Alain le Renard

Alan The Fox

Dialecte de Cornouaille

  • Publié pour la première fois dans le Barzhaz Breizh, édition de 1845.
  • "Le chant de guerre qu’on va lire, et que j’ai recueilli de la bouche d’un vieux paysan nommé Loéiz Vourrikenn, de la paroisse de Lanhuel-en-Arez, soldat dans sa jeunesse de Georges Cadoudal, se rapporte à l’une des deux victoires d’Alain Barbe-Torte." ("Argument" de 1845).
    Dans l'édition de 1867, le nom de l'informateur ne figure plus. L'affirmation "se rapporte" est corrigée en "...doit se rapporter..."
    F. Gourvil (p.355) indique qu'il n'a pu identifier ni ce Louis Bouriquen ni la paroisse de Lannuel-en-Aré. On a vu au chant précédent que ce problème est désormais résolu.
  • Ce chant est absent des manuscrits de Keransquer.
  • Il n'a été publié que par La Villemarqué.
    Selon Luzel et Joseph Loth, cités (P. 389 de son "La Villemarqué") par Francis Gourvil qui se range à leur avis, ce chant historique ferait partie de la catégorie des chants inventés.
  • Par Edouard de Bergevin pour 'Le Millénaire de la Normandie' de l'abbé Toufflet, Rouen 1911, Musée de Normandie, Caen
  • First published in the 1845 (second) edition of the Barzhaz Breizh.
  • "I learnt this song from the singing of an old peasant, named Loéiz Vourriken from the parish Lanhuel-en-Arrée, who served in the days of his youth under Georges Cadoudal. It refers to one of the two victories of Alan Twisted-Beard" ("Argument", 1845 edition).
    In the 1867 edition, the informer's name is left out. The affirmative statement "refers to" is amended to "...might refer to..."
    F. Gourvil (p.355) states that he could identify neither this Louis Bourriquen nor the parish Lannuel-en-Aré. As stated in the synopsis of the previous song this problem is now solved.
  • This song does not appear in the Keransquer MSs.
  • It was collected only by La Villemarqué.
    According to Luzel and Joseph Loth, quoted by Francis Gourvil (p. 389 of his "La Villemarqué"), this historical song was "invented" by its alleged collector.

  • Ton
    Mode dorien au début, 1er mode de plain-chant à la fin
    Rythme 6/8 et 3/8 à la 9ème mesure


    Français English
    1. Le Renard Barbu glapit,
    glapit, glapit, glapit dans le bois;
    Glapit, glapit dans le bois!
    Malheur à vous, lapins étrangers
    Que son oeil vif aperçoit!
    Oui, malheur à vous, lapins étrangers
    Que son oeil vif aperçoit!


    2. Dents aiguës, pattes agiles,
    Les griffes toutes rougies de sang.
    Les griffes rougies de sang.
    Alain le Renard glapit, glapit:
    C'est la guerre que je sens!
    Oui, Alain le Renard glapit, glapit:
    C'est la guerre que je sens!


    3. Les Bretons aiguisent
    Leurs épées émoussées, comme tu vois,
    Emoussées comme tu vois.
    Comme pierre à aiguiser ils ont,
    Les cuirasses des Gaulois.
    Oui, comme pierre à aiguiser ils ont,
    Les cuirasses des Gaulois.


    4. Vois les Bretons ramasser
    la moisson sur le champ de bataille,
    Oui, sur le champ de bataille,
    Point de faucilles ébréchées pour
    Frapper d'estoc et de taille.
    Non, point de faucilles ébréchées pour
    Frapper d'estoc et de taille.


    5. Non le froment du pays,
    ou le seigle de notre Bretagne
    Seigle de notre Bretagne,
    Mais têtes sans barbe des Saxons,
    Gaulois à la tête glabre!
    Mais têtes sans barbe des Saxons,
    Gaulois à la tête glabre!


    6. J'ai vu les Bretons fouler
    aux pieds l'aire et laisser leurs empreintes,
    Oui, sur l'aire leurs empreintes,
    Et voler la balle des épis
    Parmi les pleurs et les plaintes.
    Oui, et voler la balle des épis
    Parmi les pleurs et les plaintes.


