1° Son ar garantez

Chanson de l'amour

The song of love

Chant collecté par Théodore Hersart de La Villemarqué
dans le 1er Carnet de Keransquer (p. 257).



Mélodie: "Son ar garantez"
Arrangement Christian Souchon (c) 2015

A propos de la mélodie:
"Cette chanson m'a été chantée le 11 juillet 1894, par Louis Moullec, boulanger à Roscoff, qui est un chanteur émérite. Il n'a point d'émule dans les environs, mais il faut dire qu'il n'est pas de Roscoff, mais de Guerlesquin, c'est-à-dire du Pays de Tréguier. On remarquera que le premier vers [du chant N°3] est de 8 syllabes et le second de 7 (sauf exceptions), ce qui est moins sec dans le chant. Cet air peut être appliqué à des vers de 4 strophes de 8 syllabes." (Note d'Alfred Bourgeois).

Bibliographie
Si l'on considère le thème des trois (ou six) pommes comme l'élément identifiant ce chant, on constate qu'il a été collecté:
- par La Villemarqué, pages 257-258 (chant n°1) en tant que "Son ar garantez" et, sous une forme différente, pages 199 et 285: chant N°2, "Pell zo amzer em-eus klevet".
- Par J.-M. de Penguern, collection de manuscrits Tome 89: "Paotr e avaloù ruz" (Taulé, 1851) (=Gwerin 4); 202: "Er bloaz-mañ eo kêr an êd (Taulé, 1851) (vers 32-38).
- et par Alfred Bourgeois (c'est le chant N° 3): "Marc'had ar merc'hed yaouank (Guerlesquin, 1894) (vers 28-32)

Remarques
Ces trois chants ne racontent pas la même histoire:
  • "Son a garantez": j'ai trois pommes, l'une pour moi, l'autre pour ma "mestrez" ("maitresse" au sens du 17ème siècle, celle que j'aime), la troisième pour ma "servijourez". Le mot "servijour" (serviteur), dans d'autres chansons (sous la forme "servicher", dans an Droukrañs, Son Fest Mizeven,etc.) désigne le "soupirant", dont les attentions ne sont pas forcément payées de retour. Ces trois pommes sont pour moi car je ne sais pas qui m'aime. Les jeunes filles sont inconstantes, les garçons rebutés par les obligations de la vie en ménage. Pourtant un mariage d'amour vaut mieux que l'aisance matérielle.
    Cette pièce a fourni à La Villemarqué plusieurs passages que l'on retrouve dans d'autres chants du Barzhaz:
    - strophes 5 et 6: Le lépreux, strophes 11 et 12.
    - strophes 7 et 8: même chant, strophe 10 (ces deux strophes reprennent presque mot pour mot un couplet du chant "Krouer an ne", noté page 149, en prolongement de celui de la page 6).
    - strophe 11: La conversion de Merlin, strophe 8.
    - strophes 11 à 14: La Villemarqué envisageait de les réutiliser dans La Quenouille d'ivoire, strophes 47 à 50 (Chant de Lozaïk filant sa quenouille).
  • "Pell amzer zo": j'aime une fille qui vit tout près, au manoir de Penaret. J'ai six pommes, deux pour moi, deux pour ma "maîtresse", deux pour ma "servante". Comme je ne sais pas qui m'aime (doit-on comprendre "si je suis aimé en retour"?), je garde les trois (les six pommes ne sont plus que trois!) pour moi.
    On passe de la page 199 à la page 285, pour tenir compte de la numérotation postérieure à l'assemblage des feuillets, et la chanson se poursuit, mais s'agit-il vraiment de la même chanson?
    C'est la dame qui parle: elle a épousé Yannik, qui cuve son vin dans un chant de genêt, alors qu'il gèle. Il ne consent à rentrer que pour accomplir son "devoir conjugal". Son épouse lui suggère de s'adresser à cet effet à une servante...
  • "Marc'had ar Merc'hed": dans cette chanson notée par Alfred Bourgeois, il est aussi question de six pommes qui ne sont pas attribuées tant que l'"amant" n'est pas identifié. Elle commence par des sarcasmes: Au marché, les soupirantes sont moins chères que le blé. Un garçon en a eu quatre pour quatre "lur" (livres ou francs), dont deux très jolies et deux autres qui le sont moins et qu'il propose de venir chercher plus tard. Ces dernières protestent en citant les strophes 12 et 13 du Miroir d'argent: "elles risquent de mourir du désir ardent d'avoir un mari!"
    Dans les trois derniers couplets, on voit le cynique garçon au pied du mur. Sa belle - il semble qu'il ait fait son choix - en le gratifiant d'une délicieuse soupe, l'invite à faire sa demande. Mais lui s'entête à ne pas parler mariage!
  • About the tune
    "This song was sung to me on 11th July 1894, by Louis Moullec, a baker in Roscoff, who also is a proficient songster. Nobody can vie with him in the neighbourhood, yet he was not born in Roscoff, but in Guerlesquin, i.e. in the district of Tréguier. It is remarkable that the first line in each stanza [of song N°3] has 8 syllables, and the second 7 (but for a few exceptions), which makes the song sound softer. This tune may also accommodate a set of 4 stanzas of 8 syllable lines." (Note by Alfred Bourgeois).

