Les Bleus

The Blue Coats

Dialecte de Cornouaille

  • Première publication dans la deuxième édition du Barzhaz de 1845.
  • Attribué, par La Villemarqué, à un jeune habitant des Montagnes Noires appelé Guillou Arvern, de Kervlézek près de Gourin.
  • Ne figure pas dans le manuscrit de Keransquer.
  • Déja diffusé par les imprimeurs bretons (feuilles volantes) sous une forme tronquée ("Argument" de 1846, mention supprimée en 1867).
    Ni Luzel, ni Joseph Loth (comme le remarque Francis Gourvil dans une note, p. 402 de son "La Villemarqué") ne rangent ce chant historique dans la catégorie des chants inventés.
  • 'La messe en mer'. Couverture de la partition par E. Hervé Vincent (c) 1899
  • First published in the 1845 second edition of the Barzhaz.
  • Ascribed by La Villemarqué to a young dweller of the "Black Mountains" named Guillou ar Vern, from Kervlézec near Gourin.
  • No handwritten record of the song in the Keransquer copybooks.
  • Already broadcast as broadside by the Breton printers in a truncated form ("Argument" in the 1846 edition. This mention was removed in 1867).
    Neither Luzel nor Joseph Loth (as stated by Francis Gourvil in a note on page 402 of his "La Villemarqué") includes this historical song on the list of the songs invented by La Villemarqué.

  • Mélodie - Tune
    (Mode dorien).

    Français English
    1. Les voilà, les soldats français!
    J'entends les chiens qui aboient.
    Chassons devant nous nos troupeaux,
    réfugions-nous dans les bois!

    2. Cornouaillais, nous faudra-t-il
    toujours souffrir ce malheur,
    Toujours souffrir des brigands qui
    oppriment les laboureurs?

    3. Ils violent nos filles, ils tuent
    mères, pères et enfants
    A cause de leurs mains blanches,
    les malades innocents.

    4. Ils brûlent la maison du pauvre
    et abattent le château;
    Ils brûlent les blés et les foins,
    dans les champs, sur les coteaux .

    5. Dans nos vergers les arbres qu'ils
    coupent servent à leurs feux;
    Il n'y aura pommes, ni cidre
    une décennie ou deux..

    6. Les vaches, les génisses et
    les boeufs qu'ils nous ont volés,
    Avec leurs maîtres sont conduits
    vers les villes au boucher.

    7. Ils ont pillé l'or des églises,
    et abattu nos clochers,
    Nos ossuaires sont détruits,
    les reliques dispersées.

    8. Les vallées de Basse Bretagne,
    où nous paissions nos bestiaux
    Ne résonnent plus de la voix
    de l'homme, ni des troupeaux.

    9. Si seulement nous pouvions ver-
    ser des larmes librement!
    Mais dès qu’il voit des pleurs couler,
    l’intrus fait couler le sang !

    10. Au moins si nous avions la croix
    où pouvoir s'agenouiller
    Pour solliciter de Dieu
    la force qui nous manquait!

    11. Mais Votre croix sainte, partout,
    ils l'ont abattue, mon Dieu,
    Et la "croix de la bascule" a
    été dressée en tout lieu.

    12. Chaque jour on voit vos prêtres,
    comme vous sur le Calvaire,
    Comme vous, incliner la tête
    en pardonnant à la terre.

    13. Ceux d'entre eux qui purent s'enfuir
    se sont cachés dans les bois;
    La nuit ils y disent la messe,
    en bateau sur mer, parfois.

    14. D'autres, traversant l'océan,
    préfèrent partir sans rien,
    Pour servir Dieu plutôt que de
    plier devant des vauriens;

    15. Manger en paix du pain d'avoine,
    après avoir fui nos ports,
    Plutôt que pain de blé du diable,
    accablés par le remords

    16. Les prêtres jureurs vivent du
    bien pris à de pauvres gens;
    Après avoir comme Judas,
    vendu Dieu, pour de l'argent.