    7. Mais foin des fléaux de bois
    pour battre, les Bretons n'en ont cure.
    Non, les Bretons n'en ont cure!
    Ils préfèrent les bâtons ferrés,
    les sabots de leurs montures.
    Ils préfèrent les bâtons ferrés,
    les sabots de leurs montures;


    8. Entendez le cri de joie
    pour saluer la fin du battage!
    O oui, la fin du battage!
    De l'Elorn jusqu'au Mont Saint Michel
    On l'entend sur nos rivages
    . De l'Elorn jusqu'au Mont Saint Michel
    On l'entend sur nos rivages.


    9. De l'Abbaye de Gildas
    jusques au Cap où finit la terre,
    Oui, jusqu'au Cap Finistère!
    Aux quatre coins du pays Breton,
    Au Renard qu'on rende gloire!
    Aux quatre coins du pays Breton
    Au Renard qu'on rende gloire!


    10. Et que l'aile de la gloire
    sur le Renard, notre chef, s'attarde!
    Oui sur le Renard s'attarde!
    Qu'on garde la mémoire du chant
    Mais que l'on plaigne le barde!
    Qu'on garde la mémoire du chant
    Mais que l'on plaigne le barde!

    11. Celui qui chanta ce chant
    Aujourd'hui ne tient plus de harangues.
    Il ne tient plus de harangues!
    Et pour cause, les Gaulois lui ont,
    Le pauvre, coupé la langue!
    Oui, et pour cause, les Gaulois lui ont,
    Le pauvre, coupé la langue!


    12. S'il n'a plus de langue il a
    Conservé sa farouche énergie,
    Oui sa farouche énergie,
    Et sa main sûre pour décocher
    le trait de la mélodie
    Oui, et sa main sûre pour décocher
    le trait de la mélodie!


    Trad. Christian Souchon (c) 2008
    1. I heard the Bearded Fox yelp
    heard him yelp, heard him yelp in the glade!
    I heard him yelp in the glade.
    O foreign rabbits! Ill luck for you!
    His eye is like a sharp blade!
    Alas, foreign rabbits! Ill luck for you!
    His eye is like a sharp blade!


    2. Sharp are his teeth, swift his feet,
    and see how red with blood his nails are!
    How red with blood his nails are!
    The Fox is yelping, Alan the Fox,
    One word he repeats: it's "war!"
    O, The Fox is yelping, Alan the Fox,
    One word he repeats: it's "war!"


    3. I've seen the Bretons who were
    busy grinding the edge of their swords,
    O the blunt edge of their swords!
    But it was not on Brittany's stones:
    On the breast-plates of the Gauls!
    O no, it was not on Brittany's stones,
    But on breast-plates of the Gauls!


    4. I've seen the Bretons who were
    on the harvest in the battlefield,
    Harvest in the battlefield,
    With blunt sickles they scorned to work
    Not with their sharp swords of steel!
    O no, with blunt sickles they scorned to work
    But not with their swords of steel!


    5. Neither the wheat of our fields,
    nor the rye grown in fields over here,
    O grown in fields over here,
    But beardless heads from Saxon land,
    or past the Gaulish frontier!
    O, but beardless heads from Saxon land,
    or past the Gaulish frontier!


    6. I've seen the Bretons who stamped
    Their imprint into the threshing floor.
    O into the threshing floor!
    I've seen all the chaff flowing around
    From beardless ears of the corn.
    O I've seen the chaff as it flew around
    From beardless ears of the corn!


    7. It is not with wooden flails
    That the Bretons are threshing the floor.
    That they are threshing the floor.
    That's what their bludgeons with iron nails,
    Hooves of their horses are for!
    O that's what their bludgeons with iron nails,
    Hooves of their horses are for!


    8. I heard a loud cry of joy
    When the threshing work had been complete
    threshing work had been complete
    From Mount Saint Michael to Elorn dale,
    Hailing the achieved feat.
    O from Mount Saint Michael to Elorn dale,
    Hailing the achieved feat.


    9. From Saint Gildas Convent house
    All the way to the Cape of Land's End,
    O to the Cape of Land's End
    For his great deeds be everywhere
    Extolled the Fox in our land
    O For his great deeds be everywhere
    Extolled the Fox in our land


    10. A hundred times be the Fox
    glorified and praised from age to age!
    Glorified from age to age!
    Keep in mind the song for evermore
    Though the bard pity deserves.
    O keep in mind the song for evermore
    Though the bard pity deserves.
    .

    11. He could not sing it again,
    The poet who has first performed this song.
    Who has first performed this song
    The reason is that the Gauls have cut
    The unfortunate bard's tongue.
    O the reason is that the Gauls have cut
    The unfortunate bard's tongue.


