Ar Bleizi Mor

Ballade recueillie par Jean- Marie de Penguern (1807 - 1856)

Publiée par F-M Luzel dans "Gwerzioù Breizh-Izel" Tome I en 1868

Embouchure du Léguer au Yaudet en Ploulec'h

Mélodie
tirée de "Tralalalaleno", recueil de 30 chansons publié par Jef Le Penven en 1949

Arrangement Christian Souchon (c) 2008

AR BLEIZI MOR

Lemmomp hor c'hlezeïou,
War-lein ar meneziou,
'Vit mont d'ar brezeliou


Arru e listri 'r bleizdi-mor,
Da digass brezel en Arvor;
Ar Ieodet ho deuz komerret.
Hag ann iliz ho deuz dewet.

Lemmomp, etc.

Ann eskop-koz n' em skuill daero,
Hen euz renket leuskel hë vro;
Et ez e da glask ur vro-all,
E-lec'h na deui ket an dut-fall.

Den na gred ken chomm en Arvor,
Gant an euz ouz ann dut-a-vor;
Parko, tier, loened ha tud,
Holl int gwallet, braz ha munud.

Met ar roue, p'hen euz klewet,
He dent gant broüer (1) 'n euz skrignet:
Em laket e prest en he hent,
Gant he holl dut, he holl gerent.

Un arme vraz 'zo bet savet,
Hag en Arvor 'z omp arruet;
Bars ur blenenn, en bro-Arvor,
E meump bet kat ar bleizi-mor.

Epad tri de hon euz stourmet,
Epad tri de hon euz kannet;
Epad ter noz, hep heana,
N'hon ëuz gret tra nemet laza

Laza, ken a ruille 'r goad-ru,
'Vel diou waz vraz, euz ann daou-du;
Laza, evel dorna kolo,
Kolo-segal, pa ve daro !

Strakal 're hor zaoliou-kleze,
'Vel taoliou 'n horz war an anne,
Ken a fraille pennou tud-vor,
Evel istrenn hanter-digor.

Keit ma pade ann argadenn,
Ar brini 'nije uz d'hon fenn;
Pa zo bet fin, en em goagal,
Int bet diskennet d'ar festal !

Lemmomp hor c'hlezeïou,
War-lein ar meneziou,
'Wit mont d'ar brezeliou !

LES LOUPS DE LA MER

Aiguisons, aiguisons
Nos glaives sur les monts!
Au combat nous partons!

Dans leurs nefs les loups de la mer
Viennent chez nous porter le fer
Ils ont dévasté le Yaudet
Et l'église ils l'ont incendiée.

Aiguisons...

Et le vieil évêque pleurait
Quand il lui fallut s'en aller
Vers d'autres cieux plus cléments
Se mettre à l'abri des méchants.

Nul ne veut rester en Armor.
Tous ont peur des hommes du nord:
Moissons, maisons, bêtes, humains,
Tout est détruit sur leur chemin.

Mais le roi, sitôt qu'il l'apprend,
Avec des grincements de dents,
Est accouru vers nous bien vite,
Avec ses parents et sa suite.

La grande armée qu'il a levée,
En Armorique est arrivée
Dans une plaine de l'Arvor
Elle affronta les gens du Nord.

Trois jours nous avons résisté.
Trois jours nous avons bataillé,
Bataillé sans trêve trois nuits.
Tuer était notre seul souci!

Tuer, voir le sang rouge couler
En grands ruisseaux des deux côtés,
Tuer comme on battrait de la paille
De seigle mûr où que l'on aille!

Nos coups brisaient, comme des faux
Ou, sur l'enclume, des marteaux,
Les crânes des loups de la mer,
Comme des huîtres, entr'ouverts!

Tant que dura la rude affaire,
Dans l'air des corbeaux tournoyèrent.
Croassant, lorsque vint la fin,
Ils fondirent sur le festin!

Aiguisons, aiguisons!
Nos glaives sur les monts,
Au combat nous partons!

Traduction Christian Souchon (c) 2008

(1) Luzel indique qu'il ne connaît pas ce mot qu'il traduit par "rage". Un internaute bretonnant suggère de lire "brouez" (colère passagère).
THE WOLVES OF THE SEA

Sharpen, sharpen your blade,
There in the mountain glade!
Get ready for the raid!


Ships of wolves of the sea have come
To bring warfare upon your home;
They have taken old Yaudet town
And the church there they have burnt down.

Sharpen,...

The old bishop did cry and mourn
When he was forced to leave from home
And settle in another place
Where from this plague he would be safe.

Nobody will stay any more,
For fear of them, next to the shore.
Fields , houses, cattle and men
Are ransacked again and again.

The king has heard of sack and fire
With gnashing of teeth and great ire
Quickly under way he has been
With foot, yeomen and kith and kin,

An immense host, a large levy,
That came to Lower Brittany.
Amidst the plain along the gulf
They have engaged the sea wolf

Three long days we have resisted
Three long days we have combated
Three long days, aye, and three long nights
Doing nothing but kill and fight!

But fight and kill, so that red blood
Ran in two rivers to a flood.
Kill and hit and thresh, as they do
When they scythe rye grown ripe to straw!

With our swords we crack, as smiths will
With their hammers and their anvils,
The skulls of the wolves of the sea:
Half-open oysters they could be.

As long as lasted the struggle,
Ravens hovered in a circle.
When the last drop of blood was shed
They pounced on the treat and they fed!

Sharpen, sharpen your blade,
There in the mountain glade!
Get ready for the raid!


Translated by Christian Souchon (c) 2008

(1) Luzel cannot construe this word which he translates as "rage". Maybe it should be read "brouez" (brief annoyance), as suggested by a Breton speaking contributor.

Notes

L'avis de Luzel
Le folkloriste F-M. Luzel expose, dans une longue note, qu'il tire ce chant de la collection de J-M. de Penguern (1807 - 1856) dont il est devenu acquéreur après l'avoir racheté à sa veuve. (De Penguern était un juriste, connu pour ses travaux de collecte de chants populaires et ses recherches archéologiques sur les voies romaines)
Il écrit: "Il doit se rapporter à quelque descente des hommes du Nord, Normands ou Saxons, sur les côtes armoricaines, au IXè siècle. S'agit-il ici de la destruction du Koz-Guéodet par Hasting, vers l'an 836 ? Je crois qu'il n'est pas trop téméraire de le penser, sans rien affirmer pourtant."
« Hasteing, »
dit Albert le Grand, « capitaine des Danois qui escumaient la mer océane, vint cette année (836) avec une grosse armée navale au Bec-Léguer. Ils assiégèrent et emportèrent d'assaut la ville de Lexobie (Koz-Ieodet), massacrèrent le clergé et le peuple et pillèrent les trésors de l'église. »
Le Baud dit aussi: «Haston, duc des Danois, persécutait les régions maritimes des Gaules, print Lexovium, et la disrompit.» Et Albert Le Grand ajoute: «Puis les barbares, passant outre, entrèrent dans l'embouchure de la rivière du Jaudy, et posèrent les ancres devant le monastère de Trécor [Treger, Tréguier], lequel ils pillèrent et ruinèrent.»
Luzel poursuit: "L'armée des Bretons les atteignit à peu de distance de là, dans la grande lande de Plourivo, près de Paimpol, et c'est sans doute là que se livra la terrible bataille que le chant breton décrit avec une énergie si féroce : Bars ur blenenn, en bro Arvor. (Dans une plaine au bord de la mer)."
Luzel est cependant persuadé qu'il s'agit d'une imposture, et il pense sans doute, en l'occurrence, à un faux fabriqué par un collaborateur de de Penguern, Guillaume-René Kerambrun (1813 - 1852).

