Quimper et de la mettre à feu et à sang...Il est possible que 'l'effroi' ait eu comme origine le congédiement par des propriétaires citadins de fermiers et "convenanciers" ...La répression rapide et brutale, le massacre des manants à 'Pratanros' , l'exécution des meneurs ne font pas disparaître le malaise qui subsiste jusqu'à la fin du siècle."

    L'archer de Quimper
    C'est le roi Charles VII (1403, 1422, 1461) - celui qui laissa brûler Jeanne d'Arc et Jacques Coeur, mais qui mit fin à la guerre de Cent ans et reconquit tout son royaume - qui institua une armée permanente: les compagnies d'ordonnance et les corps de francs-archers. L'arc est une arme qui avait fait ses preuves entre les mains des soldats anglais. Les premières bouches à feu, ancêtres des armes à feu dont il est question dans cette histoire, apparurent au 14ème siècle. Le mot "archer" en breton désigne toujours le "gendarme". L' "archer" de Quimper était sans doute le chef de la compagnie d'archers attachée à cette ville. On voit qu'elle se servait d'armes à feu.

    La Coutume de Bretagne et la loi féodale de France.
    Selon l'historien Aurélien de Courson (1808 - 1889, connu pour avoir transcrit, à la demande de Napoléon III, en latin classique, le "Cartulaire" - le recueil de titres de propriété - de l'Abbaye de Redon, rédigé en latin carolingien), cité par La Villemarqué dans l'"argument" introductif de ce chant, en Bretagne "le contrat qui liait le propriétaire au colon était tout à l'avantage de celui-ci. C'était le bail à domaine congédiable que l'Assemblée constituante maintint comme non entaché de féodalité.
    Le propriétaire retenait la propriété du fonds mais transportait les édifices et superfices, moyennant une certaine redevance, avec la faculté perpétuelle de congédier le preneur, en lui remboursant les améliorations. La redevance était généralement minime et le fonds baillé considérable. Le colon n'était inféodé à personne et ne devait de service qu'en raison des liens qui l'attachaient à la propriété. Quant au droit de congédiement, qu'on n'utilisait jamais pour convertir les domaines en fermes, mais pour donner les terres à d'autres tenanciers, la coutume voulait que l'estimation des édifices, superfices et droits convenanciers fût faite au frais des seigneurs.

    Le massacre de "Prad ar Mil Gov"
    Le chanoine Jean Moreau de Quimper, qui vécut au 16ème siècle, parle dans ses Mémoires de ce soulèvement pour lequel il n'éprouve aucune sympathie. Il désigne ses acteurs par le terme méprisant de "paysantaille". Il nous apprend que le mouvement prit sa source "en Karahez" (Carhaix à 65 Km au NE de Quimper) à l'instigation de trois frères originaires de Plouyé dont l'un s'appelait Jehan, entre 1430 et 1489. Il nous relate la fin lamentable de cette aventure à laquelle la dernière strophe du chant fait une discrète allusion:
    "Ils quittent la ville en s'acheminant vers Prad-ar-raz (Penhars, aujourd'hui banlieue ouest de Quimper) où ils font halte..." mais où "ils furent chargés et défaits...Puis s'étant ralliés en un grand pré, près de la Boissière, sur le chemin de Pont-l'Abbé...ils furent derechef défaits sans beaucoup de résistance... Il y eut tant de tués en ce pré que depuis ce temps, le nom de 'Prad -ar-Mil-Gov', c'est-à-dire 'Pré des Mille Ventres' qui est demeuré jusqu'à ce jour."