    Bibliography
    Provided that the three (or six) apple motif may be used to distinguish this piece from others, it appears that it was collected:
    - by La Villemarqué, on pages 257-258, as song n°1, "Son ar garantez" and, as a different song, on pages 199 and 285, as song N°2, "Pell zo amzer em-eus klevet".
    - by J.-M. de Penguern, and recorded in his MS collection, Book 89: "Paotr e avaloù ruz" (Taulé, 1851) (=Gwerin 4); Book 202: "Er bloaz-mañ eo kêr an êd (Taulé, 1851) (lines 32-38).
    - And by Alfred Bourgeois (as song N° 3): "Marc'had ar merc'hed yaouank (Guerlesquin, 1894) (lines 28-32)

    Remarks
    Each of these three songs tells a different story:
  • "Son a garantez": I've got three apples, one is for me, the other for my "mestrez" ("mistress", as the word was understood in the 17th century, the girl I love), the third for my "servijourez". The term "servijour" (servant), appearing as "servicher" in Breaking off, June Festival song, etc.) means a "suitor", whose exertions will not necessarily be requited. All these three apple will be for me, since I fail to know who is in love with me. Girls are fickle beings, whereas boys will not readily accept the constraint of married life. Yet love in marriage is more worth than riches.
    This piece provided La Villemarqué with several passages he inserted into other Barzhaz songs:
    - stanzas 5 and 6: The Leper, stanzas 11 and 12.
    - stanzas 7 and 8: same song, stanza 10 (these two stanzas repeat almost literally a strophe of the song "Krouer an ne", recorded on page 149, opposite page 6).
    - stanza 11: Merlin's conversion, stanza 8.
    - stanzas 11 with 14: La Villemarqué considered re-using them in The Ivory Distaff, stanzas 47 to 50 (Lozaïk's spinning song).
  • "Pell amzer zo": I love a girl living next door, at Penaret manor. I've got six apples, two for me, two for my "mistress", two for my "maid servant". Since I don't know who loves me (does it mean "if my love is requited"?), I keep all three apples (the six apples have shrunk now to three!) for myself.
    We jump now from page 199 over to page 285, to account for the pagination made after the leaves were bound together to booklets, so as to read further the song, but is it really the same song?
    Now the girl is speaking: she married Yannik, who sleeps it off, out in a frozen broom field. He will vouchsafe to come home, only if it is to perform his husband's duty. His wife suggests he could ask a maid to that end...
  • "Marc'had ar Merc'hed": this song, recorded by Alfred Bourgeois, also features six apples that are not attributed, as long as the "lover" (here, a man) is not clearly identified. It begins in a sarcastic tone: At the market, female suitors are less expensive than wheat. A certain boy got four of them for four "lur" (pounds or francs), two of them being very pretty and two less pretty whom he suggests he will come and fetch later on. The latter protest, quoting stanzas 12 and 13 of the song Silver mirors: "they might die of their yearning to get married!"
    In the last three stanzas, we see the cynical boy with his back against the wall. His girl friend - he has apparently made up his mind - by treating him to a delicious soup, incites him to propose to her. But he stubbornly refuses to speak of marriage!