L'avis de Donatien Laurent
A cela Donatien Laurent, dans "Culture et tradition orale dans la Bretagne Ducale 14-15èmes siècles", juin 1991), répond:
"En 1582, au livre premier de son "Histoire de Bretagne", l'historien Bertrand d'Argentré évoque à propos du déplacement au IXème siècle du siège épiscopal du Yaudet à Tréguier, une descente de pirates danois sur les côtes du Trégor en 836:

"Les Bretons disent que leur ville était située au lieu à présent appelé 'Cozquéoudet', c'est à dire 'Vieille-Ville, sur la rivière de Loquez et en montrent les ruines . De ce lieu ils disent qu'il a été le siège épiscopal jusqu'en l'an 836, date à laquelle Hastain, roi des Danois à propos de qui on chante encore quelques vieux vers en breton, prit et ruina la ville." (texte modernisé)

et ajoute qu'on "chante encore quelques vieux vers en breton" sur la prise et la ruine de la ville par le roi Hastan..J-M. de Penguern transcrivit un texte de chant breton qui paraît bien se rapporter à cet événement... Si le texte retrouvé dans les papiers de Penguern a bien été recueilli par lui dans la tradition vivante, on aurait la démonstration d'une transmission orale pendant 9 siècles..."

Cette transmission orale sur une dizaine de siècles viendrait confirmer la thèse de La Villemarqué.
Croix commémorative de la bataille du Trieux - Plourivo D'autant que, comme l'indique M. Laurent, la plaine de Plourivo, à l'est de Tréguier recèle de nombreux souvenirs archéologiques liés à cette bataille: croix carolingiennes, sépultures, toponymes, etc...
Cependant, selon Bernard Tanguy 1940-2015, (cité sur le site Marikavel.org), la bataille de Plourivo (ou du Trieux) aurait trait à une attaque des Vikings qui eut lieu un siècle plus tard: "C'est là qu'à partir d'une tradition difficile à vérifier, des érudits ont voulu, au siècle dernier, localiser une bataille décisive livrée en 936 par le chef breton Alain Barbetorte au chef normand Incon, retranché dans l'enceinte fortifiée de Castel-Auffret, bataille que commémoreraient les croix du haut Moyen age de Lancerf et de la Chapelle-Neuve".

Saint-Tugdual, évêque de Tréguier
En fait, le récit qui situe au Yaudet le raid danois est la version "bretonne" de l'histoire. Les Normands (modernes) en ont une autre lecture, car pour eux Lexovium/Lexobie ne peut être que Lisieux. Les historiens anciens cités ci-avant tenaient leurs renseignements des "Vitae Tudualis" (prima et secunda, "Vies de Saint Tugdual" courte et moyenne) compilées entre le 9ième et le 11ème siècle et de la "Vita tertia" (version longue), datant du 13ème siècle.
  • Dans la "Vita secunda", Tugdual débarque en Bretagne au Conquet puis traverse tous les pays ("pagi") qui constituent la Domnonée, qui avec le Broerec (Vannes) et la Cornouaille (Quimper) composent la Bretagne vers l'an 450. Ces pagi sont énumérés comme suit: pagus Achmensis, pagus Doudur, pagus Castelli, pagus Civitatis, pagus Treher, etc. Il est facile de les identifier: Aber Wrac'h, Daoudour=entre deux abers=Morlaix, Pou Kaer=Poher=Caraix, Tréguier...
    Pagus Civitatis, entre Caraix et Tréguier ne peut être que le "pagus Vetus Civitatis" (pays de la vieille cité) qui a donné (Kozh) "Geodet" en breton, francisé en "Le Yaudet".
  • A en croire la "Vita tertia", Tugdual fut d'abord évêque de Lexobie (urbs ou civitas Lexoviensis ou Lexovium) que les "Vitae" identifient avec le Yaudet. Mais il pourrait tout aussi bien s'agir de Lisieux. Puis il fonda, avant 550 (!), date de la mort de l'évêque d'Angers, Saint Aubin, auprès de qui il se serait réfugié, le monastère de Tréguier (Trecor Vallis).
  • Une charte de 1267 relatant les termes d´un accord intervenu entre le duc de Bretagne et l´évêque de Tréguier au sujet du fief épiscopal désigne le Yaudet sous la forme Vetus Civitatis, « Vieille Cité », tandis que beaucoup plus tard un document de 1707 mentionne le « lieu et metterie noble de Guéaudet ou la Vieille Cité, c´est-à-dire l´emplacement et appartenances de la ville d´Exobie où jadis estoit le siège épiscopal de Tréguier, sittué en la paroisse de Ploulec´h au terrouer du Minihy ».
    (source: archives.cotesdarmor.fr).

