La tournée des étrennes

The Christmas Gift Tour

Dialecte de Cornouaille

  • Première publication dans l'édition du Barzhaz de 1867
  • Recueilli "en Spézet de la bouche même des montagnards de l"Arez" (Selon l'indication de l'argument. Spézet n'est pas dans les Monts d'Arrée mais dans les Montagnes Noires)
  • Aucun chant correspondant dans les carnets de Keransquer.
  • Autre version, collectée par l'Abbé Besco et publiée in "Guinnanée et Noëls populaires bretons" par le Chanoine Henri Pérennès (1875-1951), sous le titre L'Eginane de Sainte-Tréphine (Côtes d'Armor).
    Une version vannetaise, "Aguilaned er Blai Nehue", très proche du chant du Barzhaz, a été publiée par Yann Kerhlen, alias le Père Jean-Mathurin Cadic, dans la "Revue de Bretagne et Vendée, tome V de 1891, p.150. La mélodie est donnée ci-après.
  • First published in the third main edition of the Barzhaz, in 1867.
  • Collected "near Spézet, from the singing of Arez mountain dwellers" (as stated in the "Argument" to the song. However Spézet is in the Black Mountains, not in the Arrée Mountains).
  • No related song in the Keransquer copybooks.
  • Another version was collected by the Rev. Besco and published in "Guinnanée and Breton Christmas Carols" by Canon Henti Pérennès (1875-1951), as the Gift collectors' song of Sainte-Tréphine (Côtes d'Armor).
    A Vannes dialect version, "Aguilaned er Blai Nehue", very similar in words and tune to the Barzhaz song, was published by Yann Kerhlen, alias the Reverend Jean-Mathurin Cadic, in "Revue de Bretagne et Vendée", Part V for the year 1891, p.150. The tune is given hereafter.


  • 1° Mélodie du Barzhaz
    (Hypophrygien)

    2° Mélodie notée par Yann Kerhlen
    (Premier couplet et refrain)
    (Arrangement des 2 mélodies: Chr. Souchon)
    In nom'ne Patris et Filii,
    Salut, les gens de ce logis;
    Qui ne dort point, veuille écouter
    Le beau chant que nous avons fait.
    Refrain
    Au gui l'an neuf, O gai, gai, gai,
    L'année nouvelle est arrivée!
    In nom'ne Patris et Filii,
    En ur saludein tud en ti;
    Mar doh hoah dihun, cheleuet
    Er sonen hun nès composet.
    Chorus
    Agilanef, o gé, gé, gé
    Agilanef er blai nehué!
    In nom'ne Patris et Filii,
    May God's blessing on this house be!
    May those who don't sleep lend an ear
    And the song we made they shall hear.
    Diskan
    As the new year is under way,
    "Happy new year!" that's what we say.


    Français English
    1.- In nom'ne Patris et Filii,
    Dieu vous bénisse, en ce logis!
    Au gui l'an neuf,
    Au gui l'an neuf
    .

    2 Une haute et belle maison!
    Qu'on voit de loin à l'horizon.

    3. - Moi je dirais qu'on la devine:
    Les grands arbres cachent sa cime.

    4. Nous cherchons chez vous ce tantôt
    De la viande pour tromper l'eau (*)

    5. - Vous vous y prenez un peu tôt
    Le porc court encore en l'enclos.

    6. - Nous sommes dix-huit gais lurons.
    Saignez-le, nous, nous le tiendrons.

    7. - Mon chien dort près du tas de paille.
    Allez le tuer, viles canailles!

    8. - Nous ne sommes pas si méchants
    Pour tuer celui qui vous défend!

    9. - Si vous êtes les étrenneurs,
    Où sont donc passés vos sonneurs?

    10. - Passant le ru, sur les cailloux,
    Ils ont déchiré leur biniou.

    11. - J'ai monté la viande au grenier.
    Où donc est l'échelle? On ne sait.

    12. - Il n'est besoin d'échelle au chat
    Pour attraper souris et rats.

    13. - La patronne est à Saint-Divy.
    Et la clef avec elle aussi.

    14. La clé du lard, la clé du lait...
    Car elle a pris toutes les clés.

    15. - L'un d'entre nous est serrurier
    Et c'est un maître en son métier.

    16. - Avant que céans vous n'entriez,
    Le verglas va vous pendre au nez.

    17. - Au nom de Dieu, soyez courtois,
    La nuit est noire et le vent froid!

    18. C'est du Rélec que vient le vent.
    On a rentré vache et jument.

    19. Bonnes gens, point tant de manières!
    Il nous reste sept lieues à faire.

    20. - Vous semblez être des malins.
    Donc, parlons peu, mais parlons bien.

    21. Et pour entrer en ce logis,
    Dénouez donc les nœuds que voici:

    22. Dites-moi donc, en un seul mot:
    Qui porte sa chair sur sa peau?

    23. - Le vieux sillon que la charrue
    A tracé, dont la croûte est nue.

