Les Chouans

The Chouans

Bataille de Coëtlogon - The Battle of Coëtlogon

Dialecte de Vannes (cf. infra)

  • Première publication dans la première édition du Barzhaz de 1839.
  • Attribué, par La Villemarqué:
    _ ou bien "à un jeune meunier de la paroisse de Ploémeur [banlieue sud de Lorient où l'on parlait Vannetais], qui servait dans les rangs des Blancs et périt dans un des combats qui suivirent Coëtlogon" (Notes annexées au chant en 1839);
    - ou bien, comme indiqué à partir de 1845, au jeune habitant des Montagnes Noires appelé Guillou Arvern, de Kervlézek près de Gourin, auteur du chant précédent. "En ce dernier cas, il aurait changé de dialecte. Il est aussi populaire en Vannes qu’en Cornouaille; je l’ai entendu chanter dans les deux évêchés".
  • Il figure dans le premier manuscrit de Keransquer (versions A et B pages 287 et 288).
  • Jamais collecté en dehors du Barzhaz.
    Page 94 de son "La Villemarqué", Francis Gourvil le classe parmi les chants inventés. Cependant il est absent de la longue liste des chants considérés comme tels par F-M. Luzel et J. Loth, page 389 du même ouvrage.
  • 'Pierre Guillemot, chef chouan breton, par Théodore Busnel
  • First published in the 1839 first edition of the Barzhaz.
  • Ascribed by La Villemarqué:
    _ either "to a young miller of the parish Ploémeur [south suburb of Lorient where Vannes dialect was spoken], who had joined the "Whitecoats" and fell in one of the fights following Coëtlogon" (Notes appended to the song in the 1839 edition);
    - or, as stated as from the 1845 edition, to a young dweller of the "Black Mountains" named Guillou Arvern, from Kervleizek near Gourin, who allegedly also wrote the foregoing song. "In that case, the present song would have been composed in another dialect. It is as well known in the Vannes as in the Quimper area (Cornouaille); I heard it sung in both bishoprics".
  • The first Keransquer copybook contains two versions (A and B) onpages 287 et 288).
  • Never collected but for the Barzhaz.
    On page 94 of his "La Villemarqué", Francis Gourvil includes it among the invented songs. However it dpoes not appear on the long list of songs which F-M. Luzel and J. Loth consider as inventions, on page 389 of the same book.



  • Mélodie - Tune
    (Sol majeur)

    Français English
    1. (n) Les vieux, les jeunes filles et les petits garçons,
    Qui ne peuvent se battre, diront dans leurs maisons
    Avant de se coucher un "Pater", un "Salut Marie"
    Pour ceux partis combattre dans la Chouannerie.

    2. (o) Les Chouans sont des hommes de bien, de vrais chrétiens,
    Soulevés pour défendre nos prêtres et nos biens;
    A votre porte s'ils frappent, ouvrez-leur, vous aussi
    Car un jour, en échange, Dieu vous fera merci!

    3. (a) Julien le Roux à sa mère un matin déclara:
    - Vois, je m'en vais rejoindre Tinténiac de ce pas,
    - Ses deux frères m'ont quittée, Julien me quitte à son tour!
    Vas, si tu veux combattre. Dieu te garde toujours!

    4. (d) De toute la Bretagne, les Chouans affluaient :
    Tréguier et Cornouaille et pays vannetais,
    Les Bleus les affrontèrent au manoir de Coatlogon,
    Venant de France, au nombre de trois mille environ.

    5. (m) - Voici que l'heure sonne, voici l'heure sonnée
    De rencontrer encore ces hordes abhorrées.
    Hardi, gars de Bretagne, du courage et voyons:
    S'ils ont pour eux le diable, nous, avec Dieu, vaincrons! -

    6. (e) Quand ils furent aux prises, Julien comme un luron
    Contre leurs carabines fit jouer son bâton.
    Son bâton et de Sainte Anne son chapelet béni
    Et tous ceux qui l'approchent aussitôt sont occis.

