Le rossignol

The Nightingale

Dialecte de Léon

  • Première publication dans la première édition du Barzhaz en 1839.
  • "Chanté par une étrangère, je ne sais qui" (selon la table A).
    "Chantée par une vieille paysanne, Loïza Glodiner du village de Kerloiou dans les Monts d'Arrée [Haute Cornouaille],[cette pièce] a dû être composée en Léon, car elle appartient au dialecte de ce pays", selon l'argument de l'édition de 1845. Loïza Glodiner est-elle cette étrangère?
    Ce nom n'est plus cité dans l'édition de 1867, tandis que dans la première édition, celle de 1839, l'auteur affirme n'avoir entendu ce chant du Léon qu'en Basse Cornouaille!
    Quant à F. Gourvil (p. 356 de son "La Villemarqué), il considère le patronyme "Glodiner" qu'il n'a trouvé nulle part, le toponyme "Kerloiou" qui n'existe qu'en Tourc'h 40 km au sud des Montagnes Noires, le poème lui-même et, sans doute, la mélodie qui l'accompagne comme de pures inventions de La Villemarqué! (On peut effectivement se demander si le jeune homme n'a pas su résister à l'envie de "retrouver" à tout prix le lai breton dont parle Marie de France).
  • Pas de texte manuscrit dans les archives de Keransquer.
    La Villemarqué n'en parle ni dans sa Notice au Comité littéraire des travaux historiques de l'Institut, ni dans le brouillon de sa lettre à Villemain de mars 1838.
  • Ce chant n'a été collecté que par La Villemarqué.
    Selon Luzel et Joseph Loth, cités (P. 389 de son "La Villemarqué") par Francis Gourvil qui se range à leur avis, ce chant historique ferait partie de la catégorie des chants inventés.
  • First published by La Villemarqué, in the first edition of the Barzhaz in 1839.
  • "Sung by a stranger woman, I don't know whom" (according to table A).
    "Sung by an old woman, Loïza Glodiner from the village Kerloiou in the Mounts of Arrée [Upper Cornouaille], but it should have been first composed in Léon, since it is written in the dialect spoken in this area", according to the argument in the 1845 edition. Is Loïza Glodiner this stranger?
    This name is not given in the 1867 edition, whereas in the first edition (1839) the author stated that he had heard this Leon dialect song in Lower Cornouaille!
    As for F. Gourvil (p. 356 of his "La Villemarqué), he considers the patronymic "Glodiner" which he found nowhere, the place-name "Kerloiou" which he found only near Tourc'h, 40 kilometers south of the Black Mountains, the poem itself and, very likely the tune to it as mere inventions of La Villemarqué's! (One really may wonder if the young man could refrain from "rediscovering" by all means the Breton lay" mentioned by Marie de France).
  • No handwritten text in the Keransquer copybooks.
    La Villemarqué includes this song neither in his Notice to the Literacy Committee on Historical studies of the learned society "Institut de France", nor in the draft of his letter to Minister Villemain dated March 1838.
  • This song was noted by no other collector.
    According to Luzel and Joseph Loth, quoted by Francis Gourvil (p. 389 of his "La Villemarqué"), this historical song was "invented" by its alleged collector.

  • Mélodie - Tune
    (Mi mineur)

    Français English
    1. La jeune épouse, à Saint-Malo,
    La jeune épouse, à Saint-Malo
    Pleurait à sa croisée là-haut.
    Pleurait à sa croisée là-haut.

    2. - Hélas, hélas, triste est mon sort! (bis)
    Mon pauvre rossignol est mort! (bis)

    3. - Pourquoi donc, ma jeune épousée,
    Te voit-on si souvent levée?

    4. Si souvent désertant le lit,
    Et mon côté, en pleine nuit?

    5. Pourquoi donc, nue-tête et pieds-nus,
    En pleine nuit te lèves-tu?

    6. - Si je me lève, cher époux
    De mon lit, la nuit, voyez-vous,

    7. C'est pour regarder de là-haut
    Aller et venir les bateaux.

    8. - Un bien curieux vaisseau, peut-être!
    Tu ne quittes point la fenêtre.

    9. A ce vaisseau je ne crois pas,
    Ni même à deux, ni même à trois.

    10. Et ce n'est pas le ciel sans voile,
    Ni la lune, ni les étoiles

    11. Qui te font te lever la nuit.
    La vraie raison n'est point ici!...

    12. - Je vais contempler mon enfant
    Qui repose en son berceau blanc.

    13. - Non, ce n'est pas non plus pour voir
    Un enfant qui dort comme un loir.

    14. De ces mensonges je n'ai cure.
    Mais tu parleras, je le jure!

    15. - Mon pauvre, cessez de gronder!
    Je vous dirai la vérité.