    24. - Qui va le premier au marché
    Avec les yeux tout embués?

    25. - A mon avis, c'est le chemin
    Mouillé de rosée, le matin.

    26. - Mais vous en connaissez des foules!
    Combien de plumes a la poule?

    27. - Exactement autant de plumes
    Qu'a d'étoiles au ciel, la lune.

    28. - Dites-moi, de par votre étrenne,
    La vertu de la lune pleine.

    29. - Celle de mettre du lin dans
    Les sillons au temps de l'Avent.

    30. - Si vous avez le nez si fin,
    Qui furette dans tous les coins?

    31. - Quelle dame, aujourd'hui soubrette,
    A perdu perles et fleurettes?

    32. - Mais c'est le balais de genêt,
    De ses fleurs dorées dépouillé.

    33. - J'ai cet arbre en mon jardinet:
    L'écorce vaut plus que l'aubier.

    34. - L'écorce dont on fait des draps,
    C'est le chanvre, n'en doutez pas.

    35. - Près de l'étang un arbre penche,
    Un petit nid sur chaque branche.

    36. Avec un œuf dans chaque nid
    Et cent mille éclos un lundi.

    37. Si vous me dites ce que c'est,
    Je vous recevrai de bon gré.

    38. - Je le dirai sans rechigner:
    C'est du chêne que vous parlez.

    39. Oui, c'est le chêne, assurément,
    Que l'automne charge de glands.

    40. - Maison de paille et seuil de pierre:
    Etrenneurs, quel est ce mystère?

    41. Cent mille chambres sont en elle
    Avec cent mille demoiselles.

    42. Allez, dites-moi ce que c'est:
    De bon gré, je vous recevrai.

    43. - De bon gré, recevez-nous donc
    En amis, dans votre maison.

    44. Car il s'agit de vos abeilles
    Qui veulent emplir nos corbeilles.

    45. Je vois passer un lumignon,
    A l'intérieur de la maison.

    46. La patronne avec un couteau
    Va découper un jambonneau.

    47. - Pour la viande, attendez encor,
    Il nous faut d'abord l' Herbe d'or.

    48. - Quand les foins suivront la moisson,
    L' Herbe d'or, nous l'apporterons.

    49. - En fait de viande, rien du tout,
    Si le recteur n'est avec vous.

    50. - Même si cet être est exquis,
    Dieu nous inspire, nous aussi.

    51. - Approche donc, fils de sorcière,
    Approche avec ta gibecière!,

    52. Et ton cheval tout aussi bien.
    Qu'il soit chargé comme il convient.

    53. Quand tu rentreras, ta monture
    Sera cuite dans la saumure.

    54. - Poussons donc un puissant hourra!
    Nos étrennes sont enfin là!

    55. Du lard, d'abord: un pied de long!
    Puis avoine et seigle à foison!

    56. Un hourra pour les père et mère
    Et pour les sœurs et pour les frères!

    57. Que vos gars sentent la santé!
    Vos filles la fleur d'oranger!

    58. Année de coccinelle, année
    D'avoine, de blé, de rosée!

    59. Dans votre cour, du chanvre gai
    Lorsque viendra le mois de mai!

    60. En mai la fleur, en juin le grain,
    Et en juillet, le sarrasin.

    61. En juillet la crêpe, un délice.
    Nous serons à votre service!

    62. Amis, reprenons le chemin!
    Quêtons jusqu'à demain matin!

    63. Mais où trouver pareille aubaine,
    Recevoir semblables étrennes?

    Au gui l'an neuf!
    Au gui l'an neuf!

    (*) Donner du goût la soupe de légumes.

    Trad. Christian Souchon (c) 2008
    1. - In nom'ne Patris et Fili
    May God's blessing on this house be!
    Christmas gift tour!
    Christmas gift tour!


    2. This is a house stately and high
    And conspicuous far and wide.

    3. It would be visible still more
    If there were no high trees before.

    4. To knock at your door we came straight:
    To fool our water we need meat. (*)

    5. - Early you are coming, indeed.
    The pig is still upon its feet!

    6. - There are eighteen of us, stout, bold,
    While you kill it, the pig we hold.

    7. - My dog sleeps near the stack of straw
    Just kill him with your bloody paws!

    8. - But we never would feel up to
    Slaughtering the one who defends you.

    9. - If you're Christmas gift collectors
    Where has gone your band of pipers?

    10. - While they were jumping o'er the brook
    Their big bag was caught on a hook.

    11. - My meat is in the loft upstairs
    The ladder is...No one knows where.

    12. - Without ladder can do the cats
    And yet they can catch mice and rats.

    13. - The goodwife went to Saint-Divy
    Who has taken with her the keys.