    7. (f) Etaient criblés de balles sa veste et son chapeau.
    Un bout de sa tignasse s'en allait en lambeaux.
    Et de son flanc ouvert son sang coulait abondamment
    Mais lui n'en avait cure: il frappait en chantant.

    8. (k) Je le perdis de vue et quand le revis
    A l'écart sous un chêne, je l'aperçus assis.
    Amèrement il pleurait tenant le front incliné.
    L'infortuné Tinténiac sur ses genoux gisait.

    9. (l) La bataille s'achève lorsque tombe le soir.
    Les Chouans de tous âges s'approchent pour le voir.
    Ils se découvrent tous. On les entend pleurer leur sort:
    - Ce fut une victoire, mais notre chef est mort! -

    Traduction Christian Souchon (c) 2007
    1. (n) Elderly men and lasses as well as little lads
    And all such people as are not able to combat
    Shall in their houses stay and call before they go to bed
    God's blessing with a pater upon the Chouans' head.

    2. (o) The Chouans are righteous men, as well as true Christians
    Who rose to protect our priests and to preserve our lands.
    If they knock at your door, I entreat you, open to them
    So that God once may also to you, good folks, open.

    3. (a) Julian Red-Hair said to his old mother one morning:
    - I will follow Tinténiac, It is to my liking.
    - Both of your brothers have given me up. So do you now!
    But God bless you, if you have decided you must go.

    4. (d) From all parts of Brittany the Chouans are gathering:
    From Tréguier, from Cornouaille, from the Vannes neighbouring.
    The Blue coats have engaged them near manor Coatlogon,
    They come from the French Inland, three thousand of them.

    5. (m) The hour will now be sounding, it sounded already,
    Once for all to do battle with their accursed army.
    Cheer up, Brittany's lads. Cheer up and let us see once more
    If they with the devil's help prevail, or we with God's.

    6. (e) And when they had come to blows, he did hit like a man.
    He had but his bludgeon while the others had their guns
    His bludgeon and his rosary from Saint Anne of Auray
    And whoever approached him was quickly knocked away.

    7. (f) As his hat and his jacket were riddled with bullets
    And big tufts of his hairs were torn off by sabre hits
    And the blood was pouring out of a deep wound in his flank
    Yet he went on brandishing his bludgeon and he sang.

    8. (k) Then I have lost sight of him. I saw him later on
    He sat under an oak tree to which he had withdrawn.
    He was bitterly crying with his head bent on his chest
    The Lord Tinténiac across his lap was laid to rest.

    9. (l) When the fray was all over, at the close of the day
    The Chouans, young and old, gathered round him who came that way.
    And all of them took off their hats and they sadly would say :
    - We did carry the day but our chief has passed away! -

    Translation by Christian Souchon (c) 2007


    Breton
    Cliquer ici pour lire les textes bretons.
    For Breton texts, click here.


    Bref rappel historique
    L'insurrection catholique et royaliste éclate le 10 mars 1793 en Vendée et s'étend rapidement à la Bretagne et à l'Anjou. La levée de 300.000 hommes est le détonateur. Un des chefs des insurgés, Jean Cottereau, dit Jean Chouan, qui imitait le cri du "chouan", forme régionale de "chat-huant" donne son nom à tout le soulèvement.
  • Jacques Cathelineau (1759-1793), fils de maçon élu généralissime après ses succès à Thouars et Saumur, fut mortellement blessé à Nantes.
  • Jean-Nicolas Stofflet (1751-1796), un garde-chasse, est un des premiers insurgés. Second de Cathelineau, il prend Cholet en mars 1793. Il traite avec les Bleus à Saint-Florent-le-Vieil en mai 1795, puis, considérant que les accords conclus sont violés, reprend les armes et est bientôt fait prisonnier et exécuté à Angers.
  • François Charette de La Contrie (1763-1796), officier de marine né à Couffé, est placé à la tête de l'insurrection par les paysans du pays Maraîchin. Il s'empare de Machecoul et du pays de Retz en juin 1793, puis appuie la grande armée royaliste contre Nantes, avant de faire une guerre de surprises et de coups de main. Lui aussi traite avec les Bleus, mais la violation par ces derniers des accords de la Jaunaye, ainsi que l'exécution des émigrés de Quiberon le décident à reprendre les armes. Il fut arrêté par le second de Hoche à La Chabotterie et fut fusillé, six jours plus tard à Nantes le 29 mars 1796.
  • Quant au chef des Chouans bretons, Georges Cadoudal (1771-1804), célèbre pour sa bravoure et pour sa ruse, il quitta l'armée vendéenne le soir du massacre de Savenay, le 23 décembre 1793 et fut l'un des organisateurs de la Chouannerie dans le Morbihan dès 1794. Ayant participé à une tentative d'enlèvement du Premier Consul, il fut exécuté le 25 juin 1804.