  • BREZHONEK

    SON AR GARANTEZ


    p. 257

    1. Tri avalik ruz a viran
    O trei tron la la dira lon la
    Tri avalik ruz a viran
    Da c'hortoz benn ma teuy an hañv.

    2. Tri aval din, tri d'am mestrez,
    Ha tri d'am servijourez.

    p. 258

    3. Ma ouifen-me piv eo me gar,
    Me refe dezhañ va zri aval.

    4. Pa n'ouzhon ket na piv me gar
    Mil maleüruz, maleüruz-se!
    Pa n'ouzhon ket na piv me gar
    Me a viro va zri aval!

    5. Evel ar vleunienn war ar stank
    Ema kalon ar plac'h yaouank.

    6. Ar vleunienn a ya gant an dour,
    Ha kalon ar paotr zo tretour.

    7. Evel an aval war ar brank
    Ema kalon ar plac'h yaouank.

    8. An aval ez a d'an douar,
    Ha kalon ar plac'h a ziskar.

    9. Pa vez red kavell luskellat,
    Kalon ar plac'h da retalat.

    10. Kalon ar mab a ra ivez
    Evit kas gounid boued ivez.

    11. An dud yaouank a zoñje d'he
    A kouezh an aour deus ar gwez.

    12. Ha padal delioù kouezhet a re
    A roy plas d'ar re nevez.

    13. Gwell eo karantez leizh an dorn
    Ha ned eo madoù leizh ar forn.

    14. Rak madoù zeu ha madoù ya
    Karantez nepred ne guita.

    15. Ha bremañ deuet hir an deiz
    Ar merc'hed a bign 'beg ar gwez.

    16. 'N eil re gand skeul, re all hep skeul
    Hag ar c'hwazed a ya da heul.

    KLT gant Christian Souchon
    TRADUCTION FRANCAISE

    LA CHANSON DE L'AMOUR


    p. 257

    1. Trois pommes rouges que j'avais
    O trei tron la la dira lon la
    Trois pommes rouges que j'avais
    Gardées en attendant l'été.

    2. Trois pour ma belle, trois pour moi,
    Et pour ma servante aussi, trois.

    p. 258

    3. Qui m'aime? Si je le savais,
    Mes trois pommes lui donnerais.

    4. Mais comme je ne le sais pas
    Hélas, suis-je donc malheureux!
    Mais comme je ne le sais pas
    C'est trois pommes-là sont pour moi!

    5. Semblable à la fleur sur l'étang
    Le cœur de la fille est changeant.

    6. La fleur au gré de l'eau s'en va,
    Et perfide est le cœur du gars.

    7. A la pomme sur le pommier
    Le cœur des filles fait penser.

    8. La pomme tombe à terre un jour:
    Chez la fille ainsi va l'amour,

    9. Dès que balancer un berceau,
    D'un petit enfant il lui faut.

    10. S'il s'agit de gagner son pain,
    Le gars ne le lui cède en rien.

    11. Les jeunes gens pensent à tort
    Que des arbres tombe de l'or.

    12. Mais ce ne sont que feuilles mortes
    Qui s'en vont, que le vent emporte.

    13. Mieux vaut, dans la main, plein d'amour
    Qu'or et argent, tout plein le four.

    14. Si les biens viennent, les biens vont
    L'amour ne fait jamais faux bond.

    15. Les jours rallongent désormais
    Les filles, aux arbres grimpez!

    16. Allez, avec ou sans échelles!
    Que les gars grimpent après elles!

    Traduction Christian Souchon (c) 2015
    ENGLISH TRANSLATION

    THE SONG OF LOVE


    p. 257

    1. Three little red apples I keep
    O trei tron la la dira lon la
    Three little red apples I keep
    Waiting for the summer to come.