    14. Key of the meat, key of the milk
    Say what you will: key of that ilk.

    15. - But we have a locksmith with us
    Who is in his calling famous.

    16. -Before into this house he goes,
    Ice will be hanging from your nose.

    17. -Please, speak to me with courtesy.
    The night is dark, the wind icy.

    18. The wind is blowing from Rélec.
    Outside, cow or mare are at risk.

    19. In God's name, be quick, my good folk,
    We still have a seven mile's walk!

    20. - You have ready tongues in your heads!
    Let's speak less, but speak well, instead.

    21. If it is your earnest prayer,
    Untie the knots that you have there.

    22. And see that your answers be thin:
    Who wears his flesh above his skin?

    23. - The fallow land behind the plough
    Is turned flesh up and skin below.

    24. - Who goes first to the market place
    With tears running all down his face?

    25 - The head of the main road gleaming,
    With dew on it in the morning.

    26. - If you are so wise, tell me then:
    How many feathers has the hen?

    27. - As many feathers on her are
    As around the moon are there stars.

    28. - Now for your Christmas gift's sake,
    Tell me what the full moon can make.

    29. The full moon, around Christmas,
    Can make each furrow brim with flax.

    30. - Lad, you thread your way like a mouse.
    Who rummages about the house?

    31. Who is that lady, turned to maid,
    Who lost pearls and blooms from her head?

    32. - I guess that it must be the broom
    Which has lost all its yellow bloom.

    33. - I have got a shrub in my park
    Whose stem is less worth than its bark?

    34. - Its bark is made into white sheet
    It's a hemp shrub, if you don't cheat.

    35. - A tree standing near the pond, now
    With a little nest on each bough.

    36. Each nest with an egg hatched away,
    A hundred thousand on a day.

    37. If you can say me what it is
    We'll gladly answer your wishes.

    38. - I shall tell you this straight out.
    This tree is an oak and no doubt.

    39. It's an oak and, around it, all
    The acorns on the ground in fall.

    40. - Wee straw huts, with stone balusters
    Are also mine, gift collectors.

    41. Each has a hundred thousand cells
    Where as many young ladies dwell.

    42. Should you know what they're doing here,
    To your begging we'd lend an ear.

    43. Over this word I nearly swoon
    For we shall enter your house soon:

    44. Each of these people is a bee
    Anxious to give us Christmas fee.

    45. I see within the house a light
    And the goodwife holding a knife.

    46. Yes, holding a knife in her hand:
    I think she goes to the meat stand.

    47. Every bit of meat we withhold
    If you don't bring the Herb of gold.

    48. - When harvest and hay time has come
    We'll send herb of gold to your home.

    49. - To give meat were no thing to do,
    Unless the parson were with you.

    50. - Though the man is very charming,
    It's in God's name that we're begging.

    51. - Now, come nearer, son of a witch,
    Come, and your bag you may unhitch!

    52. Let the meat horse come near to me.
    It shall be burdened splendidly.

    53. And when it returns to your home
    The brine shall have eaten its bones.

    54. - Let us all give a loud cheer
    For the Christmas gift we see here:

    55. Smoked bacon, more than a foot.
    Plenty of rye and oats to boot!

    56. A cheer for the head of the house,
    His wife, children and man and mouse!

    57. May his boys always be healthy
    And his girls smell of patchouli!

    58. A year of lady-birds and of dew,
    Of oats and of wheat we wish you.

    59. May hemp thrive in your yard, plenty,
    As soon as comes the month of May!

    60. In May its bloom, in June its flake
    And in July the white pancake!

    61. In July with the white pancake,
    Our orders from you we shall take.

    62. For now, let us resume our tour,
    Until sunrise, my fellow poor!.

    63. But anywhere else we shall miss
    So rich a Christmas gift as this!

    Christmas gift tour!
    Christmas gift tour!

    (*) To flavour a vegetable soup.

    Transl. Christian Souchon (c) 2008


    Brezhoneg

    Cliquer ici pour lire le texte breton.
    For the Breton text, click here.


    Résumé
    Autrefois, en Bretagne, Noël était surtout la fête des pauvres. Le lendemain de Noël, ils circulaient en bandes, de hameau en hameau, précédés d'un vieux cheval décoré de laurier et de rubans, pour faire la collecte des étrennes. Ils le faisaient en chantant une ritournelle dont le sujet ne variait guère, mais qu'ils modifiaient au gré de l'inspiration du moment. Ils s'arrêtaient devant chaque porte un peu riche et leur chef entamait avec un des habitants de la maison une joute verbale dont il sortait toujours vainqueur après une longue résistance. En voici un exemple, noté par la Villemarqué en Spezet, dans la Montagne Noire.