    (Je remercie M. Noël Stassinet, Président du "Souvenir Chouan de Bretagne" pour la part qu'il a prise à la correction de ce paragraphe)

    La bataille de Coëtlogon
  • La bataille de Coëtlogon du 16 juillet 1795, dont il est question dans ce chant, opposa les principaux chefs Chouans de Bretagne, Cadoudal, Pontbellanger et Tinténiac qui s'étaient réunis au château de Coëtlogon, près de Loudéac, avec quelque 6000 hommes, aux Bleus de l'armée de Champeaux qui les attaquaient par surprise. Les républicains durent se retirer, perdant 1200 hommes, et les royalistes qui n'en perdirent que 500 eurent à déplorer la mort de Tinténiac. Les faits ne remontaient donc qu'à une quarantaine d'années quand ce chant fut consigné dans la 1ère édition du Barzhaz, celle de 1839.
  • Comme l'indique La Villemarqué dans les "notes" qui suivent le chant, La Chouannerie et les soulèvements Jacobites présentent certaines similitudes. Des peuples longtemps victimes de monarchies toutes puissantes, - les Bourbons et les Stuarts- qui les incorporèrent de force à leurs royaumes, sans rien recevoir d'elles, décident de les défendre dans leur faiblesse, au nom de l'ordre fondé par le temps, de la liberté religieuse et de la liberté tout court à laquelle la conscription portait la principale atteinte.

    La chanson de "Jean-le-Rouquin"
    Ce chant a été considéré par Francis Gourvil comme l'un des six chants (avec Gwenc'hlan, l'Enfant supposé, Merlin 1 et 2 et le Rossignol) de l'édition 1839 du Barzaz "composés de toutes pièces", mais il n'en est rien.
    Dans les carnets de collecte de La Villemarqué, étudiés par M. Donatien Laurent, on retrouve les 9 strophes qui correspondent à peu près à celles publiées dans le Barzhaz et qui content l'histoire de Yann Blev Ruz (Jean le Rouquin) et du combat de Coëtlogon. L'examen de ce manuscrit ( cf. texte breton) montre que La Villemarqué en a noté sur les mêmes feuilles 2 versions:
  • Version A: (a à g) toute à la gloire de Yann Blev-Ruz, dont elle évoque les frères morts, elle n'accorde aucune place aux chefs chouans Tinténiac et Cadoudal, évoque (strophe d) un nombre de Bleus de treize mille ou plus (trizek mil pe ouzhpenn) et indique dans le dernier couplet (g, non repris dans le Barzaz) que le chant a été composé pour être porté de bouche en bouche jusqu'à la mère de Yann Blev-ruz et aux gens de sa paroisse pour les rassurer sur sa santé.
  • Version B: elle aussi appelle son héros "Jean" et elle évoque la mort de Tinténiac (j), tout en faisant jouer à Jean le rôle que les témoignages de l'époque attribuaient à Julien Cadoudal, le frère de Georges (strophes k et l).