    L'avis d'un historien contemporain (juin 2020)
    M. André-Yves Bourgès à qui j'avais demandé si la science moderne prenait encore en compte ce fantomatique déplacement d'un siège épiscopal du Yaudet à Tréguier en 836 a eu l'amabilitté de me faire part des conclusions de son étude sur les origines de l'évêché de Tréguier. Je m'efforce de les résumer ci-après:
  • Il existe un "Indiculus de episcoporum britonum depositione", une "Notice relative à la déposition des évêques de Bretagne" par Nominoé en 849, rédigée au début du 11ème siècle, qui évoque, pour en dénoncer le caractère illégitime, la création de 3 nouveaux évêchés: Dol, Saint-Brieuc et Saint Pabu-Tugdual (=Tréguier). En considérant l'"Indiculus" (rédigé vers 1030) comme le 1er acte authentique qui mentionne les 9 évêchés de Bretagne, on associe leur essor à la constitution, lors d'un partage, d'un territoire attribué au comte Eudon, frère du duc Alain III (1008-1040).
  • Le fait qu'une lettre de 866 du Pape à l'évêque de Dol, précise que l'autorité de ce dernier ne s'étend que sur 7 évêchés ne contredit en rien ce qui précède: outre Dol, Alet, Léon, Quimper et Vannes , il s'agit ici de Nantes et Rennes (et non Saint-Brieuc et Tréguier).
    C'est bien à partir de 1030 que les évêchés de Saint-Brieuc et Tréguier se constituent des territoires, en ce qui concerne ce dernier, en disputant à l'évêque de Léon, avec le soutien des partisans d'Eudon, le "pagus castelli", par exemple, ainsi que le titre de "capitale des Osismes".
  • Les auteurs de l'"Indiculus" allaient à l'encontre du "roman des origines" dont s'étaient dotés les évêchés de Saint-Brieuc et Tréguier, la "Vie de Saint-Brieuc" et la "Vie de St-Tugdual" qui ne contiennent, ni l'une ni l'autre, d'allusion à Dol, ce qui tendrait à montrer leur caractère fictionnel. Au nombre de ces fictions figure celle de l'évêché de Lexobie évoquée dans la "version longue" de la Vie de Tugdual. Cette fable eut la chance de s'enraciner dans le site du Yaudet. M. Bourgès suggère que la mention de la "civitas Lexoviensis" dans la "version moyenne" serait une vaine tentative de l'auteur de "détourner sur ce lointain chef-lieu épiscopal (Lisieux) une tradition locale qui faisait de l'ombre au jeune siège de Tréguier".
  • Quant au terme imposant de "civitas" pour désigner le Yaudet, il pourrait effectivement remonter au coup de force de 849. Les évêques déposés de Quimper et de Léon, Félix et Gianobri, dont on sait qu'ils sont restés en Bretagne, se seraient installés dans cette antique place-forte.
  • Dans la "Vie de Saint-Paul Aurélien" rédigée en 884 par un auteur au nom imprononçable, Wrmonoc, on rencontre une description d'un "oppidum" dont le saint homme prit possession à son arrivée en Bretagne, "oppidum quod modo ejus nomine vocitatur", "un lieu fortifié qui a pris le nom du saint: Saint-Pol-de-Léon". La description qui en est faite est celle... du Yaudet! M. Bourgès explique ce paradoxe par le fait que Wrmonoc était très jeune quand il rendit visite au Yaudet à l'évêque déposé, auréolé d'une légitimité qui manquait à son concurrent de Saint-Pol. On peut donner à ce traitement littéraire de la réalité "aux confins du rêve et du souvenir" le nom de "métaréalisme".
  • M. Bourgès conclut: "S’agissant de "Bleizi mor", je ne suis guère tenté de lui accorder le bénéfice du doute comme l’a fait le regretté Donatien Laurent : la pièce me semble avant tout faire honneur au talent littéraire du collecteur supposé. Elle témoigne également d’une bonne connaissance du dossier hagiographique de Tréguier et des histoires de Bretagne de Le Baud et D’Argentré. "


    vers Saints BretonsPour en savoir plus sur les saints bretons
  • Luzel's opinion
    F-M. Luzel explains in a long note that he has found a ballad titled
  • "The Wolves of the Sea" (Bleizi ar Mor)
    in a collection of songs set up by a lawyer (and collector of Breton lore also known for his archaeological works on Roman highways), J-M. de Penguern (1807 - 1856), a collection that he happened to acquire (from his wife).
    He writes: "This song must refer to some raid of the Saxons or of the Northmen on the shores of Brittany in the 9th century. Maybe to the ransacking of Le Yaudet by Hasting around 836. This assumption, I take it, would not be too rash, though I refrain from asserting anything."
    "Hasteing",
    says Albert le Grand "was a Danish chieftain who buccaneered the ocean. He landed in that year (836) with a huge naval force at Bec-Léguer . The Danes besieged and took by storm the town Lexobie (Koz-Ieodet), killed all clerics and laymen and looted the church treasury."
    Le Baud confirms: "Haston, duke of the Danes, harassed the coasts of Gaul, took Lexovium and destroyed it". And Albert le Grand adds: "Then the Barbarians carried on their way , entered the Jaudy river mouth and dropped anchor before Trécor Abbey (Tréguier) which they ransacked and ruined."
    Luzel adds:
    "The Breton army engaged them on the nearby plain of Plourivo, near Paimpol, and there took place, very likely, the terrible battle that the Breton song pictures with such wild vigour: Bars ur blenenn, er vro Arvor (in a plain along the coast)."
    And yet Luzel is persuaded that this ballad is a forgery which he very likely ascribes to Guillaume Kerambrun (1813-1852), De Penguern's collaborator.

    Donatien Laurent's view on the issue
    Donatien Laurent, in an article titled "Culture and oral tradition in 14th-15th Century Ducal Brittany", published in June 1991, objects that :
    Bertrand d'Argentré, in his "History of Brittany", dated 1582, asserts, concerning the translation of the Yaudet Episcopal see to Tréguier caused by a raid of Danish pirates on the coasts of Tregor in 836,

    "The Bretons say that their city was located at the place now called 'Cozquéoudet', that is to say 'Old Town', on the Loquez river and show the ruins of it. Concerning this place they say that it was the episcopal seat until the year 836, date on which Hastain, king of the Danes about whom they still sing some old verses in Breton, captured and ruined the city. "
    (modernized text).

    He adds that "they still sing a few old verses in Breton" about the capture and the ransacking of the town by king Hastan...J-M. de Penguern transcribed the text of a Breton folk song that seems to refer on this event... If the text retrieved in the Penguern files was really collected by him from the living tradition, this would prove the possibility of oral transmission over 9 centuries..."
    This instance of a transmission over ten centuries would corroborate La Villemarqué's theories!
    All the more so, since the Plourivo plain east of Tréguier, as noted y M.Laurent, abounds in archaeological artefacts connected with this battle: Carolingian crosses, graves, as well as suggestive place names...
    However another historian, Bernard Tanguy, 1940-2015, (quoted at the site Marikavel.org) considers that the battle of Plourivo, alias du Trieux, was fought against the Vikings a hundred years later.: "There 19th Century scholars maintained, basing themselves on traditions that are not easy to check, was allegedly fought a decisive battle by the Breton ruler Alan Twisted Beard against the Norman chieftain Incon, who was entrenched in the fortress of Castel-Auffret, in commemoration of which were erected early in the Middle-Ages the Lancerf and Chapelle-Neuve crosses."

    Saint Tugdual, bishop of Tréguier
    Saint Tugdual -Cathédrale de Tréguier In fact this is the Breton version of the story. The (modern) Normans have a different view of this issue because they don't admit that Lexovium / Lexobie could be another town than Lisieux. The old historians quoted above drew their information from the "Vitae Tudualis" (Life of Saint Tugdual - short and middle-sized versions) compiled between the 9th and the 11th century and the "Vita tertia" (long version), dating from the 13th century.
  • In the "Vita secunda", Tugdual lands in Brittany at Le Conquet then he travels all the way across Domnonea, one of the three provinces making up Brittany around 450, with Broerec (Vannes) and Cornouaille (Quimper). The "pagi" (shires) he crosses are listed: pagus Achmensis, pagus Doudur, pagus Castelli, pagus Civitatis, pagus Treher, etc. They are easy to identify as: Aber Wrac'h, Daoudour=Two firths=Morlaix, Pou Kaer=Poher=Caraix, Tréguier...
    Pagus Civitatis, between Caraix and Tréguier must be "pagus Vetus Civitas" (Old Town Shire) which evolved to (Kozh) "Yeodet" in Breton and "Le Yaudet" in French.
  • According to the "Vita tertia", Tugdual was at first bishop of Lexobie (urbs or civitas Lexoviensis ou Lexovium) that the "Vitae" identify with Le Yaudet, but it really could be Lisieux. He then founded, before 550, the monastery of Tréguier (Trecor Vallis).
  • A charter dated 1267 passed between the duke of Brittany and the bishop of Tréguier refers to Yaudet by the name "Vetus Civitatis" and a later document dating from 1707 mentions:
    "Géaudet or Vieille Cité, i.e. the place and extensions of the town of Exobie where the Episcopal see of Tréguier was formerly established in the parish Ploulec'h, on the estates of the Minihy."
    (source: archives.cotesdarmor.fr)