    16. J'écoute un rossignol chanter
    Toutes les nuit sur un rosier.

    17. Je l'écoute toutes les nuits,
    Ce chant calme qui me réjouit.

    18. Il est si doux, si beau son chant,
    La nuit, lorsque dort l'océan. -

    19. Entendant cela, le seigneur
    Se dit en son for intérieur,

    20. Et se jura, ce vieux mari,
    Ne parlant à d'autre qu'à lui.:

    21. - Que cela soit vrai ou soit faux,
    Ce rossignol il me le faut! -

    22. Le lendemain, sitôt levé,
    Il s'en fut voir son jardinier.

    23. - Bon jardinier, écoute-moi,
    Quelque chose ne me plait pas.

    24. Un rossignol vient chaque nuit
    Chanter dans la haie, le bandit.

    25. Il chante du soir au matin,
    Et il me réveille sans fin.

    26. Si tu l'as pris ce soir, crois-moi,
    Ce sou d'or, il sera pour toi.

    27. Sur ce, donc, notre jardinier
    Mit en place un petit lacet.

    28. Et voilà qu'il a pris l'oiseau
    Qu'il porte à son maître aussitôt.

    29. Et le seigneur lorsqu'il le tient,
    Fait entendre un rire assassin...

    30. Il l'étouffe et, quel geste infâme!,
    Le jette sur la pauvre dame.

    31. - Tenez, tenez, ma jeune amie,
    Votre rossignol et sans vie.

    32. C'est pour vous qu'il fut attrapé:
    Voilà votre souhait exaucé! -

    33. Son jeune amoureux, quand il sut
    L'affaire, dit, tout abattu:

    34. - Ma douce et moi, nous voilà pris!
    Finis nos entretiens la nuit,

    35. A la fenêtre, au clair de lune,
    Comme c'était notre coutume!

    Traduction: Christian Souchon (c) 2008
    1. Once a young wife in Saint-Malo
    Once a young wife in Saint-Malo
    Was weeping at her high window,
    Was weeping at her high window:

    2. - Alas, alas! Dire is my pain! (twice)
    My poor nightingale has been slain! (twice)

    3. - My young wife, pray, would you tell me
    Why you get up so oft nightly?

    4. So oft, from your bed and my side.
    Right in the middle of the night,

    5. Bareheaded and barefooted all?
    What does give you such early call?

    6. - Hem, if I get up, dear husband,
    And by the window take my stand...

    7. It is... because I love to see
    Big vessels floating on the sea!

    8. - To be sure, it is not a ship
    That forces on you such hardship!

    9. No ship would! Don't try to cheat me,
    Neither one ship, nor two, nor three!

    10. You don't get up to see them loom,
    Nor to watch the stars or the moon.

    11. My wife, I want you now to say
    Why from your bed you stay away!

    12. - I get up to... look at my child
    In its cradle, so sweet and mild!

    13. Why! you get up just in order
    A sleeping child to consider!

    14. - It is not lies I want to hear!
    Give me an answer, true and clear!

    15. - My old good man, don't get angry!
    Well, I shall answer you truly!

    16. There's a nightingale which I hear
    Singing on the rose tree, down here.

    17. A nightingale, that sings nightly,
    So merrily and so sweetly!

    18. So soft its song, so fair, so mild!
    Each night, when the main does subside... -

    19. As soon as the old man heard that
    An idea matured in his heart,

    20. And a decision was soon made.
    It was to himself that he said:

    21. - No matter if it's true or not.
    This nightingale now must be caught! -

    22. Next morning, he got up early,
    Rushed to his gardener hastily.

    23. - Good gardener, hark! There is a thing,
    I find terribly annoying:

    24. A nightingale is wont to sing
    In the hedge from eve till evening.

    25. It keeps singing all through the night
    I cannot sleep. A dreadful plight!

    26. If you take it tonight, you'll earn
    A penny of gold in return.

    27. When the gardener this promise heard,
    He laid out a snare in the yard.

    28. And a nightingale that he caught
    To his lord and master he brought.

    29. Holding it in his hand, the Lord
    Could full-throated laughter afford.

    30. He stifled the bird that was thrown
    On his poor young wife's snow-white gown.

    31. - Here is for you, my dear young wife,
    A nightingale that ceased from strife!

    32. It was caught for the sake of you.
    You are satisfied, aren't you? -

    33. The young man, when he heard of it,
    In deep affliction repeated:

    34. We are entrapped, my friend and me,
    No way now, each other to see

    35. At the window, in the moonlight,
    As was our sweet, wonted delight!

    Transl. Christian Souchon (c) 2008

    brezhoneg
    Vers les textes bretons
    To the Breton texts


    Résumé
    Une jeune femme se lève souvent la nuit pour aller à la fenêtre causer avec son amoureux qui habite la maison voisine. Elle explique à son vieux mari qui lui demande ce qui l'attire ainsi hors de son lit, que c'est le chant du rossignol!
    Le seigneur fait tendre par son jardinier un lacet où, par hasard, un oiseau est pris.
    Le mari apporte le rossignol à sa femme, l'étouffe sous ses yeux et lui ôte ainsi tout prétexte de se lever à l'avenir.