    Jean s'efface devant Julien Cadoudal
  • L'identification du Yann Blev-ruz de la version A avec Julien Cadoudal n'est pas possible, car à la date de Coëtlogon tous ses frères sont vivants, alors que sa mère est morte un an auparavant.
    Néanmoins, La Villemarqué qui préfère les héros connus aux héros anonymes, opte délibérément pour "Julien" et:
  • supprime l'allusion aux frères morts et
  • les rêves prémonitoires des strophes (a) et (c), ainsi que la strophe (g) demandant de rapporter de ses nouvelles à sa mère.
  • Il rétablit partout le nom de Julien au lieu de Jean.
  • Il corrige également le nombre des Bleus (d), change ici et là l'ordre des vers et
  • remplace l'excellent dialecte de basse Cornouaille (Riec - Pont-Aven) dans lequel les 2 versions sont notées, par un vannetais approximatif. Nul ne saurait dire pourquoi.

    Il est surprenant que ce chant ne mentionne nulle part Georges Cadoudal et La Villemarqué s'en étonne lui-même en concluant "Ces anomalies nous portent à croire que notre chant est incomplet".
    Selon Donatien Laurent, l'authenticité des strophes de la version A, que ce soit les sept (a-g) retrouvées sur le carnet ou les trois (m-o) conservées dans le Barzhaz, ne fait aucun doute. Quant aux 2 strophes (k et l) de la version B, qui se signalent par une graphie plus calme et par certaines fautes, il serait étonnant, si La Villemarqué les avait inventées, qu'il se soit arrêté en si bon chemin et n'ait pas essayé d'introduire le grand absent.

    Les 3 strophes "laissées de côté" par La Villemarqué sont les suivantes:

    b. Lorsque tu n'étais guère qu'un enfant au berceau,
    Voilà qu'un vilain rêve me réveille en sursaut:
    Je vois un homme rouge, tenant un sabre menaçant,
    Lequel sur toi s'élance et te perce le flanc.

    c. - Si vous vîtes un homme rouge, armé d'une épée,
    J'eus vision d'une dame qui des cieux descendait.
    Belle comme un soleil, portant une gerbe de fleurs.
    A cette vue, la plaie se ferma dans mon cœur.

    g. Si j'eus la fantaisie de composer ce chant,
    C'est pour qu'en sa paroisse, on le sache vivant.
    Que sa mère sache que son fils est aussi frais et dispos
    Que lorsqu'il vint au monde et dormait au berceau.

    Le dernier vers de la strophe (a) est, dans l'original:
    "Ah, tes deux pauvres frères sont morts. Voici ton tour!"
  • A bit of history
    The Catholic and royalist rising started on March 10th, 1793 in Vendee and rapidly spread over to the neighbouring Brittany and Anjou, triggered off by the massive levy of 300,000 troops. One of the leaders, Jean Cottereau, alias Jean Chouan, who could imitate the barn owl, locally named "chouan", gave his name to the whole movement.
  • Jacques Cathelineau (1759-1793), son of a stoneworker, was chosen by the insurgents to be their general-in-chief after his victories of Thouars and Saumur. He was fatally wounded in Nantes.
  • Nicolas Stofflet (1751-1796), a gamekeeper, was one of the first insurgents. Second in command to Cathelineau, he captured Cholet in March 1793. He had dealings with the Blue coats at Saint-Florent-le-Vieil in May 1795, but, considering that the agreement passed was violated, he took up arms again, was soon taken prisoner and executed in Angers.
  • François Charette de La Contrie (1763-1796), a naval officer born at Couffé, was placed at the head of the rising by the country folks of the "Pays Maraïchin". He took Machecoul and the whole surrounding Pays de Retz in June 1793, joined the great Vendee army in their attack against Nantes, and started then guerrilla warfare against the Blue coats. He, too, dealt with them but resumed hostilities as a consequence of the violation of the treaty of La Jaunay and the execution of the Emigrés arrested at Quiberon. He was captured by Hoche at La Chabotterie and was shot in Nantes, a week later, on March 29d, 1796.
  • As for the leader of the Breton Chouans, Georges Cadoudal (1771-1804), famous on account of his bravery and his cunning, he left the Vendean army after the massacre in Savenay, on 23 December 1793 and was one of the promoters of the Chouan rising in the département Morbihan as early as 1794. But as he partook in an attempt of abduction of the First Consul, he was executed on 25 June 1804.