    2. Three apples for me, three for my sweetheart,
    And three for my "suitor".

    p. 258

    3. If I knew which loves me,
    I would give her my three apples.

    4. Since I don't know which loves me
    A thousand times unfortunate I am!
    Since I don't know which loves me
    I shall keep the three apples for me!

    5. Like a flower on a pond
    Is a young girl's heart.

    6. The flower drifts with the flow,
    The heart of the boy is treacherous.

    7. Like an apple on a branch
    Is the heart of a young girl.

    8. The apple falls onto the ground,
    And the heart of a girl decays.

    9. When she is to rock a cradle,
    The heart of the girl weakens [?].

    10. - So does the heart of the boy
    When he is to earn a family's living.

    11. Young people imagine
    Gold would drip down from the trees.

    12. But in fact, only withered leaves fall
    As they give way for new ones.

    13. Better is a handful of love
    Than heaps of riches in a stove.

    14. For riches come and riches go
    Which a true love never will do.

    15. And now, as days are growing long
    The girls shall climb on the trees.

    16. With ladders, or without ladders
    And the boys will climb after them.



    2° Pell zo amzer em-eus klevet

    Il y a longtemps que j'entends

    I have heard for a long time

    Chant collecté par Théodore Hersart de La Villemarqué
    dans le 1er Carnet de Keransquer (p. 199 & 285).

    BREZHONEK

    PELL ZO AMZER AM-EUS KLEVET


    p. 199

    1. - Pell zo amzer am-eus klevet
    - Me garfe ha me ne garfe ket -
    Pell zo amzer am-eus klevet
    Komz deus an amourousted.

    2. N'eo ket e-barzh ar ger-mañ
    'N hini a garan ar muiañ:
    'Barzh ar maner Penn-ar-Red
    Ema va muiañ karet.

    3. Tostik, tostik emahi din,
    O ya an hini a blij din!
    Ha he dorn 'barzh va hini,
    Ma hi gretefe, larit din!

    4. C'hwec'h aval ruz a viran,
    D'ober al lez, pa zeuy an hañv,
    Daou din ha daou d'am mestrez,
    Ha daou d'am servijourez.

    5. Mar ouifen piv em c'harfe,
    Va tri aval hi en-defe.
    Mez pa n'ouzhon ket piv am c'har,
    Me viro va zri aval.

    p. 285

    6. -'N ur parkik balan war ar rev,
    Ema va dousik hag eñ mezv,
    Ha mar fell deoc'h-c'hwi komz outañ,
    Larit "Yannik" anezhañ!

    7. - O Yannik, yannik, va fried,
    Deuit d'ho kwele da gousked!
    - Me ne yen ket d'am gwele
    Mar ne teufet ganin-me.

    8. - Me ne lakin ket toaz e go,
    Rag saotrañ rin va manigoù,
    Yannik, Yannik, va fried,
    Klaskit ur vatez, mar karit! ...

    9. Pelec'h...

    KLT gant Christian Souchon
    TRADUCTION FRANCAISE

    IL Y A LONGTEMPS QUE J'ENTENDS


    p. 199

    1. Il y a longtemps que j'entends-
    - Je voudrais tant aussi, mais je n'ose -
    Il y a longtemps que j'entends
    Parler d'amour à tout instant.

    2. En ce bourg n'allez pas chercher
    Celle que j'aime le plus au monde:
    C'est au manoir de Penaret
    Que demeure l'être adoré.