    Le lai de Marie de France
    Selon La Villemarqué cette "gwerz" (élégie) aurait servi de modèle à Marie de France (auteur français vivant à la cour d'Angleterre, et à qui l'on doit 12 lais dédiés au roi d'Angleterre, Henri II -1160).
    Il se montre tellement convaincant que le médiéviste Louis Hamont dans la "Nouvelle Revue de Bretagne" de novembre 1839, n'hésite pas à écrire que le lai original s'étant conservé jusqu'à nos jours, chacun peut le lire dans le recueil de La Villemarqué et que
    "la véracité de Marie de France est donc prouvée"!

    Comparaison des deux textes
    La Villemarqué qualifie de "délayage" la métamorphose que Marie fait subir à son modèle.
    En est-il vraiment ainsi?
    Marie modifie la trame bretonne - qui fait assez penser aux démêlés d'Agnès et Arnolphe dans l'Ecole des Femmes de Molière - pour y inclure des thèmes chers à la littérature courtoise:
    La dame est belle, bien éduquée et élégante,
    Les chevaliers sont preux, généreux et de grand renom;
    Ce ne sont pas tant les obstacles matériels qui séparent les amoureux que le respect que le chevalier doit à son suzerain;
    Comme dans "Tristan", les amants échangent des cadeaux, puis des messages.
    Si le lai breton insiste sur les qualités naturelles de l'oiseau, le rôle de celui ci évolue dans le poème de Marie: outre qu'il sert d' excuse comme dans le modèle, il devient ici le symbole bien connu de l'amour.
    Il redevient un oiseau réel le temps d'être sacrifié, mais devient bien vite un martyr, victime expiatoire de l'amour inassouvi, et que les deux amants parent et enchâssent comme les reliques d'un saint.
    Quoi qu'en dise La Villemarqué dans son "argument", si l'"Eostic" du Barzhaz -ou une version ancienne de celui-ci, est bien le modèle qui a servi à Marie, il faut bien convenir que l'élève a dépassé le maître.

    Marie la bretonnante
    Ligne 114: La Villemarqué "prouve" que Marie avait de sérieuses notions de breton, en s'appuyant sur le mot "engresté" qu'elle emploie, selon lui, dans le sens de "chagrin" qui est, en gros, celui de son "faux-jumeau" breton "enkrez" (angoise, peine). Si Marie a fait un emprunt, ce pourrait être plutôt à l'anglais "anger" (colère) qui se comprend bien mieux dans le contexte...

    Une œuvre nationaliste?
    Que le lai de Marie, publié pour la première fois dans les "Poésies de Marie de France", en 1820, par Jean-Baptiste-Bonaventure de Roquefort (1777-1834), soit d'une plus grande tenue littéraire que la ballade du Barzhaz, ne prouve, pas en soi, que celle-ci soit une contrefaçon qui doit tout à la fantaisie du jeune Barde de Nizon. Si l'on en croit l'article "Marie et le Vicomte" de Mme Françoise Morvan, ce dernier avait imaginé ce texte et insisté sur son antériorité, "de manière à illustrer un combat nationaliste breton poursuivi depuis les origines de la 'race bretonne' contre l'odieux 'Frank'".
    Le Barzhaz peut bien avoir été utilisé par certains dans un but politique, sans que La Villemarqué n'ait jamais eu d'intentions de cet ordre. Les passages où s'exprime ce genre d'animosité caractérisent d'ailleurs l'édition de 1845, non celle de 1839.
    A l'appui de sa démonstration, Mme Morvan invoque
  • les incohérences en matière de dialecte, dont La Villemarqué a tenté de s'expliquer comme il est dit dans la notice bibliographique ci-dessus. Elle cite l'Abbé Falc'hun qui parlait "d'un curieux mélange de formes léonaises, trégorroises et cornouaillaises et de constructions non bretonnes". Elle renchérit en faisant état d'"une langue aberrante, d'une métrique erratique et d'une ballade néo-bretonne criblée de 'chevilles'". C'est ainsi qu'elle qualifie en particulier les deux rimes léonaises de la première strophe, "deac'h" (hier), et "d'an neac'h" (en haut). Un de ses correspondants qui affirme que "cette cheville (d'an neac'h) témoignerait plus de l'originalité populaire du texte que d'autre chose" se voit opposer de nouveaux arguments:
  • l'incohérence de l'intrigue qui s'attacherait à imiter maladroitement la progression en trois points des gwerzioù (les bateaux, l'enfant, le rossignol) et ne fait apparaître le rival du vieux mari qu'en fin de récit.
  • la mélodie soi-disant "recueillie à Tourc'h, bien qu'il s'agisse d'après [La Villemarqué] d'un chant léonard" et qu'il attribue le même air aux "Fleurs de Mai" (1845) et aux "Hirondelles" (1839) recueillis à Nizon, ce qui est impossible".
    On peut opposer à cet argument le fait qu'il s'agit de chants nouvellement composés par des personnes de l'entourage du jeune barde et non de chants traditionnels visés par les théories de F. Gourvil dont l'autorité est invoquée par Mme Morvan (pour une même chanson, les airs diffèrent le plus souvent d'un canton à l'autre).
    Quant aux incohérences, on en rencontre à chaque instant dans les gwerzioù et elles seraient plutôt un gage d'authenticité.
    Aussi bien les avis sur les qualités du texte du Barzhaz sont-ils loin d'être unanimes. Au nombre des personnes dignes de porter un jugement sur la pureté de la langue et l'authenticité de l'inspiration, on peut citer M. Donatien Laurent (p.285 des "Sources"): [De là à penser qu'il s'agit d'une contrefaçon,] "il n'y a qu'un pas que pour ma part j'hésite à franchir compte tenu de certaines qualités du texte publié en 1839."
    Il est vrai que Donatien Laurent est disqualifié, aux yeux de l'auteur de l'article, comme étant un "produit" du "mouvement breton". Ses travaux incomplets (un seul cahier de Keransquer a été étudié) ne sauraient démontrer l'authenticité du Barzhaz, ce "faux grossier" qui continue à induire en erreur "des historiens, des médiévistes et tes universitaires en tous genres".
  • Résumé
    A young wife was wont to get up at night and go to the window in order to talk with her lover who lived in the adjoining house. When her old husband asked her why she was not in bed, she replied that she was listening to the nightingale.
    The husband ordered his gardener to make a snare where a bird is captured. He in turn brought it to his young wife and killed it before her eyes, thus depriving her of any pretext to get up ever again.

