Tostait amañ, Plabennegiz!

Apprenez, Gens de Plabennec...

People of Plabennec, come nigh!

Texte recueilli par Jean-Marie de Penguern (1807 - 1856)

Manuscrit coté N.91 à la Bibliothèque Nationale : Chants populaires de Trégor
Publié par Dastum dans "Dastumad Penwern" en 1983

Eglise Saint Ténénan à Plabennec

Mélodie
Selon l'indication du manuscrit de Penguern:
"War ton gwerz "Katell Gollet"
(Sur l'air de "Catherine Perdue")
Kanaouennou Breiz-Vihan (Mélodies d'Armorique),
par H. Laterre (Bodlan) et F.Gourvil (Barr-Ilio),
publié en 1911 (et emprunté au site de M. Pierre Quentel)
Arrangement par Christian Souchon (c) 2009


SKRID PENWERN
KANTIK

Tostaït amañ Plabennegiz,
Klevit ar c’heloù meurbed trist:
En nos eo laeret ho person
Gant tud kruel ha direzon.

En trede war-nugent a vis C’hwevrer
Eo bet kemeret ho pastor
Gant ur vandenn tud anrajet
Kleuboù an Ifern dirollet.

Kriz vije ‘r galon na ouelje
E prisbital neb a vije
O klevoud ar c’hri hag ar gouelvan.
Dirollet eo ar bleizi war an oan.

O va Doue, pebezh glac’har!
Kemeret evit kriminal
Abalamour m’en-deveus prezeget
Aviel Jezuz d’e aoditored.

D’an hanter-nos nevez-sonet
Er prispital ez-int antreet,
Skoet o-deus an holl dorioù
En noaz ganto edo o armoù.

Skeiñ a raent kreñv war an nor:
“A-berzh ar Roue o c’houlenn digor,
Hag hastit buan, na dardit ket
Rak bezañ hon-eus afer breset!”

Ar plac’h p’he-deveus o c’hlevet
Gant spont he-deveus goulennet
Piv zo aze d’ar poent-mañ ‘n nos.
« Emaomp dija pell-zo o repoz ! »

An diranted a oa preset :
Evel ma oant espiounet
A barlante rust ha c’hwerv:
“Ma na zigorit, ni a dorro!”

« An Aotroù Jestin a glaskomp
Parlant gantañ prest a rankomp.
Bezañ o-neus gantañ afer breset
Da Zant Paol Leon e rank doned.“

Ar plac’h d’an nec’h prest a zavas
En ur ouelañ a lavaras:
« Aotroù, savit, deuit alese
Mar gellit, saveteit ho puhez !

Ez-eus deuet bourc’hizien
Ha gallek ne parlantont ken.
Krediñ a ran, a feiz parfet,
N’int deuet nemed d’ho kemered. »

« Sesit Marc’harit da ouelañ.
Erruout a dlee kement-mañ.
N’am-eus ket repozet ‘hed an nos:
Edon pell-zo outo 'gortoz.”

Diskenn a reas buan d’an nor
D’o saludiñ gant peb enor,
Gant joa en-deus o resevet
Evel e brassañ mignoned.

“Antreit, tudjentil, antreit er zal
Ma serrin an nor-mañ raktal.
Evit bremañ me hoc’h asuro
Eus ho puez me respounto.

Ma klevfe tud va farrez, serten,
E ve-me sesiset evel-henn,
M’hoc’h asure evit serten
E chomfe ho puez war an dachenn.“

An aotroù person pa oant antreet
D’e c’hoar Mari eñ-deus laret:
« Digasit amañ peadra
D’an dujentil-mañ da evañ.

Hag ivez peadra da zebriñ.
Poent bras eo dezhe dijuniñ.
Emaint pell-zo oc’h ober rout:
O c’halon deze a hellfe mañkout.“

An dud-mañ o-deus respontet:
„Ni n’hon-eus afer a dra ebet.
Na da zebriñ, na da evañ.
Poent bras eo deomp partial. »

E c’hoar Mari p’he-deus klevet
E rankent partial war ar moment
D’an daoulin pront en em strinkas
Da c’houlenn gras d’he breur kaezh.