    Les chansons de quête
    Suivant sa pente naturelle, La Villemarqué explique dans une note le refrain du chant: "Eginane! Eginane!" - qui est adaptée du français "Au gui l'an neuf", vœu prononcé sous cette plante porte-bonheur -, comme étant un ancien mot celtique dont serait issue l'expression française et non le contraire (breton 'egin' et gallois 'egin(yn)' =germe!).. De le même façon, il expliquera le mot commun aux langues romanes, "camarade" par le breton "kember" -confluent! En l'occurrence, la raison qu'il donne pour sa curieuse étymologie est que les "étrenneurs" sont invités à fournir la mystérieuse Herbe d'or dont il est question dans d'autres chants (en tout cas dans les versions qu'en donne le Barzhaz), plutôt que le gui dont il n'est jamais question.
    Notons ici que le Chanoine Pérennès, dans une étude intitulée "Guinnanée et Noëls populaires bretons", propose une autre interprétation. Il cite in extenso l'article du "Mercure Galland" de février 1683 que Ménage consacre au mot "Guignannée", "cette feste qu'on fait à Morlaix le dernier jour de l'an", décrite comme une fête de charité organisée par la municipalité.
    Cette description rejoint celle qu'en donne M. Le Guen pour la ville de Landerneau, dans un article pour la Société académique de Brest (T. IV page 234):
    [...]
    "Un massier tenait à la main un bâton à l'extrémité duquel flottait une touffe de rubans de diverses couleurs [...] Quand le cortège s'arrêtait pour recevoir les présents offerts, l'un des sergents de ville préposés au bon ordre élevait l'objet en l'air pour le montrer au public. Les tambours exécutaient un roulement et le massier, auquel la foule faisait chorus, s'écriait plusieurs fois "Languinanné!" en agitant majestueusement son caducée!"
    Il est question d'une perche, au bout de laquelle les chanteurs ambulants brandissaient leurs trophée, dans la version d'"Eginane" que donne le Chanoine: L'Eginane de Sainte-Tréphine (Côtes d'Armor). Mais cette dernière tradition, disparue avec la "grande" guerre, se célébrait lors des jours gras (précédant le carême) et les "eginanerien" (étrenneurs) s'appelaient des "morlajerien" (de "Meurlarjez", Mar(di) des largesses?, Mardi gras), bien que le refrain de leur chant ait été, lui aussi "Eginane".
    L'étymologie qu'il donne du protéiforme "Au gui l'an neuf" est celle proposée par l'archiviste départemental du Finistère, M. Le Men, qui cite une ancienne poésie du XVIème siècle, dans ses "Etudes historiques sur le Finistère", p.184:


    "C'est pourquoi sommes assurés
    Que jamais ne refuserez
    Pour commencer l'an en bon heur
    De nous donner par honneur
    Acquit d'an neuf de bon cœur.

    Le Men ajoute:
    "L'Acquit d'an neuf" était une sorte d'impôt volontaire que le riche payait aux pauvres, comme marque de réjouissances à l'approche du nouvel an qui allait encore une fois s'ouvrir pour lui, et dans cette acception, la seule qu'il puisse avoir, ce me semble, ce terme est synonyme d''étrennes'".

    L'explication "celte" que donne La Villemarqué est d'autant moins crédible qu'il cite lui-même des traditions similaires dans les provinces de langue française qui mettent en scène une cavalière, la "Guillaneu". Ce nom provient à coup sûr de "Gui l'an neuf", de même que la "Bofana" italienne tire le sien de l'Epiphanie. Les chansons de quête correspondantes ont été étudiées par le folkloriste Arnold van Gennep (1873 - 1957). On en trouve jusqu'au Québec (sous le nom de La Guignolée). En voici une:

    La voué beille la guilloneu
    La hoou peur la fenête
    Sur in petit chevau grisan
    Qui n’a ni quû, ni pés ni tête
    Les quatre pés ferrés tot nus.
    Je la vois bien, la Guillaneu,
    Là-haut par la fenêtre,
    Sur un petit cheval gris,
    Qui n'a ni queue, ni pieds, ni tête,
    Les quatre pieds ferrés tout neufs.

    On remarquera que le cheval de la Guillanée est affligé des mêmes infirmités que Brigitte dans le chant breton dont il sera question plus loin.

    La date des quêtes d'étrennes
    On peut-être étonné que ces quêtes d'étrennes par des chanteurs en tournées aient lieu à des dates diverses.
  • La Villemarqué mentionne le lendemain de Noël.
  • Le Chanoine Pérennès évoque le cas de "de Kergrist-Moellou [près de Maël-Carhaix, où] dans la nuit du Nouvel An des groupes de jeunes gens de 16 à 18 ans parcouraient les divers quartiers de la paroisse, un bâton en main et chantaient successivement dans les différentes fermes un Noël breton... Arrivés au pas des portes, les chanteurs demandaient "Kanet a vo?" (Chanterons-nous?), et si la réponse était affirmative, avant de commencer ils faisaient encore une réserve:

    "Ma vec'h kountant, ni a gano
    Ma ne vec'h ket, ni zizehano."
    "Si vous êtes contents, ni chanterons,
    Sinon nous arrêterons."