    The lay by Marie de France
    In La Villemarqué's opinion this "gwerz" (lament) could have been the model for a poem by Marie de France (the French author -living in England- of 12 lays dedicated to King Henry II -1160).
    He proves so convincing that the medievalist Louis Hamont in the November 1839 issue of the "Nouvelle Revue de Bretagne" does not refrain from stating that since the original lay was preserved till the present day and may be read in La Villemarqué's collection,
    "the genuineness of Marie de France's works is herewith definitely proved."!

    Comparison of the two texts
    La Villemarqué calls the metamorphosis of her model Marie brought about "pure waffle".
    Is it really so?
    Marie cleverly intertwines the Breton tale - recalling the dialogues of Agnès and Arnolphe in Molière's "School for Wives" - with customary courtly themes:
    The lady is fair, well-mannered and fashionable;
    The knights are bold, generous and of great renown;
    The two lovers are separated, not so much by material obstacles, as by the respect a knight owes his overlord;
    Like Tristan and Iseult, the lovers exchange gifts, then messages.
    When the Breton text emphasises the natural aspects of the bird, the part played by it evolves in the course of Marie's poem. A mere excuse, like in the model, at the outset of the story, it becomes soon the well-known symbol for love.
    Then, after it was trapped and killed as a real bird, it becomes an expiatory victim to unrequited love which the two lovers adorn and enshrine like a Saint's relics.
    In spite of La Villemarqué's enthusiastic statements in his "argument", if some older version of his "Eostic" was the model for Marie's poem, it must be admitted that the disciple surpassed the master.

    Breton speaker Marie
    Line 114: La Villemarqué "proves" that Marie had some command of the Breton language, since she uses the word "engresté" which he supposes to mean "anguish, sorrow" like a roughly similar Breton word "enkrez". If Marie borrowed the word, it could be from the English language: "anger" which makes much more sense in the context...

    A work impregnated with Breton nationalism?
    That Marie's lay, first published, in 1820, in "Poésies de Marie de France", by Jean-Baptiste-Bonaventure de Roquefort (1777-1834), is a work with higher literacy standards than the Barzhaz ballad, does not imply, that the latter should be a forgery arisen from the young Bard's wild imaginings. In the view taken by Mme Françoise Morvan, in her article "Marie et le Vicomte", La Villemarqué had devised this poem and laid stress on its anteriority "to illustrate the combat fought by Breton patriots, ever since the 'Breton race' exists, against the nefarious 'Franks'".
    The Barzhaz may have been misused by some people to that end, but we cannot take it for granted that La Villemarqué intended in any manner that they would. The passages expressing that kind of hostility are peculiar to the 1845, not the 1839 edition.
    By way of proof of forgery, Mme Morvan invokes
  • the inconsistencies in the dialect used, already addressed by La Villemarqué, as mentioned in the above bibliographic notice. She quotes the Rev. Falc'hun who pointed out "a weird mix of expressions borrowed from three different dialects and a non-Breton syntax". She goes further and mentions "irregular language, erratic metrics and abundant use of "chevilles" in a modern Breton ballad. Such awkward pads are found as Léon dialect rhymes in the first distich: "deac'h" (yesterday), and "d'an neac'h" (above). One of the contributors to her site who sets forth that "this cheville (namely "d'an neac'h") testifies, in fact, more to the text's genuineness than anything else prompts her to new arguments based on:
  • the plot's inconsistency with its clumsy progress in three stages, as is the rule in all genuine gwerzioù (the ships, the child, the nightingale) and its mentioning the husband's rival as late, as in the last three stanzas.
  • the tune, "collected at Tourc'h, though sung to a Léon song" as stated by La Villemarqué, who ascribes the same air to "May flowers" (1845) and "Swallows" (1839) gathered at Nizon, which is impossible".
    We may object that both ditties were newly composed by people acquainted with the young Bard and no traditional songs, for which F. Gourvil's theory, invoked by Mme Morvan, would account (the tunes to which the same song is sung differ, as a rule, from district to district).
    As for the aforementioned inconsistencies, they are found in most "gwerzioù" and testify to a wide extent to the authenticity of a piece.
    Therefore, the opinions on the merits and shortcomings of the text at hand are far from unanimous. Among the scholars apt to value its purity of language and authenticity of inspiration, M. Donatien Laurent stands out eminently. He writes: (p.285 of his "Sources"): [Though there are reasons to assume a forgery], "I, for one, hesitate to go that far, on account of certain qualities of the text published in 1839."
    But, in the opinion of the writer of the article, Donatien Laurent, as a product of the "Breton Movement", cannot qualify for being a guarantor in these matters. Besides, his investigations, limited to only one of three Keransquer MS, are incomplete and can not so far clearly prove the authenticity of the Barzhaz, this "coarse fake" still leading astray all sorts of historians and academic palaeographers".
  • .
    Le lai du Laüstic