Mez ar re-mañ ken arrajet
N’o-doa na pardon na gras ebet.
Partial a-barzh an deiz
En aon da goll o freizh.

A-barzh sortial demeus an ti
E lavaras d’e c’hoar Mari :
« Tavit va c’hoar, na ouelit ket
Me z’in hep dale d’ho gweled.

Va gourc’hemennoù d’am mamm gaezh.
Sur e vezo glac’haret bras.
A zo o chom e Sant-Divi.
Pedit Doue d’he konsoliñ. »

Hep amzer d’en em habilhañ
War an eur e rank partial.
En e jupen e oant krapet
War an Hent Bras e oe konduet.

Eno edont oc’h he c’hortos,
An dud barbar ganto c’harros.
E-barzh e oe plantet buan
Hag ac’hano evel an tan.

Pa edo o passeal an hent bras
Dioc’h ar groaz e kimiadas:
„Adieu, deoc’h-hu kroaz ar mision.
Me am-eus glac’har em c’halon.

Adieu, pobl keizh a Blabennek!
Me am-eus deoc’h-hu prezeget.
Dalc’hit mat atav d’ar c’homzoù
Ho-peus klevet deus va genoù.

Plabennegiz, c’hwi a ouelo
En hoc’h iliz ha war he zro.
Ispisial e benitanted
Her gouelint mui e tro ‘r vered.

D’ar Sul paz’eot en ilis,
Pebezh glac’har, Plabennegiz,
Pa na welit mui ho person
Pehini a garec’h a wir galon !

Konsiderit pebezh glac’har
Pa sellot oc’h an dribunal
E-lec’h ma veze gant douster
O selaou e benitanted kêr.

Pa sellot out ar gador sermon
Pebezh glac’har en ho kalon!
Eno e pigne aliez
Da anoñs deoc’h ar wirionez. -

Emaomp e grenn er pempved bloavezh
M’hor-boa ar joa en hon-toues
Da gaout teñsor ar mision
Obtenet deomp gant hor person.

Ni hor-boa sur ur person mat
Santel meurbet hag hegarat.
Ha bremañ her gwelomp eksilet
Evit reiñ plas d’an treuzplantet.

Evel hor salver eo trahisset
Gant ul lodenn eus e zeñved.
Ne fell ket deomp o diskleriañ
Mes ar c’hontre oueint ar re-mañ.

Diskrivet e KLT gant Christian Souchon
TRADUCTION FRANCAISE
CANTIQUE

Apprenez, gens de Plabennec (1)
Cette nouvelle lamentable :
Nuitamment, par des misérables
Votre recteur fut enlevé.

Le vingt-trois février, le cher
Pasteur, de nuit, fut emmené
Par une bande d’enragés (2)
Issus d’un de ces Clubs d’enfer. (3)

Imagine-t-on le tableau :
L’irruption dans un presbytère ;
Avec force cris de colère
Des loups se disputant l’agneau ?

Dieu, nous vivons des temps maudits
Où celui-là commet un crime
Qui veut prêcher la loi divine :
L’évangile de Jésus-Christ.

Voilà donc que minuit sonnait
Quand ils vinrent au presbytère,
Et qu’à chaque porte ils frappèrent,
Armés, pourquoi ? Nul ne le sait.

La menace se fit pressante :
- Ouvrez la porte au nom du Roi !
Faites vite, ne tardez pas,
Il s’agit d’une affaire urgente ! -

La servante entendit bientôt
Et demandait, épouvantée,
Qui donc à cette heure avancée
De la nuit troublait leur repos.

Impatients, les tyrans rétorquent
Car ils craignent d'être espionnés
D’une voix âpre et rauque : - Ouvrez,
Sinon nous enfonçons la porte !

Il faut qu’à l’instant nous parlions
Au citoyen Jestin. Il doit
(C’est un ordre qui n’attend pas)
Nous suivre à Saint-Pol de Léon. –

A l’étage elle se rendit.
Tout en pleurant elle disait :
- Sauvez-vous, Monsieur le curé,
Car il y va de votre vie !