    The opinion of an historian of our time (June 2020)
    Mr. André-Yves Bourgès whom I asked if modern science still believes in this ghostly displacement of an episcopal see from Yaudet to Tréguier in 836 was kind enough to share the conclusions of his study on the origins of the bishopric of Tréguier. I endeavour to summarize them below:
  • The "Indiculus de episcoporum britonum depositione" , a "Notice relating to the deposition of the bishops of Brittany" by Nominoé in 849, written at the beginning of the 11th century, mentions, with a view to denouncing their illegitimate statute, the creation of 3 new bishoprics: Dol, Saint-Brieuc and Saint Pabu-Tugdual (= Tréguier). By considering the "Indiculus" (written around 1030 ) as the 1st authentic act mentioning the 9 bishoprics of Brittany, we connect their development with the creation, on the occasion of a land partition, of a territory attributed to Count Eudon, brother of Duke Alain III (1008-1040).
  • The fact that a letter sent 866 by the Pope to the bishop of Dol, states that the latter's authority extends only over 7 bishoprics, contradicts in no way the foregoing: in addition to Dol, Alet, Leon , Quimper and Vannes, the bishoprics meant are Nantes and Rennes (not Saint-Brieuc and Tréguier).
    It is not until 1030 that the bishoprics of Saint-Brieuc and Tréguier were constituted territories, as regards the latter, by disputing with the bishop of Léon, with the support of the partisans of Eudon, the "pagus castelli ", for example, as well as the title of" capital of Osisms ".
  • The authors of the "Indiculus" disregarded the "novel of the origins" worked out on behalf of the bishops of Saint-Brieuc and Tréguier, the "Life of Saint-Brieuc" and the "Life of St -Tugdual ", neither of which contains an allusion to Dol, which would tend to show their fictional character. Among these fictions stands out that of the diocese of Lexobia mentioned in the "long version" of the Life of Tugdual. This fable luckily happened to take root in the Yaudet site. M. Bourgès suggests that the mention of "civitas Lexoviensis" in the "medium version" could be an aborted attempt by the author to "divert a this distant episcopal capital (Lisieux) a local tradition which overshadowed the young bishop's see of Tréguier ".
  • As for the stately style "civitas" applied to Yaudet, it could actually be explained by the coup de force of 849. The deposed bishops of Quimper and Léon, Félix and Gianobri, who we know remained in Brittany, could possibly have settled in this ancient stronghold .
  • In the "Life of Saint-Paul Aurélien" written in 884 by an author with an unpronounceable name, Wrmonoc, there is a description of an "oppidum" which the holy man took possession of on his arrival in Brittany, "oppidum quod modo ejus nomine vocitatur" , "a fortified place which took the name of the holy man, Saint-Pol-de-Léon". The description given is that of ... Yaudet! M. Bourgès explains this paradox by the fact that Wrmonoc was a young boy when he visited, at Yaudet , the deposed bishop, who then enjoyed a legitimacy which his Saint-Pol competitor lacked. This literary treatment of reality "on the verge of dream and memory" can be addressed as "metarealism" .
  • M. Bourgès concludes: "As for " Bleizi mor ", I am hardly tempted to give him the benefit of the doubt, as did the late Donatien Laurent: the piece seems to me above all to do honour to the literary talent of the alleged collector. It also testifies to a good knowledge of the hagiography of Tréguier's past and the Histories of Brittany of Le Baud and D'Argentré. "

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  • La Gwerz de Notre Dame du Koz-Guéaudet
    Par ailleurs, dans la "Revue de Bretagne et de Vendée", 1866, 2ème série, tome 9, pp. 221 et 222, ce même Luzel raconte tout d'abord une excursion qu'il fit au Yaudet.(qu'il appelle Koz-Guéodet). Il en ressort que certaines personnes du cru mais pas toutes appellent Le Yaudet, l'"ancienne Lexobie des Romains".
    Puis Luzel cite en traduction française, une gwerz, de toute évidence pas très ancienne et composée par quelque savant ecclésiastique "en l'honneur de ND du Yaudet". Elle fait allusion à l'expédition normande de 836. En voici un résumé détaillé:

    "[Je vous parlerai d'] une place sainte au bas de la rivière du Guer [=Léguer], la première église élevée en Bretagne à la Vierge.
    - C'est le plus ancien sanctuaire du monde dédié à la Vierge, car c'est en 72 après J-C. que fut bâti le Guéodet en l'honneur de la Vierge.
    - Un disciple de Joseph d’Arimathie, Drennalus, venu sur le conseil d'un saint homme de ses amis, fut le premier évêque de Lexobie. Il débarqua à Morlaix, venant de Grande-Bretagne.
    - Puis Gwenaël, connu pour avoir fait brûler les idoles et répandu les images de Marie et des Apôtres, fut consacré par Melchidias, le successeur de Lin [officiellement c'est Clet ou Anaclet].
    - Saint Tugdual fut évêque de Lexobie soixante-trois ans et y mourut.
    - Des barbares, nommés Danois, conduits par leur chef Hasterin (Hasting) arrivèrent à Lexobie sur leurs vaisseaux, la détruisirent et la brûlèrent. - De Dol vint alors une armée pour chasser les Danois, mais, hélas, quand elle arriva, la ville était réduite en cendres.
    - Le prince Momen, roi de Dol, craignant la disparition de cet évêché à la mort de Cerramus, le dernier évêque de Lexobie, nomma Gratien à sa place.
    - Ce dernier demanda au roi la permission de transférer le siège de l'évêché dans le couvent de Trécor. Ce fut le commencement de Tréguier.
    - Mais une chapelle fut reconstruite au Koz Guéodet et une source jaillit, opérant de multiples miracles. Un mot ne suffirait pas pour les rapporter et les écrire. Au Koz Guéodet, il y a un remède pour toute les maladies. Le pardon dure tout le mois de mai, pour donner le temps de gagner des indulgences."