    17. Celui qui ne veut pas aller
    voir le jureur est certain,
    Qu'il soit noble ou bien paysan,
    qu'il devra mourir demain.

    18. Nobles et gens d'église, pa-
    ysans portant le front droit,
    Tous les Bretons persécutés
    pour le Christ et pour leur foi.

    19. Hâte-toi donc, proie de l'enfer,
    de profiter de ta joie,
    Alors que nos anges au ciel
    pleurent à cause de toi

    20. Qui substituas la loi du diable
    à la divine et vraie loi,
    Qui as tué les prêtres et
    les nobles ainsi que le Roi!

    21. Qui as tué la Reine et fait
    rouler à terre sa tête,
    Avec la tête blonde de
    sa soeur, dame 'Elisabeth;

    22. Qui jetas dans un vil cachot
    le fils du roi, pauvre enfant ,
    Et l'y laisses mourir captif
    dans la fange et l'excrément.

    23. Voile ton front, soleil béni,
    à la vue de tant de crimes
    Que l'on ne commet qu'inspiré
    par les puissances malignes.

    24. Adieu, Jésus, Marie, dont les
    statues sont décapitées;
    Elles ont servi aux Bleus pour
    revêtir les rues pavées.

    25. Adieu, adieu, fonts baptismaux,
    où nous fut jadis donnée
    La force de mourir plutôt
    que subir l'iniquité.

    26. Adieu, cloches bénies, qui sur
    nos têtes, chantiez jadis.
    Les dimanches et fêtes vous
    n'annoncerez plus l'office.

    27. Finis vos chants joyeux, hélas,
    vous êtes débaptisées.
    Les citadins vous ont fondues
    pour faire de la monnaie.

    28. Adieu, jeunes Bretons qu'ils en-
    rôlent dans leurs compagnies,
    Où vous perdez en même temps
    et votre foi et la vie.

    29. Adieu, mon fils, au revoir dans
    la vallée de Josaphat:
    Quand tu seras loin de la Bre-
    tagne, qui me défendra ?

    30. Quand les citadins envahi-
    ront ma maison, je dirai:
    "Si j'avais encore chez moi
    mon fils, il me défendrait."

    31. - Viens dans les bras de ta mère
    qui t'a porté, pauvre fils;
    Avant que je ne meure, viens
    sur le sein qui t'as nourri.

    32. Lorsque tu reviendras, crois-moi,
    ce monde j'aurai quitté;
    Approche une dernière fois,
    car je voudrais t'embrasser.

    33. - Père, mère, ne pleurez point,
    je ne vous quitterai pas.
    Je reste, vous et mon pays,
    pouvez compter sur mon bras.

    34. Il est cruel d'être opprimé,
    mais cela n'est pas honteux.
    Comme l'est la soumission
    à des lâches et des gueux.

    35. Et s'il faut aller au combat,
    ce sera pour le pays;
    S'il faut mourir, je mourrai, libre
    et joyeux, mourant pour lui.

    36. Hors de portée des balles pour-
    quoi mon âme craindrait-elle?.
    Si mon corps tombe à terre, elle
    s'élèvera vers le ciel.

    37. Enfants de Bretagne, en avant!
    Mon coeur est comme un tison,
    Que mes forces aillent croissant.
    Que vive la religion!

    38. Vive qui chérit son pays!
    Et vive le fils du Roi!
    Que les Bleus aillent voir s'il est
    un Dieu dans l'au-delà.

    39. Donner vie pour vie, mes amis,
    tuer ou être tué!
    Dieu lui-même a dû mourir pour
    que le monde soit sauvé.

    40. Viens. Sois notre chef, Tinténiac,
    à tout jamais, vrai Breton!
    Toi qui n'a jamais flanché de-
    vant la gueule du canon!