    1 une aventure vus dirai,
    2 dunt li Bretun firent un lai;

    3 laüstic ad nun, ceo m'est vis,
    4 si l'apelent en lur païs;

    5 ceo est russignol en franceis
    6 e nihtegale en dreit engleis.

    7 en Seint Mallo en la cuntree
    8 ot une vile renumee.

    9 Deus chevalers ilec manëent
    10 e deus forz maisuns (i) aveient.

    11 pur la bunté des deus baruns
    12 fu de la vile bons li nuns.

    13 li uns aveit femme espusee,
    14 sage, curteise e acemee;

    15 a merveille se teneit chiere
    16 sulunc l'usage e la manere.

    17 li autres fu un bachelers
    18 bien coneü entre ses pers

    19 de prüesce, de grant valur,
    20 e volenters feseit honur:

    21 mut turnëot e despendeit
    22 e bien donot ceo qu'il aveit.

    23 la femme sun veisin ama;
    24 tant la requist, tant la preia

    25 e tant par ot en lui grant bien
    26 que ele l'ama sur tute rien,

    27 tant pur le bien quë ele oï,
    28 tant pur ceo qu'il iert pres de li.

    29 sagement e bien s'entr'amerent;
    30 mut se covrirent e garderent

    31 qu'il ne feussent aparceüz.
    32 ne desturbez ne mescreüz.

    33 e eus le poeient bien fere,
    34 kar pres esteient lur repere,

    35 preceines furent lur maisuns
    36 e lur sales e lur dunguns;

    37 n'i aveit bare ne devise
    38 fors un haut mur de piere bise.

    39 des chambres u la dame jut,
    40 quant a la fenestre s'estut,

    41 poeit parler a sun ami
    42 de l'autre part, e il a li,

    43 e lur aveirs entrechangier
    44 e par geter e par lancier.

    n'unt gueres rien que lur despleise,
    46 mut esteient amdui a eise,

    47 fors tant k'il ne poënt venir
    48 del tut ensemble a lur pleisir;

    49 kar la dame ert estreit gardee,
    50 quant cil esteit en la cuntree.

    51 mes de tant aveient retur,
    52 u fust par nuit u fust par jur,

    53 que ensemble poeient parler;
    54 nul nes poeit de ceo garder

    55 que a la fenestre n'i venissent
    56 e iloec (ne) s'entreveïssent.

    57 lungement se sunt entr'amé,
    58 tant que ceo vient a un esté,

    59 que bruil e pre sunt reverdi
    60 e li vergier ierent fluri.

    61 cil oiselet par grant duçur
    62 mainent lur joie en sum la flur.

    63 ki amur ad a sun talent,
    64 n'est merveille s'il i entent.

    65 del chevaler vus dirai veir:
    66 il i entent a sun poeir,

    67 e la dame de l'autre part
    68 e de parler e de regart.

    69 les nuiz, quant la lune luseit
    70 e ses sires cuché esteit,

    71 dejuste lui sovent levot
    72 e de sun mantel se afublot.

    73 a la fenestre ester veneit
    74 pur sun ami qu'el i saveit

    75 que autreteu vie demenot,
    76 (que) le plus de la nuit veillot.

    77 delit aveient al veer,
    78 quant plus ne poeient aver.

    79 tant i estut, tant i leva
    80 que ses sires s'en curuça

    81 e meintefeiz li demanda
    82 pur quei levot e u ala.

    83 «sire,» la dame li respunt,
    84 «il nen ad joië en cest mund,

    85 ki n'ot le laüstic chanter.
    86 pur ceo me vois ici ester.