    3. Autant dire qu'elle est tout près,
    Celle qui m'aura ravi mon âme
    Que sa main dans la mienne aurait,
    Sa place, quand elle voudrait!

    4. Six pommes rouges que j'avais,
    Gardées, attendant que l'été vienne
    Deux pour moi, deux pour l'être aimé
    Deux pour ma servante. Comptez!

    5. Si je savais qui m'aimera,
    Je lui donnerais bien mes trois pommes;
    Et comme je ne le sais pas,
    Les trois pommes restent pour moi.

    p. 285

    6. - Dans le chant de genêt gelé,
    C'est mon ami, là-bas: il est ivre.
    Et si vous voulez lui parler,
    C'est "Yannik" qu'il faut l'appeler!

    7. O Yannik, Yannik, mon époux,
    Assez dormi dehors sur la lande!
    - Dormir dans mon lit? Point du tout,
    Si ce n'est, bien sûr, avec vous!

    8. - Moi, mettre la pâte à lever?
    Mes gants il faudrait que je salisse?
    Non, Yannik, vous exagérez
    La bonne est là, si vous voulez! ...

    9. Où donc...

    Traduction Christian Souchon (c) 2015
    ENGLISH TRANSLATION

    I HAVE HEARD FOR A LONG TIME


    p. 199

    1. I have heard for a long time
    I wish I had I wish I had not
    I have heard for a long time
    People speak of love.

    2. She does not live in this town
    The girl I love best:
    But at Penaret Manor
    There lives my best-loved one.

    3. Close, close to me she is,
    O yes, she is the one I love!
    I hold her hand in mine,
    Tell me if she would consent [to love me]!

    4. Six red apples I keep
    To court girls when the summer has come,
    To for me, two for my sweetheart,
    And two for my suitor girl.

    5. If I knew which truly loves me,
    She would get my three apples.
    But since I don't know which loves me,
    I'll keep my three apples.

    p. 285

    6. - In a field of broom on the frozen ground,
    My dear husband sleeps it off,
    If we want to speak of him,
    Let us call him "Yannik"!

    7. - O Yannik, Yannik, my husband,
    Go to bed and sleep!
    - I shall not go to bed
    Unless with you.

    8. - I shall no make the dough rise,
    Because I could spoil my gloves,
    Yannik, Yannik, my husband,
    Look for a maid, if you want! ...

    9. Where...


    3° Marc'had ar merc'hed

    Le marché aux filles

    The girl market

    Chant collecté par le Colonel Alfred Bourgeois,
    publié dans "Kanaouennoù Pobl" en 1959 à Paris.

    BREZHONEK

    MARC'HAD AR MERC'HED


    1. Er bloavezh-mañ eo ker an ed
    O trei tron la la dira lon la
    Er bloavezh-mañ eo ker an ed
    Ha marc'had mat ar merc'hed