    41. Gentilshommes, guidez nos rangs,
    sang royal de la contrée;
    Et Dieu sera glorifié par
    les chrétiens du monde entier.

    42. A la fin, en Bretagne, se-
    ra restaurée la vraie loi,
    Dieu sur ses autels régnera
    et sur son trône, le Roi.

    43. Les vallées de Cornouaille
    reverdiront et les coeurs
    S'ouvriront tandis qu'arbres et
    champs se couvriront de fleurs.

    44. Alors sur le monde Ta croix
    brillera, Dieu de Pardon,
    Au milieu de beaux lis en fleurs
    jaillis du sang des Bretons!

    Traduction: Christian Souchon (c) 2007

    Note: On reconnaissait à ce signe les personnes des classes supérieures.
    1. I hear the barking of the dogs.
    French soldiers are drawing near!
    Let us take refuge to the woods
    and drive our cattle from here!

    2. Poor Cornouaille men, say, are we doomed
    to suffer for evermore?
    To suffer from the brigand loons
    who oppress both mount and shore?

    3. They're so vile as to rape our girls,
    to kill man, woman and child.
    They even will kill the poor sick be-
    cause they have both hands white.

    4. They burn the houses of the poor
    and pull down the lord's homestead.
    They burn the wheat, they burn the hay
    in the field and in the mead.

    5. And In our orchards they cut trees
    to set on fire our homes.
    We'll have no apple and no must
    for nine or ten years to come.

    6. They steal our cows, they steal our bulls
    and all the cattle we own.
    And then they drive men and ani
    mals to the slaughterer in town.

    7. They steal chalices in our chur
    ches whose steeples they pull down.
    They even destroy ossuaries
    and spread the relics around.

    8. The valleys of Low Brittany
    where used to graze sheep and ox
    Do not resound any more with
    the voice of men or flocks.

    9. If only we could shed
    our tears freely!
    But as soon as they see tears flow
    These fiends hurry to shed blood.

    10. If only we could find a cross
    on our way to stop and kneel
    And entreat of God all the strength
    the want of which we feel.

    11. But Your holy cross, O my God,
    everywhere has been ruined
    And it is replaced everywhere
    by the odious guilotine.

    12. We see Your priests, as You did on
    Mount Calvary, every day,
    Bending their heads and praying God
    that pity the world He may.

    13. They hide away under the woods
    or wherever they could flee:
    There they say Mass by night or else
    on board a ship on the sea.

    14. But others crossed the ocean and
    have turned exiles and poor
    They prefer to obey their God
    than man's harshness to endure.

    15. For they prefer to eat in quie
    tude, overseas, bread of oats
    Than bread of wheat, the devil's bread,
    being tortured by remorse.

    16. In their homes the oath swearers feed
    on the goods of the poor folk,
    After they have, as Judas did,
    sold for some money their God.

    17. Whoever doesn't want to go
    to the oath swearer is sure
    To loose his life, wether he be
    a nobleman or a poor.

    18. All noblemen, or clergy, pea
    sants, whoever does not bend,
    All Bretons are oppressed because
    their Christian faith they defend.

    19. You may now let, you prey of hell,
    your heart be possessed by joy
    Whereas you have the angels high
    in Heaven caused to cry.

    20. And you have swapped the ancient law
    of God for the devil's law
    You have killed priests and noblemen.
    Even the king you made low.

    21. You have killed the poor queen, whose fair
    head has rolled into the sand
    Along with Elisabeth's head,
    her sister, who was a saint.

    22. You've thrown into an abject cage
    the unfortunate king's child
    Whom you keep in dirt and in mud
    until he starves and dies.

    23. Veil your brow, blessed sun, not to see
    all these ignominious crimes
    That no human being could devise
    except by hell inspired!

    24. Farewell, Jesus and Mary whose
    statues they shatter and smash.
    With which the Blue coats mend the town
    pavements as if it were trash.

    25. Farewell, baptismal font where we
    had found in our infant time
    The strength to perish rather than
    endure their nefarious crimes.