    Au Cap-Sizun, c'est également le 31 décembre que des cortèges d'enfants armés d'un bâton contre les chiens allaient de ferme en ferme demander "des crêpes et un liard":

    Né, né (=eginane),
    Un tamm krampous d'in ad stankañ va zec'hed,
    Hag ul liardik war c'horre.
    Un morceau de crêpe pour barrer ma soif
    Et un petit liard par dessus.

  • Le sujet favori de ces cantiques est la recherche par Joseph d'un gîte pour Marie. Certains évoquent une servante dont un maître de maison (ozac'h) propose l'aide, bien qu'elle n'ait ni nez, ni yeux, ni bras. Elle est miraculeusement guérie de cette triple infirmité. Il s'agit de Sainte Brigitte , abbesse de Kildare, patronne de l'Irlande, dont la fête est célébrée le 1er février, la veille de celle de la Purification de la Sainte Vierge, ou Chandeleur." Cf. An aotroù Nann de Luzel et la note à ce sujet à propos de la version du Barzhaz.

    Bar en ti-men n'es chet merhied
    Nameit unan nauet Berhed
    N'hi des lagad na fri erbed
    Na divreh de zekour Mari
    - Laret dehi donet atau
    Ni hrei dehi fri ha lagad...
    Point de servantes en ce gîte
    Si ce n'est la nommée Brigitte.
    Elle n'a point d'yeux, ni de nez,
    Ni même de bras pour aider.
    - Dites-lui de venir, c'est mieux.
    Nous lui rendrons son nez, ses yeux...
    (Recueilli par Dom J.-L. Malgorn auprès de M. Trécant, vicaire à Plouharnel).
  • L'eginane de Sainte Tréphine était une coutume relative aux jours gras, comme on l'a vu.
  • Comme le note fort justement le chanoine: "Rien d'étonnant à ce que nos pères se soient servis de joyeux Noëls pour exprimer leurs vœux de nouvel an. Il faut se rappeler, en effet, que les nations de l'Occident comptèrent longtemps leurs années à partir de Noël. Au XIVème siècle cette coutume existait encore. Les Italiens ont gardé jusqu'à nos jours l'usage de fêter le nouvel an à la Nativité. On souhaite un buon Natale, comme chez nous au 1er janvier la bonne année"...

    Une tradition galloise analogue: Mari Lwyd
    On trouve sur le site de l'Association Chorale de Bangor l'information suivante:
    "La Mari Lwyd (Y Fari Lwyd) est une antique tradition de certaines régions du Pays de Galles (Glamorgan et Gwent) qui met en scène [le jour de l'an], un groupe d'étrenneurs en costumes bariolés. L''un d'eux porte un déguisement dont un crâne de cheval constitue la pièce maîtresse. Ils s'en vont de maison en maison et de cabaret en cabaret. A chaque fois, ils chantent plusieurs couplets, auxquels les maîtres des lieux, qui leur laissent d'abord porte close, répondent par des devinettes ou des réprimandes également rimées. Cette joute oratoire s'appelle pwnco. A la fin de l'exercice, qui dure plus ou moins longtemps, selon l'inventivité dont font preuve les protagonistes, les étrenneurs entrent en chantant une autre chanson.
    Après être presque tombée dans l'oubli jusque dans les années 1950, [- comme l'indique le site Folkwales.org.uk, "les étrenneurs s'étaient fait une réputation d'ivrognes et de vandales écumant les villages et plus d'un pasteur avait réclamé en chaire l'abandon de coutumes autant barbares que païennes" -] cette pratique a été remise en honneur par des associations folkloriques de Llangynwyd, Llantrisant et Cowbridge, entre autres."
    Les traditions qui tournent autour d'un crâne d'animal sont rares. On en trouve chez les Indiens d'Alaska et sur l'ïle de Java, en Indonésie. Mais en Europe on peut penser qu'elles sont l'apanage de cette petite partie du Pays de Galles.
    Voici un exemple de couplets introductifs d'un "pwnco":
    Welsh Brezhoneg English
    Mari Lwyd

    Wel dyma ni'n dwad
    Gyfeillion diniwad (bis)
    I ofyn am gennod(ter)
    i ganu.

    Os na chawn ni gennod
    Rhowch wybod ar ganiad
    Pa fodd mae'r 'madawiad, nos heno.

    - 'Does genni ddim cinio
    Nac arian iw gwario
    I wneud i chwi roeso, nos heno...
    Kan Marc'h Louet

    Setu ni degouet c'hoazh,
    Keneiled dinoaz, (div w.)
    O c'houlenn aotre (teir w.)
    da ganañ.

    Mar n'aotreit bremañ,
    Grit gouzout en ur c'han
    Peseurt disparti hor-bo fenoz.