    The gwerz of Our Lady of Koz-Guéaudet
    In the "Review of Brittany and Vendée", 1866, 2nd series, volume 9, pp. 221 and 222, the said Luzel tells us first of an excursion he made to Le Yaudet (which he calls Koz-Guéaudet). It appears that some local people but not all called Le Yaudet, the "old Lexobie of the Romans".
    Then Luzel quotes in French translation, an obviously not very old gwerz composed by some ecclesiastical scholar "in honor of Our Lady of Yaudet". It alludes to the Norman expedition of 836. Here is a detailed summary:

    "[I will tell you about] a holy place at the mouth of the river Guer, the first church raised in Brittany to honour the Virgin Mary.
    - It is the oldest shrine in the world dedicated to the Virgin, because it was in 72 after JC, that the Gueodet sanctuary was built.
    - A disciple of Joseph of Arimathea, Drennalus, who came on the advice of a holy man from his friends, was the first bishop of Lexobia. He landed at Morlaix, coming from Great Britain.
    - Then Gwenael, known to have burned idols and replaced them with images of Mary and the Apostles, was consecrated by Melchidias, Lin's successor [officially it's Clet or Anaclet].
    - Saint Tugdual was bishop of Lexobie, when he was sixty-three, and he died there.
    - Barbarians, named Danes, led by their chief Hasterin (Hasting) arrived at Lexobie on their ships, destroyed it and burned it. From Dol came then an army to drive out the Danes, but, alas, when they arrived, the city was already burnt to ashes.
    - The prince Momen, king of Dol, fearing the disappearance of this bishopric at the death of Cerramus, the last bishop of Lexobie, named Gratian in his place.
    - The latter asked the king for permission to transfer the seat of the bishopric to the convent of Trécor. This was the beginning of Tréguier.
    - But a chapel was rebuilt at Koz Gueodet and a fountain sprang, operating multiple miracles. One word would not suffice to bring them back and write them. At Koz Guéodet, there is a cure for all diseases. A Pardon feast lasts all the month of May, to give pilgrims time to win indulgences. "


    L'avis du prêtre Y.K. cité par La Borderie
    Dans un article intitulé "Le Yaudet en 1778" publié en 1882 dans la "Revue de Bretagne et de Vendée, 6ème série, tome I, Arthur de La Borderie, cite longuement un prêtre breton dont on ne connaît que les initiales, Y. K. de Morlaix. Ce prêtre s'efforçait de réfuter l'affirmation de son confrère, l'abbé Déric, parue dans le 1er tome d'une "Histoire ecclésiastique de la Bretagne", selon laquelle c'est à tort que l'on prétend, comme le fait Dom Morice que les vestiges que l'on trouve au Yaudet seraient ceux de la ville des Lexobii. Cette identification est faite par Albert Le Grand (1599-1641) dans sa "Vie des Saints de Bretagne". Elle est suggérée par la Deuxième et de la Troisième "Vie de Saint Tugdual", datant respectivement du 11ème et du 13ème siècle. Elles mentionnent l'une, un "Pagus Vetus Civitati"s dans lequel on peut voir "Kozh-Geodet"= Le Yaudet, l'autre le premier évêché confié à Tugdual, "urbs ou civitas Lexoviensis ou Lexovium". Un document de 1707 précise "lieu et metterie noble de Guéaudet ou la Vieille Cité, c´est-à-dire l´emplacement et appartenances de la ville d´Exobie où jadis estoit le siège épiscopal de Tréguier, sittué en la paroisse de Ploulec´h au terrouer du Minihy".
    Y. K. affirme qu'il s'agit bien de la cité du peuple dont parle César ("Commentaires", III, 9,11, 17, 29; VII, 75), cité que les Danois auraient ruinée en 836. Déric pense que, même si des Bretons ont fondé jadis ici une petite ville du temps des Saxons, on ne peut pas enlever les Lexobii au diocèse de Lisieux.
  • Dans une première lettre addressée à Déric, Y. K. se fait archéologue. Il décrit les vestiges qu'on touve au Yaudet en 1778: 10 maisons construites à partir de débris d'édifices plus anciens, une chapelle, les restes d'un épais rempart de pierres sur une assise de briques qui barre l'accès du promontoire, une fontaine aménagée, des débris de murs que les gens appellent "Le château", un "chemin ferré" (route romaine) conduisant à Lannion et, lui a-t-on dit, un autre chemin conduisant à Morlaix; enfin des monnaies d'or que les paysans se sont empressés de vendre aux orfèvres qui les ont coulées pour en recueillir le précieux métal. Il y avait donc ici une ville romaine.
  • Dans une seconde lettre, Y. K. devient étymologiste pour indiquer que cette ville romaine fut précédée d'un établissement gaulois, un temple des druides. Dans sa "démonstration" il cite Strabon qui parle des "Caleti" du pays de Caux et il les baptise "Yadeti", comme "Le Yaudet".
    - Il existe un "pèlerinage de mai" au Yaudet, - dont il est question dans diverses gwerzioù collectées par La Villemarqué, Mme de Saint-Prix et de Penguern (cf. Le Pardon du Yaudet ) et par Luzel (cf. Le Marquis de Coatrédrez (sachant toutefois qu'il peut y avoir confusion entre deux lieux de culte marial aux noms apparentés et distants de 30 km seulement, le Yaudet et Le Guïaudet, près de St Nicolas-du Belem).
    - N'est-ce pas là ...l'assemblée du Champ de Mai [Beltaine]...des anciens Celtes?
    - Le "Yau-det" n'est-il pas la "montagne du Tet", l'ancien nom du Léguer, où les chefs gaulois conduisaient leurs clients, un usage dont des traces subsistent dans le droit de mobilisation de troupes qu'exercent, au mois de mai, les seigneurs de Loguivi, de Kerninon et de quelques fiefs voisins du Yaudet?" [Ce privilège d'un autre âge pourrait expliquer l'attitude cavalière que les gwerzioù citées ci-dessus prêtent au seigneur de Coatrédrez].
    - Les mégalithes autour du Yaudet à une distance d'une lieue et quart n'étaient-ils pas une enceinte religieuse?
    - La superstition [locale] qui conduit à poser à la surface de la fontaine de Loguivi la chemise d'un enfant dont on veut savoir s'il vivra, ne rappelle-t-elle pas quelque ancienne vénération de l'eau et des fontaines?
  • Dans la troisième lettre, Y.K. part de l'hypothèse bizarre que Yau-det doit se lire Yau-tit et que Tit veut dire Thétis, un autre nom d'Isis, déesse de la terre, autrement appelée Cybelle. D'ailleurs Lexobie, autre nom du Yaudet signifie, à n'en pas douter, "Lech Opis", "lieu dédié à la terre". Un de ses amis prétendait que la statue de la Vierge couchée dans la chapelle du Yaudet pourrait bien être une statue d'Isis...
    En se reportant aux commentaires qui accompagnent la gwerz Le Pardon du Yaudet , on verra que cette hypothèse n'est pas dénuée de fondement. Elle était défendue par l'Abbé Le Clec'h qui fut recteur de Ploulec'h de 1934 à 1956.
    Y.K. conclut à l'existence de deux Lexobies, l'une à Lisieux, l'autre au Yaudet et esquisse l'histoire de ce dernier jusqu'au 13ème siècle.
    La Borderie, quant à lui, est d'avis que si "Déric avait fort raison de repousser les Lexobii du Yaudet, il avait encore plus tort de nier l'existence en ce lieu d'une ville antique."
    C'est sans doute la position qu'il défendait en 1863 dans un article intitulé "Les origines du diocèse de Tréguier-Le Coz-Yaudet", publié par "Le Collectionneur Breton" (T.3, pp. 57-68 et 97-115). Dans sa longue note Luzel se référait à cet article.
  • The opinion of the priest Y.K. quoted by La Borderie
    In an article entitled "The Yaudet in 1778" published in 1882 in the "Review of Britain and Vendée, 6th series, Volume I, Arthur La Borderie, quotes at length a Breton priest whose only initials are known, YK de Morlaix This priest endeavoured to refute the affirmation of his confrere, the Abbe Deric, published in the first volume of an "Ecclesiastical History of Brittany", to the effect that it is wrong to pretend, as does Dom Morice that the remains found in the Yaudet are those of the city of the Lexobii.This identification was made by Albert Le Grand (1599-1641) in his "Life of the Saints of Brittany." It is suggested by the Second and Third "Life of Saint Tugdual", dating respectively from the 11th and 13th century. Thr first of them mentions a "Pagus Vetus Civitati" in which we can see "Kozh-Geodet" = The Yaudet. The second adresses the first bishopric entrusted to Tugdual, as "urbs or civitas Lexoviensis or Lexovium." A document dated 1707 specifies "the noble place and precinct of Guéaudet alias the Old City, that is to say the core and outskirts of the city of Exobie where formerly was the see of Tréguier, located in the parish of Ploulec'h, in the precinct of the Minihy ".