Il est venu des citadins
Qui ne s’expriment qu’en français. (5)
Faire de vous leur prisonnier,
C’est là leur mission, je le crains.

- Cessez de pleurer, Marguerite.
Tout cela était à prévoir :
J’ai passé la nuit sans pouvoir
Dormir. J’attendais leur visite.

Il descendit ouvrir son huis,
Les salua chaleureusement.
A l’entendre, on eût cru, vraiment,
Que c’était ses meilleurs amis.

- Entrez vite, Messieurs, entrez,
Que je referme cette porte.
Car c’est votre vie qui m’importe :
Si l’on vous voit, vous la perdrez.

Dans ma paroisse, si les gens
Entendaient comment on m’arrête,
Je vous assure, moi leur prêtre,
Que vous péririez sur le champ. –

Monsieur le curé, lorsqu’ils furent
Entrés, dit à sa sœur Marie :
- Veuillez apporter, je vous prie,
A boire aux hôtes de la cure.

Egalement, de quoi manger.
Il ne faut pas rester à jeun
Quand on a fait un tel chemin :
Le cœur vous viendrait à manquer. –

A son offre aimable on répond :
- Non, nous n’avons besoin de rien.
Rien, ni nourriture, ni vin.
Il est grand temps que nous partions. –

Sa sœur Marie comprend bientôt
Qu’on ne peut repousser le terme.
Devant eux elle se prosterne,
Demandant grâce à ces bourreaux.

Le cœur des brutes est toujours
Une porte en vain où l’on frappe :
Pour que leur proie ne leur échappe,
Ils partiront avant le jour.

Avant de sortir du logis,
A Marie voilà qu'il s’adresse :
- Il faut, ma sœur, que vos pleurs cessent.
Sous peu vous me verrez ici.

Transmettez ces bonnes paroles
A ma pauvre mère, elle aussi.
Elle demeure à Saint-Divy.
Priez Dieu pour qu’il la console. -

Vite il passa ses vêtements
Et l’on partit à l’instant même.
Et par son gilet on le traîne
Jusqu’à la Grand’ Route en courant. (4)

Ici l’attend une voiture
Que les bandits ont avec eux.
On y jette ce malheureux.
Elle s’éloigne à toute allure.

En passant sur le Grand Chemin
Auprès de la Croix des Missions:
Il la salua : - Adieu donc,
Mon cœur est rempli de chagrin.

Gens de Plabennec, tout s’achève.
Vous pour qui jadis j’ai prêché,
Dans vos cœurs il faudra garder
Tous ces mots sortis de mes lèvres. -

O combien de larmes amères
En l’église vous verserez,
Vous pénitents qui le voyiez,
Faisant le tour du cimetière.

Le dimanche quand vous irez
A l’église quel crève-cœur
De ne plus y voir ce recteur
Que sincèrement vous aimiez!

Votre chagrin sera bien grand
A la vue du confessionnal
Où, toujours indulgent au mal,
Il écoutait ses pénitents.

La chaire, quand vous la verrez,
Ce sera le cœur bien dolent:
C’est là qu’il monta si souvent
Pour vous prêcher la vérité. -

C’est la cinquième année ou presque
Que la joie régnait parmi nous
Grâce à la mission, ce bijou (6)
Que nous devons à sa tendresse.

Oui, nous avions un bon curé,
Un saint homme et un homme aimable
Ils ont arraché le bel arbre
Pour faire place au transplanté.

Comme le Christ il fut trahi
Par une clique de ses ouailles.
Nous ne voulons point de chamaille.
Mais tous les connaissent ici.

Traduction Christian Souchon (c) 2009
ENGLISH TRANSLATION
HYMN

People of Plabennec come nigh! (1)
Listen to this appalling news:
Your parson was by cruel ruse
Caught in the middle of the night!

On February twenty-third
A parcel of the rabid cubs (2)
Begotten by the hellish Clubs (3)
Have arrested our dear shepherd.