    87 tant ducement l'i oi la nuit
    88 que mut me semble grant deduit;

    89 tant me delit'e tant le voil
    90 que jeo ne puis dormir de l'oil.»

    91 quant li sires ot que ele dist,
    92 de ire e (de) maltalent en rist.

    93 de une chose se purpensa:
    94 le laüstic enginnera.

    95 il n'ot vallet en sa meisun
    96 ne face engin, reis u laçun,

    97 puis les mettent par le vergier;
    98 n'i ot codre ne chastainier

    99 u il ne mettent laz u glu,
    100 tant que pris l'unt e retenu.

    101 quant le laüstic eurent pris,
    102 al seignur fu rendu tut vis.

    103 mut en fu liez quant il le tient;
    104 as chambres (a) la dame vient.

    105 «dame,» fet il, «u estes vus?
    106 venuz avant! parlez a nus!

    107 j'ai le laüstic englué,
    108 pur quei vus avez tant veillé.

    109 desor poëz gisir en peis:
    110 il ne vus esveillerat meis.»

    111 quant la dame l'ad entendu,
    112 dolente e cureçuse fu.

    113 a sun seignur l'ad demandé,
    114 e il l'ocist par engresté;

    115 le col li rumpt a ses deus meins
    116 de ceo fist il que trop vileins

    117 sur la dame le cors geta,
    118 se que sun chainse ensanglanta

    119 un poi desur le piz devant.
    120 de la chambre s'en ist atant.

    121 la dame prent le core petit;
    122 durement plure e si maudit

    123 ceus ki le laüstic traïrent
    124 e les engins e laçuns firest;

    125 kar mut li unt toleit grant hait.
    126 «lasse,» fet ele, «mal m'estait!

    127 ne purrai mes la nuit lever
    128 ne aler a la fenestre ester,

    129 u jeo suil mun ami veer.
    130 une chose sai jeo de veir:

    131 il quid(e)ra ke jeo me feigne;
    de ceo m'estuet que cunseil preigne.

    133 le laüstic li trametrai,
    134 l'aventure li manderai.»

    135 en une piece de samit,
    136 a or brusdé e tut escrit,

    137 ad l'oiselet envolupé.
    138 un sun vatlet ad apelé,

    139 sun message li ad chargié,
    140 a sun ami l'ad enveié.

    141 cil est al chevalier venuz;
    142 de part sa dame dist saluz,

    143 tut sun message li cunta,
    144 le laüstic li presenta.

    145 quant tut li ad dit e mustré
    146 e il l'aveit bien escuté,

    147 de l'aventure esteit dolenz;
    148 mes ne fu pas vileins ne lenz.

    149 un vasselet ad fet forgeér;
    150 unques n'i ot fer në acer:

    151 tut fu de or fin od bones pieres,
    152 mut precïuses e mut cheres;

    153 covercle i ot tresbien asis.
    154 le laüstic ad dedenz mis;

    155 puis fist la chasse enseeler,
    156 tuz jurs l'ad fet of lui porter.

    157 cele aventure fu cuntee,
    158 ne pot estre lunges celee.

    159 un lai en firent li Bretun:
    160 le Laüstic l'apelë hum.
    Le Lai du Laustic

    "Une aventure vous dirai
    Dont les Bretons firent un lai.

    Son nom, l''Eostik', a mon avis,
    Lui fut donné dans leur pays.

    C'est 'le rossignol' en français
    Et 'nightingale' en bon anglais."

    Non loin de Saint Malo, dit-on
    Il est un bourg de grand renom,

    Deux chevaliers y demeuraient
    Dans deux maisons fortifiées.

    C'est aux vertus des deux barons
    Que ce bourg devait son renom.

    L'un d'entre eux avait pris pour femme
    Une sage et courtoise dame.

    D'un maintien extraordinaire,
    Respectant les bonnes manières.

    L'autre était un célibataire
    Qu'on célébrait parmi ses pairs.

    Pour ses prouesses, son courage,
    L'honneur qu'il avait en partage.

    Il prenait part à maints tournois;
    Ne gardait pas son bien pour soi.

    De la femme de son voisin
    Il s'éprit et lui porta soin

    Tant et tant, qu'oyant sa valeur,
    Elle lui ouvrit grand son cœur;

    Parce qu'on en disait du bien
    Et parce qu'ils étaient voisins.

    Ils s'aimèrent avec passion
    En prenant bien des précautions.

    Pour ne pas être dérangés,
    Ni aperçus, ni soupçonnés.

    Et cela leur était facile:
    Proches étaient leurs domiciles.

    Voisines étaient leurs maisons
    Comme leurs salles et donjons.

    Ni barrière entre eux, ni clôture
    Hormis, de pierre brune, un mur.

    Depuis ses chambres à coucher
    En se tenant à la croisée

    Elle pouvait ouïr son ami
    Tout comme être entendue de lui.

    Pouvoir des cadeaux échanger
    Qu'il faut jeter ou bien lancer

    N'avait rien en soi qui déplaise.
    Et ces deux-là étaient bien aise,

    Si ce n'est qu'on leur interdise
    D'aller l''un vers l'autre, à leur guise

    Car la dame était bien gardée.
    Quand l'époux devait s'absenter.