    YK asserts that this is really the city of the tribe mentioned by Caesar in his "Comments", III, 9, 11, 17, 29, VII, 75. This city was allegedly ruined by the Danes in 836. Deric thinks that, even if Bretons once founded here a small town in Saxon times, the Lexobians can not be spirited away from the diocese of Lisieux.
  • In a first letter to Deric, Y. K. becomes an archaeologist. He describes the vestiges that are seen in Yaudet in 1778: 10 houses built from debris of older buildings, a chapel, the remains of a thick stone wall on a brick foundation that blocks access to the promontory , a fountain, debris walls that people call "The Castle", a "highroad" (Roman road) leading to Lannion and, so he was told, another way leading to Morlaix; finally, gold coins which the peasants hastened to sell to the goldsmiths who melted them to collect the precious metal. There is no doubt that there was a Roman city here.

  • In a second letter, Y. K. becomes an etymologist who finds out that this Roman city was preceded by a Gaulish establishment, a temple of the Druids. In his "demonstration" he quotes Strabon who speaks about the "Caleti" of the country of Caux and he baptizes them "Yadeti", like "Yaudet".
    - There is a "May pilgrimage" to Yaudet, - which is mentioned in various gwerzioù collected by La Villemarqué, Mme de Saint-Prix and de Penguern (see The Pardon of Yaudet) as well as by Luzel (see The Marquis of Coatrédrez (however there may be a confusion between two Marian places of worship with related names and distant of only 30 km, "Le Yaudet" and "Guïaudet", near St Nicolas-du Belem).
    - "Is this not ... the meeting place known as Field of May [Beltaine] ... of ancient Celts?
    - Is not "Yau-det" the "mountain of the Tet", the former name of the Leguer, river where the Gallic leaders led their adherents, a use whose traces remain in the right of mobilization of troops that exercise, in May, the Lords of Loguivi, Kerninon and some neighbouring strongholds, around Yaudet? [This antiquated privilege could explain the saucy attitude that the gwerzioù quoted above ascribe to the lord of Coatrédrez] .

    - Were not the megaliths standing around Yaudet at a distance of a league and a quarter a religious enclosure?
    - Does not the [local] superstition consisting in laying on the surface of the fountain of Loguivi the shirt of a child, to find out if he will live, recall some ancient water and fountain cult?
  • In the third letter, Y.K. elaborates on the odd assumption that Yau-det must read Yau-tit and that Tit means Thetis, another name for Isis, goddess of the earth, otherwise called Cybelle. Moreover Lexobie, another name of Yaudet means, without any doubt, "Lech Opis", "sanctuary of earth". One of his friends claimed that the statue of the lying Virgin in the chapel of Yaudet could be a statue of Isis ..
    . If you refer to the comments accompanying the gwerz The Pardon du Yaudet , you will find that this assumption is not devoid of merit and was defended by the Rev. Le Clec'h who was vicar of Ploulec'h from 1934 to 1956.
    Y.K. concludes that there are two Lexobies, one in Lisieux, the other in Yaudet, and sketches out the history of the latter until the 13th century.
    La Borderie, meanwhile, is of the opinion that if "Deric had good reason to reject Lexobii Yaudet, he was even more wrong to deny the existence in this place of an ancient city."
    This is undoubtedly the position he defended in 1863 in an article entitled "The origins of the diocese of Tréguier-Le Coz-Yaudet", published by "The Breton Collector" (T.3, pp. 57-68 and 97). -115). In his long note Luzel was referring to this article.


  • L'avis du Chevalier de Fréminville
    Il existe une étude sur "Le Koz-Géaudet" datant de 1837 par le Chevalier de Fréminville dans les Antiquités des Côtes-du-Nord, p. 17-18:
    "Au-dessous de Lannion, en allant vers la côte, à l 'embouchure de la rivière du Guer, existait une de ces grandes et antiques cités, dont parlent si souvent les vieilles traditions bretonnes, et qui sont aujourd'hui entièrement effacées de la surface du sol Celle-ci portait le nom de Lexobie et n'était pas moins renommée, selon nos légendes,que les villes d'Is , de Tolente , d 'Occismor , etc. dont nous ne connaissons plus que les noms et dont les positions mêmes sont douteuses. Plus respectée pourtant que ces dernières , par la faux destructive d u temps, Lexobie a laissé quelques vestiges qui peuvent du moins fixer avec certitude le lieu où elle s'élevait jadis, du moins s'il faut s'en rapporter à quelques personnes, qui croient en retrouver les restes près du village de Coz-Guéaudet, dans quelques fondations de murs et l'entrée d'une espèce de caveau. Pour nous, tout en accordant l'existence passée de la cité de Lexobie , au lieu où on la place encore aujourd'hui, nous n'oserons rien affirmer d'après des vestiges si vagues et si peu significatifs. Les historiens fixent l'époque de sa destruction au huitième ou au neuvième siècle. Selon [le chanoine Pierre] Le Baud [mort en 1515], elle aurait été saccagée en 856, par Haston ou Hasting,, célèbre chef Danois. Mais il paraît que cet auteur se trompe et qu'il prend ici le sac de Tréguier pour celui de Lexobie; selon Ogée, cettle cité aurait été prise en 786 , par un des généraux de Charlemagne, et ensuite totalement rasée. C'est l'opinion la plus fondée et la plus généralement adoptée."
    Elle est confortée par le fait que les "Vitae Tudualis" (Vies de Saint Tugdual) datent la fondation par ce personnage du monastère de Tréguier du vivant de l'évêque d'Angers, Saint Aubin, lequel mourut en 550.