Cruel-hearted were whoever had,
In the presbytery, not been sad
To hear the rushing of the pack
At the doe, in a wild attack.

God, how distressing for a priest
To be caught like a murderous beast!
The Gospel in public he preached:
Of the peace should that be a breach?

At twelve o’clock at night they came
To the presbytery, for shame!
They loudly knocked at the door.
They were armed. One wonders what for!

With their knocks the house did ring:
- Open, on behalf of the King!
Open quickly. Without delay!
It’s an urgent matter, I say! –

The maid who heard at last the row,
Scared, dared not visitors allow
To enter who turned up so late:
- All are asleep. Can you not wait? -

In a hurry were the tyrants
Because they feared they could be spied.
- Open this door - they hoarsely cried,
Or we shall break in this moment!”

We’re looking for Mister Jestin,
We come on a pressing errand
And must speak to him beforehand:
To Saint-Pol we have to take him.

The maid went upstairs hurriedly.
She waked the parson in dismay.
- Master, get up, and flee away.
Your life is at stake, certainly.

City dwellers have come for you.
French is the only tongue they speak. (5)
And the sole design of this clique
Is to put you in jail. It’s true!

- Stop crying, Margaret, What’s wrong?
Had I not it coming to me?
Now, otherwise it could not be:
I’ve been waiting for them for long.

He went downstairs, opened the door,
Welcomed them, did them the honours,
As if these fateful visitors
Had been his dearest friends before.

- Come in, gentlemen, do enter!
I’ll close the door in a hurry,
Since, for now, my only worry
Is your life for which I answer.

In my parish if people heard
That I’m arrested in that way,
I assure you that right away
They would kill you, upon my word! –

The parson let in the party
Then said to Mary, his sister:
- Bring here glasses and a pitcher
These gentlemen must be thirsty.

And to eat something on a tray:
They mustn’t fast any longer
Or they all will faint with hunger.
They have been long now on their way. –

This offer they would not receive:
- There’s no need anything to bring,
Nothing to eat, for drink nothing.
For it’s high time for us to leave. –

Now it is clear to Mary
That they are to start this moment.
She kneels down, entreats the tyrant
To have on her brother mercy.

Considering what is at stake,
They are to pity impervious.
To keep their prey they are anxious
To leave the town before daybreak.

Before with them he went along,
He said to his sister Mary:
- Be happy, sister, don’t worry:
I trust I’ll be back before long.

Inform our mother, don’t defer.
Her grief is sure to be heavy.
She is living in Saint Divy.
Pray to God, He may console her. –

He dressed without further delay
But hardly did they wait for it.
They had grabbed him by his jacket
And they dragged him to the High Way. (4)

Waiting for them other savage
Bandits were there with a carriage
Into which they hurled him, indeed,
And they drove away at full speed.

On the way they passed by the Cross
To which he said these parting words:
- Mission Cross, my thoughts turn inwards
At this sight and at the great loss

You suffer, folks of Plabennec:
The preaching that I held to you.
May you recall all your lives through
Yesterday’s words, if new you lack.

Plabennec folks in mourning waves
I see how you'll come to your church,
Above all the sinners in search
Of pardon turning round the graves.

When on Sundays to church you’ll go
Folks of Plabennec, what a blow
For you: not to see your parson
Whom you loved with true affection!

Your pain will grow at the vision
Of the bench where he used to stay
And to hear in his gentle way
His dear penitents’ confession;

Or of the pulpit’s lofty booth.
This sight will make your hearts feel low.
Up into it he used to go,
To preach you nothing but the truth. -

We were amidst of the fifth year
When we enjoyed this precious gear:
A Mission that was sent to us, (6)
And thanks to him, a great success. -

We did have a worthy parson
A holy and a kind person.
Now the good tree has been looted
To give room to the uprooted.

His arrest was like our Saviour’s
Caused by some black sheep in his flock.
Why mark them with accusing chalk?
They are all known of their neighbours.