    12. But though deprived of his tongue
    His unswerving heart is still immune,
    His brave heart is still immune
    And neither heart nor hand does he lack
    To shoot the shaft of the tune!
    O Neither heart nor hand does he lack
    To shoot the shaft of the tune!


    Tranlated: Ch. Souchon (c) 2008



    Vers le texte breton
    To the Breton text


    Alain II Barbetorte
    Le Duc de Bretagne, Alain II Barbetorte (910 - 952), surnommé "Le Renard" par la tradition, délivra son pays de la tyrannie des Normands. Il surprit l'ennemi près de Dol, au milieu d'une noce et en fit grand carnage. De Dol, il s'avança vers Saint-Brieuc où d'autres étrangers éprouvèrent le même sort. A cette nouvelle, tous les hommes du Nord qui étaient en Bretagne s'enfuirent du pays, et les Bretons, accourant de toutes parts, reconnurent Alain pour chef (937). La libération s'acheva le 1er août 939 par la victoire de Trans sur les Normands.
    En 944 il entra en guerre contre son allié, Juhel de Rennes, et les Normands reprennent leurs pillages pour un temps. Sa mort prématurée mis toutefois un terme à ses projets et à son oeuvre de restauration de la puissance bretonne.
    Les Bretons portaient les cheveux longs, tandis que les Normands comme on peut le voir sur la tapisserie de Bayeux se rasaient les cheveux et la barbe, d'où le surnom d'"épis sans barbe" qui leur est donné ici. Les noms de "Gaulois" et de "Saxons" sont ici synonymes d'"ennemis" en général. (Dans les chants Jacobites en gaélique d'Irlande et d'Ecosse, "Gall" signifie presque toujours "anglais").

    Alain ou Georges?
    Dans le présent chant, le nom d'Alain et sa barbe ne sont évoqués qu'une seule fois. Bien que les Saxons soient cités parmi les ennemis, il est troublant que La Villemarqué ait recueilli "
    ce chant de guerre ...dans la montagne d'Arrée de la bouche d'un vieux paysan, soldat de Georges Cadoudal" (argument). Il ajoute dans sa "note":"Comme je demandais au paysan qui me les chantait quel était ce 'Renard barbu' dont la chanson faisait mention: 'Le général Georges [Cadoudal] sûrement répondit-il sans hésiter. On donnait effectivement à Georges Cadoudal le surnom de 'Renard', fort bien justifié par sa rare finesse."
    Ne serait-ce pas le vieux soldat qui a raison?
    D'autant que, selon le Dictionnaire du Père Grégoire de Rostrenen (1732, P.25), "Alanig al Louarn" est le nom traditionnel du renard, tout comme "Gwilhaouig ar Bleiz" est celui du loup.

    Un autre chant sur les Normands
    Le folkloriste F-M. Luzel expose, dans une longue note, qu'il a tiré le chant
  • "Les Loups de la Mer" (Bleizi ar mor)

  • de la collection de J-M. de Penguern (1807 - 1856), (un juriste, connu pour ses travaux de collecte de chants populaires et ses recherches archéologiques sur les voies romaines) dont il est devenu acquéreur.
    Il écrit:
    "Il doit se rapporter à quelque descente des hommes du Nord, Normands ou Saxons, sur les côtes armoricaines, au IXè siècle. S'agit-il ici de la destruction du Koz-Guéodet par Hasting, vers l'an 836 ? Je crois qu'il n'est pas trop téméraire de le penser, sans rien affirmer pourtant.
    « Hasteing, » dit Albert le Grand, « capitaine des Danois qui escumaient la mer océane, vint cette année (836) avec une grosse armée navale au Bec-Léguer. Ils assiégèrent et emportèrent d'assaut la ville de Lexobie (Koz-Ieodet), massacrèrent le clergé et le peuple et pillèrent les trésors de l'église. »
    Le Baud dit aussi : « Haston, duc des Danois, persécutait les régions maritimes des Gaules, print Lexovium, et la disrompit. » Et Albert Le Grand ajoute : « Puis les barbares, passant outre, entrèrent dans l'embouchure de la rivière du Jaudy, et posèrent les ancres devant le monastère de Trécor [Treger, Tréguier], lequel ils pillèrent et ruinèrent. »
    Luzel poursuit: "L'armée des Bretons les atteignit à peu de distance de là, dans la grande lande de Plourivo, près de Paimpol, et c'est sans doute là que se livra la terrible bataille que le chant breton décrit avec une énergie si féroce : Bars ur blenenn, en bro Arvor."