    26. Farewell, ye consecrated bells
    that used o'er our heads to sing.
    No more on Sundays and holi
    days shall we hear you tolling.

    27. We shan't hear you sing merrily,
    you are unchristened, alas!
    Your metal by town dwellers is
    melted and then to coins cast.

    28. Farewell, young Bretons who are forced
    to enlist in their armies
    Where at one go you'll loose your faith
    and your life also, maybe.

    29. - Farewell, my son, we'll see in the
    vale of Josaphat again.
    When you are far from Brittany,
    who shall your father sustain?

    30. When town people invade my house,
    they shall hear my tale of woe:
    "If my son were with me at home,
    he would defend me from you!"

    31. - Come let your mother hug you who
    has born you my dear child.
    Come lean on the breast that fed you,
    my son, before I die

    32. When you come home I shall have gone
    away from this vale of tears
    Come here and let for the last time
    your mother kiss you, come here.

    33. - Don't cry, mother, don't cry, father.
    I shall not abandon you.
    I shall stay and I shall defend
    you and Low Brittany, too.

    34. Oppression is woeful but being
    oppressed is no dishonour.
    Yet it is shameful to give in
    to rogues, cowards and traitors.

    35. If I must combat, I'll combat
    for the sake of my country.
    And if I must die I shall die.
    But I'll be happy and free.

    36. I'm not afraid of the pellets,
    for my soul they'll never kill
    My body may well fall down, my
    soul shall mount to heaven still.

    37. Come on, brave lads of Brittany,
    I feel my heart is set ablaze.
    I feel the strength in my arms swell.
    that the standard of Faith raise.

    38. Long live whoever loved his land!
    Long live the king's young son!
    The Blue coats be sent there where they
    may learn if there is a God.

    39. Life against life! My merry lads!
    Kill or you must be killed!
    God himself had to die before
    the world yielded to His will.

    40. Be our chief Tinténiac, true Bre
    ton if ever there was one
    Who never turned his eyes away
    even in front of a gun.

    41.Ye noblemen, ye royal blood
    of this land your standards raise!
    And God will by the whole Christen
    dom of this country be praized.

    42. Thus shall at last the true old law
    back to Brittany have gone.
    God to His altars and His shrines,
    the noble king to his throne.

    43. Then we'll see the Cornouaille vales
    grow green as they used to be
    And the hearts open wide again
    as do blossoms on the trees.

    44. Then the cross of Jesus, our Lord,
    shall stand radiant o'er the world,
    And its foot will with lilies drenched
    by Breton blood be adorned!

    Translated by Christian Souchon (c) 2007

    Note: Upper class members were supposed to be told by this token.




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    Résumé
    La mélodie est pratiquement identique à celle de L 'orpheline de Lannion
    Les Bleus sont les soldats de la Convention. Puis ce seront les soldats de Napoléon. Enfin les surplus de toile bleue vendus sur les marchés donneront naissance aux costumes "glazik" de Cornouaille (glas=bleu -ou vert).