    - Tamm ebet 'vit koaniañ,
    Nag arc'hant da foetañ
    'N ur degemer ac'hanoc'h fenoz...

    Troet gant Betty-Anna NOIR
    Chant de la jument grise

    Or, nous revoici donc,
    Innocents compagnons;(bis)
    De chanter donner-nous(ter)
    permission!

    Et dites-nous sinon,
    Dites-nous en chanson
    Comment nous nous en retournerons

    - Nous n'avons de dîner
    Ni d'or à gaspiller
    En vous ouvrant la porte ce soir...

    Mélodie
    Chantée par le Community Choir of Bangor

    Rhiannon, Odin et les autres
  • La légende qui sous-tend cette tradition pourrait être celle d'une pouliche grosse, Mari-Lwyd, qui fut chassée dans la nuit froide de l'étable de Bethléem, pour laisser la place à une autre Marie, laquelle devait donner naissance à son divin enfant. Depuis lors, elle rôde par le monde en quête d'une litière pour pouliner. Cela ressemble fort à une allégorie de l'éviction de croyances préexistantes par la religion chrétienne et l'on est en droit d'y voir les restes d'anciens rites en l'honneur de la déesse-cheval celte Rhiannon-Epona (si tant est que la bizarre héroïne des "Mabinogion" puisse être identifiée avec la déesse gauloise "éponyme" de la ville d'Epône près de Mantes.
  • Le conteur britannique Hugh Lupton a composé un poème qui rappelle cette origine très (trop?) reculée:

    Le cheval de Marbury ou d'Odin
    Crâne qui ne peut trépasser
    Mille ans déjà sans pouliner,
    Bridée de chagrin
    Et sellée de peur,
    Je trotte aux prairies de crainte et d'horreur
    Galope entre le sommeil et l'éveil
    Cherchant un havre accueillant
    Sans pleurer pourtant,
    Ouvrez-moi!
    A Mari Lwyd of old

  • Note: Le "cheval louvet de Marbury" est, selon la légende un cheval qui court de Londres à Marbury (Cheshire) entre le lever et le coucher du soleil.
  • Hodening Hoss, le "Cheval d'Odin" est une autre monture fantastique. Outre cette expression, Odin-Wotan est encore présent, dans la langue anglaise, dans le nom de jour "Wednesday" (=mercredi, jour de Mercure). La semaine de sept jours avait été empruntée, par l'intermédiaire des Juifs, par les Romains et les Grecs aux Babyloniens, ainsi que l'usage de désigner les jours par des noms de "planètes" (soleil, lune, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus et Saturne). Les Germains reprirent ce système, au 4ème siècle, en remplaçant les noms des dieux païens par des équivalents germaniques. Mercure fut assimilé à Wotan. Mais la popularité de ce dernier était restée suffisamment grande pour que l'Eglise s'en inquiète et remplace, dans le domaine allemand l'ancien "Wotanstag" par "Mittwoch" (=milieu de semaine). Parallèlement on s'efforça de diaboliser l'animal favori de la divinité. Voir à ce sujet L'héritière Le Guern, note 5.

    Un grand merci à M. Erwan HAINE à qui je dois la plupart de ces références!
  • Résumé
    In olden times Brittany, Christmas was, above all, the feast of the poor. On Boxing day, they went in groups from hamlet to hamlet, with an old horse adorned with laurel and ribbons ahead of them, to collect Christmas gifts. They did it in singing a song whose subject never varied, but that was altered to fit the singers' inspiration of the moment. They would stop in front of each rich looking doorway and their leader would start with one of the house dwellers a verbal contest which he always won after a long resistance. Here is an instance of such battle of wits, noted by La Villemarqué in Spézet, Black Mountain.

    The gift collecting songs
    Following his natural trend, La Villemarqué explains in a note the burden of the song "Eginane! Eginane!" -which is adapted from the French "Au gui l'an neuf!" (Under the mistletoe -gui- I wish you a happy new year - an neuf-!) as an ancient Celtic word from which the French phrase would derive and not the contrary (Breton 'egin' and Welsh 'egin(yn)' =germ!). He also explains the Romance word "comrade" by the Breton "kember" -confluent!. In the present song, the reason he gives for this curious etymology is that the gift collectors are requested to bring the supernatural Herb of Gold, referred to in other songs (or more preciseley in the Barzhaz versions thereof), rather than mistletoe which is never mentioned.
    Be it mentioned here that Canon Pérennès, in a study titled "Guinnanée and Breton Christmas carols", ventures another explanation. He quotes in extenso the article contributed to the "Mercure Galland" February 1683 copy by Ménage, to elucidate the word "Guignannée", "a merrymaking held in Morlaix on the last day of the year", described as a charity festival supported by the town council. This description coincides with M. Le Guen's statement, concerning Landerneau town, in an article for the journal of the Société académique de Brest (Book IV page 234):
    [...]
    "A mace bearer held in his hand a staff adorned at one end with a bunch of many-coloured ribbons [...] When the retinue would stop to receive the presents given by donors, one of the constables charged with preserving good order would raise them high up so all on the street could see. The drums would roll and the mace bearer, echoed by the populace, would hail them with repeated cries of "Languinanné!" shaking his caduceus in a stately way!"
    There is also a staff, used by the wandering singers to brandish their trophies, in the version of the "Eginane" song recorded by Canon Pérennès: Eginane of Sainte-Tréphine (Côtes d'Armor). But this latter, which did not survive WW I, was a Shrovetide tradition (preceding the fast of Lent) and the "eginanerien" (gift collectors) were called "morlajerien" (from "Meurlarjez", Shrove Tuesday, in spite of the burden of their song, which was also "Eginane".
    He gives for the many forms of the cry "Au gui l'an neuf" the etymology set forth by the Archivist in-Chief of Finistère, M. Le Men who quotes a 16th century poem in his "survey on the history of Finistère", p.184:


    "That's why we are confident
    That you'll never be reluctant
    To start the year under favourable auspices
    And make a point of discharging
    Your debt for the New Year freely."

    Le Men adds: this
    "Acquit d'an neuf" (New year discharge) was a sort of tax spontaneously paid to the poor by the rich, on the occasion of a propitiatory New Year merriment, and, since this meaning seems to me the only plausible, this word is synonymous with "Christmas Box".

    The "Celtic" explanation given by La Villemarqué is all the more incredible as he mentions in his comments a similar tradition in several French speaking provinces featuring a riding woman called la "Guillaneu". This name is without doubt derived from "Gui l'an neuf", as is the Italian Santa Claus "la Bofana" named after the Epiphany feast. The gift collecting songs were investigated by the folklorist Arnold van Gennep (1873 - 1957). They are found even in Québec (where the Guillaneu is called La Guignolée). Here is one of these songs:

    La voué beille la guilloneu
    La hoou peur la fenête
    Sur in petit chevau grisan
    Qui n’a ni quû, ni pés ni tête
    Les quatre pés ferrés tot nus.
    I do see the Guillaneu,
    Up there through the window,
    Riding a little grey nag,
    With no tail, no feet, no head,
    And its four feet are shod anew.
    It is noticeable that the Guillanée's horse should be afflicted by the same shortcomings as Saint Brigid in the Breton carol addressed hereafter.

    The date for gift collecting
    It is astonishing that these gift collections by wandering singers should take place at different dates in the year.
  • La Villemarqué mentions Boxing Day.
  • Canon Pérennès tells us of "de Kergrist-Moellou [near Maël-Carhaix, where] in the last night of the year parties of youngsters, aged between 16 and 18 years would roam around the parish, bearing a staff, and would sing a Breton Christmas carol on the threshold of every farm house... Whenever they knocked at a door, they would ask: "Kanet a vo?" (Shall we sing?), and, if the answer was "yes", before they started, they would say, to be sure they didn't disturb:

    Ma vec'h kountant, ni a gano
    Ma ne vec'h ket, ni zizehano."
    If you are satisfied, we shall sing.
    If you are not, we shall stop."

    At Cap-Sizun, it is also on 31st of December that parties of children armed with a stick against farm dogs visited the farmsteads of the district in quest of "pancakes and a penny":

    Né, né (=eginane),
    Un tamm krampous d'in ad stankañ va zec'hed,
    Hag ul liardik war c'horre.
    A bit of pancake to prevent thirst
    And a little penny to boot.
  • A popular topic for Christmas carols was Joseph going from inn to inn in search of a room for Mary. Some of them tell of a maid whose aid is offered by the landlord (ozac'h), despite the fact that she has no nose, no eyes and no arms. She is relieved from her threefold infirmity by a miracle. She is none other than Saint Brigid, abbess of Kildare and Ireland's patron saint, whose feast day is the 1st February, the day before that of the Holy Virgin's Purification, also known as Candlemas. See An aotroù Nann collected by Luzel and the relevant note on the page dedicated to the Barzhaz version.

    Bar en ti-men n'es chet merhied
    Nameit unan nauet Berhed
    N'hi des lagad na fri erbed
    Na divreh de zekour Mari
    - Laret dehi donet atau
    Ni hrei dehi fri ha lagad...
    No maids here whatsoever
    Except perhaps the named Brigid,
    Who has no nose, who has no eyes ,
    Not even arms to help you.
    - Ask her to come, at all events:
    We shall give her back her nose, her arms...
    (Collected by Dom J.-L. Malgorn who learned it from M.Trécant, curate of Plouharnel).
  • The "eginane" of Saint Tréphine was a custom relating to Shrovetide, as already mentioned.
  • As rightfully stated by the Canon: "What wonder if our forefathers used merry Christmas carols to forward their season greetings? We must bear in mind, in fact, that, for centuries, in most western countries the year started on Christmas day. In the 14th century this custom was still observed. The Italians has kept to the present day the habit of celebrating the New Year on Christmas day and they wish you un buon Natale, as you would wish here a happy New Year"...