    Vrai ou faux?
    Luzel est cependant persuadé que ce chant est un faux (fabriqué par un collaborateur de Penguern, Guillaume-René Kerambrun 1813 - 1852).
    A cela Donatien Laurent, dans "Culture et tradition orale dans la Bretagne Ducale 14-15èmes siècles", juin 1991), répond:
    "En 1582, au livre premier de son "Histoire de Bretagne", l'historien Bertrand d'Argentré évoque à propos du déplacement au IXème siècle du siège épiscopal du Yaudet à Tréguier, une descente de pirates danois sur les côtes du Trégor en 836 et ajoute qu'on "chante encore quelques vieux vers en breton" sur la prise et la ruine de la ville par le roi Hastan..J-M. de Penguern transcrivit un texte de chant breton qui paraît bien se rapporter à cet événement... Si le texte retrouvé dans les papiers de Penguern a bien été recueilli par lui dans la tradition vivante, on aurait la démonstration d'une transmission orale pendant 9 siècles..."
    Cette transmission orale sur une dizaine de siècles viendrait confirmer la thèse de La Villemarqué.
    Croix commémorative de la bataille du Trieux - Plourivo D'autant que, comme l'indique M. Laurent, la plaine de Plourivo, à l'est de Tréguier recèle de nombreux souvenirs archéologiques liés à cette bataille: croix carolingiennes, sépultures, toponymes, etc...

    Cependant, selon Bernard Tanguy, (cité sur le site Marikavel.org), la bataille de Plourivo (ou du Trieux) aurait trait à une attaque des Vikings qui eut lieu un siècle plus tard:
    "C'est là qu'à partir d'une tradition difficile à vérifier, des érudits ont voulu, au siècle dernier, localiser une bataille décisive livrée en 936 par le chef breton Alain Barbetorte au chef normand Incon, retranché dans l'enceinte fortifiée de Castel-Auffret, bataille que commémoreraient les croix du haut Moyen age de Lancerf et de la Chapelle-Neuve".

    Saint-Tugdual, évêque de Tréguier
    En fait, le récit qui situe au Yaudet le raid danois est la version "bretonne" de l'histoire. Les Normands (modernes) en ont une autre lecture, car pour eux Lexovium/Lexobie ne peut être que Lisieux. Les historiens anciens cités ci-avant tenaient leurs renseignements des "Vitae Tudualis" (1ère et 2ème "Vies de Saint Tugdual") compilées entre le 9ième et le 11ème siècle et de la "Vita tertia" (3ème version), datant du 13ème siècle. Dans la "Vita secunda", Tugdual débarque en Bretagne au Conquet puis traverse tous les pays ("pagi") qui constituent la Domnonée, qui avec le Broerec (Vannes) et la Cornouaille (Quimper) composent la Bretagne vers l'an 450. Ces pagi sont énumérés comme suit: pagus Achmensis, pagus Doudur, pagus Castelli, pagus Civitatis, pagus Treher, etc. Il est facile de les identifier: Aber Wrac'h, Daoudour=entre deux abers=Morlaix, Pou Kaer=Poher=Caraix, Tréguier...
    Pagus Civitatis, entre Caraix et Tréguier ne peut être que le "pagus Vetus Civitatis" (pays de la vieille cité) qui a donné (Kozh) "Geodet" en breton, francisé en "Le Yaudet". A en croire la "Vita tertia", Tugdual fut d'abord évêque de Lexobie (urbs ou civitas Lexoviensis ou Lexovium) que les "Vitae" identifient avec le Yaudet. Mais il pourrait tout aussi bien s'agir de Lisieux. Puis il fonda, avant 550 (!), date de la mort de l'évêque d'Angers, Saint Aubin, auprès de qui il se serait réfugié, le monastère de Tréguier (Trecor Vallis). Une charte de 1267 relatant les termes d´un accord intervenu entre le duc de Bretagne et l´évêque de Tréguier au sujet du fief épiscopal désigne le Yaudet sous la forme Vetus Civitatis, « Vieille Cité », tandis que beaucoup plus tard un document de 1707 mentionne le
    « lieu et metterie noble de Guéaudet ou la Vieille Cité, c´est-à-dire l´emplacement et appartenances de la ville d´Exobie où jadis estoit le siège épiscopal de Tréguier, sittué en la paroisse de Ploulec´h au terrouer du Minihy ». (source: archives.cotesdarmor.fr).