    Guillaume le Guern de Kervleizec
    Selon La Villemarqué, l'auteur de chant publié dans la 2ème édition du Barzhaz, celle de 1845, est un certain Guillou Arvern (Guillaume Le Guern) de Kervlézek, près de Gourin, qui fut un séminariste (kloareg) que la persécution empêcha de devenir prêtre et transforma en soldat. La Villemarqué tient ces informations de première main. Il poursuit:
    "Il est l’auteur des meilleurs chants qu’on ait faits pour soutenir le courage de son parti, et ses vers, qu’il chantait lui-même en allant se battre, sont dignes des vieux bardes guerriers de Bretagne, dont il était l’imitateur et le représentant moderne.
    Lorsque les blancs campaient, il charmait la veillée militaire par ses récits, ou menait leurs danses autour du feu du bivouac : la facilité avec laquelle il improvisait était prodigieuse : « il paria une fois, me disait un ancien chouan, qu’il eût chanté une chanson à danser de sa façon, dont le premier couplet devait commencer au lever de la lune et le dernier finir au chant du coq ; « tous les danseurs étaient rendus qu’il dansait encore : la vertu du chant était en lui ; sa haute taille, sa force extraordinaire, ses longs cheveux noirs qui s’échappaient de dessous son chapeau quand il se battait, ses yeux qui brillaient comme deux vers luisants, le faisaient prendre par les bleus pour.... ce qu'il n’était pas, sûrement, car c’était lui qui nous disait tous les jours la prière du soir. Cependant il était, je crois, un peu sorcier, mais pas trop, car si le roi est revenu, ainsi qu’il l'a prédit, tous les cœurs des Bretons ne sont pas rouverts.»
    Cette dernière phrase se rapporte au chant An amzer dremenet.
    Le chant suivant, Les Chouans, passe selon certains, nous apprend La Villemarqué, pour avoir été composé par l’auteur du chant précédent sur les Bleus.
    C'est l'opinion en particulier de l'Abbé François Cadic (1864-1929) qui note dans le N° de mars 1911 de sa "Paroisse Bretonne de Paris": M. de la Villemarqué en son Barzaz-Breiz cite le nom d'un jeune gars de Gourin, Guillou Arvern, qui aurait joui d'une réputation extraordinaire de chanteur parmi les insurgés et auquel il attribue en particulier les chansons des Bleus et des Chouans... Ne serait-il pas également l'auteur de [la chanson] que nous publions? [Il s'agit du chant "Komanset eo ar brezel".] Elle aussi en effet est, à n'en pas douter, l'oeuvre d'un clerc, et qui plus est l'un de ses couplets rappelle mot pour mot ce couplet de la "chanson des Chouans" du Barzaz Breiz, en tenant compte du changement de dialecte:
    "Er re goh hag er merhed hag er botred vihan,
    Ha re pere n'int ket goest de vonet d'en emgann,
    A laro enn ho zier, abarh mont de gousket,
    Ur 'Pater' hag eun 'Ave' euit er Chouanted.

    François Cadic a également collecté un intéressant chant sur des marins bretons enrolés sur un bateau de la république et prisonniers des Anglais.
    Résumé
    The tune is practically identical with The Orphan of Lannion
    The Blue coats are the soldiers of the Convention. Then of Napoleon's army. Finally the surpluses of blue cloth will be sold on the town markets and used for the "glazik" garments of the Cornouaille peasants (glas=blue -or green).

    Guillaume Le Guern from Kervleizec
    According to La Villemarqué, Guillou Arvern (Guillaume Le Guern) from Kervlézek near Gourin, who composed this song published in the 1845 edition of the Barzhaz (2nd edition), was a seminarist (bret. "Kloareg") prevented by persecution from becoming a priest and turned into a soldier. La Villemarqué got this information directly from former Chouan fighters. He states:
    "He wrote the best songs ever made to keep his comrades in high spirits, and his verse that he sang himself when he went to the fighting, were as worthy of praise than the works of the warrior bards of old Brittany whose emulator and continuator he was to the present day.
    When the "White" (royalists) were camping out, he would entertain the bivouac with his narratives or accompany their dance around the fire. He was astonishingly proficient at extemporizing: "Once, he bet, so told me an old Chouan, that he would sing a dancing song of his own, with the first stanza starting at moonrise and the last finishing at cock's crow. All dancers were exhausted when he was still singing on. He was a born songster. His big stature, his extraordinary strength, his long black hair protruding from his hat when he was fighting, his glittering eyes that were like two glow-worms made him, in the eyes of the Blue-coats, look like...what he was definitely not, since he acted as a precentor for the daily evening prayer. Still, I suppose he was a bit of a wizzard, but not that much, as, if the king did come back, as he had foretold, all Breton hearts did not open up again."
    The last sentence refers to the song An amzer dremenet.
    The following song The Chouans is considered by many as a composition of the same author who wrote "The Bluecoats".
    It is, in particular, the opinion of the Reverend François Cadic (1864-1929) who stated in the March 1911 release of his "Breton Parish in Paris": "M. de La Villemarqué in his Barzaz-Breiz quotes the name of a young fellow from Gourin, Guillou Arvern, who enjoyed outstanding repute among the rebels and to whom he ascribes, among others the songs "The Bluecoats" and the Chouans... The inference is that he also was the author [of the next song]: "Komanset eo ar brezel", considering that it was evidently composed by a seminarist ("kloarek"); and that one stanza is almost identical with one of the Barzaz-Breiz "Chouans" song, once allowance is made for the differences in dialects. It reads as follows:

    "Er re goh hag er merhed hag er botred vihan,
    Ha re pere n'int ket goest de vonet d'en emgann,
    A laro enn ho zier, abarh mont de gousket,
    Ur 'Pater' hag eun 'Ave' euit er Chouanted.

    François Cadic also collected an interesting song about Breton sailors who served on a Republican vessel and were prisoners in England.

    .

    Deux chants révolutionnaires - Two revolutionary songs

    Le texte fait allusion à une décision de la Convention, en 1793, de saisir tout le plomb, le fer et le cuivre pouvant se trouver dans les églises pour fabriquer des balles et des canons. De même la fonte des cloches avait fourni dès 1791 de quoi fabriquer des canons et de la monnaie. Ces faits sont évoqués par le citoyen Julien dans cette chanson de 1793.

    Les Saints dans la fange (1793)

    Mélodie (Air: "Aussitôt que la lumière")

    1. Ces édifices gothiques
    Longtemps nommés le saint lieu
    Ne servent plus de boutiques
    Pour vendre ou croquer Dieu.
    Des autels le peuple chasse
    Les héros du saint métier,
    Et son amour y remplace
    Marat et Le Peletier.

    2. La Raison partout arbore
    Au lieu du divin gibet
    La bannière tricolore
    La pique et le fier bonnet.
    Nos diables sont les despotes,
    Nos prêtres sont nos guerriers.
    Les enfers sont les dévotes,
    Les paradis, nos foyers.

    3. Sur les autels de Marie
    Nous plaçons la liberté.
    De la France le messie
    C'est la sainte égalité.
    Nos forts sont nos cathédrales,
    Nos cloches sont nos canons,
    Notre eau bénite des balles,
    Nos orémus des chansons.

    4. Les chaires où l'imposture
    Prêchait l'imbécillité,
    Où l'on damnait la nature
    De par la divinité.
    Aujourd'hui purifiées
    Servent à la vérité
    Pour vanter nos destinées
    Les vertus, la liberté.

    Note: Les corps de Marat et Le Peletier furent déposés au Panthéon, l'ancienne église Sainte-Geneviève

    Quant aux cloches auxquelles les Bretons sont si attachés, leur sort est évoqué par l'auteur - interprète Piis (1755-1832) dans ces couplets sur la motion de l'Assemblée nationale du 17 mai 1790 de fondre toutes les cloches du Royaume.

    Couplets sur les cloches (1790)

    Mélodie (Air: "O filii et filiae")

    En province comme à Paris
    Toutes les cloches ont leur prix.
    C'est bien ce que l'on pèsera.
    Alléluia

    ...Mais pour le salut général,
    On fait si bien que ce métal
    En sous marqués se changera:
    Alléluia!
    ...
    Source des 2 chants ci-dessus: Dictionnaire des chansons de la Révolution 1787-1799, Ginette et Georges Marty, Editions Tallandier, 1988
    This text alludes to a decision of the Convention, in 1793, that all lead, iron and copper which could be found in the churches would be melt into bullets and cannon balls. Previously the bells had given, as from 1791, material for casting coins and making cannon. These facts are addressed in the following song composed by citizen Julien in 1793.