    (I am indebted to M. Noël Stassinet, President of "Souvenir Chouan de Bretagne", for the part he took in correcting some misrepresentations in this paragraph.)

    Battle of Coëtlogon
  • The Battle of Coat-Logon (16th July 1795) referred to in this song opposed the major heads of the Breton Chouans, Cadoudal, Pontbellanger and Tinténiac, who had gathered with 6000 troops at Coëtlogon Manor near Loudéac, to the Republican army, led by Champeaux. The Republicans were routed and lost 1200 men. The Royalists lost only 500 men, but General Tinténiac was shot dead. These facts dated back only two scores of years when this song was published in the first edition of the Barzhaz, in 1839.
  • As stated by La Villemarqué in his "notes" following the song, the "Chouannerie" and the Jacobite uprisings are to some extent similar conflicts. Nations that had been for centuries ill-used by almighty monarchs - the Bourbons and the Stuarts - who incorporated them forcibly into their kingdoms, decided, without compensation, to defend them in their abasement for the sake of old-established order, liberty of faith and liberty in general, whose direst violation was conscription.

    A song about a named "Red-haired John"
    This song was considered by Francis Gourvil as one of the 6 pieces (with Gwenc'hlan, the Changeling, Merlin 1 and 2 and the Nightingale) of the 1839 edition of the Barzhaz "composed ex nihilo", but this is not correct.
    In La Villemarqué collecting notebooks, deciphered by M.Donatien Laurent, nine stanzas are found, that recount, in about the same words as in the Barzhaz, the story of Yann Bleo-Ruz (Red-haired John) and of the battle of Coat-Logon. When looking closely at this MS (see Breton text), we find that La Villemarqué has noted, in fact, 2 versions on the same sheets:
  • Version A: (a to g) reports exclusively Yann Bleo-Ruz' achievements and evokes his fallen brothers. It ignores the Chouan chieftains Tinténiac and Cadoudal; assesses (in verse d) to thirteen thousand or more ((trizek mil pe ouzhpenn) the "Blue" (Republican) forces; it states in the last verse (g, not included in the Barzhaz) that the song was made to be conveyed from mouth to mouth so as to tell Yann's mother and friends and relatives in his parish, that he is in perfect health.
  • Version B: is also about a named "John" and evokes Tinténiac's death (j): Hereby it ascribes to John the role that testimonies of the time usually impute to Julian Cadoudal, Georges' brother (verses k and l).

    Red John yields to Julian Cadoudal
  • Identifying Yann Bleo-Ruz of version A with Julian Cadoudal proves impossible, since, when the battle of Coat-Logon was fought, all his brothers were alive and his mother had died a year before.
    Nevertheless La Villemarqué who clearly prefers well-known to anonymous heroes, definitely decides for "Julian" and
  • scratches out the reference to the dead brothers and
  • the premonitory dreams in verses (a) and (c), as well as the verse (g) requesting that his mother should get information.
  • Furthermore, he changes, throughout, the name John for Julian;
  • corrects the number of "Blue" troops (d), modifies here and there the order of the lines;
  • and, very surprisingly, changes the excellent original Lower Cornouaille dialect for an awkward Vannes dialect.