    2. Evit daou lur emañ ar c'hant (div w.)
    Da choaz d'ar baotred yaouank

    3. Ur paotr yaouank e oa er bed
    Ne voa pevar lur prenet

    4. Evit mont gante war ar maez
    N nevoa graet peder vestrez

    5. Na div anezho a oa koant
    Div all a oa honestamant

    6. An div goant en deveus choazet
    An div all en deus losket

    7. An div all lavare din-me
    - Va c'hasit ganeoc'h ivez

    8. - Hola, hola 'ta, emezañ
    A-walac'h am eus bremañ

    9. Devezhioù all pa deuin en-dro
    Marteze me o kemero

    10. - Devezhioù all pa deuoc'h en-dro
    Marteze me vo marv

    11. Me vo marv ha douaret
    Lakaet va c'horf er vered

    12. Ma laro ar baotred yaouank
    "Amañ emañ div plac'h koant

    13. Zo marv gant ar c'hoant gwaz
    Meur a hini a rei c'hoazh"

    14. Me 'm eus ur wezenn penn va zi
    C'hwec'h aval ruz zo enni

    15. Ha ma ouijen piv va c'har
    En nefe va c'hwec'h aval

    16. Met pa n'ouzon ket piv va c'har
    Me zalc'ho va c'hwec'h aval

    17. E ti va mestrez ez oun bet
    Soubenn al laezh am eus bet

    18. Soubenn al laezh, viou warnezhi
    Hag amann rouzet d'hi c'holeiñ

    19. Met ken kalet on bet a benn
    Ne 'm eus ket kredet hi goulenn.


    TRADUCTION FRANCAISE

    LE MARCHE AUX FILLES


    1. Qu'il est cher, cette année, le blé!
    O trei tron la la dira lon la
    Il est bien cher, hélas, le blé,
    Mais les filles sont bon marché...

    2. A savoir: deux livres le cent... (bis)
    Que de choix pour les jeunes gens!

    3. Un jeune garçon ce jour-là
    Paya quatre livres, je crois.

    4. Pour battre la campagne, il a
    Désormais quatre amies au choix.

    5. Deux d'entre elles étaient jolies
    Les autres ... avec modestie.

    6. - Les deux premières, je les prends
    Et j'abandonne le restant. -

    7. Les deux autres alors ont dit
    - Non, non, il faut nous prendre aussi!

    8. - Allons, leur dit-il, doucement!
    J'ai mon compte pour le moment.

    9. Un autre jour je reviendrai
    Et, peut-être, je vous prendrai.

    10. - Mais le jour où vous reviendrez,
    Je serai décédée, qui sait?

    11. Je serai morte et enterrée
    Au cimetière dans l'allée.

    12. Et que diront les jeunes gars?
    - Vraiment, les filles que voilà

    13. Sont mortes de n'avoir pas eu
    De mari. Bien d'autres non plus. -

    14. Le pommier près de ma maison
    A six pommes rouges, dit-on.

    15. M'aime-t-on? Si je savais qui,
    Il les aurait toutes les six ...

    16. Mais tant que je ne la sais pas
    Ces pommes, elles sont à moi.

    17. - Chez ma belle je suis allé,
    Où j'eus droit à la soupe au lait.

    18. La soupe au lait avec des œufs
    Couverte de beurre crêmeux!

    19. Mais la tête est dure à mon âge:
    Je n'osai parler mariage.

    Traduction Christian Souchon (c) 2015
    ENGLISH TRANSLATION

    THE GIRL MARKET


    1. This year wheat coasts quite a great deal,
    O trei tron la la dira lon la
    This year wheat coasts quite a great deal,
    Lasses are not so expensive.

    2. For two pounds a hundred they are (div w.)
    Offered to the choice of the lads.

    3. A certain young lad, upon earth,
    Has bought some for four pounds

    4. To go about the countryside
    With him, four girls he had acquired

    5. Two, surprisingly good looking,
    Two, just honestly good looking.

    6. The pretty two he selected.
    The two others he rejected.

    7. However these two lasses said
    - Please, take us with you.

    8. - O no, O no he said.
    I have enough, now.

    9. Another day I shall return
    Maybe, then, I'll take you

    10. - Another day, when you return
    Maybe, I will be dead.

    11. I will be dead and buried
    My body will be in the churchyard.

    12. And the lads wil say, passing by,
    "Here are two pretty girls

    13. Who died of yearning for a husband.
    Many others still will"

    14. I have a tree, at the end of my house:
    Six red apples are on it.

    15. If I knew who does love me,
    She would have the six apples,

    16. But since I don't know who loves me
    I shall keep the six apples.

    17. I have been at sweetheart's house.
    I was treated to a good milk soup

    18. To a good milk soup with an egg
    And a roasted butternut on top of it.

    19. But I was so pig-headed
    And did not find it appropriate to propose to her.





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