    The Saints in the Mud(1793)

    Tune (Air: "As soon as light")

    1. All these Gothic edifices,
    "Worship places" for so long,
    Are no longer shops where God is
    Sold for lunch and suffers wrong.
    From altars the people drive
    The tycoons of the holy trade
    And their love makes of them shrines
    For Marat and Le Peletier.

    2. Reason displays everywhere
    Instead of the divine trap (=the cross)
    The stately three coloured banner
    The pike and the Phrygian cap.
    Our devils are the despots.
    Our priests are our warriors,
    Whereas our hells are the bigots,
    Our paradises our quarters.

    3. On the altars Mary's pictures
    Are replaced by Liberty.
    The Messiah whom France now honours
    Is called Holy Equality.
    And our forts are our cathedrals.
    And our bells are our cannon,
    Our holy water, cannon balls,
    And our pious hymns are war songs.

    4. From the pulpits where once mere fraud
    Used to preach imbecility
    And nature was condemned to laud
    Illusory divinity,
    To redeem the vileness of old,
    We have sworn always to tell true
    And our destiny is extolled
    As are liberty and virtue.

    Note: The corpses of Marat and Le Peletier were interred in the Pantheon, the former Saint Genevieve Church.

    Let us go back to the bells that are so dear to the Bretons' hearts with this song composed by the author-singer Piis (1755-1832) when a decree was passed by the National Assembly on May 17th, 1790 to order the melting of all bells in the Kingdom.


    Stanzas on the Bells (1790)

    Tune (Air: "O filii et filiae")

    In the province as in Paris
    All bells have a price and it is
    Precisely what we are to weigh
    Alleluia!

    ... But for the common welfare
    It's good that all this ironware
    Be turned into coined money:
    Alleluia!
    ...

    .

    Trois chants de Théodore Botrel - Three songs by Théodore Botrel

    On peut se demander si la ballade de Guillou Arvern n'a pas inspiré plusieurs chansons de l'auteur - compositeur - interprète, Théodore Botrel (1868 -1925) consacrées à la Chouannerie.
    Voici, par exemple, le début de la "messe en mer":


    La messe en mer

    Mélodie

    Mais, comment ferez-vous, l'abbé?
    Ma Doue!
    Mais, comment ferez-vous, l'abbé?
    Pour nous dire la messe?
    - Lorsque le soir sera tombé
    Je tiendrai ma promesse.

    Votre église est en cendre!
    -Vers l'océan je descendrai
    Voulez-vous y descendre?

    Nul autel ne s'y lève
    - Sur un bateau j'officierai
    Vous serez sur la grève...
    ...

    Et cet autre chant lugubre qui évoque les fantômes des briseurs de calvaires chargés de l'"action psychologique" au sein des "Colonnes infernales" de la République et qui reviennent réparer les déprédations qu'ils ont commises de leur vivant:


    Les briseurs de calvaires

    Mélodie

    Lorsque surpris par la nuit sombre
    Vous traversez nos carrefours
    Vous entendez souvent dans l'ombre
    De longs soupirs et des bruits sourds
    Des soupirs venant d'outre-tombe
    Plein d'un désespoir infini
    Et le bruit du granit qui tombe
    Et retombe sur le granit
    Alors tremblant de tout votre être
    Vous vous sauvez en vous signant
    Vous demandant quels peuvent être
    Ces ouvriers au coeur saignant:
    Ce sont les soldats de naguère
    Qui voulaient -sacrilèges fous-
    Dans le temps de la grande guerre
    Chasser le bon Dieu de chez nous.
    Venus de Paris ou de Nantes
    Hurlant comme des loups-cerviers
    Brandissant des torches fumantes
    Armés de pics et de leviers,
    Ces maudits que les enfers mêmes
    Ont refusé de recevoir,
    Avec de terribles blasphèmes
    Brisaient l'autel et l'ostensoir.