    Mais ils pouvaient du moins toujours,
    Qu'il fasse nuit, qu'il fasse jour,

    Ensemble, tout leur saoûl, parler.
    Nul n'aurait pu les empêcher

    D'ouvrir leurs fenêtres le soir
    Où ils pouvaient s'apercevoir.

    Longtemps ainsi se sont aimés,
    Jusqu'à ce qu'un certain été

    Où bois et prés sont reverdis
    Et où les vergers sont fleuris

    Où les oiseaux avec douceur
    Chantent leur joie parmi les fleurs.

    Transforme l'inclination
    En inextinguible passion.

    Le chevalier, ce malheureux,
    Se livre à l'amour tant qu'il peut.

    Auquel la dame prend sa part
    Usant des mots et du regard.

    La nuit quand la lune luisait,
    Que son seigneur était couché,

    Bien souvent elle se levait,
    De son manteau se revêtait,

    Pour accourir à la fenêtre
    Et voir son doux ami paraître,

    Lequel menait la même vie,
    Veillant le plus clair de la nuit.

    La délectation de se voir,
    Est tout ce qu'ils pouvaient avoir.

    A force de quitter sa couche,
    Elle fait que l'on se courrouce.

    Maintes fois on lui demanda,
    Quand elle se lève, où elle va.

    "Sire", lui répondit la blonde,
    "Je n'ai d'autre joie en ce monde

    Que d'ouïr l'eostik chanter.
    Et quand je reste à la croisée,

    Si j'entends son doux chant la nuit
    J'en éprouve un plaisir inouï.

    J'aime tant ouïr cette merveille
    Que ne puis trouver le sommeil."

    Mais quand le seigneur entendit
    Ce discours, de colère il rit.

    Il imagina, grand stratège,
    De prendre l'eostik au piège.

    En sa maison il n'est valet
    Qui n'eut à faire rets, collet

    Pour les mettre dans le verger.
    Ni coudrier, ni châtaigner

    Qui n'eut son lacet ou sa glue.
    Puis un rossignol est venu.

    Sitôt que l'eostik est pris,
    Vivant on l'apporte au mari.

    Lui, très content d'en tenir un,
    Auprès de la dame s'en vint.

    "Dame, fit-il, Êtes-vous là?
    Venez donc parler avec moi!

    L'eostik je l'ai attrapé
    Celui qui vous fit tant veiller.

    Vous pouvez compter là-dessus.
    Il ne vous réveillera plus."

    Quand la dame l'entend, elle est
    A la fois triste et courroucée.

    L'oiseau, dit-elle, lui est dû,
    Mais lui, de colère, il le tue,

    Brisant son cou de ses deux mains
    Comme l'aurait fait un vilain.

    Sur elle le corps il jeta
    Qui sa chemise ensanglanta

    Juste à l'emplacement du cœur.
    Il quitta la chambre sur l'heure

    Elle prend le corps si petit.
    Amèrement pleure et maudit

    Les traîtres envers l'oiselet
    Qui firent pièges et lacets

    Et lui ont ôté toute joie.
    "Hélas, quel grand malheur pour moi!

    Moi qui ne pourrai plus la nuit
    Aller me poster à mon huis

    Pour parler à l'ami si doux.
    Ce que je redoute avant tout:

    C'est qu'il croît que je l'abandonne.
    Agissons en sage personne.

    Le rossignol lui enverrai .
    Il saura ce qui s'est passé."

    Elle a brodé sur du brocart,
    En fils d'or toute cette histoire.

    Elle enveloppe l'oiselet
    Puis appelle un de ses valets.

    Et son message elle lui dit
    Et l'envoya chez son ami.

    Il va donc chez le chevalier,
    En son nom il la salué

    Et, son message délivré,
    I Il lui a remis l'oiselet.

    L'ami qui, avec attention
    Ecouta ces explications,

    Ressentit un chagrin profond.
    Mais en homme courtois et prompt,

    Il se fait forger un coffret
    Non pas en fer, ni en acier,

    Mais d'or pur et de pierreries.
    Précieux joyau d'orfèvrerie.

    Dans cette cassette hermétique,
    Il a déposé l'eostik

    Puis il fait sceller le coffret
    Pour, sur lui, le toujours porter.

    L'aventure fut divulguée.
    L'on ne put longtemps la celer.

    Un lai en firent les Bretons.
    'Lai de l'eostik' est son nom.

    Trad. Christian Souchon (c) 2008
    The Lay of the Laustic

    A tale I shall tell you today,
    Whereof the Bretons made a lay,

    It is titled "An eostik"
    That's the Breton title, I think.

    Which in French means ' Le Rossignol'
    And in good English 'Nightingale'."

    Near St. Malo there was a town
    That enjoyed repute and renown.

    Two knights lived there side by side.
    In strong houses did they abide.

    And it was these barons' good fame
    That gave their town its own good name.