    A similar Welsh tradition: Mari Lwyd
    The site of the Community Choir of Bangor gives the following information:
    "The Mari Lwyd (Y Fari Lwyd) is an old tradition in parts of Wales (Glamorgan and Gwent) that involves a group of people dressed in colourful costumes, including one dressed as a horse with a horse's skull, going from house to house and pub to pub [on New Year's Day].
    At each place they sing several verses which are answered by those inside with challenges and insults in rhyme, a battle of wits known as a pwnco.
    At the end of the battle, which can be as long as the creativity of the two parties holds out, the Mari party enters with another song.
    Though almost forgotten during the mid-20th century [as stated on the Folkwales.org.uk site, "the parties had gained a bad reputation for drunkenness and vandalism as they roamed the villages and many a sermon was preached against the continuance of such a pagan and barbaric practice"], this tradition is again practised by folklore associations in Llangynwyd, Llantrisant, Cowbridge and elsewhere."
    Traditions involving animal skulls are rare. Native Americans of Alaska and Indonesian people of Java use them, but in Europe it should be found nowhere, but in this tiny part of South Wales.
    Here are usual introductive verses of a "pwnco":
    Welsh Brezhoneg English
    Mari Lwyd

    Wel dyma ni'n dwad
    Gyfeillion diniwad (twice)
    I ofyn am gennod (thrice)
    i ganu

    Os na chawn ni gennod
    Rhowch wybod ar ganiad
    Pa fodd mae'r 'madawiad, nos heno.

    - 'Does genni ddim cinio
    Nac arian iw gwario
    I wneud i chwi roeso, nos heno...
    Kan Marc'h Louet

    Setu ni degouet c'hoazh,
    Keneiled dinoaz, (div w.)
    O c'houlenn aotre (teir w.)
    da ganañ.

    Mar n'hon-eus aotre bremañ
    Grit gouzout en ur c'han
    Peseurt disparti hor-bo fenoz.

    - Tamm ebet 'vit koaniañ,
    Nag arc'hant da foetañ
    'N ur degemer ac'hanoc'h fenoz...

    Troet gant Betty-Anna NOIR
    Grey Mare carol

    Here we come
    harmless companions,(twice)
    To ask permission (thrice)
    to sing

    If we don't have permission,
    Let us know in song
    How we should go away tonight!

    - I have no dinner
    Or money to spend
    To give you welcome tonight...

    Tune
    Sung by the Community Choir of Bangor

    Rhiannon, Odin and Co
  • The legend behind the custom is that pregnant mare Mari-Lwyd was cast out of the Bethlehem stable into the cold night to make room for another Mary who was to give birth to her divine child. Ever since she has roamed the world searching for a place to give birth to her colt. But it sounds like an allegory of the Christian faith suppressing a previous creed and could be primarily associated with ancient rites for the Celtic horse-goddess Rhiannon-Epona (inasmuch, as the strange heroine of the "Mabinogion" and the "eponymous" goddess of the town "Epône" (near Mantes) are the same person.
  • The British storyteller Hugh Lupton composed a poem reminding of this far (fetched?) origin:

    The Hodening Hoss, the Marbury Dun,
    Old Bone-face the deathless am I,
    Heavy with foal two thousand years,
    Bridled with sorrow,
    Saddled with fear,
    I canter through pastures of tremble and quake,
    I gallop the track between sleep and awake
    Seeking the deep of welcome
    And stint for my tears.
    Let me in!...
    A modern Mari Lwyd

  • Note: The "Marbury Dun" is a legendary horse which, according to folklore, ran from London to Marbury between the hours of sunrise and sunset.
  • Hodening Hoss (Odin's horse) is another fantastic horse. Beside this expression, Odin-Wotan is still present in the English language in the day name "Wednesday" (=Mercurii dies, day of Mercury). The seven-day week was loaned via the Jews by the Greeks and the Romans from the Babylonians. So was the habit of naming the seven days after "planets"(Sun, Moon, Mars, Mercury, Jupiter, Venus, Saturn). The Germans adopted this system in the fourth century, replacing the names of the Roman gods, by their Germanic equivalents. Mercury was likened to Wotan. But the latter's popularity was great enough to upset the Church authorities who replaced in the German speaking area the old "Wotanstag" with "Mittwoch" (=Middle of the Week). Besides the old god's favourite animal, the horse was denounced as devilish. See The heiress Le Guern, note 5.

    Thanks a lot to M. Erwan HAINE to whom I am indebted for most of the information above.




  • An hollaika Ar C'hakous