    Les fouilles de Ploulec'h - Le Yaudet
    Selon le site "archives.cotesdarmor.fr", page consacrée à Ploulec'h-Le Yaudet, datée de 2004,
    "les dernières campagnes de fouilles [menées par l'Université de Bretagne Occidentale et l'Université d'Oxford] ont permis de conforter la présence d'un monastère aux 6ème -7ème siècles, sans doute fondé par les "Bretons ultramarins".
    Si le chant collecté par Penguern était un faux, pourquoi sa présentation des faits (déplacement du siège épiscopal du Yaudet) est-elle corroborée par des fouilles contemporaines? Il faut cependant admettre que la ballade semble évoquer dans un raccourci saisissant des événements éloignés dans le temps:
  • vers 836, le sac du Yaudet et le transfert du siège épiscopal à Tréguier où St Tugdual avait fondé une abbaye trois siècles plus tôt,
  • et la victoire de Plourivo d'Alain Barbe-Torte en 936.


  • Comme on le voit, le Mont Saint Michel n'est pas la seule pomme de discorde entre Bretons et Normands.

    vers Saints BretonsPour en savoir plus sur les saints bretons
    Alan Twisted Beard
    The Duke of Brittany, Alan Twisted Beard (910 - 952), alias "The Fox" according to tradition, freed his country from the Norman tyranny. He pounced on the enemy, near Dol, during a wedding party, making an awful carnage. From Dol, he went on towards Saint-Brieuc where other foreigners met with the same fate.
    On hearing this news, all "Northmen" -Normans- who were in Brittany left the land, whilst the Bretons hastened from all directions, to acknowledge Alan as their chief (937). The liberation of Brittany ended on 1st August 939 with the victory of Trans over the Normans.
    In 944 he waged war against his former ally, Juhel of Rennes and the Normans resumed their raids for a lapse of time. His untimely death put however an end to his endeavours to restore the Breton power.

    The Bretons wore their hair long, while the Normans, as one can see on the Bayeux tapestry, shaved their hair and beard, what brought them the nickname "beardless rye-ears" given them here. The nouns "Gaul" and "Saxon" are here synonymous with "enemy" in general. (In the Gaelic and Irish Jacobite songs, "Gall" mostly means "English").

    Alan or George?
    In the present song the name "Alan" and his beard are mentioned only once. Though the Saxons are quoted as enemies, it is puzzling that La Villemarqué should have learnt
    "this battle song from the singing of an old Arrée Mount peasant who had fought under Georges Cadoudal" ("argument"). . In his "note" he adds: "As I asked the peasant who sang who was, in his opinion, the "bearded fox" in the song, he answered immediately: "General Georges [Cadoudal] to be sure!" In fact "the Fox" was the nickname given Georges Cadoudal on account of his remarkable cunning."
    How if the old soldier was right?
    It is all the more probable, since, as stated in the Dictionary of the Rev. Gregory of Rostrenen (1732, P.25), "Alanig al Louarn" is the traditional nickname of the fox, as is "Gwilhaouig ar Bleiz" that of the wolf.

    Another song about Normans
    F-M. Luzel explains in a long note that he has found a ballad titled
  • "The Wolves of the Sea" (Bleizi ar Mor)

  • in a collection of songs set up by a lawyer (and collector of Breton lore also known for his archaeological works on Roman highways), J-M. de Penguern (1807 - 1856), a collection that he happened to acquire (from his wife).
    He writes: <
    "This song must refer to some raid of the Saxons or of the Northmen on the shores of Brittany in the 9th century. Maybe to the ransacking of Le Yaudet by Hasting around 836. This assumption, I take it, would not be too rash, though I refrain from asserting anything."
    "Hasteing", says Albert le Grand "was a Danish chieftain who buccaneered the ocean. He landed in that year (836) with a huge naval force at Bec-Léguer . The Danes besieged and took by storm the town Lexobie (Koz-Ieodet), killed all clerics and laymen and looted the church treasury."
    Le Baud confirms: "Haston, duke of the Danes, harassed the coasts of Gaul, took Lexovium and destroyed it". And Albert le Grand adds: "Then the Barbarians carried on their way , entered the Jaudy river mouth and dropped anchor before Trécor Abbey (Tréguier) which they ransacked and ruined."
    Luzel adds:
    "The Breton army engaged them on the nearby plain of Plourivo, near Paimpol, and there took place, very likely, the terrible battle that the Breton song pictures with such wild vigour: Bars ur blenenn, er vro Arvor (in a plain along the coast)."