    Astonishingly the famous brother of Julien "Red-Head", Georges Cadoudal is mentioned nowhere. La Villemarqué gives utterance to his surprise when he states: "This prompts us to consider that this song is incomplete".
    According to Donatien Laurent, the authenticity of the verses of version A is unquestionable, of the seven found in the notebook (a-g), as well as of the three (m - o) printed in the Barzhaz. As for the 2 verses (k and l) of Version B whose main features are a more quiet handwriting and certain grammatical mistakes, it would be surprising, if La Villemarqué had invented them, that he would have been contented with a partial restoring and not tried to fill out these apparent lacunae.

    The three verses "skipped" by La Villemarqué translate as follows:

    b. When you were but a babe sleeping in its cradle,
    I saw a red-clothed man who wielded a sabre.
    I had a dream of war and I dreamt that you died:
    For he pounced on his prey and he pierced your side.

    c. - If you saw that red man and his sword, I saw more:
    Alighting from Heaven, I saw a Dame who wore
    A sheaf of summer flowers and was as radiant as the sun
    And as I saw her the wrong done to me was undone.

    g. I've put into my head to make this song to inform
    The parish and the mother to whom this son was born.
    May it convey to her that he's as nimble and healthy as when
    He was born into the world to share the fate of man.

    The last line of verse (a) is in the original:
    "Both your poor brothers are dead, and you will be the third!"

  • .

    Deux chants révolutionnaires - Two revolutionary songs

    Le point de vue de l'adversaire


    On trouvera ci-après le premier couplet d'un chant de l'époque, du citoyen Hache, racontant la guerre de Vendée (et de Bretagne) vue par l'autre camp.

    La grande charrette vendéenne

    Mélodie (Chant du départ de Méhul)

    Français livrons enfin nos coeurs à l'espérance
    Tout nous présage un sort plus doux
    Tout nous dit que bientôt la paix et l'abondance
    Vont renaître au milieu de nous.
    Déjà ces hordes atroces
    Conspirant contre leur pays
    Leurs chefs parjures et féroces
    Sont atteints, jugés et punis.

    Refrain:
    Vive à jamais la République!
    Le traître Stofflet a vécu.,
    Et des chouans l'espoir unique,
    L'infâme Charette est vaincu. (bis)

    Et voici des extraits d'un chant sur les émigrés/

    Complainte des émigrés

    Mélodie (Air des Pèlerins de Saint Jacques)

    1. Jadis nous avions droit de chasse
    Sur tous les champs.
    On nous distinguait de la masse
    Des paysans.
    Mais à présent plus gueux, sans pain,
    Que rats d'église
    Nous ne chassons plus le lapin
    Que dans notre chemise.

    ...
    On met nos terres au pillage
    Et nos châteaux...
    Et gentilshommes devenus
    Cousins de Jean-sans-Terre.
    ...
    Nous sommes ...
    Des comtes à dormir debout
    Puisqu'on vend nos couchures
    ...
    Pour notre intrépide arrogance
    Ah! nous souffrons!
    Quand nous approchons de la France
    Nous reculons.
    Car si nous osons y rentrer,
    Nos pauvres têtes
    La guillotine fait tomber
    Voilà donc nos conquêtes!

    Source: Dictionnaire des chansons de la Révolution 1787-1799, Ginette et Georges Marty, Editions Tallandier, 1988

  • Voici un autre "chant de Chouans" collecté par J-M. de Penguern. Bizarrement il est intitulé sur le manuscrit "cantique", ce qui suggère qu'il fut composé par un "kloarek": "Amis, si je suis loin de vous..."
  • Et voici des chants de Chouans recueillis par l'Abbé François Cadic (1864-1929):
    - La guerre a commencé
    - Les prisons d'Angleterre
    - Jean Jan's death
  • The enemy's point of view


    Hereafter is the first stanza of a song by citizen Hache describing the war of Vendee (and Brittany) from the Republican point-of-view.


    The Big Cart of Vendee

    Tune ("Song of the Departure" by Méhul)

    Fellow Frenchmen, at last, time for hope has come to us.
    Harbingers of improvement everywhere.
    Very soon, so it seems, abundance and peacefulness
    Will be renascent where they once were.
    Already these iniquitous masses
    That plotted against their own land,
    The treacherous heads of these populaces
    Are rounded up, tried and condemned.