Translated by Christian Souchon (c) 2009


Armoiries de Plabennec


Notes

Les événements retracés dans ce "cantique" se produisirent le 23 février 1791. Le roi n'avait pas encore été déchu, mais la "constitution civile du clergé" était entrée en vigueur en juillet 1790. Elle rendait l'Eglise de France indépendante du Pape et prévoyait que les évêques, abbés et curés de paroisses seraient élus en même temps que les autres représentants locaux. Il n'y aurait plus qu'un évêché par département (85 au lieu de 135). Dans la province bretonne de Léon (région de Brest) le clergé fut unanime pour rejeter ces nouvelles dispositions. L'évêque de Léon diffusa une circulaire incitant tous les prêtres à s'opposer à leur application. En novembre 1790, un nouveau décret exigeait de tous les ecclésiastiques qu'ils prêtent serment à la Constitution, faute de quoi ils seraient poursuivis pour atteinte à l'ordre public.

(1) Le curé François Jestin de Plabennec, une grosse bourgade rurale, située à mi-chemin entre Brest et Saint-Pol de Léon, prêcha publiquement, le 30 janvier 1791, contre la constitution civile du clergé et le serment des prêtres, en s'appuyant sur une argumentation tirée de l'Evangile.

Il fut unanimement acclamé par l'assistance: on ouvrit les portes pour permettre à ceux qui seraient d'un avis contraire de quitter l'assemblée. Mais tous restèrent.
Et pourtant il fut dénoncé ce même dimanche aux autorités de Brest. M. le curé Jestin fut arrêté le 23 février, à son presbytère de Lanhouardon, dans les circonstances décrites par la "gwerz". On l'emmena à Brest (et non Saint-Pol de Léon, comme le dit la complainte) au "Petit Couvent" transformé en prison.
Les Brestois seront intéressés d'apprendre que ce couvent se situait à l'emplacement de l'ilot d'immeubles derrière la Banque de France. En 1845, la mairie y avait construit l'ex Collège de Joinville. Le nom de "Petit Couvent" vient qu'il se trouvait non loin de l'imposant Couvent des Carmes, à proximité de la Salle des Ventes et du Musée. Seule subsiste l'école de ND des Carmes.
Pour en revenir à François Jestin, il fut remplacé dans ses fonctions par un prêtre "jureur", l'Abbé Le Caill, que le conseil municipal de Plabennec refusa cependant d'installer, tant que son prédécesseur n'aurait pas fait savoir qu'il démissionnait (ce qu'il ne fit jamais).
Un arrêté en date du 21 février 1791 fut pris pour imposer l'installation forcée de prêtres dans de telles situations. Les autorités brestoises firent une tentative qui déchaîna la colère populaire. Une compagnie composée de 200 soldats, 200 gardes nationaux et 50 canonniers équipés de deux canons fut alors dépêchée le 8 mai de Brest à Plabennec. Il lui fallut livrer un combat court mais acharné, pour venir à bout de cette rébellion.
Le recteur François Jestin survécut à cette époque troublée. Il se réfugia en Italie, puis revint dans le sud de la France. Malade, il revient à Plabennec où il meurt en 1802.
M. Michel Mauguin à qui je dois ces informations termine par cette remarque désabusée: "Il semble que Plabennec ait très vite oublié cet épisode et n'ait eu que peu de reconnaissance envers cet homme de conviction. Les paroissiens passèrent à autre chose: ce héros local n'a donné son nom pas même à une voie sans issue!"
Source: Site Web de M. Mauguin (http://pagesperso-orange.fr/michel.mauguin/sonj/revolut2.htm)

(2) Cette gwerz, d'une valeur littéraire certaine, fut sans doute écrite par un ecclésiastique, peut-être par l'Abbé Jestin lui-même. Exceptionnellement, le manuscrit de Penguern n'indique pas l'origine du texte. Visiblement, l'auteur connaissait le français puisqu'il parle des "enragés", ces révolutionnaires radicaux qui eurent pour chef un prêtre, Jacques Roux...

(3)...et que son texte mentionne les "Clubs" (Cordeliers, Jacobins...) dont nombre d'activistes étaient issus.