    Bertrand de Rosmadec
    En plaçant ces événements sous l'épiscopat de Bertrand de Rosmadec, le poète populaire les situe au plus tard en 1445, année de la mort de cet évêque (7 février) La Maison des Rosmadec est l'une des plus illustres de Bretagne, par son ancienneté et ses alliances avec la Maison royale et autres familles princières. Le premier du nom, Rivallon de Rosmadec était l'époux d'Eléonore de Léon, princesse issue du sang des rois de Bretagne. L'Abbaye de Landévénec lui doit sa fondation en 1191.
    Bertrand de Rosmadec, aumônier du Duc Jean IV, devint évêque de Quimper en 1416. Il réédifia la cathédrale de Quimper et mourut "en estime de sainteté".

    Révolte des Bonnets Rouges
    Sans motiver sa position, l'article "Wikipédia" consacré à Plouyé, assure que le chant du Barzhaz Breizh aurait trait en fait à un épisode de la Révolte des Bonnets Rouges ou du Papier Timbré et se situerait en 1675. Il s'agirait de la mise à sac du château de Kergoët en Saint-Hernin par les habitants de Plouyé qui durent verser au marquis Le Moyne de Trévigny 2500 livres en réparation de préjudice subi. Saint Hernin et Plouyé ne sont distants que d'une quinzaine de Km.
    Le même article nous apprend que le Jehan de Plouyé dont parle le chanoine est à l'origine d'un proverbe:
    "Dalc'h mat Jan, sac'h, c'hwi duk e Breizh!" (Tenez bon, allez-y, Jean! et vous serez duc de Bretagne!) et que la sainte patronne de Plouyé évoquée dans la complainte, était une certaine Ia (ou Hia) venue de Cornouailles britannique (où elle serait venue de son Irlande natale en navigant sur une feuille de chou. Elle est enterrée à Saint Ives (en Cornouailles).

    Les gwerzioù à contenu politique
    La présente gwerz fait partie de la trentaine de pièces au contenu politique très marqué et renforcé par les commentaires formulés dans les "notes" et "arguments". Elle pose comme les autres le problème de son authenticité. Tandis que certains, en particulier F. Gourvil, cf. Jeanne La Flamme, ne voient dans ces ballades qu'invention ou pastiche, les critiques les moins méfiants se demandent si les notations revendicatives qu'elles comportent n'ont pas été ajoutées par le collecteur à des textes qui ne visaient qu'à la relation de "faits divers", ou , tout au plus, d'événements mettant en relief des personnages précis qui ne sont que rarement ceux que l'histoire officielle a retenus. A supposer que lors de leur composition, certaines de ces gwerzioù aient eu un contenu consciemment subversif, la transmission orale au cours des siècles en a fait disparaître les aspérités chez celles dont l'authenticité ne donne pas lieu à controverse. Peut-être l'étude et la publication du contenu des deux autres carnets de Keransquer, dont Eva Guilloret assure qu'ils contiennent une version manuscrite des "Jeunes hommes", permettront-elles d'éclaircir ce point, en ce qui concerne la présente ballade.
    La même controverse porte sur le chant évoqué plus haut, la "ballade du papier timbré", publié en 1851 par De Penguern, dont l'historien Arthur de la Borderie affirmait l'authenticité, dans un ouvrage qu'il consacra en 1884 à cette révolte, tandis que Luzel, dans ses "Documents inédits sur...la révolte du papier timbré..." paru en 1887 y dénonçait, selon son habitude, une forgerie imputable à Kerambrun, le collaborateur de Penguern. Les deux manuscrits de la main de Penguern, ne permettent pas, semble-t-il, de trancher la question.
    Les historiens contemporains, à l'évidence, ne partagent pas l'optimisme de La Borderie qui écrit:
    "Nous avons ici Jean le Paysan, c’est-à-dire le peuple même, exposant sans détour tous ses griefs, avec cette ironie vengeresse et sanglante, infaillible avant-courrière de la révolte."
  • Lien vers "Ar Paper timbr", (le texte publié par de Penguern).
  • La chanson An hini gozh contient, elle aussi, des strophes xénophobes dont la portée est controversée.
  • La gwerz Le Faucon raconte une autre jacquerie (1490). Pour ce qui regarde son authenticité, l'étude magistrale qu'en a faite Donatien Laurent écarte les soupçons même des plus méfiants commentateurs.
  • La gwerz Les Laboureurs a trait aux différentes catégories de paysans.
  • Résumé
    In 1489 a country folk uprising took place at Plouyé against the French feudal law that was to be enforced to replace the liberal customary denounceable farming lease. The charge for the appraisal of the assets henceforth subjected to the new system lay upon the poor tenants. Assailed by the mob, the Provost of Quimper took refuge in the ossuary where he was buried under the bones. The young men besieged Quimper where the landowners lived and set fire to the town but spared the bishop's abode against the promise that their customary rights should not be violated any more.
    The rebels left the town, "but many went astray, as you know". The ballad alludes thus discreetly to the ensuing massacre at the locality called "Prad ar Raz", renamed since then "Prad ar mil gov", that is to say "Thousand Belly Meadow".