    Chorus:
    The Republic may live for ever!
    Stofflet the traitor passed away.
    And the Chouans' supreme commander,
    The loathsome Charette left the fray. (twice)

    And here are excerpts from a Republican song on the Emigrés:

    Lament of the Émigrés

    Tune (Air of the Saint James Pilgrims)

    1. Formerly I had hunting rights
    On every lot
    No one had mixed me up with
    The country folk.
    But now we are poorer by far
    Than church mice, and as do the thieves
    In our shirt sleeves
    And anywhere we hunt the hare.

    ...
    Our lands are pillaged und plundered
    And our manors...
    We're noblemen turned to cousins
    To dear old John Lackland.
    ...
    We are...
    Heroes of cock and bull stories
    Since we're knocked off our perches.
    ...
    Our fearless pride is the cause of
    Our discomfort
    Should we come too near to France, off
    We would go, for
    Had we the front to land our punt
    There, our poor heads
    By the cruel guillotine were shed.
    These are the least of our high feats!

    Translated by Christian Souchon (c) 2007

  • Here is another "Chouans" -song collected by J-M. de Penguern. Surprisingly it is titled "Hymn", maybe because it was composed by a "kloarek"(?): "Fellow Countrymen, far away..."
  • And here are songs of "Chouans" collected by the Reverend François Cadic (1864-1929):
    - The war has begun
    - The English jails
    - Jean Jan's death

  • .

    Deux chants de Théodore Botrel - Two songs by Théodore Botrel

    Un autre chantre de la chouannerie: Théodore Botrel



    Plus près de nous, composé par le chansonnier Théodore Botrel (1868 - 1925), cet autre chant évoque, de façon naïve, la Chouannerie.


    Le Petit Grégoire

    Mélodie (Air traditionnel)

    La guerre éclate en Bretagne
    Au Printemps suivant
    Et Grégoire entre en campagne
    Avec Jean Chouan.
    Les balles passaient nombreuses
    Au dessus de lui
    En sifflotant, dédaigneuses:
    "Il est trop petit, ce joli!
    Il est trop petit!"

    Et, du même auteur, voici un chant consacré au soulèvement de Vendée où les insurgés portaient un mouchoir rouge sous leur chapeau de feutre en guise d'uniforme:

    Les mouchoirs rouges de Cholet

    Mélodie

    J'avais acheté pour ta fête
    Trois petits mouchoirs de Cholet...
    Les a vu Monsieur de Charette
    Il en mit un dessus sa tête...
    C'était le plus fier des plumets
    Le petit mouchoir de Cholet.

    Source: Le Livre des chansons, Claudine et Roland Sabatier, Editions Gallimard,
    Another exalter of the Chouan uprising: Théodore Botrel



    A more recent song, composed by the modern "bard" Théodore Botrel (1868 - 1925), evokes in a naive way the Breton royalist uprising known as "Chouannerie":


    Little Gregory

    Tune (Traditional)

    War broke out in Brittany
    The next spring already
    And Gregor has ta'en his gun
    Followed Hooting John.
    In a shower the bullets
    Over his head pass'd.
    And disdainfully they hiss'd:
    "You're not tall enough for me,
    Wee, little laddie!"

    And here is a song, by the same composer, dedicated to the Vendée rebels who wore a red handkerchief under their felt hat by way of a uniform:

    Red handkerchiefs from Cholet

    Tune

    I bought you as a birthday gift:
    In Cholet three red handkerchiefs, ...
    But Monsieur de Charette saw them
    Covered his head with one of them...
    A most gorgeous plume it was, aye!
    The red handkerchief from Cholet.

    Source: "Le Livre des chansons", Claudine and Roland Sabatier, Editions Gallimard,




    Ar re c'hlaz Ur gentel vad