    One of them had taken to wife
    A girl courteous, demure and wise

    Aware of her worth, perfectly
    Observing the proprieties.

    The other was a bachelor who,
    Among his peers was famous, too,

    For his prowess and his valour,
    Fond to be put on his honour

    In jousts and who disposed freely
    Of his goods and his property.

    He loved the wife of his neighbour.
    And by dint of urge and of prayer,

    And being known to be keen and bold,
    By her, above all things, was loved.

    As much for all what she did hear,
    Of him, as for his living near.

    They loved in a way wise and fair;
    Guarding themselves, taking great care

    Lest they should have been detected,
    Or disturbed or suspected.

    T'was easy for them to do so
    Since the distance was so narrow:

    Side-by-side stood their two manors,
    Facing each other, halls and towers

    With no bar or fence between them
    Except one high wall of brown stone.

    At the window of her chamber
    When the lady would lean over

    She could talk to her admirer
    On the other side. He to her.

    And exchange love-gifts of all sorts
    That one tossed and the other caught..

    Nothing to cause them discontent!
    And the both had all they could want,

    Excepting coming together
    To satiate their common hunger,

    Since her freedom was restricted
    When her lord left for the district.

    Yet, they took of it advantage,
    No matter by day or by night,

    That to speak together they went.
    T'was a thing no-one could prevent.

    Nor that they went to the embrasure
    Where they could see one another.

    For long had they loved each other,
    When there came a certain summer.

    When woods and meads were green again,
    And orchards blossomed from each grain,

    The birds sang sweetly in the bowers
    And playfully among the flowers.

    Whoever felt love, whenever,
    Got intent on it. No wonder!

    As for the knight, I must confess:
    He was intent and in excess.

    So was she, on the other hand,
    On looking and taking her stand.

    In the nights, when the wan moon shone,
    And her husband to bed had gone,

    She used from his side to rise up,
    And to wrap herself in a coat,

    And to rush to the embrasure,
    To see her friend she knew was there;

    For both of them lives were alike:
    They spent waking most of their nights.

    To spy each other and to rave
    Was the only thing they could have,

    But she got up so frequently
    That her husband became angry

    And several times asked her
    Why she got up and to go where.

    "My Lord," was the lady's answer
    " In this world no joy is greater

    Than hearing to the eostik's air.
    That's why you see me standing there.

    I hear him sing so sweet at night,
    It seems to me such great delight;

    I feel so much delight and joy
    That I can't sleep nor shut my eye."

    When her husband heard her answer,
    He laughed out of cruel anger.

    Promptly he thought out a thing:
    He would entrap the naughty being.

    There was no servant in the lair
    Who did not make trap, net, or snare

    To be laid out in the orchard.
    No hazel, chestnut in the yard,

    That lacked some snare or sticking lime.
    A bird was caught in course of time.

    This eostik that they had caught
    Alive, to the lord they have brought.

    Godsend in his domestic strife!
    He rushed to the rooms of his wife.

    "My Lady", he said, "where are you?
    Come forth! Let's have an interview!

    I have caught the eostik with glue
    That kept you awake all night through

    You shall sleep in peace, I'm certain.
    It won't wake you ever again!"

    When the lady to it listened
    She felt angry and dejected.

    She asked her husband for the bird.
    But he, in a fit of temper

    Has broken its neck with both hands,
    A deed befitting a villain!

    At the lady he threw the bird,
    Thus getting stained with blood her shirt

    A little, in front, on the breast.
    And the chamber at once he left..

    Now she took up the small body.
    And she cursed, weeping bitterly,

    Those traitors to the eostiks
    Who had made traps, snares and lime sticks

    Who snatched from her all joy on earth!
    "Alas," she said, "my fate is hard!

    Never shall I rise up at night
    And lie in wait to catch a sight

    Of my friend as I used to do!
    There's a thing I know to be true:

    My friend is sure my faith to doubt.
    This is a thing I must think out.

    I'll send the eostik to my friend .
    Who shall hear of the story's end."

    In a cloth of velvet brocade
    Embroidered in gold, all inscribed

    She has wrapped up the little bird.
    And called a manservant of hers,

    Entrusted him her message and
    Has sent him over to her friend.

    Now, to the knight the servant came
    And greeted in the lady's name.

    He spoke as she'd bid him to speak
    And handed over the eostik.

    Once the story told, the bird shown
    The knight, to whom now all was known,

    Was sad at how things had turned out.
    But his love proved quick and devout:

    He ordered a box to be wrought
    Not of iron or steel for aught

    I know, but of gold and of stones,
    Most precious and expensive ones,

    With a tight-fitting lid to it.
    To keep, well preserved, the eostik.

    He sealed up this reliquary
    That he used ever to carry.

    This tale was the gossip in town:
    It could not be concealed for long.

    Some Breton made a lay of it
    And he called it "An Eostik"."

    Transl. Christian Souchon (c) 2008




    Gwreg ar c'hroazour Ar plac'h dimet gant Satan