    The historians Jean Pierre Leguay et Hervé Martin who aparently feel some distrust of folk ballads account for these events in their book "Fastes et malheurs de la Bretgne ducale 1212-1532" (Fortune and misfortune of Ducal Brittany : Ouest-France Université 1982). "Peasants originated from a score of parishes, Plouyé, Plonenez-du-Faou, Plomodiern, Saint Nic, etc. create a "community" with the aim of attacking and ransacking Quimper... The uprising possibly was caused by the dismissal by their city owners of farmers and "crofters"... The quick and rough repression, the slaughter of the rebels at 'Pratanros', the execution of the ring leaders did not suppress uneasiness until the end of the century".

    The "Archer" of Quimper
    It was king Charles VII (1403, 1422, 1461), who is known to have allowed that Joan of Arc and Jacques Coeur be burnt, but also to have put an end to the War of Hundred Years with the reconquest of his whole kingdom, who instituted a standing army in France: the Companies for the maintenance of pubic order and the Free-archers. The bow is a weapon that had proved its efficiency when used by English soldiers. The first "pieces of ordnance", forerunners of the guns mentioned it the present story appeared in the 14th century. The Breton word "archers" still refers to "policemen" nowadays. The "Archer" of Quimper was very likely the head of the archer company attached to Quimper town. They evidently used guns.

    The Custom of Brittany and the French feudal law.
    In the "Argument" introducing the ballad, La Villemarqué quotes the historian Aurélien de Courson (1808 - 1889, who transcribed from medieval into classical Latin, at the request of Napoleon III, the Chart-book - i.e. the collection of title deeds to the properties - of Redon Abbey). De Courson states that, under Breton law, the contract between owner and tenant was to the advantage of the latter: the denounceable farming lease that was maintained by the French revolution as it was found "free from feudalism".
    The owner retained the bare ownership of the ground whereas the superstructures were transferred to the tenant for a stated consideration. The latter could be given notice at any moment, provided that incurred enhancing expenses would be refunded to him. The rent was generally set at a low level. Tenants were not pledged to anybody and the only fatigue they owed was inherent to the asset. The right of dismissal never was used by the owner to recover usufruct for himself, but always to impart it on other tenants. Breton custom and usage required that the appraisal of premises, superstructures and entrance fees should be made at the landlord's expense.

    The slaughter of "Prad ar Mil Gov"
    Canon Jean Moreau of Quimper who lived in the 16th century gives account in his Memories of this uprising in disparaging words: he calls the peasants "yokels".
    He reports that the rebellion was started in the Carhaix area (65 Km north-east of Quimper) by three brothers living in Plouyé, between 1430 and 1489, and that one of them was named Jahan. He also recounts the lamentable ending of this venture, at which the last verse of the ballad allusively hints:
    "They left the town and made for Prad-An-Raz (today Penhars, a suburban western district of Quimper) where they halted..." but there they were engaged and defeated... They then gathered again on a wide meadow near La Boissière, beside the Pont-l'Abbé road and were again defeated without much resistance.
    So many of them were killed that the meadow is known to the present day as "Prad-ar-Mil-Gov", i.e. "The Mead of the Thousand Bellies".