    L'avis de l'Abbé L. Le Clec'h
    L' Abbé L. Le Clec'h, recteur de Ploulec'h de 1934 à 1956, publia en 1956 un opuscule de 78 pages intitulé "Le Yaudet, place forte armoricaine et antique centre religieux". Il s'appuie sur les travaux du colonel Joseph Pérès ainsi que sur les ouvrages d'Arthur de La Borderie et du R.P. Albert Le Grand. On retrouve dans sa théorie les points essentiels de la gwerz moderne de Luzel.
  • Il parle de Pythéas, le navigateur marseillais qui visita l'Armorique vers 320, sans toutefois voir dans le rocher de Beaumanoir le "Gnomon de Pythéas" comme semblent le faire les aménageurs modernes du site.
  • Il indique que "Ploulec'h" dont dépend le Yaudet doit se comprendre "Plourec'h", le territoire de la Pierre et qu'il s'agirait de la roche gravée d'un cercle dont partent des rayons en tous sens qui se trouve au sommet du promontoire du Yaudet.
  • Il affirme que la région arrosée par le Léguer, s'appelait autrefois "Lésovie" (celte Lez-Av= gué de la rivière) que l'on confondra avec la Lexovie de César. Les habitants étaient les "Lésoviens" (Lesovii). En 1850 on découvrit d'ailleurs à Locquirec une pièce à l'effigie de l'Empereur Hadrien (117-138) portant l'inscription "Lesov. Incol."="Au peuple Lésovien". Cependant ce nom s'applique d'avantage à Lannion.
  • Il utilise le mot "Yadètes" pour désigner les antiques habitants du Yaudet, reprenant une tradition finistérienne citée par l'abbé Guillou dans ses "Vies de St Milliau et de St Mélard":
    "Geodet, dreist Odet ha Kemper/ Geodet, ker ar bobl añvet Yadet"
    "Le Yaudet, par delà l'Odet et Quimper, Le Yaudet, ville du peuple nommé 'Yadètes'"
  • Il remarque que les Romains "peu habitués aux consonnances celtiques" ont changé "Kozh-Geodet" en "Vetus-Civitas" ou "Vieille-cité". Il semble pourtant naturel de voir en "Geodet" l'aboutissement de "Civitat[em]" plutôt que l'inverse. Aussi, quelques pages plus loin, évoque-t-il un "étonnant retour des choses". La ville reprend son ancien nom par déformation de celui que lui donnèrent les Romains: "Koz-kiudad"!
  • Une description détaillée des lieux nous apprend les anciennes dénominations qui divergent souvent de celles retenues par les aménageurs modernes "Mur ar C'horrig", le "Mur du Nain" est devenu le "Mur des moulins à marée", bien qu'une pêche miraculeuse survenue le 30 mars 1938 confirme les potentialités halieutiques de cette structure. Et on notera surtout que "Traezhenn ar Werc'hez", la Plage de la Vierge, s'est appelée autrefois "Park-an Eskob", le Champ de l'Evêque. L'Abbé Le Clec'h y voit "une preuve de plus en faveur d'une résidence épiscopale au Yaudet au début du christianisme"
  • L'Abbé nous donne une démonstration détaillée de la parenté qui unit, selon lui, le culte de la Vierge couchée (en latin "Virgo enixa", différente de la "Virgo partitura", Vierge enceinte, beaucoup moins rare) et celui de Cybèle qui aurait été installé ici à l'époque romaine (cf. Le Pardon du Yaudet).
  • Il insiste sur le fait que la dévastation la plus grave du site remonte à 786, lors de la conquête de Lexobie par Astulphe, lieutenant de Charlemagne, ce qui explique que les Danois aient pu s'en emparer aussi facilement en 836. Cerramus, que Le Clec'h appelle Gwarannus, dernier évêque du Yaudet, emporta les reliques de St Tugdual à Chartres où il mourut, ainsi que nous l'apprend Albert Le Grand. Son successeur Gratian, élu par les fidèles fut sacré en 859 demanda au roi des Bretons, Nominoë l'autorisation de s'établir à Tréguier, plutôt qu'au Yaudet irrémédiablement ravagé.
  • Ainsi s'achevait la brillante carrière d'un haut-lieu du christianisme où avaient jadis abordé le disciple de Joseph d'Arimathie, Drennalus qui "recycla" le culte de Cybelle et transforma son temple en église; puis Sainte Enora, l'épouse de St Efflamm.
    Drennalus est également connu dans le pays du Yaudet et de Tréguier sous l'appellation de Sant Drenold ou Sant Drel, un élément du nom de nombreux lieux-dits. A la suite de ce premier apôtre du Trégor, Albert Le Grand cite une liste de 72 évêques (=prélats?) de Lexobie, jusqu'à la destruction de l'évêché, dont 64 avant Tugdual et un "saint Gwennaël", comme dans la gwerz moderne reproduite en français par Luzel.

    Après tant de développements consacrés à l'ancien évêché de Lexobie, on est étonné de constater que la présentation moderne de l'antique citadelle n'y fasse pas allusion.

    L'avis des archéologues contemporains
    Des fouilles de ce site ont été entreprises conjointement par l'Université de Bretagne Occidentale et l'Université d'Oxford de 1991 à 2002. Le panneau à l'usage des visiteurs reproduit ci-après résume en 18 points les résultats de ces recherches.
    Elles ont montré que ce promontoire fut fréquenté dès le Néolithique (mégalithes: 10, 14), sans doute fortifié au Bronze final (remparts traversier: 1 et périphérique :6), puis occupé de manière continue de la fin de l'âge du Fer (Un roc dans lequel les organisateurs du site veulent voir un gnomon utilisé par le navigateur grec Pytheas: 15) à aujourd'hui (plus de 4000 ans): oppidum portuaire à La Tène finale, place fortifiée dans l'Antiquité romaine tardive, village agricole au Moyen Age, sans oublier la surprenante digue cyclopéenne dite des "moulins à marée" (moger ar milinoù mor) érigée vers le 6ème ou 7ème siècle au prix d'efforts gigantesques que ne justifient pas de simples objectifs de pêche 13.
    L'ancienneté d'un pèlerinage est attestée et la chapelle Notre-Dame du Yaudet, reconstruite au milieu du XIXème siècle qui a conservé son étonnant rétable de la Vierge couchée est sans doute une des premières du christianisme, succédant effectivement, en cet endroit, à un oratoire celte et à un temple romain: 3