    Ils détruisent les cathédrales
    Et les croix de granit sculpté...

    Mais combien de routes sont veuves
    De leurs calvaires de jadis...

    Ils sont là les Jésus de pierre
    Tête de ci, jambes de là...

    ...Ce sont les briseurs de calvaires
    Qui remettent Jésus en croix.

    Et enfin, cette "Chanson de Marie-Antoinette au Temple":


    Fleur de Reine

    Mélodie

    Trois fleurs qu'on disait immortelles
    Fleurissaient mon coeur autrefois!
    Hélas, hélas, que ne sont elles
    Encore à fleurir toutes trois!
    J'ai cueilli le lis et la rose
    Ces deux fleurs de gloire et d'amour.
    Avec une fleur inéclose
    Mais qui devait éclore un jour!

    ...
    C'est la fleur qui fleurit les reines
    Car on la nomme le souci.


    Il apparaît que Botrel est bien loin d'égaler son modèle.

    Source de ces 3 chants: Chansons de la Fleur de Lys, Editions Fortin 1993
    One may wonder if the ballad by Guillou Arvern did not inspire some songs which the author-composer-singer Théodore Botrel (1868 - 1925) dedicated to the Chouan wars.
    Here is, for instance, the beginning of the "Mass at Sea":

    The Mass at Sea

    Tune

    Say, how shall you do, Reverend?
    Ma Doue (My God!)
    Say, how shall you do, Reverend,
    To say mass for us?
    - At the close of the day
    I shall hold my promise.

    Your church is reduced to ashes!
    - To the ocean I shall descend.
    Say , why shall you descend?

    There is no altar down there
    - On board a ship I shall say mass
    You shall stay on the shore...
    ...

    And this other dismal ballad evoking the ghosts of the "calvary breakers" who were in charge of the "psychological action" within the "Hell's columns" of the Republic and are back to make good for the destruction caused in their lifetime:


    The Calvary Breakers

    Tune

    When, overtaken by nightfall,
    You pass on our crossroads alone
    You may hear in the dark, dismal,
    Long sighs as well as muffled moan.
    Sighs rising from the tombs, it seems,
    That are full of endless despair
    And the thump of some granite beams
    Falling back to their granite lairs.
    Then you quake with fear and tremble.
    Maybe you cross yourself and flee,
    Wondering what may resemble
    These workers in such agony:
    They are soldiers of days gone by
    Who had, an accursed sacrilege,
    -When our land was in dreadful plight-
    To drive God from here made a pledge.
    They came from Paris or from Nantes
    And like a pack of wolves thundered,
    Brandishing reeking firebrands,
    And levers, jemmies and hammers.
    Even Hell has denied entry
    To this nefarious nuisance
    That uttered horrid blasphemy
    When they broke altar and monstrance.

    They destroy church and cathedral
    And crosses hewn in the granite...

    But how many streets are devoid
    Of their crosses of long ago...

    Here they are the Jesus figures:
    Stone head here, and stone legs there...

    ...See how the calvary breakers
    Try to crucify Him again.

    And this "Lament of Marie-Antoinette in the Temple Jail":


    Queen's Flower

    Tune

    Three flowers that never wither
    Would adorn my breast formerly.
    Alas, alas, why forever
    Do they not flower, all three?
    I have picked lily and rose
    And I kept both of them enclosed
    As tokens of love and glory.
    And I miss one flower only.

    ...
    The flower suitable for queens
    Is the marigold as it seems.
    (the French for "marigold" means "sorrow")

    It appears that Botrel's poetic skills are far from abreast of his model's.

    Translated by Christian Souchon (c) 2007


    Calvaire de Guénéno (Mor.)
    Calvaire de Guénéno (Morbihan), "symbole de l'obscurantisme",
    Détruit par la Révolution, réédifié en 1853




    Ar beleg forbannet  Ar chouanted