    Bertrand of Rosmadec
    In dating these events from the episcopacy of Bertrand of Rosmadec, the rustic poet narrows their chronological location: at the latest in 1445, when this bishop died (7th February). The house of Rosmadec is one of the most illustrious in Brittany, by their ancientness and connections with the French Royal House and other conspicuous houses. The Rosmadecs claim descent from Rivallon who married Eleanor of Leon, a princess descended from the old kings of Brittany. He founded the Abbey of Landévénec in 1191.
    Bertrand of Rosmadec, chaplain to Duke John IV became Bishop of Quimper in 1446. He reconstructed the Quimper cathedral and died "almost in the odour of sanctity".

    The Revolt of the Red Bonnets or of the Stamped Paper
    The "Wikipedia" article on Plouyé connects, without any explanation, the Barzhaz Breizh song with the more recent Revolt of the Red Bonnets or of the Stamped Paper that occurred in 1675, when Castle Kergoët near Saint-Hernin was ransacked by country folks of Plouyé who were fined 2500 pounds to atone for the damage caused. Saint Hernin and Plouyé are distant 15 Km only .
    The same article informs us that the Jehan of Plouyé addressed by the Canon is the "Jan" mentioned in the saying
    "Dalc'h mat Jan, sac'h, c'hwi duk e Breizh!" (Hold on, at them, John, and you shall be Duke of Brittany!).
    As for the patron saint of Plouyé , she was a certain Ia or Hia who had come from Cornwall where she is buried in Saint Ives. She had come to Cornwall from Ireland sailing on a cabbage leaf...

    Breton ballads with political import
    The present "gwerz" is one of the about thirty pieces whose clearly political import is highlighted by the comments in the "notes" and "arguments". Like the others its authenticity is questionable. Some critics, in particular F. Gourvil, see Jeanne La Flamme, will see in these songs mere inventions or pastiches, while others, less distrustful, wonder if the vindictive touch in them was not added by the collector to texts that were mere records of trivial events, or, in the best cases, of events bringing out the merits of heroes that are only seldom those remembered by official history.
    Even if we assume that the original versions of certain "gwerzioù" were genuinely subversive, their handing down in the course of many centuries has smoothed away the harsh patches in those whose authenticity is not questioned.
    Let us hope that the deciphering and edition of the other two Keransquer copy-books which according to Eva Guilloret's statement include a handwritten version of it, may contribute to clarifying this issue, as far as the present ballad is concerned.
    The same controversy was caused by the above mentioned " Ballad of the Stamped Paper", published in 1851 by De Penguern. The historian Arthur de la Borderie praised its authenticity in a work he dedicated in 1854 to this uprising, whereas Luzel in his "Unpublished records of...the Stamped Paper uprising", felt called upon to expose in 1887 a forgery for which he blamed, as was his wont, De Penguern's amanuensis, the unfortunate Kerambrun. The two MSs penned by De Penguern don't allow, allegedly, to decide who is right.
    Suffice it to say that most historans of the present time dont share La Borderie's optimistic point of view who wrote:
    "These are the very words of John Peasant, i.e. the country folks themselves who proclaim frankly their grievances, with a vindictive and cruel irony that is a reliable harbinger of a revolt to come."
  • Link to "Ar Paper timbr", (the text published by de Penguern).
  • The song An hini gozh also includes xenophobic stanzas whose real import is questionable.
  • The lament The Hawk gives account of another country folk rising (1490). Concerning its authenticity the remarkable investigation of the handwritten text made by Donatien Laurent has silenced even the most suspicious critics!
  • The gwerz The Ploughmen lists the different kinds of country folks.


  • Armoiries des Rosmadec



    Azenor the Pale Siege of Guingamp