    Mais il n'est ni confirmé ni infirmé que ce site fut jamais un établissement monastique, ni le siège du premier évêché du Trégor au haut Moyen Age, comme l'affirme la tradition rappelée ci-dessus.
    De sorte quil y a toujours non pas une, mais deux pommes de discorde entre Bretons et Normands: le Mont Saint-Michel et Lexobie.
  • The opinion of the Chevalier de Fréminville
    There is a study on "Koz-Géaudet" dating from 1837 by the Chevalier de Freminville in the "Antiquities of Côtes-du-Nord", p. 17-18:
    "South of Lannion, towards the coast, at the mouth of the river Guer, existed one of those great and ancient cities, of which the old Breton traditions so often speak, and which are now entirely erased from the surface of the earth This city bore the name of Lexobie and was not less famous, according to our legends, than the cities of Is, Tolente, Occismor, etc. of which we only know the names and whose locations are dubious. Spared to a larger extent than the others by the fatal scythe of time, Lexobie has left some vestiges which allow us, at least, to pinpoint with certainty the place where it formerly stood, at least if we are to believe people, who claim to have found its remains near the village of Coz-Guéaudet, in some foundations of walls and the entrance of a kind of vault. For us, while granting the past existence of the city of Lexobie, we dare not affirm that it once stood at that very place, on account of such vague and insignificant remains. Historians assess the time of its destruction in the eighth or ninth century. According to [Canon Pierre] Le Baud [who died in 1515], it was ransacked in 856, by Haston or Hasting, a famous Danish ruler. But it seems that Le Baud is mistaken and that he mistakes Tréguier's ransacking for Lexobie's; according to Ogée, this city was taken in 786, by one of Charlemagne's generals, and then razed to the ground. This is the most well-founded and widely adopted opinion. "

    It is comforted by the fact that the "Vitae Tudualis" (Lives of Saint Tugdual) date the foundation by this personage of the monastery of Tréguier during the life of the bishop of Angers, Saint Aubin, who died in 550.

    The opinion of the Rev. L. Le Clec'h
    L. Le Clec'h, vicar of Ploulec'h from 1934 to 1956, published in 1956 a pamphlet of 78 pages entitled "Le Yaudet, an Armorican stronghold and ancient religious center". It is based on the work of Colonel Joseph Peres and the books of Arthur La Borderie and Albert Le Grand. In his theory we find the essential points of Luzel's modern gwerz.
  • He mentions Pytheas, the Marseilles navigator who visited Armorica around 320, but does not see in "Beaumanoir rock" the "Gnomon of Pytheas" as the modern developers of the site seem to do.
  • He states that the town "Ploulec'h" to which Le Yaudet belongs should be understood as "Plourec'h", the territory of the Rock as a hint at the rock bearing an engraved circle with rays in all directions at the top of the Yaudet promontory. He asserts that the Leguer river, area was formerly called "Lesovia" (Celtic "Lez-Av" = Ford of the river) that was confused with the Lexovia referred to byf Caesar. The inhabitants were the "Lesovians" (Lesovii). In 1850 in the nearby Locquirec, they discovered a coin bearing the effigy of Emperor Hadrian (117-138) bearing the inscription "Lesov. Incol." = "To the Lesovian people". However this name applies more precisely to Lannion.
  • He uses the word "Yadetes" to designate the ancient inhabitants of the Yaudet, resuming a Finisterian tradition cited by Father Guillou in his "Lives of St Milliau and St Melard":
    "Geodet, dreist Odet ha Kemper / Geodet, ker ar bobl añvet Yadet" "Yaudet, beyond Odet and Quimper / Yaudet, city of the people named 'Yadetes'".
  • He claims that the Romans "unaccustomed to Celtic consonances" changed "Kozh-Geodet" into "Vetus-Civitas" or "Old-city". It seems natural, however, to consider "Geodet" as a modified form of "Civitat [em]" rather than the other way around. Not surprisingly, a few pages later, he evokes a "stunning return of things to their source". The city took back its old name by deformation of that given to it by the Romans: "Koz-kiudad"!
  • A detailed description of the places gives us the old denominations which often diverge from those retained by the modern developers addressed below: "Wall ar C'horrig", the "Wall of the Dwarf" became the "Wall of the tide watermills", although a miraculous fishing occurrence on March 30, 1938 confirms the fishing potential of this dyke. And it will be noted that "Traezhenn ar Werchez", the Beach of the Virgin, was formerly called "Park-an Eskob", the Field of the Bishop. Rev. Le Clec'h sees "one more proof in favour of an episcopal residence at Yaudet at the outset of Christianity".
  • The Abbot gives us a detailed demonstration of the kinship which unites, according to him, the worship of the Reclining Virgin (in Latin "Virgo enixa", different from the much less rare "Virgo partitura", Pregnant Virgin) and that of Cybele which would have been installed here in Roman times (see Le Pardon du Yaudet).
  • He insists that the most serious devastation of the site goes back to 786 , during the conquest of Lexobie by Astulphe, lieutenant of Charlemagne , which explains that the Danes were able to seize it so easily in 836. Cerramus, whom Clec'h calls Gwarannus, the last bishop of Yaudet, carried the relics of St Tugdual to Chartres where he died, as stated by Albert Le Grand. His successor Gratian, an elected bishop was crowned in 859. He asked the king of the Bretons, Nominoë, permission to settle in Tréguier, rather than in the irretrievably ravaged Yaudet.
  • Thus ended the brilliant career of a high place of Christianity where the disciple of Joseph of Arimathea, Drennalus, who "recycled" the cult of Cybelle and transformed her temple into a church, had first landed. Saint Enora, the wife of St Efflamm also landed here.
    Drennalus is also known in the country of Yaudet and Tréguier under the name of Sant Drenold or Sant Drel, an element found in many placenames. Following this first Apostle of Trégor, Albert Le Grand quotes a list of 72 bishops (or were they only prelates?) of Lexobie, until the destruction of the bishopric, including 64 names before Tugdual and one "Saint Gwennael", addressed in the above modern gwerz printed in French by Luzel.

    After so many developments devoted to the former Bishopric of Lexobia, it is astonishing that the modern presentation of the ancient citadel should not allude to it.

    The opinion of contemporary archaeologists
    Excavations were carried out jointly between 1991 and 2002 by the University of Western Brittany and Oxford University. The below explanation board at the entry of the site sums up in 18 items the results of these investigations.
    They showed that this promontory was already inhabited in the Neolithic period (megaliths: 10, 14), probably fortified in the late Bronze Age (walls across the headland and along the shore: 1 and 6) , and then continuously occupied from the end of the Iron Age (a rock allegedly used as a gnomon by Pytheas the Greek: 15) to the present day. (more than 4000 years): it was a fortified harbour late in La Tène time, a fortified place in late Roman antiquity, an agricultural village in the Middle Ages, when, around the 6th or 7th century, the surprising cyclopean dike called "tide mills" (moger ar milinoù mor) was erected at the cost of gigantic efforts for which mere fishing purposes would not account 13.
    The antiquity of a pilgrimage is attested and the chapel Notre-Dame du Yaudet, rebuilt in the middle of the 19th century, which has preserved its astonishing retable of the Reclining Virgin, is undoubtedly one of the oldest places of worship of Christianity, succeeding indeed, in this place, to a Celtic oratory and a Roman temple: 3.
    But it is neither confirmed nor denied that this place was a monastic establishment or the seat of the first bishopric of Trégor in the early Middle Ages, as the tradition mentioned above has it.
    So that there still are not one but two bones of contention between Bretons and Normans: Mont Saint Michel and Lexobie!




  • Panneau implanté à l'entrée du site du Yaudet

    Vers "Alain le Renard"

    Vers "Le pardon du Yaudet"

    Taolenn