(4) On note que la servante reconnaît que les visiteurs nocturnes sont des citadins au fait qu'ils ne s'expriment qu'en français. Plabennec était un bourg rural où l'on parlait breton.

(5) La "Grand' Route" (an Hent Bras) désigne localement la route de Brest à Saint-Pol de Léon.

(6) En ce qui concerne les missions, voir les notes à propos des chants du Barzhaz le Paradis et l'Enfer
The event referred to in this "hymn" occurred on 23rd February 1791. The King was not yet deposed. But the so-called Civil Constitution of the Clergy had been proclaimed in July 1790. It made the French Church independent from the Pope and prescribed that bishops, abbots and vicars would be elected along with the civilian officials. There would be only one diocese in each "département" (85 instead of 135). In the Breton shire Léon, the clergy ( of the Brest area) decidedly refused these new regulations and the Bishop of Leon sent a circular letter to prompt all priests to resist them. In November 1790 a new decree required that all clerics should take an oath of allegiance to the Constitution or they would be prosecuted on a charge of breach of the peace.

(1) The vicar François Jestin of Plabennec, an extensive rural parish, between Brest and Saint-Pol de Léon preached publicly on 30 January 1791 against the "Civil Constitution of the Clergy" and the "Oath of allegiance" with arguments drawn from the Gospel.
.
He was unanimously backed by the people of the parish: The doors of the church were opened to allow those who had a diverging opinion to leave the meeting. But no one did.
Some people however denounced him on the same Sunday in Brest. And M. Jestin was arrested on 23rd February as recounted in the ballad above, in his presbytery at Lanhouardon. He was taken to Brest (not to Saint-Pol-de-Leon as asserted in the lament) to the "Lesser Convent" "recycled" as a jail.
Brest citizens will be interested to learn that the aforesaid convent was located where the tenements behind the Bank of France now are. In 1845 the de Joinville secondary school was erected there by order of the Town council. "Lesser Convent" hints at the stately former White Friars' Convent that stood not far from the Auction room and the Museum. The only remnant of it is the school Notre-Dame des Carmes.
As for vicar Jestin, he was replaced in his functions by a "juror" priest, the Reverend Le Caill whom the Plabennec town council however refused to establish, as long as his predecessor had not resigned. (Which he never did).
Now a local by-law dated 21st February 1791 provided for enforced establishment of clerics in such cases. An attempt was made by the Brest authorities that resulted in a regular uprising. A company of 200 soldiers, 200 national guards and fifty gunners with two cannon had to be sent on May 18 th from Brest to Plabennec.
The rebellion could be brought to heel after a short but fierce resistance.
Vicar François Jestin survived these times of trouble. He took refuge in Italy, than came back to Southern France. Seriously ill, he returned to Plabennec where he died in 1802.
Mr. Michel Mauguin who contributed this information adds this bitter remark: "It appears that Plabennec people soon forgot both these dramatic events and their protagonist's unswerving loyalty. Times had changed and they did not even honour their local hero by naming a cul-de-sac after him!"
Source: M. Mauguin's web site (http://pagesperso-orange.fr/michel.mauguin/sonj/revolut2.htm)


(2) This "gwerz", of indisputable literary value, was very likely penned by a cleric, maybe the Reverend M. Jestin himself. In this particular instance the origin of the song is not mentioned in the Penguern MS. It is evident that the author spoke French, as he uses words like "añrajet" (French "enragés", translated here as "rabid cubs"), that referred to radical Revolutionaries whose leader was the "juror" priest Jacques Roux.

(3) He also mentions the "Clubs" (Cordeliers, Jacobins...) that produced the most ferocious activists.

(4) It is remarkable that the maid could tell the night visitors as town dwellers by their speaking only French. Plabennec was a rural township where only Breton was spoken.

(5) The "High Way" (an Hent Bras) locally refers to the Brest to Saint-Pol de Léon road.

(6) Concerning the "missions", see the foot notes to the "Barzhaz" songs Paradise and Hell


Jean-Marie de Penguern (1807 -1856)



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Taolenn