    True or false?
    And yet, Luzel is persuaded that this song is a fake (forged by de Penguern's collaborator, Guillaume-René Kerambrun 1813 -1852)
    Donatien Laurent, in an article titled "Culture and oral tradition in 14th-15th Century Ducal Brittany", published in June 1991, objects that :
    Bertrand d'Argentré, in his "History of Brittany", dated 1582, asserts, concerning the translation of the Yeaudet Episcopal see to Tréguier caused by a raid of Danish pirates on the coasts of Tregor in 836, that "they still sing a few old verses in Breton" about the capture and the ransacking of the town by king Hastan...J-M. de Penguern transcribed the text of a Breton folk song that seems to refer on this event... If the text retrieved in the Penguern files was really collected by him from the living tradition, this would prove the possibility of oral transmission over 9 centuries..."
    This instance of a transmission over ten centuries would corroborate La Villemarqué's theory!
    All the more so, since the Plourivo plain east of Tréguier, as noted y M.Laurent, abounds in archaeological artefacts connected with this battle: Carolingian crosses, graves, as well as suggestive place names...

    However another historian, Bernard Tanguy (quoted at the site Marikavel.org) considers that the battle of Plourivo, alias du Trieux, was fought against the Vikings a hundred years later.: "
    There 19th Century scholars maintained, basing themselves on traditions that are not easy to check, was allegedly fought a decisive battle by the Breton ruler Alan Twisted Beard against the Norman chieftain Incon, who was entrenched in the fortress of Castel-Auffret, in commemoration of which were erected early in the Middle-Ages the Lancerf and Chapelle-Neuve crosses."

    Saint Tugdual, bishop of Tréguier
    Saint Tugdual -Cathédrale de Tréguier In fact this is the Breton version of the story. The (modern) Normans have a different view of this issue because they don't admit that Lexovium / Lexobie could be another town than Lisieux. The old historians quoted above drew their information from the "Vitae Tudualis" (Life of Saint Tugdual - versions 1 and 2) compiled between the 9th and the 11th century and the "Vita tertia" (3rd version), dating from the 13th century. In the "Vita secunda", Tugdual lands in Brittany at Le Conquet then he travels all the way across Domnonea, one of the three provinces making up Brittany around 450, with Broerec (Vannes) and Cornouaille (Quimper). The "pagi" (shires) he crosses are listed: pagus Achmensis, pagus Doudur, pagus Castelli, pagus Civitatis, pagus Treher, etc. They are easy to identify as: Aber Wrac'h, Daoudour=Two firths=Morlaix, Pou Kaer=Poher=Caraix, Tréguier...
    Pagus Civitatis, between Caraix and Tréguier must be "pagus Vetus Civitas" (Old Town Shire) which evolved to (Kozh) "Yeodet" in Breton and "Le Yaudet" in French. According to the "Vita tertia", Tugdual was at first bishop of Lexobie (urbs or civitas Lexoviensis ou Lexovium) that the "Vitae" identify with Le Yaudet, but it really could be Lisieux. He then founded, before 550, the monastery of Tréguier (Trecor Vallis). A charter dated 1267 passed between the duke of Brittany and the bishop of Tréguier refers to Yaudet by the name "Vetus Civitatis" and a later document dating from 1707 mentions
    "Géaudet or Vieille Cité, i.e. the place and extensions of the town of Exobie where the Episcopal see of Tréguier was formerly established in the parish Ploulec'h, on the estates of the Minihy." (source: archives.cotesdarmor.fr)

    Excavations in Ploulec'h - Le Yaudet
    According to the site "archives.cotesdarmor.fr", page dedicated to Ploulec'h - Le Yaudet, dated 2004,
    "the latest excavations [carried out by the University of Western Brittany and Oxford University] confirmed that there was a monastery on the headland in the 6th and 7th centuries, very likely erected by "overseas Britons".
    Now, it were astonishing indeed, should the song collected by de Penguern be a forgery, as assumed by Luzel, that part of the facts reported in the ballad (translation of the Episcopal see from Yaudet) could be corroborated by subsequent archaeological excavations! The ballad, however, combines elements of two events that are a hundred years apart:
  • around 836, the ransacking of Yaudet and the subsequent translation of the Episcopal see to Tréguier where Saint Tugdual had founded an abbey three centuries earlier,
  • and the battle of Plourivo fought by Alan Twisted-Beard in 936.


  • Who said that the Mount Saint Michel was the only bone of contention between Bretons and Normans?

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    Nominoë Marc'hek Bran